Time for the moon light
par Alyssa Wright
Avant propos:
Cette histoire est une fanfiction que j'ai commencé en 2018 et que j'avance assez lentement. Elle est aussi trouvable sur mon Wattpad, mais en cours de réécriture. Je l'ai inventée de toute pièce en m'aidant de la série de Harry Potter. J'espère de tout cœur qu'elle vous plaira ! N'hésitez pas à me faire part de votre avis dessus, j'en serais enchantée.
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- Résumé -
Fille de sorciers, Coleen Heap, à l'aube de ses 11 ans, n'attend qu'une seule chose : recevoir cette précieuse lettre, ornée d'une belle écriture vert émeraude, signant son entrée dans la merveilleuse école qu'est Poudlard.
Contaminée par un loup-garou, Coleen Heap, à l'aube de ses 11 ans, n'espère qu'une seule chose : recevoir cette précieuse lettre, ornée d'une belle écriture vert émeraude, signant sa liberté.
- Sommaire -
CHAPITRE 1: La Lettre
CHAPITRE 2: Le Chemin de Traverse
CHAPITRE 3: Course Nocturne
CHAPITRE 4 : King's Cross
CHAPITRE 5 : Un chaton récalcitrant
CHAPITRE 6 : La Répartition
CHAPITRE 7 : Première matinée (à venir)
Dernière modification par Alyssa Wright le 25 août 2022, 22:07, modifié 6 fois.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
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Be a writer, 장르로는 fantasy
Time for the moon light
CHAPITRE 1:
~ La Lettre ~
~ La Lettre ~
Fin Juillet 1985
Depuis bientôt un mois, Coleen Heap passait ses journées à guetter la moindre trace de hiboux dans le ciel, à travers les carreaux embués de la petite cuisine.
— Tu l'avais bien reçu en fin Juillet ta lettre, hein Papa ?, marmonna-t-elle sans détourner les yeux des nuages à l'horizon.
— Oui, mais on en a déjà parlé des centaines de fois..., répondit celui ci en refermant doucement son livre.
William Heap vint s'asseoir à côté de sa fille et lui prit les épaules.
— S'il te plait, n'espère pas trop.
— Mais je ne peux pas rester cachée tout le reste de ma vie, Papa. Si ?
Devant le regard triste de son père, Coleen se leva de sa chaise et rejoignit sa chambre, située de l'autre côté du couloir. Elle s'assit devant son bureau, où trônait de manière désordonnées quelques livres d'apprentissage de matières plus ou moins moldues. Sa mère s'occupait de lui faire classe à la maison, si bien que la fillette ne s’aventurait jamais au-delà de la forêt encerclant la petite bâtisse. Et ce depuis maintenant 3 ans.
Ce n'était pourtant pas une odieuse punition de ses parents, Coleen savait pertinemment qu'eux aussi souffraient de cet éloignement... Bien qu'ils n'y aient jamais renoncé, pour le bien de leur fille.
Au début des années 80, le Seigneur des Ténèbres s'était éteint en même temps qu'Harry Potter avait survécu, « Le Survivant » comme les médias se sont empressés de le surnommer. L'été suivant, la famille de Coleen avait profité de la paix retrouvée pour partir en vacances dans les montagnes.
Coleen ouvrit le tiroir de son bureau pour sortir une pochette dans laquelle figuraient des dessins d'enfants. L'un d'eux, qu'elle avait réalisé quelques temps après ces vacances, représentait l'intérieur de la maisonnette, avec une sorte de monstre difforme à l'entrée, deux soleils en guise d'yeux.
Cela ne représentait pas un mauvais cauchemar.
Au beau milieu de la dernière nuit dans le chalet, Coleen avait été tirée du sommeil par un cri étouffé. Avec horreur elle avait découvert son petit frère sombrant dans l'inconscience, l'épaule enserrée par une gueule sanglante. Deux étincelles jaunes avaient alors brillé dans l'obscurité et en un instant, une douleur lancinante lui avait transpercé le bras. Quelques secondes plus tard, la chose s'enfuyait en emportant son frère telle une poupée de chiffon, sous l'assaut d'éclairs désespérés des baguettes des parents réveillés en sursaut, Le père de Coleen s'était directement lancé à la poursuite de la bête, dans l'espoir de pouvoir encore sauver son fils, mais le ravisseur était déjà loin. Sa mère avait immédiatement transplané avec elle jusqu'à l'hôpital Ste-Mangouste, et amenées en urgence au 1er étage : « services des blessures par créatures vivantes ».
Le diagnostic était vite tombé, une morsure de Loup-Garou. Malgré de longues recherches désespérées, le jeune frère de Coleen, Aiden, ne fut jamais retrouvé, et hérita du douloureux statut de « disparu ».
La jeune fille avait également représenté sa chambre dans l'hôpital : des murs blancs et son lit, gribouillés. Le troisième dessin était une piètre représentation de sa maison actuelle. A sa sortie de l'hôpital de Ste-Mangouste, ses parents avaient pris la décision de s'exiler, terrassés par la perte de leur petit garçon, et voulant à tout prix protéger leur fille du monde extérieux.
Bien que ses souvenirs se fussent maintenant estompés, Coleen possédait encore une dizaine de feuilles racontant la chute de la famille aux Enfers. Aujourd'hui, sans ces dessins, elle aurait bien été incapable de raconter ce qu'il s'était passé.
Mais les conséquences n'en étaient pas moins impitoyables.
La famille avait déménagé en catastrophe, dans la souffrance d'avoir perdu un enfant et de devoir en isoler un autre. Peu de temps après, alors que ses parents refusaient d'évoquer son frère, Coleen avait surpris sa mère en pleurs devant une photo. Celle de Aiden. C'était à partir de ce jour là qu'elle a compris qu'elle ne verrait sans doute plus jamais son petit frère... Encore toute jeune, la douleur ressentie à cette idée avait totalement éclipsé sa transformation prochaine en loup-garou. Ce ne fut qu'à la Pleine Lune suivante qu'elle comprit à quel point son existence allait changer.
Une grosse fatigue ressentie les jours d'avant. Une lente métamorphose avant de perdre esprit. Un réveil avec de drôles de souvenirs le lendemain matin, sous le regard soucieux de ses parents.
Cependant, Coleen gardait espoir de tout de même pouvoir se rendre à Poudlard. En trois ans, grâce à la prudence de ses parents, pas le moindre accident ne s’était produit. Alors pourquoi lui interdirait-on d'aller comme toutes les autres sorcières de son âge à cette merveilleuse école ? Il ne suffisait que d'une petite lettre pour que son rêve devienne réalité.
Une voix féminine la tira de ses pensées.
— Coleen ! Viens m'aider à préparer le repas, s'il te plait.
— J'arrive Maman !
Et la fillette fourra ses souvenirs dans son bureau, avant de traverser le couloir en courant.
Elle passa devant le portrait d'un petit garçon adorable, aux cheveux blonds ébouriffés. Bien que la maisonnette restait silencieuse à son sujet, jamais il ne serait oublié.
*****
Le soir même— Bonsoir, j'espère ne pas vous déranger, sourit un vieil homme orné de lunettes en demi-lune.
Coleen laissa tomber sa fourchette dans son assiette dans un bruit métallique, les yeux écarquillés devant la longue barbe blanche qui venait se balader jusqu'au sol. Un homme était apparu dans l'encadrement de la porte.
— Professeur Dumbledore !, s'écria son père, semblant abasourdi.
— Bonsoir Monsieur Dumbledore, nous étions justement en train de finir de dîner, dit chaleureusement sa mère tout en envoyant d'un coup de baguette son assiette dans l'évier. Que nous vaut l'honneur de votre visite ?
— A vrai dire, je viens pour votre fille.
— Non !
Les mots avaient jailli de la bouche de William. Ses cheveux s'hérissèrent davantage tandis qu'il fixait d'un air presque désespéré son ancien professeur. Son épouse lui posa un bras apaisant sur l'épaule, avant de faire signe au doyen de continuer.
Celui-ci sourit avant de prendre place sur la chaise vide aux côtés de Coleen. Elle le fixa sans un mot, découvrant l'homme illustrant de nombreuses cartes de Chocogrenouille.
— Bonjour Coleen, je viens fixer quelques détails concernant ton inscription imminente à Poudlard.
— Je vais pouvoir y aller ?!, hoqueta l'intéressée, les yeux soudain brillants.
— A vrai dire, je ne vois aucune raison de s'y opposer. Mais je voudrais m'entretenir avec tes parents avant, si tu n'y vois pas d'inconvénient.
Abasourdie par la familiarité du plus grand sorcier de tous les temps –comme l'affirmaient ses parents, Coleen hocha la tête et s'éclipsa dans le petit couloir. D'abord tentée de se rendre sur la terrasse arrière, elle choisit finalement de se tapir contre l'embrasure de la porte, curieuse d'entendre la conversation imminente. Mais rien ne vint à ses oreilles. Elle patienta pendant encore deux bonnes minutes avant d'aller sur la terrasse, pour de bon cette fois.
Elle respira l'air frais typique de l'été. Un mélange de sons atteignirent ses tympans sans effort, un écureuil au loin qui grignotait une noisette, des oisillons pépiant dans leur nid en haut d'un arbre et des centaines de branches craquaient, assaillies par le vent. La fillette avait mis du temps à s'accommoder à tous ces sons amplifiés, heureusement les bruits naturels se sont finalement révélés apaisant à son égard. A savoir si les bruits de conversation de centaines d'élèves à Poudlard seraient également supportables...
— Me revoilà, Coleen.
La jeune fille se retourna en sursaut, et vit Dumbledore la surplomber, tandis qu'elle était assise sur le bord de la terrasse en bois.
— Je ne vous avais pas entendu, bredouilla-t-elle.
Celui-ci lui fit un léger sourire et s'assit à ses côtés avec une agilité déconcertante pour son âge.
— Je sais me déplacer sans me faire remarquer, même en présence d'une personne à l'ouïe très fine... Bref, je pense que tu dois te poser quelques questions.
Coleen hocha la tête, et murmura :
— Mon père pense qu'il vaut mieux que je reste ici. Je crois qu'il ne veut pas me donner de faux espoirs en fait.
— Et toi, tu aimerais aller à Poudlard ?
Déconcertée qu'on lui demande ainsi son avis, la jeune fille hocha la tête vigoureusement.
— Oh oui, bien sûr que je le veux !
Dumbledore se contenta de sourire en fixant l'horizon. Une autre question taraudait déjà Coleen.
— Excusez-moi, Monsieur. Mais comment avez-vous su ce que je suis vraiment ?
Celui-ci reporta son attention sur elle, ses yeux bleu pâles perforant ses lunettes en demi-lune.
— J'aime me tenir au courant de la vie que mènent mes anciens élèves... Et j'ai su directement par l'intermédiaire d'une infirmière de l'hôpital de Saint Mangouste qu'une jeune sorcière avait survécu à une attaque de loup garou.
— Cela veut dire que d'autres ont été mis au courant ?, s'alarma l'intéressée.
— Non, pas à ce moment là du moins. J'ai mis au courant les quatre directeurs des Maisons de Poudlard récemment à ton sujet, ainsi que notre infirmière.
Coleen baissa les yeux et sentit ses joues rosirent. Elle aurait nettement préféré que personne ne l'apprenne à Poudlard, afin de mener une vie tranquille. Voyant que le professeur Dumbledore ne semblait pas décidé à continuer, elle dit :
— Je voudrais qu'on me considère comme une fille normale. Pas comme un monstre...
L'homme la fixa à nouveau droit dans les yeux, de son regard vif.
— Tu ne seras jamais considérée comme un monstre par tes professeurs. Et tu peux compter sur toute leur discrétion à ton sujet. Et puis... Poudlard a déjà accueilli un enfant devenu loup-garou.
— Ah bon ?!, s'exclama Coleen, oubliant toute forme de politesse, avant de se reprendre. Excusez-moi, je veux dire, c'est vrai ?
— Oui, et je peux te dire qu'il était un étudiant brillant... Et qui n'a, à ma connaissance, pas eu de problèmes avec les rares personnes au courant. Mais revenons à toi, j'ai également quelques questions à te poser... Oh rien de bien méchant ne t'inquiètes pas, ajouta-t-il en voyant la mine déconfite de Coleen. As-tu des signes avant coureurs, peu de temps avant la pleine Lune ?
