Miss coincée du derrière
27 août 2047
QUATRIÈME ANNÉE
QUATRIÈME ANNÉE
Avec

NEÏA GREENLEAF
Soeur cadette de Lumah
•
#800000

NEÏA GREENLEAF
Soeur cadette de Lumah
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#800000
Neuf heures cinq. Lumah sortit du lit, pleine de motivation, descendant l'échelle le plus silencieusement possible pour ne pas réveiller sa meilleure amie. Elle dû ensuite quitter la chambre en faisant attention à ne pas marcher sur les lames de parquet grinçantes, puis ouvrit la porte suffisamment pour se glisser de l'autre côté. Elle descendit ensuite tous les escaliers du manoir jusqu'à arriver à la cuisine. Parfois, elle comprenait pourquoi ses grand-parents avaient abandonné ce manoir. Quand elle y restait seule, par exemple, il devenait effrayant. Quand elle perdait un objet, fouiller toutes les salles était un calvaire. Quand elle devait traverser le manoir entier sans faire de bruit, c'était un vrai sport. Malgré tout, il avait ses bons côtés, et ce genre de pensées ne lui venait que rarement à l'esprit... Surtout maintenant, alors qu'elle avait une mission à remplir : préparer le petit déjeuner pour tout le monde. C'était une idée qui lui était venue après avoir eu des nouvelles d'Antonn. Et si au début, elle ne savait pas vraiment comment s'y prendre, elle connaissait désormais les goûts et habitudes de chacun, aussi c'était devenu un vrai jeu d'enfant. C'était même déjà fini. Lumah, satisfaite, fit ensuite un tour de la maison pour ouvrir les fenêtres et ainsi aérer la maison, puis se posa sur le canapé et attendit que le reste de la maisonnée descende pour partager le petit-déjeuner avec eux.
Treize heures. Tout le monde était descendu, sauf une personne : Neïa. Ce n'était cependant pas bien étonnant : en effet, elle répétait le même schéma chaque jour, et quiconque venait essayer de basculer ce rituel se faisait enguirlander... Cependant, c'était bientôt la rentrée, aussi Isabel ne comptait pas la laisser paresser plus longtemps. La voilà d'ailleurs qui s'avançait vers la chambre des filles d'un pas décidé, et, quelques minutes plus tard, elles descendaient les escaliers côte à côte, la mine néanmoins renfrognée. Bref, la journée commençait mal pour Neïa... Mais elle comptait bien faire de ce jour un mauvais jour pour les autres également.
Quatorze heures douze. Neïa quitta la table après l'avoir mise en bazar, laissant Lumah s'occuper des miettes au sol et du souk qu'elle avait laissé sur son côté de table. Décidément...
Quinze heures vingt-deux. Lumah triait les livres, comme le lui avait demandé Isabel. Elle avait fait de jolies piles pour différencier ceux à garder, ceux à déplacer et ceux à replacer dans le meuble, quand Neïa vint tout déranger pour prendre la télécommande. Lumah ne réagit pas.
Seize heures. Lumah faisait des origamis dehors, quand Neïa arriva et marcha sur ses constructions alors qu'elle faisait sa gymnastique. Lumah ne dit rien.
Dix-sept heures douze. Lumah lisait paisiblement quand Neïa mit le son de la télévision à fond. Cette fois-ci, c'en était trop pour Lumah : elle se leva alors, et essaya de prendre la télécommande pour éteindre la télévision... En vain : Neïa ne comptait pas la laisser faire.
« Mais zut à la fin ! C'est quoi ton problème, Neïa ? », grogna Lumah à sa petite soeur.
« Mon problème ? Mais c'est toi qui a un problème, à te laisser faire comme ça ! C'est à croire que t'es maso », répliqua celle-ci.
Lumah fronça les sourcils, essayant de comprendre le sens de ses dires... Ce à quoi le bruit qui sortait du poste de télévision n'aidait pas.
« Hein ? Attends mais Neïa, éteins cette télé, j'y comprends rien, là »
Neïa se boucha les oreilles. Lumah, enragée, se débattit et réussit enfin à accéder au bouton off, qu'elle appuya dès qu'elle put avant de voler la télécommande.
« Arrête de faire ta sourde ! C'est pas la première fois que tu me dis ça. Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »
« Remet la télé. »
« Toi, explique-moi, d'abord. »
« Remet la télé ou je dis à papa que tu m'as embêtée. »
Mais...
« T'es pas sérieuse, quand même ? »
« PAPAAAAAA ! »
Hargneuse, Lumah appuya sur le bouton on, mais prit soin de baisser le volume.
« Maintenant, tu me dis ? », lui demanda Lumah.
Neïa fit comme si elle ne l'avait pas entendu et rit en réaction au cartoon qui passait à la télévision. Lumah enragea.
« Dis-moi. »
« C'est déjà un peu mieux. »
Lumah fronça les sourcils. Elle ne comprenait décidément rien à ce que disait sa soeur.
« Comment ça, c'est déjà un peu mieux ? Tu serais pas en train de te payer ma tête, par hasard ? »
Neïa soupira.
« T'es vraiment longue à la détente, Lumah. Ce que j'essaye de te dire, c'est que t'es coincée du cul, voilà ! Après forcément les gens te harcèlent. T'étais censée avoir appris le karaté pour te défendre, mais t'as préféré te faire victime. », cracha Neïa, avant de se lever et de remonter dans sa chambre, laissant la télévision allumée et sa soeur désemparée.
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