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10 juil. 2022, 18:01
Mère Mystère  Bangor   solo   ++ 
Manoir Kayla
Bangor
Juillet et août 2047

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La Vengeance aux yeux noirs
C'est fini.

Koko rentre chez elle.

Elle attend ce moment depuis longtemps. Et en même temps, elle a peur. Peur de ce qu'elle va découvrir. Peur de ce qu'elle ne va pas découvrir. Peur de ce qui restera caché, peur du secret, peur de tout savoir.

Elle préfère ne pas y penser. Ce qui devra arriver arrivera. C'est tout.

Elle inspire fort. Serre les poings. Expire. Une. Deux. Trois fois. Elle prend son courage à deux mains. Sort.

Pendant le trajet de la gare au Manoir, personne ne parle. Elle n'est pas venue. Tant mieux. Ça lui laisse un peu de répit. Un peu. Le trajet est très court. Son père ne parle pas. Il reste silencieux qu'à la maison. Koko a peur de ce qui l'attend, là bas. Que fera-t-elle si elle est là ? Que lui dira-t-elle ? Pourra-t-elle seulement parler ?

Ils sont arrivés. C'est le moment. Koko ouvre les yeux. Elle est éblouie, elle a comme mal aux yeux. Pourtant, ce n'est pas la lumière extérieure. Non. Elle est là, devant.

Koko entend à peine son père réprimander sa mère. Elle revoit sa mère. Elle a changé. Ou bien ne se souvenait-elle plus vraiment d'elle. C'est possible. Elle déglutit devant la fausse expression de sa mère. Elle commence à la connaitre. Koko ne sait pas comment réagir. Elle n'a pas peur. Elle est terrifiée.

Il faut qu'elle lui parle. Juste un mot.

Rien ne sort.

Alors elle reste planter là, devant la porte. Sa mère est toujours là, sans être là. Koko ne l'entend pas la saluer. Elle a la gorge asséché, elle ne se sent pas bien. Son cœur bat à tout rompre, ses pensées perdent leur clarté, elle veut tout casser. Fuir. S'enfoncer dans le sol.

Noir.

Elle est sur le canapé du grand salon. Elle est encore là. Devant, dans le fauteuil. Son fauteuil. Le fauteuil de sa mère. Celui qu'elle a failli détruire. Celui que son père a réparé avec amour. Ou haine.

Koko retient ses larmes. Elle ne peut pas pleurer devant sa mère. Elle la regarde. Colère. Le sentiment l'aveugle, détruit tous les autres. Koko ne l'entend pas, elle ne l'écoute pas. Cette fois, elle ne fuit pas. Elle reste. Elle la défie. Sans un mot.

Regard froid, sans pitié. Regard vide, sans émotion. Regard de fantôme.

Koko sent un élan de pitié venir de sa mère. Il ne l'atteint jamais. Elle reste stoïque. Sa mère détourne le regard et quitte la pièce. Koko sourit. Un faux sourire. Elle a gagné. Pour l'instant.

Mais cela a-t-il changé quelque chose ?

Ellipse.

La voilà dans sa chambre. Seule. Elle n'est pas là, cette fois. Tant mieux. Koko ne veut plus la voir. Il est devenu quoi, son demi-frère ? Il faudra qu'elle lui pose la question. Abandonné, c'est ça ?

Elle s'allonge dans son lit. Elle ne pleure toujours pas. Ce n'est pas le moment. Cheryl l'a soutenue, elle se doit d'être forte, maintenant. Ne pas pleurer. Affronter. Il est temps de se comporter en véritable Serpentard. Être rusée et vicieuse. Cruauté ne sera plus une option. Injustice indispensable. La pitié n'aura aucune place.

Une vraie guerre.

La nuit tombe.

Les étoiles sont là. Elles lui tendent les bras. Mais Koko n'y arrive pas. Elle n'arrive pas à attraper les mains qu'on lui tend. Elle tombe au fond du gouffre. Mais ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Yolanda regrettera.

Vengeance est sa meilleure amie. Koko se venge.

Et ça va faire mal. Le sang ne coulera pas. Les blessures ne sont pas que physiques. Elle le sait bien, Koko. La vengeance aux yeux noirs. Elle a juste peur de ne pas s'en sortir. De rester coincer, avec elle. Un trou noir sans fin, à jamais prisonnière d'un rien et d'un tout. Jolie métaphore.

Il est maintenant temps de dormir. Demain sera un autre jour. Ou pas.

C'est peut-être le début de la fin.

2eme année RP | #800040 | RPG ? | Koko | chocogrenouilles | absence

11 juil. 2022, 19:23
Mère Mystère  Bangor   solo   ++ 
Manoir Kayla
Bangor
Juillet et août 2047

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Les Morsures du passé
Cette fois, c'est trop.