— Non, rien à part beaucoup de fatigue, mais ce n'est pas grav...
— Sois juste honnête, Coleen. Les réponses que tu pourrais me donner ne vont, à priori, pas me faire changer d'avis quand à ton inscription à Poudlard.
Coleen rougit de plus belle, puis hocha la tête, en partie soulagée.
— Ensuite, comment fonctionnez-vous durant la nuit de ta transformation ?
— Il y a une petite salle sans meubles dans laquelle je vais le soir et j'attends. Mes parents l'ont rendue insonorisée au cas où.
— Je vois. Et tu récupères rapidement ensuite ?
— Cela dépend, mais en général ça va assez bien je dirais, si je ne me blesse pas.
Le directeur sourit.
— Je te remercie pour ton honnêteté Coleen. Comme quoi, tes réponses ne perturbent pas ce que j'avais imaginé. A chaque pleine Lune, ton futur directeur de Maison t'emmènera à un endroit où tu pourras te transformer sans risques, il viendra ensuite te chercher dès l'aube. Nous avons déjà utilisé ce fonctionnement sans déplorer d'accidents notables.
Il regarda l'heure puis se leva.
— Oh, cela va bientôt faire une heure que je vous dérange, il est temps pour moi de m'envoler. As-tu d'autres questions, Coleen ?
L'idée de parler de son petit frère vint à l'esprit de la jeune fille –après tout Dumbledore semblait tout savoir. Elle chercha soigneusement ses mots, tout en évitant soigneusement le regard perçant du Directeur.
— Eh bien... Comme vous étiez déjà au courant pour moi... Vous avez entendu parler de mon petit frère ? Et... Vous pensez que je le reverrais un jour ?
Dumbledore se massa la barbe un court instant, avant de répondre :
— Je suis vraiment navré mais je ne peux pas répondre à cette question pour le moment.
— A-ah... Toutes mes excuses.
— Tu n'as pas à t'excuser, Coleen, je me doutais bien que tu poserais cette question. Malheureusement, pour le moment je n'ai pas de réponse. Sache toutefois que je connais la douleur de perdre un être cher, et je t'encourage à continuer de penser à lui.
Coleen n'avait strictement aucune idée de qui pouvait parler le professeur, mais ses mots lui firent du bien. Ou peut-être était-ce seulement le fait d'enfin parler de son petit frère à quelqu'un. Quelque part dans son cœur, la jeune fille gardait l'espoir de le revoir un jour.
— Bien, nous nous reverrons donc le 1er Septembre, lors de la Répartition, sourit le Directeur devant la mine songeuse de la fillette.
Et il disparut en un claquement de doigts. Coleen rentra dans la petite maison, au comble de la joie, curieuse de connaître la réaction de ses parents. C'est avec surprise qu'elle découvrit une atmosphère presque festive dans la salle de séjour. Sa mère l'invita à s'asseoir sur le canapé, entre elle et son époux.
— Alors c'est sûr ? Je vais y aller pour de bon à Poudlard ?
— Oui, dit son père. Vraiment, tiens prends ta lettre.
Coleen se saisit de l'enveloppe tant espérée et admira quelques secondes l'écriture en encre verte avant de détacher le superbe sceau de Poudlard. Elle s'empressa de lire à haute voix le contenu de la lettre :
COLLÈGE DE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE
Directeur : Albus Dumbledore
Commandeur du Grand-Ordre de Merlin
Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers
Chère Mlle Heap,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci— joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendrons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, cher Mr Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice-adjointe
— C'est tellement génial, s'exclama la fillette. Ah il y a aussi la liste des fournitures scolaires !
— Nous nous en occuperons en temps et en heure Coleen. Ton père et moi voulons te dire que nous sommes particulièrement fiers de toi... Et nous sommes également heureux de te voir partir pour Poudlard.
Coleen, tout sourire, regarda tour à tour son père et sa mère. Elle avait la vague impression qu'ils avaient pleuré, son père avait les yeux encore un peu humides et sa mère un sourire très ému aux lèvres. Elle les enserra de mieux qu'elle put dans ses bras, avec la sensation qu'un poids immense lui avait été retiré de la poitrine.
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CHAPITRE 2:
~ Le Chemin de Traverse ~
~ Le Chemin de Traverse ~
Coleen peinait à contrôler sa joie et son excitation tandis qu'elle foulait les pavés du Chemin de Traverse ; sa liste de fournitures entre les mains, encadrée par ses parents. Ces derniers, et tout particulièrement son père, avaient eu du mal à accepter cette sortie anticipée, la pleine Lune s'approchant à grands pas. Cependant, ils s’étaient également avoué qu'ils ne pouvaient plus se priver éternellement d'une virée familiale. De fait, la jeune fille retrouvait enfin la civilisation.
Elle n’avait conservé aucun souvenir de sa dernière visite en ce lieu magique, étant alors une toute jeune sorcière. C'est donc ainsi qu'elle redécouvrait les ruelles animées, les passants habillés de manière extravagante, les vitrines alignées défiant les lois de la décoration... Il y avait foule en ce samedi après-midi, la majorité des étudiants venait de recevoir la fameuse lettre de Poudlard et souhaitait d’or et déjà régler au plus vite l'achat des fournitures.
Tout en se frayant un passage parmi d'autres jeunes adolescents, Coleen dévorait des yeux tout ce paysage l’entourant avec un bonheur non dissimulé. Elle remarqua une boutique sombre ornée d'une pancarte "Au Royaume du Hibou" et se dit que leur chouette Hulotte âgée de 8 ans, Flick, venait certainement d'ici-même. Surnommé par toute la famille "le paillasson", râleur par nature, le vieux volatile ne manquait pas un instant pour exprimer son mécontentement en se lissant les plumes d'un air hautain. Mais Coleen le trouvait toujours aussi irrésistible.
Le trio ne ralentit point : la première chose à faire en arrivant dans cette place fabuleuse était de se rendre à la grande banque de Gringotts, un des endroits les plus sûrs au monde. Surplombant le chemin de Traverse dans son manteau de pierres blanches, l’énorme architecture était immanquable. Coleen s'arrêta à l'entrée pour déchiffrer le poème gravé sur les portes, tandis que ses parents avançaient d'un pas tranquille :
«
Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.
»
Après une rapide lecture, Coleen comprenait davatange la réputation de ce lieu imprenable. Elle remarqua alors que ses parents n’étaient plus dans son champ de vision et entra en trombe dans le bâtiment. Immédiatement, une multitude de petites créatures se tournèrent vers elle d'un même mouvement avant de retourner à leur travail, réalisant qu’elle n’était qu’une enfant un peu bruyante. Coleen soupira, il y avait fort longtemps qu'elle n'avait pas vu de gobelins... Et elle les trouvait toujours aussi effrayants et déplaisants à regarder.
Elle repéra alors ses parents en train de discuter à un comptoir et résista douloureusement à la tentation de les rejoindre en courant. Cet endroit l'oppressait, trop de monde, trop de sécurité, et surtout, trop de gobelins. Sa mère la repéra du regard, sans doute la cherchait-elle depuis de longues minutes.
— Coleen, gronda-t-elle. Reste avec nous.
— Oui, désolée Maman, murmura-t-elle.
En voyant son père donner la clé de son coffre à un effrayant gobelin dans un costume grotesque, elle remarqua :
— Je croyais que nous n’avions plus rien dedans depuis...
— Chut, coupa rapidement Janet avant de baisser d’un ton. Nous avions laissé quelques économies, dans l'espoir que tu puisses entrer à Poudlard.
Coleen ne répondit rien, émue. Elle qui avait reproché de multiples fois à ses parents leur refus d'évoquer l'école de sorcellerie, jamais elle n'aurait imaginé qu'eux même entretenaient ce souhait très cher.
— Bon, je vais au coffre, annonça William. Vous pouvez m'attendre dehors.
— Ouf, soupira Janet. Je n’ai plus l’âge de faire un trajet de petits trains.
— Moi je veux bien faire le trajet, tenta Coleen.
— Hors de question, viens avec moi, allons chez Florian Fortarôme plutôt.
Et les glaces l'emportaient toujours.
*****
A nouveau réunie, la famille se rendit tout d'abord chez Madame Guipure, boutique de prêt-à-porter pour mages et sorciers. Coleen se sentait un peu bizarre, la glace explosif au citron n'était sans doute pas étrangère à cet état.
Elle poussa timidement la porte de l'élégant magasin et fut immédiatement accaparée par une petite sorcière replète respirant la joie de vivre.
— Ah je vois, s'exclama celle-ci. C'est pour la première rentrée à Poudlard, n'est-ce pas mon enfant ?
Elle entraîna Coleen jusqu'à un tabouret. La couturière lança alors en l'air un mètre mesureur qui rebondit souplement, avant d'entourer sa cliente. Il se mit alors à faire une série de mesures avec frénésie, virevoltant dans tous les sens, au grand amusement de la fillette. Coleen leva les deux pouces en l'air en direction de ses parents, qui patientaient sur un banc près de l'entrée, le visage barré d'un large sourire. Elle se demanda ensuite s'il était vraiment nécessaire que le mètre mesure l'écartement entre ses sourcils. Madame Guipure, semblant elle aussi remarquer le caractère incongru de cette scène, mit fin au ballet de son outil dissident d'un coup de baguette magique ; l'objet se rembobina dans un claquement déçu.
Ils sortirent bien une demi-heure plus tard, chargés d'un gros paquet protégeant robes, capes et tout le nécessaire pour l'uniforme de sorcier de première année.
Dans une petite boutique de bazar adjacente, Coleen put acheter une belle plume et de l'encre noire... Ainsi qu'une petite bouteille d'encre multicolore : « pour t'écrire de belles lettres, Papa, lorsque je serais à Poudlard ! » . Elle resta ensuite un bon moment le nez collé contre une vitrine, admirant une partie de jeu d'échec version sorcier, où les pions, n'étant plus sous le joug des joueurs, en profitaient pour présenter un spectacle de... claquettes.
Ils visitèrent après l'animalerie magique, après s'être promis de ne rien acheter. Le bruit était épouvantable aux oreilles de Coleen, mais la pagaille semée par des dizaines d'espèces différentes valait le détour. Des petits rats exécutaient un numéro de gymnastique tandis qu'un chat marchait sur les pattes avant. Des petits hamsters de toutes les couleurs — bleu, jaune, vert, gambadaient parmi des copeaux de laine, à côté de chouettes hululant fièrement, les plumes incroyablement bien lustrées. William faillit craquer sur des sortes de perruches dont la diction n'avait rien à envier aux discours des plus grands orateurs. Ils sortirent les vêtements maculés de plumes et de poils de chat, mais avec le sourire.
A la boutique de l'apothicaire, Coleen observa durant de longues minutes des êtres plus ou moins vivants flottant dans les bocaux… Avant que sa mère, peu férue des potions, la houspille de se dépêcher. Celle-ci lui confia dans la foulée qu'elle n'avait pas réussi une seule de ses potions avant les examens de B.U.S.E. à la fin de sa 5ème année. Coleen espéra fortement ne pas avoir hérité de ce gène, et ne comprenait point en quoi suivre un protocole était compliqué. « Tu verras bien », avait alors dit sa mère d'un ton grave qui ne laissait guère place à la plaisanterie. Elles firent ensuite acquisition du chaudron standard en étain taille 2, exigé à tout 1ère année, bien que les modèles pliables semblaient plus alléchants –et surtout bien plus pratiques que leurs cousins.
Devant le monde agglutiné autour de la boutique de Fleury et Bott, Janet proposa à sa fille de se rendre seule chez Ollivander, sans laisser le temps à son mari de protester. La fillette acquiesça avec joie et détala vers la célèbre fabrique de baguettes avec hâte.
Cependant, au moment d'actionner la poignée rouillée, une brève inquiétude l'envahit. Allait-elle trouver la baguette parfaite ? Ou plutôt, une baguette allait-elle l'accepter ?
En entrant dans la salle, une odeur de renfermé lui assaillit les narines si bien qu'elle crut étouffer sur le coup. Mais après avoir refermé avec précaution la poignée, elle oublia aussitôt ses craintes. Devant elle s'offrait un spectacle surnaturel : les étalages de la boutique s’élevant jusqu’au ciel semblaient défier les lois les plus complexes de l'équilibre, dégageant l'impression d'entrer dans un lieu très spécial. La fillette entendit Ollivander bien avant qu'il ne parvienne à son comptoir, laissant deviner la profondeur de son immense magasin.
Celui-ci, un bien vieil homme aux yeux extrêmement pâles, presque délavés, sourit de toutes ses dents en la voyant.
— Ah Mlle Heap, je savais bien que vous viendrez. C'est pour la première baguette, n'est-ce pas ?
Coleen hocha la tête, tout en ayant la furieuse impression de se faire sonder par deux néons d'un bleu éclatant. Son père lui avait dit qu'Ollivander était doté d'une mémoire fabuleuse, mais elle n’imaginait pas que c'était au point de connaître les noms de tous les jeunes sorciers arrivant chaque année.
— Je me souviens bien de la venue de vos parents ici, comme si c'était hier. Votre mère avait opté pour une baguette en bois chêne rouge avec un ventricule de dragon, tandis que votre père avait préféré une baguette en bois de sapin avec un crin de licorne, si je ne m'abuse ?
— C'est bien ça, répondit Coleen avec de grands yeux ébahis.
Le vieil homme disparut entre les étagères quelques instants et revint en lui présentant une baguette en bois clair.
Coleen la saisit avec curiosité et pointa un coin de la boutique au hasard. Un *POP* puissant se fit entendre et une étagère vola en éclat. Alarmée par un tel résultat, la jeune fille reposa rapidement l'objet tandis qu'Ollivander s'éloignait en marmonnant.
Il refit rapidement surface avec une autre baguette, cette fois-ci plus longue.
— Voyons voir avec celle-ci.
Du bout des doigts, Coleen l'attrapa et pointa le puissant artefact vers le sol, ne souhaitant pas endommager d'autres biens précieux. Dans un bruit de déflagration, le parquet se consuma instantanément et elle sauta en arrière.
— Je suis désolée, balbutia-t-elle en reposant avec précaution la baguette.
Mais le viel homme ne sembla pas se décourager pour autant et s'éclipsa une fois de plus.
— Celle-ci devrait être mieux.
La fillette, priant pour qu'une catastrophe n'éclate pas à nouveau, se saisit de l'objet en bois sombre. Une sensation de douce chaleur et de réconfort l'envahit instantanément.
— Voila qui est bien mieux !, dit le vendeur. Bois d'aubépine, 27 cm, plume de phénix. Le bois d'aubépine affectionne les sorciers de natures conflictuelles, je ne suis donc pas si surpris de ce choix, en fin de compte.
Coleen ouvrit de grands yeux, espérant avoir mal entendu.
— Cela vous fera 7 gallions et 5 mornilles.
La fillette paya rapidement et partit rejoindre ses parents près de chez Fleury et Bott. Elle ne trouva que son père, qui lui annonça que sa mère avait tenu à se rendre au Chaudron Baveur.
Le père et la fille remontaient le chemin avant de s'arrêter devant un mur de briques des plus classiques.
— C'est un mur, pas un bar ça, fit-elle remarquer, étonnée.
— Tu vas voir...
Avec un petit sourire, William sortit sa baguette et tapota certaines briques sous le regard intéressée de Coleen. A la grande surprise de cette dernière, les briques pivotèrent dans un ensemble cahotant, tel un ensemble de pantins. Rapidement, une ouverture se dégagea et ils pénétrèrent ensuite dans une sorte de petit pub.
— On devrait avoir la même à la maison, Papa, fit remarquer la fillette avant d'observer le Chaudron Baveur.
Les murs étaient miteux, sans parler du plancher. Néanmoins, l'endroit était agréablement calme et frais à l'instar cette belle journée d'été, compte tenu de sa superficie plus que modeste. Quelques personnes se groupaient autour de petites tables rondes et branlantes, buvant des substances plus ou moins pétillantes, de couleurs défiant l'imagination.
Coleen ne tarda pas à apercevoir sa mère. Elle la trouva en pleine discussion avec une autre sorcière qui lui sembla vaguement familière, mais inidentifiable de dos. Celle-ci se retourna alors et un large sourire vint orner son doux visage. Le teint mate et les yeux bridées ; la jeune fille reconnut instantanément la vieille copine de sa mère — et en parallèle leur ancienne voisine.
— Coleen ! Cela fait si longtemps, comme tu as grandi !
— Bonjour Hyuna.
En voyant Janet tenir les mains de sa précieuse amie, une vague culpabilité envahit immédiatement le cœur de Coleen. A la disparition de son frère et à sa propre morsure, ses parents avaient pris l'importante décision de tout laisser derrière eux, déménager dans un coin reculé afin de la protéger. Tout plaquer avait aussi signifié abandonner tous leurs amis, tous leurs proches. La jeune sorcière n'en avait pas particulièrement souffert à l'époque, étant alors dans un état second, mais nul doute que c'eut été bien plus ardu pour le couple. Elle se demanda alors si Hyuna savait ce qu'il s'était passé, pour avoir conservé toute sa familiarité après deux ans sans nouvelle. De souvenir, cette dame lui avait toujours semblé dotée d'un instinct hors du commun, cela ne serait donc pas très étonnant.
Quoi qu'il en soit, elle invita Coleen à lui raconter toutes les choses extraordinaires qu'elle avait pu voir au Chemin de Traverse, de manière très naturelle.
— Ah ce matin aussi Abbie est venue acheter sa baguette ! Elle est folle de joie à l'idée d'entrer à Poudlard.
Abbie, de son vrai nom Abigail, était la fille de Hyuna, avec qui Coleen avait partagé bien des parties de cache-cache et des petits matches de Quidditch à l'aide -bien entendu— de quelques balles moldues, enfant.
— Oh, moi aussi, je suis trop contente !
Les yeux de la fillette brillèrent de fierté, lorsqu'elle montra sa propre baguette magique flambant neuve, conservée dans une petite boîte en bois garnie de velours. Hyuna ne manqua pas de la complimenter, tout en racontant qu'elle avait détruit une étagère toute entière lors de sa première venue chez Ollivander, à ses onze ans. Elle jura même qu'il eut été bien pâle à son cinquième essai ! Cela rassura nettement Coleen de constater qu'Ollivander n'avait été qu'au cadet de ses ennuis avec elle.
L'après-midi se poursuivit tranquillement, divers sujets de discussions étaient posés tour à tour sur la table. Les adultes parlèrent longuement de leur expérience à Poudlard, tandis que Coleen buvait littéralement leurs paroles... Notamment Janet, qui affirmait en avoir fait voir de toutes les couleurs au concierge de l'école lors de petites virées nocturnes avec ses amis. Il était alors encore plus amusant d'écouter le passé de William, élève extrêmement sérieux qui n'avait jamais agit en dédain du règlement. Quand à leur ancienne voisine, elle assura d'avoir été une élève exemplaire, affublée d'un petit sourire qui en disait long sur son "attitude irréprochable".
Bien qu'Hyuna eut proposé de nombreuses fois de tous les inviter à dîner, les parents de Coleen déclinèrent poliment l'invitation, décrétant que la journée avait été longue. Ils ne tardèrent pas à rentrer par transplanage. En effet, dès le pas de la porte franchit, la fillette s'engouffra dans sa chambre et s'écroula sur son lit, ressentant d'un seul coup toute la fatigue accumulée. L'esprit encore plein des merveilles du Chemin de Traverse, elle se sentit presque fiévreuse.
Elle entendit que d'une oreille sa mère entrer dans la petite chambre, un thé fumant sur un plateau.
— Bois ça ma belle avant de dormir, dit elle d'un ton soucieux avant de toucher le front de sa fille. La pleine Lune est dans trois jours, c'est malheureusement normal que tu sois si fatiguée. Tu déballeras demain tes affaires.
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CHAPITRE 3:
~ Course Nocturne ~
~ Course Nocturne ~
Un hurlement lointain retentit et une mince silhouette se détacha de l'obscurité. Une furieuse sensation de déjà-vu assaillit Coleen et elle s'engouffra dans la forêt à la poursuite de cette ombre mystérieuse, sur ses quatre pattes lupines. De racine en racine, elle évitait tant bien que mal les obstacles forestiers surgissant de nulle part, tandis que le sol se déroulait sous ses pattes. Son cœur tambourinait dans sa poitrine et le souffle venait à lui manquer, tandis qu'elle fixait l'ombre mystérieuse. Son instinct lui criait qu'elle était proche du but.
Mais pourquoi le paysage ne cessait-il de se répéter ?
Soudain la terre se déroba sous sa course et Coleen hurla en se sentant basculer dans le vide. De grands yeux pâles s'ouvrirent sous elle, se détachant horriblement de l'obscurité. Elle agita ses pattes inutilement dans le vide, chutant dans l'effrayant regard bleu perçant.
Et puis ce fut le noir.
*****
Coleen se redressa dans son lit en sursaut et prit une bonne minute pour comprendre qu'elle se trouvait tout simplement dans sa chambre, sous une nuit calme. Ce n'était donc qu'un cauchemar. Tremblotante, en nage, elle se blottit contre son oreiller en essayant de retrouver ses esprits. Dans tous ses rêves, elle était sous sa forme lupine, et ces derniers se multipliaient durant les nuits antécédentes à la pleine lune. Pourtant ces rêves ne représentaient en rien la réalité vu que la jeune fille était toujours enfermée à double tour durant ses transformations, et n’avait donc jamais gambadé dans la forêt vierge.
*****
Coleen se réveilla à nouveau, cette fois-ci plus calmement, à l’odeur de cuisine émanant de la salle de vie, accompagnée par les fracas familiers d'ustensiles enchantés. Elle tourna la tête vers la petite pendule de sa chambre et s'aperçut avec consternation qu'il était déjà 11h45. La jeune adolescente se hâta de s'habiller et, devant l'insistance de sa brosse à cheveux qui était particulièrement têtue ce matin, se laissa coiffer devant le miroir, tout en baillant sans grande once de délicatesse.
Brusquement, les événements de la veille lui revinrent en mémoire, et elle se hâta de rejoindre ses parents. Sa mère était effectivement en train de cuisiner quelque chose tandis que son père griffonnait sur un carnet vierge.
— Bonjour Papa, bonjour Maman.
— Bonjour Coleen. Tu as bien dormi ?
— J'hésitais à te réveiller, renchérit son père. Mais tu semblais si fatiguée.
Coleen ignora volontairement sa remarque et accepta avec reconnaissance un verre de jus de citrouille. Elle repensa à un détail qui l'avait un peu chiffonnée avant d'entrer dans le Chaudron Baveur.
— Je me demandais... Hier...
Janet se tourna vers elle tandis que son époux jetait un coup d'œil sur les fourneaux, en toute connaissance de la concentration évasive de sa bien-aimée.
— Lorsque je suis allée chercher ma baguette magique chez Mr Ollivander, il m'a dit que le bois d'aubépine affectionnait les sorciers à la nature conflictuelle... Quelque chose de ce genre. Et que ça ne l'étonnait pas dans mon cas. Tu penses qu'il sait que je suis...
Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, sa mère lui adressa un sourire rassurant :
— Mr Ollivander a un instinct hors du commun, mais il n'a pas forcément pointé ta nature en disant cela. Crois moi, tu n'as pas à t'inquiéter pour ça.
Coleen hocha la tête, espérant de tout cœur que le vieil homme n'avait rien deviné. La simple pensée qu'une personne aussi importante apprenait sa véritable nature lui donnait la nausée. Ollivander était la référence de tous les sorciers ! Elle décida finalement de changer de sujet.
— Et Hyuna, comment l'as-tu retrouvée ?
Janet lui adressa un sourire cette fois-ci énigmatique :
— Je lui avais envoyé un hibou la veille, et elle a accepté de venir, comme elle séjournait dans un hôtel tout proche avec sa famille.
— Tu ne lui as rien dit sur moi, hein ?