Elle fait comme si de rien n'était. Comme s'il ne s'était pas passé six ans depuis la dernière fois. Koko n'en peut plus. Elle ne peut plus supporter ça. Sa mère abandonne une enfant pour un autre. Et quand elle est lassée, elle revient à la première. Comme si tout était normal. Koko n'en peut plus.

Koko sent son père tendu. Il évite le plus possible Yolanda, la journée. Mais le soir, ils parlent des heures. Avec joie, parfois, et nostalgie. Le reste du temps, c'est tristesse et colère qui ressortent d'eux. Koko ne comprend plus. Elle ne sait pas ce que sa mère fait vraiment là. Et son père ne lui explique rien.

Elle sait juste que Yanis est Cracmol.

Rien d'exceptionnel.

Pas pour sa mère, apparemment.

Cet après-midi, elle lui a demandé de tout oublier et de recommencer à zéro. Ça ressemblait plus à un ordre. Koko ne sait plus quoi faire. Survivre. Entre passé et présent, la frontière disparait. Koko mélange souvenirs et réalité. Ses rêves se fondent dans la masse, ses cauchemars reprennent. Comme avant.

Elle veut tout détruire. Maintenant. Pourtant, elle ne bouge pas. Elle ne fait rien. Pas maintenant. Plus tard. Avant que ce soit trop tard.

Il faut oublier...

Jamais.

Jamais Koko ne pourra oublier. Elle est détruite. Mais il faut être forte. Cheryl veut qu'elle soit forte. Qu'elle lui fasse au moins ce plaisir. Elle le mérite. Elle a posé la question à sa mère. Concernant son grand-père. Elle lui a promis qu'il ne reviendrait pas. Elle avait peur, ça se voyait. Koko se demande bien ce que le père de Yolanda lui a fait endurer... Rien de bien, apparemment. Serait-elle ce qu'elle est, maintenant ? Sûrement pas.

Pourtant...

Koko ferme les yeux. Oublie. Juste une seconde. Pourtant, elle ne peut pas. C'est trop gros, ça reste coincé. Le trou noir dans sa tête grandit.

Et pourtant...

Non. Elle sort de table. Elle ne peut plus rester là. L'atmosphère est trop lourde pour ses frêles épaules. Elle ne peut plus supporter. Il le faudra bien, pourtant... Koko préfère ne pas y penser. C'est tellement plus simple... Mais elle ne pourra pas faire ça éternellement. C'est juste impossible. Elle en rêve. Tant pis.

Sa chambre, son sanctuaire. Elle reste là, dans un coin, seule, des heures. Heures de bonheur, de tristesse, de colère, de vide. Surtout de vide. Somnolence est son amie. Depuis quelques temps. Somnolence permet de fuir, d'être là sans être là. Somnolence lui laisse un peu de répit. Juste ce qui lui faut. Pourtant, pas assez.

Elle va survire. Promesse.

Encore faut-il qu'elle la tienne. Comme toutes les autres ratées. Traitresse.

Koko retient ses larmes. Une nouvelle fois. Force et courage. Elle est vraiment loin de pouvoir se passer pour une Gryffondor. Elle arrive à peine à être Serpentard...

Il faut pourtant tenir le coup. Pas le choix. Enfin si, on a toujours le choix. Il est juste souvent tellement déséquilibré... Ça compte vraiment ?

Elle a le cœur lourd. Elle doit aller de l'avant. Choix facile, choix difficile.

L'équilibre n'existe vraiment pas, dans ce monde. Injustice et traitrise trône, et gentillesse peut aller se faire voir. Ne parlons pas de tristesse.

Il faut survivre.

Elle va y arriver. Peut-être. Peut-être pas. Il faut qu'elle se relève. La vie n'est-elle pas qu'une chute éternelle ? Il faut qu'elle se relève. Comment se relever si on ne tombe pas ? Il est temps d'atterrir. A l'aide.

Vraiment.

Elle est là. Elle l'entend. Derrière la porte. Ses pas se sont arrêter. C'est maintenant ou jamais. Les morsures du passé.

- Tu peux entrer.

Elle le fait. Sa mère se retrouve devant elle, sa face est toujours froide, bien que la tristesse et la douleur transperce ses yeux.

Elle a besoin d'aide, elle aussi.

Deux âmes seules peuvent-elles se consoler ? Koko accepte. Pardon. Mais elle n'oubliera jamais. Jamais.

C'est peut-être le début de la fin.

2eme année RP | #800040 | RPG ? | Koko | chocogrenouilles | absence

3 août 2022, 16:10
Mère Mystère  Bangor   solo   ++ 
Manoir Kayla
Bangor
Juillet et août 2047

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Preuves d'amour
C'est fini.