Coleen affichait à nouveau une mine anxieuse, elle avait toujours adoré son ancienne voisine ; l'idée que celle-ci ne la voit plus comme une fillette normale lui donnait des frissons désagréables.
— Non, ne t'inquiète pas... Je lui ai uniquement dit que tu allais entrer à Poudlard en Septembre. Tu te souviens de sa fille, Abbie, je suppose ?
— Oui, on passait nos journées ensemble, mais ça fait si longtemps...
— Elle va aussi faire sa première rentrée à Poudlard. Vous vous croiserez sûrement là-bas.
— Oh... C'est super !
Mais Coleen se demanda très sérieusement ce que pensait Abbie de leur déménagement si soudain. Du jour au lendemain, celle-ci s'était retrouvée sans son amie de toujours, probablement avec trop de questions dans la tête et pas assez de réponses. Sans compter la disparition de Aiden. Coleen se souvenait encore bien que son amie -fille unique, adorait prendre soin de son petit frère ; tous deux s'entendaient même à merveille, si bien qu'elle en devenait presque jalouse parfois. Leurs petites disputes lui semblaient si lointaines maintenant... Abbie les avait-elle oubliées ?
En tous cas, elle n'avait pas accompagné sa mère au Chaudron Baveur.
Pour se changer les idées, Coleen avisa son père toujours en train de griffonner sur un papier, l'œil plongé dans un grimoire.
— Que fais-tu, Papa ?
Celui-ci releva une mèche couleur châtaigne lui tombant sur les yeux, et lui dit tout naturellement :
— Je note les jours de Pleine Lune, lorsque tu seras à Poudlard.
Coleen laissa échapper un grognement, décidément la conversation ne tournait pas à son avantage. Elle résista à la soudaine envie de cracher sur son père qu'elle était totalement capable, — et cela toute seule !, de se souvenir de ces dates. Mais cela ne serait vraiment pas le bienvenu de sa part. De plus, William semblait avoir prit, encore, quelques années depuis qu'elle avait reçu sa lettre sous l'effet de son inquiétude presque maladive.
— Papa, il est impossible que je l'oublie, tu le sais bien, dit-elle le plus calmement possible. Pense à autre chose, s'il te plait...
Elle l'embrassa sur la joue puis rejoignit sa chambre pour changer de vêtements. En vérifiant dans sa glace que sa chemise et sa jupe étaient correctement assorties, son reflet lui rendit son regard. En vérité, Coleen n'était aujourd’hui guère plus belle à voir que son père, ses yeux ambrés étaient assortis de cernes noires et son visage semblait plus exsangue que jamais. Pas étonnant qu'il s'inquiète avec ma tête, songea-t-elle avec déception.
Heureusement, cette mauvaise mine n'était que provisoire. Dès que la nuit de pleine Lune sera passée, Coleen retrouverait son visage bien moins fatigué. Elle se le répétait à chaque fois pour se donner du courage. Il n'y avait donc pas de quoi s'inquiéter, n'est-ce pas ?
N'ayant pas très faim, elle préféra crier de sa porte à ses parents qu'elle mangerait plus tard et s'allongea sur son lit, examinant les courses de la veille au Chemin de Traverse. La jeune fille sortit alors le sac protégeant ses livres de cours, et les disposa soigneusement devant elle.
Elle prit quelques minutes à admirer les belles couvertures en cuir, renfermant sans doutes des multitudes de lettres manuscrites et de gravures. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas eu autant de nouveaux objets dans un même temps. Dire qu'il fallait attendre encore un mois pour les utiliser ! Sans oublier la baguette magique ! Coleen mourrait d'envie de s'en servir... Et résistait à grand peine de l’essayer. Elle voulait retrouver la douce sensation de chaleur ressentie à la boutique d’Ollivander, lorsque sa baguette l’avait, elle !, choisie. Cependant, au grand dam de la fillette, il était strictement interdit de pratiquer la magie en dehors de l'enceinte de l'école, et ce encore plus lorsqu'on ne connaissait absolument aucun sort.
Elle choisit finalement d'ouvrir le manuel d'histoire de la magie, barbant d'après sa mère, passionnant d'après son père – il était inutile de se tenter avec Le Livre des Sorts et Enchantements (niveau 1). Le sujet de Poudlard n'étant plus tabou, elle avait déjà pu voire les paroles de la discussion de la veille au Chaudron Baveur, à propos des souvenirs des années collège de ses parents et de Hyuna ; il était maintenant temps d’élargir davantage ses horizons.
Et… Elle allait se faire son propre avis de l'histoire de la magie.
*****
Au bout de 15 minutes, Coleen avait saisit que le Conseil des Sorciers du 14ème siècle était aussi peu passionnant que l'ancien boulot de son paternel. D'ailleurs, combien de fois avait-elle vu celui-ci, de retour, échevelé, avec des milliers de dossiers à terminer ? Il ne cessait pourtant de dire qu'il ne quitterait pour rien au monde son poste, ce qui ne faisait qu’impressionner continuellement la fillette.
A ce moment là, la famille était loin d'imaginer son futur. La jeune fille se souvenait encore bien d'une conversation qu'elle avait entendue peu de temps après avoir emménagé dans leur demeure actuelle, son père travaillait alors encore au Ministère de la Magie. D'une voix trop neutre pour être naturelle, il avait annoncé qu'il ne supportait plus de se rendre au travail, de voir ses collègues fuir son regard ou au contraire s'obliger à le questionner sur l'avancée de l'enquête. Mais surtout, le pire était de sentir le regard noisette de son fils peser sur lui en permanence, dont l'avis de recherche était placardé à chaque tournant de couloir.
Coleen avait mit du temps à s'habituer à sa nouvelle audition décuplée. Même sous sa couette, elle entendait aussi distinctement le tic-tac de son horloge qu’une chouette s’envolant brusquement à l’orée de la forêt.
Plus tard, elle avait demandé à ses parents d'insonoriser le salon, ne supportant plus d'entendre des discussions qu'elle ne devait pas entendre -au sujet de leur ancienne vie ou de son petit frère le plus souvent. Nul doute qu'avoir le pouvoir d'entendre n'importe quelle conversation l'aurait séduite dans le passé, afin de savoir ses futurs cadeaux de Noël par exemple, mais c’était avant que tout déraille.
Une idée traversa l'esprit de la jeune fille. Que disait le livre des Animaux Fantastiques de Norbert Dragonneau au sujet des Loups-Garou ? Elle saisit l'ouvrage avec précaution, ne voulant pas abîmer la belle reliure ornée de majestueuses créatures. Devant la longue introduction en lettres élégantes, Coleen passa directement au sommaire. Après brêve lecture, elle se rendit à la page correspondante aux Loups-Garou. Sans grande surprise, la créature était classée parmi les plus dangereuses existantes. Une gravure d'un énorme loup, rugissant, les yeux fous, lui sauta aux yeux.
— J'espère que je ne suis pas aussi effrayante que lui, soupira-t-elle.
Il était finalement vraiment très dérangeant de se retrouver dans un bestiaire de créature magiques, et ce encore plus en étant qualifié d'extrêmement dangereux. La jeune fille referma d'un coup sec le livre, se disant qu'elle n'avait vraiment pas eu l'idée du siècle.
— Tu te fais du mal, ma vieille, se murmura-t-elle en riant nerveusement.
Coleen se mit alors à regarder distraitement le ciel bleu, se languissant de la prochaine fois qu'elle retrouverait la civilisation. Soit, le 1er Septembre au matin. La pleine lune sera alors loin, et elle en pleine forme ! Cette pensée la réconforta, il lui était vraiment très important de se présenter à ses nouveaux camarades sous son meilleur jour. L'idée d'avoir à nouveau des amis la ravissait, il était hors de question de rater cette opportunité. Qu'elle avait hâte !
Ce chapitre est assez intermédiaire, j'ai du mal à en être satisfaite malgré y avoir bien travaillé, mais j'espère que la suite vous plaira !
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CHAPITRE 4:
~ King's Cross ~
~ King's Cross ~
1er Septembre 1985
C'est avec un chariot brinquebalant gaiement que la petite famille pénétra dans la grande gare de King's Cross. Coleen observait avec une joie non dissimulée la formidable architecture du bâtiment prestigieux, avec son plafond semblant chatouiller les cieux. Malgré la foule circulant dans la gare en ce jour de rentrée –que ce soit chez les sorciers ou les moldus, la fillette ne pouvait s’empêcher de rester le nez en l’air. Elle était encadrée avec soin par ses parents, la protégeant du niveau sonore de l’espace.
— Tu verras à Poudlard, ce sera encore mieux, lui glissa sa mère.
— Mais laisse lui la surprise, voyons, ronchonna son conjoint avec un grand sourire.
Celui-ci semblait étonnamment détendu par rapport à l'ordinaire ; il avait troqué pour l’occasion son expression angoissée pour un large sourire, empli de joie pour sa fille... Et peut-être également car ils étaient arrivés une heure en avance à la gare.
— Papa ! On a au moins 45 minutes d'avance, tu disais qu'on allait être en retard !, s'exclama Coleen, en apercevant une grande horloge sur un gigantesque pilier.
Sa mère étouffa un petit rire en murmurant "une heure..." tandis que l'intéressé ignorait volontairement sa fille et se saisit du chariot à bagages.
— Tiens, donne moi ça, ne traînons pas.
Si elle ne connaissait pas son côté anxieux, Coleen aurait pu croire sans aucun mal que son paternel avait hâte d’enfin pouvoir se débarrasser de sa personne. Elle observa le billet et s'exclama, ne pouvant contrôler sa joie plus longtemps :
— Ah ! Je vais enfin voir le Poudlard Express !
Janet s'empressa de lui mettre la main sur la bouche :
— Chut, pas un mot de plus, c'est rempli de Moldus par ici. Attendons de franchir la barrière.
Après avoir passé plusieurs passerelles, la petite famille arriva finalement devant le fameux pilier, délimitant la voie 9 et la voie 10. Coleen savait d'ores et déjà qu'il fallait traverser la barrière mais cela ne la mettait pas en confiance pour autant. Comme sans aucun doute des centaines de sorciers avant elle, la jeune fille craignait tout simplement que le passage se ferme pile au moment de sa traversée.
— Traversons discrètement tous ensemble, chuchota sa mère.
Lorsqu'un groupe constitué de moldus bien dissipés se fut enfin écarté du passage, Coleen, encadrée par ses parents poussant son chariot, se laissa entraîner. Au moment d'atteindre les briques, elle ferma les yeux.
En les rouvrant, la fillette découvrit pour la première fois le quai 9 3/4, avec le fameux train au nom évocateur : Le Poudlard Express. Elle observa avec ravissement la locomotive d'un rouge flamboyant crachoter des volutes de fumées qui se répandaient en zigzaguant parmi des dizaines de familles. Des enfants couraient le long de la voie, des amis s'embrassaient, et quelques parents essuyaient même une petite larme émue. Quelques hululements plus ou moins indignés s'élevaient ici et là.
— Viens, Coleen, allons à l'arrière du train, il y aura plus de place, dit son père.
Coleen hocha la tête distraitement, sans dire un mot.
Bien que le train ne partait pas avant une bonne vingtaine de minutes, le quai était littéralement bondé. La jeune adolescente se frayait avec difficulté un passage avec son chariot, en essayant de ne pas écraser trop de pieds. De justesse, Janet l'empêcha de percuter une pauvre dame qui n'avait strictement rien demandé, avant d'empoigner à son tour l'élément perturbateur. Ils s'arrêtèrent au dernier wagon.
Sans se faire prier, William monta la grosse malle de sa fille sur le marchepied, avant de l'installer dans une cabine libre. Janet suivit avec son sac. Coleen se rendit compte qu'il ne lui restait plus rien à porter et décida donc de les attendre sur le quai. Le couple ne tarda pas à redescendre.
— J'ai l'impression que ma première rentrée date d'hier, commenta sa mère tout en prenant Coleen par les épaules.
— Moi aussi.
Coleen remarqua que les yeux de son père brillaient anormalement. Elle se blottit contre lui, tout en murmurant :
— C'est la fumée qui te fait pleurer, n'est-ce pas, Papa ? Sinon, moi aussi je pleure.
Il lui ébouriffa les cheveux avant de sourire, et s'accroupit devant elle.
— Toi, tu n'as pas le droit de pleurer, je suis persuadé que tu vas passer une année merveilleuse.
Sa mère vint lui caresser la joue avec tendresse.
— Tu n'oublieras pas d'écrire à tes vieux et pauvres parents, n'est-ce pas ?
Un sourire taquin illuminait son doux visage. Coleen éclata de rire, avant de s'empresser de répondre :
— Non, je vous écrirai, tous les jours même !
— Pas tous les jours, sinon tu n'auras pas le temps de nous manquer, tempéra Janet avec bonne humeur tout en plaquant sa main sur la bouche de son époux, qui allait approuver vigoureusement les paroles de sa fille.
Coleen vit alors du coin de l'œil plusieurs enfants qui montaient dans le train, et qui bavardaient ensuite par les fenêtres ouvertes avec leurs parents.
— Je crois que je vais devoir monter, moi aussi. Et puis, mes affaires sont toutes seules à l'intérieur...
Elle commençait à sentir une grosse boule se former dans sa gorge, et craignait surtout d'éclater en sanglot au beau milieu du quai.
— Oui, tu as raison. Je te souhaite bon voyage, ma petite chérie. Tout se passera bien, ne t'inquiète pas, dit son père.
Venant de lui, éternel stressé, ces paroles valaient de l'or. Il l'étreignit vigoureusement, comme s'il ne voudrait jamais la relâcher. Lorsqu'ils se séparèrent, Coleen se tourna vers sa mère, qui lui fit un tendre sourire.
— Tu vas bien t’amuser à Poudlard, j'en suis sûre, ma puce. Tu auras même peut-être l’occasion de travailler ! Nous t'enverrons Flick dès demain.
La fillette hocha sa tête. Elle se jeta dans les bras de sa mère, profitant d'une dernière étreinte avant le départ. Lorsque celle-ci la relâcha, Coleen plongea ses yeux dans les prunelles ambrées de Janet, photographiant son doux visage et ses cheveux clairs. Le train se mit ensuite à siffler.
— Aller, entre vite, la pressa William.
Coleen s'empressa de monter pour de bon dans le train et, une fois dans la cabine où se trouvaient ses affaires, elle ouvrit la fenêtre.
— A bientôt, je t'aime Papa. Je t'aime aussi Maman, dit-elle tout en agitant sa main.
Le couple, se tenant par les épaules, lui répondirent du même signe, le visage ému. Le train commença à s'éloigner, mais Coleen ne décolla pas son nez de la vitre avant que ses parents soient réellement hors de vue.
Elle soupira alors en s'étalant sur la banquette, emplie de sentiments mitigés. L’anxiété la gagnait à nouveau. La perspective d'aller à Poudlard l'emplissait littéralement de joie oui, cependant elle espérait s'habituer rapidement à l'absence de ses parents, après avoir passé près de deux ans sans voir quiconque d'autre, sans contact extérieur. De plus, depuis la réception de sa précieuse lettre, ils lui avaient fait prendre conscience peu à peu qu'à l'école, elle n'aurait personne à qui se confier au niveau de sa condition.
Coleen savait depuis longtemps qu'un loup-garou était très mal vu dans la société, mais elle s'était arrêtée à la peur que les gens la prennent pour un monstre et ne veuillent alors plus lui parler. Mais avec tous les conseils résonnant sur le ton de l'obligation que ses parents lui avaient maintes fois répété, la jeune fille ressentait maintenant la préservation de ce secret comme une question de vie ou de mort.
La fillette secoua la tête, désirant penser à autre chose. Elle essaya de s'abandonner aux sons résonnant dans le wagon. Le fracas des valises s'était déjà estompé et la jeune fille entendait vaguement le bruit de quelques discussions. L'agitation à la gare lui aurait fait tourner de l'œil si sa mère n'avait pas été là pour la guider.
Soudain, la porte coulissa.
Coleen sursauta, et se figea devant la personne entrant dans la cabine. Celle-ci jurait à essayer de faire entrer sa lourde valise, puis une fois chose faite, elle s'assit lourdement sur la banquette de face. La nouvelle entrante leva alors ses yeux en amande et remarqua sa présence.
— Je suis désolée, il n'y a vraiment plus de place dans les autres cabines. J'espère que je ne te dérange pas.
Coleen inspectait son visage, avec une curieuse impression de déjà-vu. Bien sûr, il y a avait grand nombre de filles de son âge aux cheveux raides et bruns, mais quelque chose dans le regard de la nouvelle venue lui évoquait des souvenirs. Se rendant soudainement compte qu'il n'était guère poli de dévisager les gens de cette manière, elle répondit de manière précipitée :
— Non, il n'y a pas de problème ! Tu... Tu me déranges pas.
Coleen sentit son visage virer au rouge et se détourna ; il lui était si étrange de discuter avec une personne de son âge, après tant de temps à ne fréquenter que quelques adultes seulement. Enfin, discuter était un bien grand mot. La fillette avait surtout l'impression de déjà se comporter très bizarrement, malgré elle.
— Tant mieux alors, dit l'inconnue d'un ton tranquille, ne semblant pas se formaliser de la situation.
Cette dernière s'avachit alors sur sa banquette et regarda la fenêtre à son tour, en chantonnant à mi-voix. Mais Coleen ne pouvait se défaire de son impression de déjà-vu. Elle inspira un bon coup : quitte à paraître bizarre, autant l'être jusqu'au bout.
— Est-ce que... Tu t'appelle Abigail ?
La fille brune se releva prestement et leva les sourcils.
— Oui c'est moi. On se connaît ?
— Moi c’est Coleen. Coleen Heap.
Les yeux d'Abigail s'écarquillèrent alors.
— Coleen ? C'est vraiment toi ?
La gorge soudainement très sèche, la jeune fille opina de la tête.
— Wouah... Ca fait bizarre. Comment n'ai je pas pus te reconnaître ?! Ma mère m'avait dit que je te reverrai certainement, mais je trouvais ça un peu dingue...
Elle s'interrompit, fit un bref sourire et leva la main :
— Désolée je parle un peu trop.
Coleen secoua vigoureusement la tête :
— Pas de soucis, vraiment.
Elle se sentait bouleversée de revoir la personne qui l'avait accompagné dans toutes ses histoires d'enfance, avant que tout ne change radicalement, et ne pouvait s'empêcher de l’examiner sous toutes les coutures. Abigail semblait faire de même de même.
— Tu as vraiment changé je trouve, dit celle-ci.
Coleen se figea. Que voulait-elle dire ?
— J'ai juste grandis, tout comme toi, dit-elle en laissant échapper un rire nerveux.
Abigail ne répondit pas, semblant songeuse. Coleen sentit une boule se former dans un estomac, Abigail ne pouvait quand même pas se douter de quelque chose ? Pas déjà ? Avec effarement, Coleen s'imaginait maintenant avoir le mot "loup-garou" gravé sur le front.
— N'empêche... Abigail prit une profonde inspiration. Je ne pensais vraiment plus te revoir. Quand Aiden a disparu, et que vous êtes partis, et que...
Elle s'interrompit à nouveau brusquement, la main plaquée contre sa bouche.
— Excuse moi, ce n'est pas ce que je voulais dire, enfin je ne voulais pas te faire de la peine...
— Ce n'est pas grave.
Bizarrement, entendre le prénom de son frère évoqué de manière si naturelle ne lui faisait pas vraiment de la peine. Cela lui donnait davantage le sentiment qu'il avait réellement existé, comparé au mutisme de ses parents à son sujet. Malgré tout, que n’aurait-elle pas donné pour pouvoir le serrer dans ses bras à la gare, en lui promettant de lui écrire souvent, comme dans n'importe quelle autre famille.
Abigail fixa ses chaussures, le visage rouge. Ne voulant pas la laisser mal à l'aise ainsi, Coleen décida de changer de sujet :
— Cette nuit je n'ai pas trop dormi en pensant à la Répartition...
Abigail releva brusquement la tête.
— Oh moi non plus !
Elle avait retrouvé sa vivacité et sa bonne humeur, ce qui était rassurant pour Coleen.
— Mes parents n'ont jamais voulu me dire en quoi consistait cette épreuve, ils exagèrent !
— C'est vraiment une épreuve, tu penses ?
— Il parait que oui... En tout cas j'espère aller à Gryffondor, mes parents seront ravis !
A la suite de ses paroles, Abbie leva les yeux au ciel avant de poursuivre d’un air détaché :
— Maman m'assure qu'elle ne sera pas déçue si je suis envoyée à Serpentard mais elle n'est pas très crédible.
Coleen ne put s’empêcher de rire devant l'expression blasée d'Abigail. Celle-ci s'empressa ensuite de lui citer tous les mérites qu'avait la maison de Gryffondor, avant de planter ses prunelles brunes dans les siennes.
— Et toi ? Tu as une préférence ?
— Je ne sais pas du tout où je vais aller.
Coleen hésita, ces derniers temps elle avait déjà eu du mal à réaliser qu’elle allait enfin aller à Poudlard, et s’était finalement davantage préoccupée de la nature de la Répartition que de sa maison idéale. Son père était à Serdaigle, sa mère à Gryffondor. Elle se voyait très mal à Serdaigle, ne pensant pas être suffisamment attentive et concentrée pour, peut-être alors Gryffondor.
— Gryffondor aussi, comme ma mère. Je ne sais pas vraiment franchement…
— C'est un très bon choix, approuva Abigail avec un large sourire.
— Vous désirez quelque chose, les enfants ?
Le regard des deux filles se porta vers une sorcière replète au visage chaleureux. Cette dernière poussait un chariot débordant de confiseries en tout genre, des chocogrenouilles aux suçacides, en passant par les Fizwizbiz.
Elles se ruèrent en même temps sur le chariot, observant avec attention et gourmandise l'étalage des bonbons qui débordaient littéralement. Finalement, après avoir compté toutes deux leurs pièces avec attention, les deux filles purent prendre un peu de tout.
— Tu aimes toujours autant les patacitrouilles, Abigail ?
— Ah ! Oui, tu t'en souviens...
Coleen prit donc un paquet supplémentaire de patacitrouilles, trop heureuse de revoir sa meilleure amie.
Les deux filles revinrent joyeusement dans le compartiment. Abigail plaça une longue mèche brune derrière son oreille et lança :
— Au fait mon surnom n'a pas changé, tu peux toujours m'appeler Abbie !
Elle s'interrompit et son regard parcourut les deux fauteuils puis l’ensemble du compartiment d'un air stupéfait.
— Hé mais... Où est passée Berry ?!
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CHAPITRE 5:
~ Un chaton récalcitrant ~
~ Un chaton récalcitrant ~
— Berry ? Qui est Berry ?, s'étonna Coleen.
— C'est mon petit chat. Il est blanc avec des tâches rousses, et je pensais qu'il dormait dans son panier !, s'écria Abbie en se levant d’un bon.
Elle désigna d’un geste tremblant le panier en question, dont la porte grillagée semblait avoir été ouverte d'une patte experte.
— Heu... Pas de panique, il n'a pas du aller bien loin... Il a du sortir lorsqu'on a pris les bonbons, souffla Coleen.
— Je vais le chercher.
Les joues rouges, Abbie rouvrit la porte du compartiment. Elle pencha la tête sur le côté en fixant Coleen.
— Tu viens ?
— Oui, j'arrive !
Coleen s'empressa de réordonner rapidement ses affaires et la suivit au pas de course. Par logique, les deux fillettes commencèrent leur enquête avec la cabine adjacente à la leur. Trois filles, déjà vêtues de leur robes de sorcière, assurèrent ne pas avoir vu le jeune chaton. Plus loin, elles croisèrent un garçon qui ne daigna même pas à leur répondre. Coleen avisa une porte mi-ouverte, derrière laquelle se trouvait seule une fille de leur âge.
— Excuse-moi, est-ce que tu aurais vu un chaton ? Il est tout blanc.