Koko ne peut plus tenir. Elle lui a demandé.

- Est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que tu m'aimes ?

Elle n'a pas répondu. Elle a voulu, au début. Elle s'est retenu. Elle n'aurait dit que des mensonges, de toute façon. Koko n'est pas naïve. Elle connait sa mère. Même après six ans, elle n'a pas changé. Pas trop.

Pourtant, elle ne peut s'empêcher de vouloir rendre fière sa mère. Si elle peut toujours l'appeler comme ça.

Sa tante, Kim, est au courant. Elle doit être folle de rage. Elle déteste Yolanda. Koko aussi. Pourtant, elle l'aime de tout son cœur. Ce n'est pas de sa faute, à sa mère...

Brisée.

- Est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que...

Sa mère ne répondra pas. Koko le sait. Pourtant, elle continue d'espérer. Parce que, si sa mère répond, peut-être, peut-être qu'elle pourra lui pardonner. Un peu. Juste de quoi sourire à nouveau. Quelques temps. Koko a bien essayé. Ça lui fait mal aux joues. Elle a l'impression qu'elles pèsent une tonne. Alors, elle reste sans sourire et sans voix. Sans rien. Sans famille. Sa mère reflète douleur et son père fantôme. Est-ce véritablement sa famille ?

Elle s'inquiète, pour son père. Il n'est plus que l'ombre de lui même. Bien sûr, il continue de travailler, de faire comme si de rien était. Et puis arrive le soir. La masse sombre dégage sa carapace et le montre tel qu'il est vraiment. Perdu. Triste. Faible.

Faible.

Koko ravale ses larmes. Il faut être forte. Elle comme son père. Elle vaincra. Est-on obligé d'affronter l'ennemi ? Ne peut-on pas s'en faire un allié ? Éviter la guerre, préserver une paix qui n'a jamais exister ?

Koko ne sait que faire.

Alors elle s'occupe. Elle dessine, elle écrit, elle lit beaucoup, aussi. Mais plus le soir, avec son père. Elle ne peut plus se le permettre. Avec sa mère.

- Est-ce que tu m'aimes ?

Répondra-t-elle un jour ? Peut-être, oui, peut-être pas, non. Koko ne sait pas. Et elle ne le saura certainement que le moment venu. Comme d'habitude. Elle ne peut pas deviner les intentions de sa mère, de toute façon. Trop secret, imprévisible. Fou, aussi.

Le jour, Koko attend. Elle attend que sa mère réponde.

- Est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que tu m'aimes ?

Oui. Non. A demain. Yolanda reste muette. Elle sourit, juste. Un sourire sincère, cette fois, pas hypocrite comme d'habitude. Un sourire qu'elle a rarement vu, Koko. Mais un sourire qu'elle a toujours attendu.

Elle les attends toujours, les preuves d'amour. Elles n'arrivent pas encore, perdues dans un tourbillon de pensées contradictoires, de remords et de regrets. Coincées dans un labyrinthe noir, sans fond, sans une once de lumière pour éclairer l'avenir. Juste... rien. C'est ça, rien, du vide. Un espace vide, sans étoiles ni planètes, sans constellations messagères de douleur et souffrance. Sans étoiles filantes pleine de promesses. Vraiment rien.

- Est-ce que tu m'aimes ? Est-ce que...

Koko est à bout de patience. Elle ne répondra pas. Elle veut la briser, la détruire. Se protéger, aussi. Yolanda est égoïste, ça n'a pas changé.

Malheureusement.

Koko, elle, elle l'aime, sa mère. Presque autant que son père. Presque. Lui ne l'a pas laissée tomber. Lui l'a sauvée, relevée et remontée. Comme toujours. Pas elle.

Mais Koko s'en veut d'attendre comme ça. Comme un chien le retour de son maître. Elle n'est pas naïve, elle n'est pas naïve... Non... Elle garde espoir. L'espoir ne tue pas, il fait vivre, non ? Que serait-elle sans espoir ?

Elle ne le sait pas, ça. Elle ne sait pas grand chose, en fait.

Elle doit aussi garder espoir pour son père. Lui a abandonné. Elle doit le sauvé, le relevé, le remonté comme il l'a fait pour elle. Il faut qu'elle le fasse. Pour lui. Parce qu'elle l'aime. Beaucoup trop. Elle ne le laissera pas tomber.

- Est-ce que tu m'aimes ?

Elle a répondu. Oui. Elle a répondu oui.

Yolanda l'aime. Et c'est sincère.

C'est peut-être le début de la fin.