L'intéressée sursauta avant de se tourner vers elles deux, ses yeux verts soudain craintifs. Coleen devina aisément qu'il s'agissait d'une née-moldu, au vu de sa nervosité et de ses livres aux illustration immobiles. Elle venait d'ouvrir un sachet de Dragées Surprise de Bertie Crochue.
— Ah non, je suis désolée, je n'ai rien vu de tel.
— Oh fais attention avec ces bonbons, certains ont des goûts affreux, sois prudente, ne put s'empêcher de dire Coleen en désignant le sachet de bonbons de la jeune fille.
Celle-ci repoussa une mèche brune derrière son oreille et fit un timide sourire :
— Merci de me prévenir, je ne connais pas du tout ce genre de sucreries.
— On doit y aller, intervint Abbie. Il faut absolument qu'on retrouve mon chat.
— A plus tard, dit Coleen avant de fermer avec précaution la petite porte.
Abbie se montrait de plus en plus nerveuse. Coleen posa timidement une main sur son épaule.
— Ne t'inquiète pas, on va bien finir par le retrouver, ton petit chat.
— Merci Coleen, j'apprécie. Ah on arrive devant la cabine des préfets.
Les deux filles lorgnèrent discrètement le compartiment à travers la vitre teintée. Elles y virent un couple d'adolescents en robe verte, plongé dans une grande discussion. Abbie esquissa un pas de recul et fit une grimace de dégoût.
— Hum... Ce sont les préfets de Serpentard...
Coleen inspira profondément et serra les poings pour se donner du courage.
— Je vais leur demander.
Elle avait tant envie de faire plaisir à son amie nouvellement retrouvée. Et puis elle devait enfin se sociabiliser. Et c'est avec une appréhension non envolée qu'elle ouvrit la porte, avant de demander :
— Bonjour, excusez-moi... Auriez-vous vu un chaton blanc avec des tâches rousses ?
Le couple la fixa d'un air surpris, avant d'éclater de rire. La jeune fille pâlit, ne comprenant pas leur réaction. Ai-je une tâche sur le nez ?, se demanda-t-elle, soudain honteuse.
Elle décida néanmoins d'insister :
— S'il vous plait, c'est important.
A ce moment là, Abbie entra d'un pas trébuchant dans la cabine et tendit les bras vers une boule blanche tapit dans un coin, qu'elle n'avait auparavant pas remarqué.
— Berry, t'es là ! AÏE !
Le chaton donnait des coups de patte à sa jeune maîtresse, sans aucun doute pour jouer au vu de ses miaulements espiègles, mais ses griffes étaient sorties. Devant l'air narquois des deux Serpentard, Coleen résista à grand peine à s'enfuir, et se retrouvait désemparée et les bras ballants à regarder son amie se battre avec la boule de poil.
— Que se passe-t-il ici ?
La fillette se retourna en sursaut et leva la tête. Un garçon la dominait de toute sa hauteur avec un badge de Préfet en Chef, un Serdaigle au vu de sa cravate bleue. Coleen se sentit immédiatement oppressée, il y avait trop de monde dans cette cabine.
— Heu... On s'en va, bafouilla-t-elle en devenant toute rouge, avant de tirer Abbie par la manche qui, par miracle, avait enfin attrapé la petite Berry sans essuyer un nouveau coup de patte.
Avant que le préfet en chef ne referme la porte, Coleen entendit distinctement la fille dire à son compère vêtu de vert :
— Haha t'as vu on dirait qu'elle a vu un fantôme, la mioche !
— C'est surtout elle, le fantôme, renchérit celui-ci.
Le garçon de Serdaigle claqua brusquement la porte, espérant sans doute que personne ne les avaient entendu.
Abbie la regarda d'un air désolé avant de souffler :
— C'était assez embarrassant...
Coleen lui mit une main timide sur l'épaule, partageant ce sentiment.
— Ca va ? Elle ne t'a pas trop griffé ?
Abbie contempla ses manches maintenant abîmées et déclara :
— Ca va, heureusement que je ne m'étais pas encore changée.
Le reste du trajet retour jusqu'à leur compartiment se fit en silence. Coleen se repassait la confrontation en boucle dans sa tête, et hésitait entre la peine et la colère. Elle aurait aimé aider son amie et pouvoir envoyer balader ces deux idiots, mais elle n'en avait pas été capable...
Les deux filles passèrent devant la cabine de la Née-Moldue et la fillette vit que celle-ci discutait maintenant de manière animée avec deux garçons, le sourire aux lèvres. Cette vue lui mit du baume au coeur.
Lorsque Coleen put enfin se réinstaller sur son siège dans sa cabine, à côté de sa valise et de ses bonbons, la scène dans le wagon des préfets s'estompa de son esprit. Elle regarda avec intérêt Berry s'étirant sans retenue sur les genoux de Abbie, qui la fixait avec un mélange d'adoration et de consternation.
Soudain, la petite chatte sauta sur elle, et se frotta amicalement contre son bras. Malgré la bonne demi-heure consacrée à la recherche de cette chipie, Coleen ne put retenir un sourire attendrie face à une petite créature si mignonne.
Abbie laissa échapper une exclamation de surprise.
— C'est rare qu'elle se comporte comme ça avec d'autres gens. D'habitude elle passe son temps collée à mon Croup, mais elle est un peu bizarre en fait.
Coleen manqua de s'étouffer avec une dragée surprise de Bertie Crochue en entendant ces paroles. Le chaton plongea sous la table dans un miaulement mécontent.
— Tu as eu un parfum goût terre ?!, s'étrangla Abbie.
— Oui, c'est ça...
En réalité, la dragée était goût chocolat.
*****
Les heures défilèrent et le Soleil commençait à décliner. Abbie et Coleen avaient passé le reste de leur après-midi à dévorer des sucreries et à discuter de leurs futures matières. Cette dernière était parvenue à esquiver toute discussion faisant allusion à sa vie recluse dans les collines, et se sentait extrêmement heureuse d'avoir trouvé une amie, ou plutôt : d'avoir retrouvé une amie.
Les deux filles avaient ensuite revêtu leurs uniformes flambants neufs -jupe plissée, chemise et cravate, sans oublier la fameuse cape de sorcier. Il était si excitant d'enfin les porter ! Cependant Coleen commençait à sentir une pointe d'appréhension qui envahissait son esprit en pensant à la Répartition... A l'instar d’Abbie dont les pommettes s'étaient teintées d'une intéressante teinte verdâtre. Celle-ci ne cessait maintenant de ruminer dans sa barbe inexistante que Gryffondor était bien évidemment la seule option possible pour sa personne.
Il ne fut bientôt plus possible de passer outre l'agitation dans le train, des élèves couraient, certains encore en vêtements moldus ; et même parfois quelqu'un ouvrait la porte de leur compartiment avant de la refermer rapidement avec un petit "Désolée 'me suis trompé".
— Je crois que je ne pourrais pas avaler une Chocogrenouille de plus, commenta Abbie en s’enfonçant dans son fauteuil.
Elle avait la voix étrangement aigüe et gardait les bras tendus comme des baguettes.
— On va bientôt arriver, je crois...
Une voix retentit alors dans le wagon, comme pour approuver ses paroles :
— Nous arrivons à Poudlard dans cinq minutes. Veuillez laisser vos bagages dans les compartiments. Ils seront acheminés séparément dans les locaux scolaires.
Abbie ouvrit grand les yeux et se mit à nettoyer nerveusement la table, avant de vérifier que toutes ses affaires étaient bien en ordre.
— Tu penses que les animaux sont compris dans les bagages ?, demanda-t-elle en désignant Berry.
Celle-ci, affalée aux côtés de sa maîtresse, dormait profondément, sa patte arrière gauche agitée d'un tic régulier. Coleen se leva lentement de son siège et entrouvrit la porte.
— Personne ne porte d'animaux dans le couloir.
— OK. Je vais l'enfermer dans son panier.
Le train ralentissait peu à peu, pour finir par s'immobiliser dans un soubresaut crachotant. Tous les élèves se dispersèrent sur le quai, respirant avidement l'air frais de la nuit. Serrée entre plusieurs apprentis sorciers la dépassant d'une bonne tête, Coleen se laissait porter par la foule, ayant l'impression de se trouver dans un rêve éveillé -ou dans un spectacle où elle serait l'unique spectatrice. Elle était à Poudlard.
Une ombre gigantesque se dressa soudainement dans la foule, la rompant sans efforts. Coleen leva les yeux et resta bouche bée devant l'homme surplombant les élèves. Il semblait faire plus de deux fois la taille d'un adolescent et était épais comme cinq. Du fait de sa gigantesque carrure, la fillette devina qu'il s'agissait d'Hagrid, le garde-chasse de Poudlard, dont le prénom avait été évoqué plusieurs fois par sa mère ces derniers temps.
— Les premières années, suivez-moi, dit celui-ci d'une grosse voix bourrue. Faites attention à où vous mettez les pieds surtout.
D'un pas trébuchant, les jeunes élèves suivirent avidement la lumière vacillante de la torche du demi-géant. Coleen se sentait toute émue à l'idée d'être plus proche que jamais de Poudlard.
Ils marchèrent un moment dans la broussaille, ce qui n'était pas un mal après une journée en étant assis dans un train ; Coleen repérait par avance chaque racine menaçant de l'envoyer s'étaler au sol et chaque ronce menaçant de déchirer sa robe. Il était hors de question de gâcher un tel moment !
Au détour du petit chemin sinueux, un concert d'exclamations s'éleva dans la nuit. 《Oooohhhh !》 Coleen se hissa sur la pointe des pieds afin d'admirer à son tour un spectacle éblouissant et elle en resta sans voix. Plus fier que jamais, le château de Poudlard se dressait dans la nuit, surplombant un immense lac à la surface aussi lisse qu'un miroir.
Hagrid montra au petit groupe d'élèves quelques barques disposées au bord de l'eau. Les enfants prirent place à trois ou quatre dans chacune de ces embarcations bien rudimentaires pour une école de sorcellerie.
Coleen se retrouva bien entendu aux côtés de Abbie, face à deux garçons qui dévoraient le château des yeux. Elle vit qu'Hagrid était parvenu sans problème à s'asseoir dans une barque malgré sa carrure plus qu'imposante. Un autre détail que la fillette ne remarqua qu’après : les barques étaient dépourvues de pagaies.
《En avant !》Les barques se mirent a glisser sur l'eau noire au son de la puissante voix d'Hagrid, dans une synchronisation parfaite. Coleen résistait à grand peine à la folle envie d'effleurer la surface du lac miroitant, n'ayant aucune connaissance de la biodiversité y vivant.
— Je crois avoir vu le Calmar Géant !, s'exclama un des garçons de sa barque.
Ceci la refroidit immédiatement tandis que quelques enfants se penchaient avec plus ou moins d'empressement par dessus bord.
Juste après avoir du se baisser afin d'éviter un rideau de lierre, les barques parvinrent finalement à la terre ferme. Coleen sauta dans les galets plats afin d'échapper au plus vite à la brise glacée qui s'installait au dessus du lac, s'insinuant sans mal dans le fin tissu de sa cape. Hagrid fit soigneusement le tour des embarcations, sans doute pour vérifier qu'il n'y avait aucun oubli, avant de se frayer un passage parmi les première années.
A la lumière de sa lanterne, il les guida à nouveau sur un sentier sinueux pour finalement arriver devant les lourdes portes du château.
— Tout le monde est là ?, demanda le demi-géant tout en balayant de sa lumière la petite troupe.
Il donna ensuite trois coups de son énorme poing sur la porte.
Celle-ci s'ouvrit aussitôt, et une grande sorcière d'âge mûr apparu dans l'encadrement. Coiffée d'un chapeau pointu laissant deviner un chignon serré, et vêtue d'une longue verte émeraude, elle avait indéniablement beaucoup d'allure... Et semblait également être bien plus stricte que Hagrid.
— Professeur McGonagall, je vous amène les élèves de première année.
— Merci Hagrid.
Un simple regard sur l'assemblée lui suffit à calmer les adolescents qui découvraient avec excitation -pour la plupart, l'intérieur du château.
Le hall était immense, et les murs semblaient grimper à perte de vue ; le plafond était à peine visible. Des torches éclairaient le sol de marbre ainsi qu'un fier escalier permettant de rejoindre les étages. Même pour une fille de sorciers, ce spectacle était hypnotisant.
Sans tarder, le Professeur Mcgonagall conduisit le petit groupe jusqu'à une petite pièce exiguë. Hagrid avait déjà disparu, d'ailleurs il n'aurait sans doute pas tenu dans un espace si restreint. Les nouveaux durent en effet se serrer afin de pouvoir tous entrer et plusieurs pieds furent généreusement écrasés sous les protestations de leurs propriétaires. L'anxiété gagnait maintenant même les plus hardis et des chuchotements inquiets se firent entendre.
— Bienvenue à Poudlard, annonça le professeur McGonagall. Le banquet de début d'année est sur le point de commencer, mais avant cela, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Cette répartition constitue une cérémonie très importante, car, vous devez savoir que tout au long de votre séjour à l'école, votre maison sera pour vous comme une seconde famille. Vous y suivrez les mêmes cours, vous dormirez dans le même dortoir et vous passerez votre temps libre dans la même salle commune. Les maisons sont au nombre de quatre. Elles ont pour nom Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard. Chaque maison a sa propre histoire, sa propre noblesse, et chacune a formé des siècles durant des sorciers et sorcières de premier plan. Durant votre année à Poudlard, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison. Au contraire, si vous enfreignez les règles, vous en ferez perdre. A la fin de l'année scolaire, la maison qui aura obtenu le plus de points gagnera la coupe des Quatre Maisons, ce qui constitue un grand honneur J'espère que chacun et chacune aura à cœur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. Bien, la Cérémonie de la Répartition aura lieu d'ici quelques instants, en présence de tous les élèves de l'école. Je vous conseille de profiter des minutes qui vous restent pour soigner votre tenue.
Elle fixa d'un air sévère les élèves s'agitant avant de conclure :
— Je reviendrai vous chercher lorsque tout sera prêt. Attendez moi en silence.
Elle disparut dans la porte faisant face aux première années. Coleen s'empressa de resserrer sa cravate noire du mieux possible et réajusta sa cape qui pendait d'un côté de ses épaules.
— Quelle idée de nous faire traverser le Lac dans des petites barques pour ensuite nous demander d'être présentable, grommela une fille dont Coleen ne put apercevoir le visage.
En parlant de visage, celui de Abbie semblait étonnamment pâle sous la lumière vacillante des chandelles. Celle-ci lui adressa un pauvre sourire avant de se concentrer de nouveau à tortiller nerveusement ses mèches brunes dans tous sens. En assimilant que la cérémonie de la Répartition se déroulerait sous les yeux de tous, Coleen avait maintenant la bouche sèche. McGonagall n'avait pas laissé transparaître le moindre indice quand à la nature de cet événement crucial, ce qui n'était guère rassurant...
La porte coulissa de nouveau. C'était à nouveau l'enseignante au chapeau pointu.
— Suivez-moi, dit le Professeur McGonagall d'un ton sec, la cérémonie va commencer. Mettez-vous en rang, aller.
La tête soudainement vide, Coleen se plaça juste derrière Abbie tel un automate. Le convoi plus ou moins ordonné se mit en marche, traversant de nouveau le hall, et franchit la double porte ouvrant sur la Grande Salle.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
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Be a writer, 장르로는 fantasy
Time for the moon light
CHAPITRE 6:
~ La Répartition ~
~ La Répartition ~
Bien que ses parents lui avait parlé du superbe plafond du cœur de l'école, Coleen en resta béate d'admiration. A l'instar des autres nouveaux élèves, elle gardait le nez levé tout en essayant de ne pas trébucher sur une cape de sorcier. C'était magnifique, tout simplement magnifique. Si la fillette n'avait pas eu la certitude de se trouver à l'intérieur du château, le bleu velouté et les quelques nuages clairs flottant dans le ciel l'auraient aisément persuadée du contraire.
Le professeur McGonagall aligna les élèves devant ce qui semblait être la table des professeurs. Coleen observa à la dérobée les professeurs semblables à des spectres avec leur visages éclairés par le feu vacillant des bougies flottantes. L'enseignante déposa ensuite un tabouret devant les élèves... Ainsi qu'un vieux chapeau, sale et rapiécé.
Que va-t-on devoir faire avec ça ?, se demanda Coleen avec inquiétude tandis que d'autres commençaient à s'agiter. Derrière elle, une fille chuchotait d'une voix outrée (« Hors de question que je mette ce truc sur ma tête ! »). Mais le regard perçant de la professeure réduit à nouveau immédiatement toute la petite troupe au silence le plus total.
Soudain, le chapeau bougea. Coleen crut rêver en entendant un craquement sinistre. C'est alors que le chapeau fit apparaître sa bouche dans une déchirure spectaculaire. Un rictus semblable à un sourire se dessina sur son... visage ? Et il prit une grande inspiration :
On n’me présente plus,
J’suis là d’puis le début.
A Poudlard que j’ai vu naître,
Alors chapeau sans être.
Quatre fondateurs ils étaient,
Chacun avec leurs idées.
D’leur union a été créée
Notre école bien aimée.
Si à Gryffondor vous allez,
Les plus courageux vous rejoindrez,
Animés d’une hardiesse sans pareil,
Dans vos actes vous serez solennels.
Si à Serdaigle je vous mène,
Vous êtes à l’aise dans vos domaines,
D’une intelligence précieuse
Et d’une réflexion radieuse.
Si à Poufsouffle vous êtes répartis,
Vous r’joindrez les plus gentils,
D’une bonté nonpareille,
Vous vous entendrez à merveille.
Et si vous finissez à Serpentard,
Vous êtes donc de malicieux roublards,
Avec votre fierté vous ne faîtes qu’un,
Vous arriverez toujours à vos fins.
Pour tout savoir avancez-vous,
Et de vos pensées j’saurais tout.
Car mon étoffe est pensante,
Que la Répartition aujourd’hui commence !
J’suis là d’puis le début.
A Poudlard que j’ai vu naître,
Alors chapeau sans être.
Quatre fondateurs ils étaient,
Chacun avec leurs idées.
D’leur union a été créée
Notre école bien aimée.
Si à Gryffondor vous allez,
Les plus courageux vous rejoindrez,
Animés d’une hardiesse sans pareil,
Dans vos actes vous serez solennels.
Si à Serdaigle je vous mène,
Vous êtes à l’aise dans vos domaines,
D’une intelligence précieuse
Et d’une réflexion radieuse.
Si à Poufsouffle vous êtes répartis,
Vous r’joindrez les plus gentils,
D’une bonté nonpareille,
Vous vous entendrez à merveille.
Et si vous finissez à Serpentard,
Vous êtes donc de malicieux roublards,
Avec votre fierté vous ne faîtes qu’un,
Vous arriverez toujours à vos fins.
Pour tout savoir avancez-vous,
Et de vos pensées j’saurais tout.
Car mon étoffe est pensante,
Que la Répartition aujourd’hui commence !
A la fin de sa chanson le choixpeau, car tel était son nom, esquissa une révérence experte sous le tonnerre d'applaudissement de toute la salle. Coleen avait à peine la force d'applaudir, une horrible idée venant de surgir en elle. Et si, devant tout le monde, le choixpeau clamait qu'elle était un loup-garou et que, par extension, il lui était impossible de rejoindre l'école ? Ses épaules se mirent à trembler à cette pensée.
Le professeur McGonagall s'avança à nouveau en dépliant un parchemin :
— Quand j'appellerais votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret. Je commence :
— Adams, James !
Un garçon aux cheveux châtains ébouriffés s'approcha du chapeau d'un pas hésitant. A l'instant où le choixpeau toucha sa tête, l'artefact magique clama :
— GRYFFONDOR !
Avec un large sourire, le garçon se releva du tabouret. Des cris de joie retentirent de la table à l'extrême gauche, et le garçon reçut de nombreuses accolades de ses nouveaux camarades.
— Anderson, Sophie !
Une fille blonde se détacha du groupe d'un pas assez assuré pour cette situation. Juste avant que le choixpeau lui recouvre la tête, Coleen vit qu'elle arborait un grand sourire sur un visage angélique. Le chapeau magique ne tarda pas à réagir :
— SERPENTARD !
Immédiatement, des acclamations s'élevèrent de la deuxième table à droite alors que la jeune fille rejoignait les sorciers en vert d'un pas sautillant, sans cesser de faire des risettes à ses camarades.
— Byrne, Damian !
Un garçon au pas nettement plus chancelant s'avança lentement vers le chapeau. D'un geste ressemblant plus à un tic, il rajusta ses lunettes rectangulaires avant que l'antiquité ne lui recouvre la vue. Au bout d'une trentaine de secondes, celui-ci scanda :
— SERDAIGLE !
Les applaudissements s'élevèrent maintenant de la deuxième table à gauche. Le garçon sembla être rassuré du choix.
— Brown, Madison !
Une fille brune avec des couettes s'avança, les joues un peu rouges. Le choixpeau, semblant en pleine réflexion, prit une bonne minute avant de déclarer :
— POUFSOUFFLE !
La fillette expira de soulagement avant de rejoindre la table à droite sous des acclamations réjouies. On aurait dit qu’elle était restée en apnée durant toute l’inspection mentale du choixpeau.
Plusieurs élèves furent appelés, puis vint le tour de :
— Hawkings, Abigail !
Coleen tourna vivement la tête vers sa camarade. Celle-ci, le visage à cet instant étrangement calme, s'avança vers le choixpeau. Lorsque l'artefact lui recouvrit entièrement les yeux, Coleen retint son souffle, elle était vraiment curieuse de la destinée de son amie. Finalement, au bout d'une longue minute :
— GRYFFONDOR !, clama le Choixpeau dans une authentique déchirure.
Une grande ovation s'éleva à nouveau de la table des Gryffondors, et au vu du grand sourire d'Abigail, le coeur de Coleen s'emplit de joie à son tour.
— Heap, Coleen !
La joie de Coleen retomba brusquement, remplacée par ses angoisses. Les jambes semblant s’être changée en coton, elle s'avança vers l'artefact en ayant la sensation de parcourir un kilomètre, priant pour que tout se passe bien. Il n'était plus question de fuir ; elle n'avait jamais été aussi près de son rêve.
Le choixpeau s'abattit sur ses yeux, l'isolant de la Grande Salle.
Une petite voix s'éleva alors :
— Tiens, intéressant... Je n'ai pas vu d'élèves comme toi depuis un petit moment. Où vais-je bien te mettre... Je vois du courage, ainsi qu'une envie particulière de faire ses preuves.
Droit comme un i, Coleen ferma les yeux bien que ce n'était pas très utile. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentie si effrayée.
— Ah, néanmoins, je pense avoir trouvé où tu t'épanouiras le mieux... Il vaut mieux t'envoyer à... GRYFFONDOR !
Alors que le nom de la maison résonna dans toute la salle, Coleen se sentit comme une autre personne. Elle tendit le chapeau au professeur McGonagall et rejoignit la table de Gryffondor sous les applaudissements des élèves vêtus de rouge et d'or. Sous les accolades de ses nouveaux camarades, elle avait l'impression que son cœur allait exploser de bonheur.
— C'est génial, on est ensemble !, s'exclama Abbie en lui prenant l'épaule.
Coleen hocha vigoureusement la tête, heureuse, ne trouvant pas les mots.
Pendant ce temps, la Cérémonie continuait :
— Kelly, Moana !
Coleen reconnut la fille qu'elle avait interrogée dans le train. curieuse vis-à-vis de la destinée de celle-ci la nouvelle Gryffondor se refocalisa sur la Répartition. La Née-moldue -qui semblait être en meilleure forme que toute à l'heure, rejoignit le tabouret d'un pas naturel. Le choixpeau, après un court temps de réflexion, déclara :
— POUFSOUFFLE !
La dénommée Moana eut un large sourire, et s'empressa de rejoindre sa table, sous un tonnerre d'applaudissement. Pendant ce temps, la file des élèves se réduisait peu à peu.
— McKenzie, Ellie !
Le choixpeau réfléchit quelques instants avant de crier :
— SERDAIGLE !