2eme année RP | #800040 | RPG ? | Koko | chocogrenouilles | absence

6 sept. 2022, 20:27
Mère Mystère  Bangor   solo   ++ 
Manoir Kayla
Bangor
Juillet et août 2047

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Disparue
C'était sûr.

Elle va lui pardonner. Tout ça parce qu'elle l'a dit.

- Je t'aime, ma chérie, je t'aime plus que tout. Je suis désolée d'être partie. Je...

Sa voix s'était brisée. Et ça avait suffit à Koko pour tout lui pardonner. Tout. Son père, par contre, ne va toujours pas mieux. Il est abattu, mais Koko n'est plus sûre du tout que ça soit à cause de Yolanda. C'est sûrement son travail, finalement.

- Je t'aime aussi, Yolanda. Mais pour tout reprendre à zéro, il faut aussi reprendre ta personne. Tu n'es plus ma mère. Pour l'instant.

Koko a vu sa mère se décomposée sous ses paroles. Tu n'es plus ma mère. La douleur, même Koko la ressent au travers d'elle. C'est pour ça qu'elle l'a ajouté, le pour l'instant. Comme une promesse.

- Je suis désolée, chérie, mais tu vas devoir retourner quelques jours chez tante Kim. Ta mè... Yolanda et moi devons résoudre quelques petites choses sans importance.

Sans importance, sans aucun doute. C'est pour ça qu'elle est obligée de partir. Alors qu'elle retrouve à peine sa mère. Non, pas sa mère, Yolanda. D'ailleurs, Koko a remarqué le rattrapage de justesse de son père. Bien sûr, Yolanda l'a aussi remarqué. Mais ça, ça n'a pas d'importance. Pour l'instant.

Elle va devoir partir. Il lui reste une journée avec sa mère. Autant en profiter.

- Où étais-tu ? Où étais-tu ?

Elle devait se douter qu'elle allait poser la question. Une évidence. C'est pour ça que Koko doit savoir.

- Où étais-tu ? Où étais-tu ?

Yolanda ne parle toujours pas. De quoi a-t-elle peur ? Que Koko la rejette ? Possible. De la vérité ? Certain.

- Je... j'étais avec mon nouvel époux, Richard.
- Et Yanis ? C'est bien ça, son prénom ?

Elle s'est tut. Mais elle ne peut pas le faire éternellement. Sinon, elle gâcherait sa seule journée de se rattraper. Surtout que Tante Kim ne serait pas du même avis qu'elle et son père.

- Oui, Yanis.
- Tu es partie parce qu'il est Cracmol ?
- Oui, non, enfin... C'est bien plus compliqué.

Koko attend qu'elle parle.

- Je... Oui je suis partie parce qu'il est Cracmol. Mais pas de mon plein grès. Enfin, en apparence, si, mais...

Yolanda retient des larmes de justesse, Koko le sent.

- Je l'aime tellement, lui aussi.
- Pourquoi alors ?
- Ton grand-père, mon père. Il... Il me fait peur.

Un silence.

- Tu vas le voir, Yanis ? Pendant que je serais chez tante Kim ?
- Je ne sais pas encore.
- Tu devrais. Tu l'aimes. Ne le brise pas comme tu l'as fait pour moi, Yolanda.

Koko part sans un mot de plus, laissant sa mère seule, au dépourvu. Elle doit marcher un peu. Ecrire aussi. Mais à qui ? A personne. Juste à elle. C'est tout.

Sa mère va repartir. Yolanda, plutôt. Disparaitre à nouveau. Disparue.

Elle va partir. Son père l'attend. Yolanda reste à la maison.

- J'te pardonne.

Elle le chuchote, comme si elle avait peur que quelqu'un d'autre l'entende. La femme rousse sourit, de chagrin, de regrets, d'amour infini. Ce sourire reste gravé dans sa mémoire.

- Je t'aime, ma chérie.

Koko se contente de lui rendre son sourire et repart avec son père. Ils vont rejoindre Tante Kim chez elle. Koko restera là-bas quelques jours. Le temps que ça s'arrange. Pour le travail du père et les problèmes familiaux de la mère. Du coup, on se débarrasse de l'enfant, qui gêne au milieu de tout ça. La personne de trop. La cinquième roue du carrosse.

- Méfie-toi. Sait-on jamais.

Trop tard. Elle lui a pardonné. Mais elle ne la considère pas encore comme sa mère. Tante Kim restera la maman Kayla à ses yeux. De toute façon, Yolanda a gardé son nom de jeune fille, Yens. C'est drôle dans leur famille les règles des initiales. Stupide mais drôle.

Koko arrive. Il est temps de passer à autre chose. Juste quelques jours. C'est tout.

C'est peut-être le début de la fin.

2eme année RP | #800040 | RPG ? | Koko | chocogrenouilles | absence