Une puissante ovation s'éleva de la table des aigles. Pendant ce temps, Coleen laissa dériver son regard du côté des professeurs. Leurs visages vacillaient à la lueur des bougies. La jeune fille reconnut bien évidemment Dumbledore dont la chevelure argentée brillait d'un aspect vaporeux, il était assit dans un large fauteuil d'or massif avec une grande quiétude flottant sur son visage. Le voyant ainsi installée, la fillette avait encore plus du mal à croire qu'il lui avait parlé en personne, cet été ! Quand aux autres professeurs, tous lui étaient inconnus, mais elle distingua un homme semblant minuscule, plongé dans une barbe épaisse, et une femme à l'allure replète et au visage marqué par le Soleil.
Elle applaudit avec les autres O'Brien Daniel qui venait d'être envoyé à Gryffondor. Le garçon aux cheveux noirs s'assit à côté d'elle, avec un large sourire.
Julia Spring, une fille aux boucles brunes soignées, resta assise sur le tabouret presque une minute entière, avant d'être finalement envoyée à Gryffondor, à son tour. Sous de nouveaux applaudissements, elle s'assit en face de Coleen.
La Répartition était sur sa fin avec White Connor, envoyé à Serdaigle. Coleen réalisa alors qu'elle mourrait de faim. Les quelques bonbons avalés dans le train lui semblaient maintenant bien lointains mais surtout, elle n'avait pas mangé grand-chose ces derniers jours, l'estomac trop noué par l'anxiété. Ses yeux accrochèrent son assiette en or désespérément vide et elle soupira.
Soudain, le joyeux brouhaha provenant de la table des Serpentards pour accueillir White Emily, la sœur jumelle de Connor, cessa. Dumbledore s'était levé et un sourire rayonnant semblait être gravé à jamais dans ses traits. Coleen était assez étonnée que des jumeaux ne soient pas envoyés dans la même maison mais reporta son attention sur le directeur.
— Bonjour, bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je souhaiterais vous dire quelques mots : Gobelin, Bavboules et Fizwizbiz.
Tout le monde se mit à applaudir frénétiquement, Coleen fit donc de même sans avoir la moindre idée de ce que voulait dire Dumbledore. Mais son désarroi se dissipa rapidement face à l'apparition soudaine du buffet. Accueillis par un concert de《Ooooh !》et d'exclamations réjouies, les plats auparavant désespérément vides disposés sur la table venaient d'être garnis en un instant. Il y en avait pour tous les goûts : des côtes de porc, de l'agneau, du roast-beef, des saucisses, du poulet, ainsi que des pommes de terre, du gratin, des frites, des légumes, des sauces de couleurs différentes... Et des bonbons à la menthe également.
De nombreuses fourchettes — ou mains pour les plus sauvages — se jetèrent sur les plats. Coleen qui avait perdu l'habitude d'être à plus de trois à table se sentit alors un peu déboussolée. Les conversations reprirent de plus belle, tel un tintamarre pour son ouïe extrêmement sensible. Elle se servit un steak et des pommes de terre – les deux plats juste devant elle, et commença à manger en silence.
Un fantôme jaillit alors de la table, arrachant un cri de surprise aux jeunes Gryffondor. La silhouette argentée d'un homme, le cou bordé d'une élégante fraise, s'assit sur le banc en face de Dan. C'était la première fois que Coleen voyait un fantôme en vrai.
— Bien le bonjour, jeunes Gryffondors, dit-il d'un ton distingué, sans sembler se soucier de l'effet de son entrée pour le moins fracassante.
La jeune fille en face de Coleen, Julia, le regardait d'un air mi choqué, mi ravi.
— Vous êtes Sir Nicholas !, s'écria-t-elle.
Le fantôme fit un signe de tête appréciateur.
— Sir Nicholas de Mimsy-Porpington, pour vous servir. Je suis le fantôme résidant à la tour de Gryffondor.
— C'est donc vous Nick-Quasi-Sans-Tête alors !, s'exclama James Adams qui n’avait pas quitté son expression heureuse depuis sa répartition.
— Je préfère Sir Nicolas de Mimsy, répondit l'esprit d'une traite.
Coleen aurait juré voir ses joues argentées se teinter légèrement.
— Pourquoi Quasi-Sans-Tête ? Comment est-ce possible ?, questionna Daniel, l'air pour le moins intéressé.
Du bout des lèvres, le fantôme dit alors doucement :
— Comme ceci.
Il saisit son oreille gauche entre deux doigts pour la tirer vers le haut. Sa tête bascula alors sur son épaule gauche, semblant être rattachée seulement par un minuscule filament de chair. Coleen détourna immédiatement le regard, tandis que d'autres élèves lâchaient des exclamations mi impressionnées, mi dégoûtée.
La mère de la jeune fille lui avait déjà parlé du fantôme, qui avait été condamné à mort presque 500 ans en arrière. En revanche, nul ne connaissait la raison qui avait amené le bourreau à ne pas terminer son travail.
Le fantôme semi décapité remit sa tête en place, sa coupure à nouveau dissimulée par son épaisse fraise, sans dissimuler son agacement.
— Je vous laisse, j'aperçois là-bas mon ami le Moine Gras, nous avons encore à parler de Peeves, dit-il avec délicatesse retrouvée. J'espère que vous allez nous aider à gagner la coupe des Quatre Maisons cette année.
Il s'envola dans un courant d'air frais. Les conversations reprirent. Abbie oubliait même de manger, trop occupée à discuter avec les autres filles. Coleen ne se sentait pas trop à son aise, elle ressentait les effets de ne plus avoir été en contact avec des enfants de son âge durant 3 longues années. Pour ne rien arranger, tous étaient ravis d'échanger sur leur vie d'avant, tandis qu’elle craignait de laisser échapper quoi que ce soit de louche... Si bien qu'elle se contenait de suivre timidement la discussion, en hochant parfois la tête.
— Et toi tu viens d'où ?
La jeune fille mit un instant à comprendre que James lui parlait.
— Moi ?, bredouilla-t-elle.
— Bah oui, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, tout le monde s'est déjà présenté sauf toi !
— J'habite dans un coin paumé avec mes parents.
— Ah bon ? Ils font quoi comme métier ?
— Ils ne travaillent pas.
Les joues de Coleen rosirent. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir encore coupable suite à cette question. Ses parents avaient tout deux abandonné leur emploi suite à sa morsure, pour rester cloîtrés dans une minuscule maisonnette. Son père avait toujours été passionné par ses dossiers du Ministère, et sa mère, bien que sorcière accomplie, aimait enseigner à l'école primaire de leur ancien village. Nul doute qu'en d'autres circonstances, Coleen aurait pu donner une réponse bien plus intéressante.
Mais les premières années l'écoutant semblaient tout de même satisfaits par ses paroles.
Pendant que le repas se poursuivait, la fatigue commençait à planer dans tous les esprits, aussi enthousiastes pouvaient-ils être, si bien que la jeune fille commença à rêver de son lit.
Soudain, les vestiges de plats disparurent, remplacés par des desserts en tout genre : des tartes et des gâteaux à tous les parfums inimaginables, des crèmes glacés, des beignets et des donuts... Joyeusement, tous essayèrent d'attraper leur dessert favori dans une cohue bienveillante. Coleen réussit à saisir une part de tarte au citron, parfum qu'elle affectionnait tant. Elle regarda ensuite, amusée, Abbie garnir de trois beignets au sucre son assiette qui était à nouveau impeccable.
Une fois sa tarte avalée, la jeune fille tombait maintenant littéralement de fatigue, les dernières nuits avaient été courtes. C'est avec un certain soulagement qu'elle vit Dumbledore se lever de nouveau, appelant au calme. Les desserts disparurent sous ses paroles.
— Maintenant que nous avons rassasié notre appétit et étanché notre soif, il est nécessaire que je vous dise encore quelques mots concernant le règlement intérieur de l'école. A tous les premières années : il est formellement interdit de pénétrer dans la forêt entourant Poudlard. D'ailleurs... Certains feraient d’ailleurs mieux de s'en souvenir.
Il lança un regard appuyé en direction de plusieurs élèves et en particulier vers la table des Gryffondors. Le directeur tendit ensuite une main ridée vers le fond de la salle où se tenait un homme à l'allure très peu avenante, avec une chatte à ses côtés.
— Je vous présente Mr Rusard, le concierge de l'école. Il veillera à ce que vous respectez les règles énoncées. Il tient également à rappeler que faire des tours de magie dans les couloirs sont totalement prohibés. Les sélections d'équipes de Quidditch se feront lors de la deuxième semaine. Pour les intéressés, je vous invite à prendre contact avec Madame Bibine.
La tête appuyée contre sa main, Coleen n'écoutait déjà plus que d'une oreille tout ce flot d’information.
— Bon, pour nous quitter sur une note joyeuse, chantons tous ensemble l'hymne de Poudlard !, s'écria Dumbledore.
D'un coup de baguette magique, le directeur fit apparaître un long ruban doré qui commença à former des mots, s'élevant au dessus de la Grande Salle.
— Chacun chantera sur son air préféré, précisa-t-il.
Et tout le monde se mit à hurler :
Poudlard, Pou du Lard du Poudlard
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu'on ait les jambes en guimauve,
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu'à en avoir la migraine
Car pour l'instant c'est du jus d'âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié,
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce.
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu'on ait les jambes en guimauve,
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu'à en avoir la migraine
Car pour l'instant c'est du jus d'âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié,
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce.
Chacun finit à des moments différents. Coleen remarqua que tous les professeurs arboraient un air pincé, à l’exception de Dumbledore qui rayonnait de joie. Ce dernier essuya même une petite larme au coin de son œil avant de dire :
— Aller, tous au lit maintenant. Il est temps de dormir.
Dans un terrible fracas, les étudiants se levèrent avant de repousser les bancs tout en discutant. Effrayée à l'idée de se perdre dans la masse, Coleen se concentra uniquement sur la tête de leur préfet qui dépassait de la masse du groupe de 1ères années.
— Les Gryffondors, suivez moi, criait celui-ci tout en agitant un drapeau imaginaire.
Ils marchèrent côtes à côtes avec les Serdaigles tandis que les Poufsouffles et les Serpentards semblaient descendre dans un sous-sol. Fidèle à leurs répartitions, les élèves ne se mélangeaient déjà plus.
Coleen découvrit alors les escaliers ; des centaines d'escaliers mobiles semblant mener jusqu'au ciel. Elle fut enchantée par le décor qui contrastait avec sa maison atrocement simple et discrète, les tableaux animés paraient de milles couleurs chaque pan des longs murs surplombant les escaliers. Les petits personnages peints leur adressaient des signes de la main amicaux, que ce soit un chevalier en armure ou un homme vêtu d'une toge, tout en chuchotant en conciliabule.
Après une lente progression, les Gryffondors parvinrent enfin devant un large tableau tout au fond d'un couloir, dans lequel trônait une très grosse dame vêtue d'une superbe robe rose.
— Le mot de passe ?, demanda-t-elle d'une voix trahissant des certaines manières.
— Vif d'or, décréta d'une voix assurée le préfet.
Les premières années virent avec étonnement le tableau pivoter, laissant place à un trou dans le mur. Ils découvrirent alors dans un certain ravissement une salle ronde et spacieuse dotée d'une atmosphère chaleureuse, avec de larges fauteuils confortables d'un beau rouge royal. Coleen était bien trop fatiguée pour inspecter les nombreuses tapisseries recouvrant les murs et suivit avec les autres filles la préfète de Gryffondor, Angelica Cole, qui avait pris le relais de son partenaire et montait maintenant des escaliers. Elle les emmena au fond d’un nouveau couloir, où elle ouvrit une petite porte dissimulant le dortoir. Celui-ci était constitué de cinq lits à baldaquins d'un rouge profond installés face à face. Coleen entra dans ce qui allait être leur dortoir pour les sept prochaines années et s'installa sur le lit où sa valise avait été déposée. Toutes cinq trop fatiguées pour parler, les filles se mirent en pyjamas dans un silence flottant et se souhaitèrent mutuellement une bonne nuit.
Avant de fermer ses propres rideaux, Coleen entendit à nouveau vaguement Abbie gronder son chaton, puis tomba endormie.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
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