RPG++ Une sieste perturbée Solo

Samedi 5 octobre 2047
18:30

Ne pas lire le premier Revelio sauf âme sensible : (Tous les évènements décrits sont un cauchemar)
TW : Sang/horreur

Léonidas. Léonidas faisait face à Narcisse, mais plus grand, plus fort, et plus effrayant que la dernière fois. De ses mains noircies par le sang de ses camarades, il tenait la baguette du jeune garçon entre son pouce et son index, elle paraissait minuscule. D'un rire caverneux, il la brisa, en continuant de rire, alors que Narcisse était étendu au sol, incapable de se relever. Dans ses bras gisait Kelly, il n'avait rien pu faire pour la défendre. Elle le regarda, les yeux vides, lui parlant d'une voix d'outre-tombe.

- Pourquoi tu ne m'as pas sauvé Narcisse ? Pourquoi tu n'as rien pu faire ?

Puis son corps fondit entre les doigts de Narcisse, pour laisser place à Lukas. Le visage horriblement boursouflé. La respiration courte. La colère s'empara de Narcisse, il déposa délicatement la tête de son ami sur le sol, essuyant ses joues ruisselant de larmes brûlantes. Il fonça sur Léonidas, hurlant toute sa rage, mais aucun son ne sortit de sa bouche, et il passa au travers de son agresseur comme s'il s'agissait d'un fantôme. En regardant derrière lui, il ne vit plus Léonidas, mais une silhouette de fumée noire, vibrante lentement, geignant d'une voix aigu et faible. Une voix tonna dans la tête de Narcisse.

" Si vous voyiez un nuage de fumée noire apparaître dans la Grande-Salle et prendre la forme d'une sorcière visiblement peu amicale... Iriez-vous passer votre bras à travers cette fumée pour voir ce qu'il se passe ? J'espère bien que non. "

Les mains de Narcisse trouvèrent ses oreilles, alors qu'il tentait désespérément d'atténuer la voix d'Elina Montmort qui résonnait à l'intérieur même de son cerveau. Ses genoux se dérobèrent, et il dut poser une main au sol pour ne pas s'effondrer, son visage au-dessus de l'eau du lac. Son propre reflet ne lui renvoyait rien, et puis il se transforma lentement en autre chose. Sa mère, et son père. Absorbés par une fumée noire et des éclairs de couleurs vives, il plongea sa main, mais tout disparu en une seconde. La voix d'Elina éclata à nouveau dans son crâne, alors que le reflet prenait ses traits, le fixant et le jugeant.

" Ces personnes agissent de manière sournoise et attaquent en traîtres, ils ne déclarent pas la guerre. Il serait plus approprié de dire que nous faisons face à des actes terroristes. "

Il fut projeté sur le côté, sa respiration coupée par le choc brutal du contact au sol. Et la silhouette noire informe se tenait à ses côtés, une voix d'outre-tombe gutturale s'échappant de partout et nulle part en même temps.

"Sans ta baguette, que peux-tu faire ? Rien. Tu n'es rien. Tu ne sers à rien. Tes amis vont mourir, et ce sera de ta faute, ensuite, ce sera ton tour."

Un éclair de lumière jaillit de la masse, que Narcisse esquiva de peu, se retrouvant sur le dos. Dans le ciel, les nuages prirent la forme des visages qu'il connaissait. Tous étaient morts, ou gravement blessés. Même des gens qu'ils connaissaient à peine. Le pire fut de voir ses professeurs, abattus, ou grièvement blessés de la manière la plus horrible possible. Il voyait la baguette de Miss Priddy ne produire que de l'eau, Sixtine Valerion encerclée d'ennemis sans sa baguette, Elina Montmort livré aux mains d'un ennemi invisible et torturée. Il se retourna et courut, aussi vite qu'il pouvait. Mais impossible d'avancer, il faisait du surplace, la panique commença à le gagner, alors que la masse informe se rapprochait.

Et il vit Kelly à nouveau. Mais la vision qui s'offrit à lui glaça son sang. Elle était défigurée, ensanglantée, comme un pantin dont on aurait coupé les fils. Et elle gisait dans le sol boueux du lac, les légères vagues faisant bouger son corps de temps à autre. Narcisse sentit un reflux gastrique, mais au lieu du vomi, ce fut une fumée noire brûlante qui sortit de sa gorge, le faisant pleurer, l'empêchant de crier ou même d'aller voir Kelly.

La voix gutturale résonna à nouveau dans ses oreilles alors que sa vision s'assombrissait.


"Tu vois ? C'est à cause de toi. Tu n'aurais rien pu faire si Léonidas s'était décidé à lui faire du mal, tu le sais, n'est-ce pas ?"

Un voile noir et glacial l'enveloppa, le privant d'oxygène et de soleil, alors qu'il tendait la main pour essayer d'attraper celle de Kelly, mais rien à faire, les bordures de sa vision s'obscurcirent à nouveau alors qu'il se sentait mourir, vaincu par une puissance infiniment supérieure.

Puis il ouvrit les yeux. La sueur collant ses cheveux à son front malgré le froid ambiant qui commençait doucement à lui geler les os. Une fine brise transportait quelques feuilles et une odeur de terre mouillée. Il reprit brutalement sa respiration quand il se rendit compte qu'il l'avait stoppée depuis plusieurs secondes, inspirant et expirant de façon incontrôlée et hystérique. Il chercha sa baguette dans un réflexe spasmodique, et ressenti un soulagement innommable en la trouvant dans sa poche.

Il la saisit et la serra dans ses doigts. Quand il l'avait prise pour la première fois, il avait ressenti la puissance de la magie, mais aujourd'hui, elle lui paraissait bien insignifiante. Sans elle, il n'était plus rien. La discussion qu'il avait eue avec Miss Valerion représentait désormais sa seule lueur d'espoir, mais ça ne suffirait pas. Il s'essuya le front, reprenant encore son souffle. Le soir tombait, il n'avait que trop dormi. Depuis quelque temps, ses nuits étaient agitées et remplies de cauchemars semblables à ceux-ci, mais jamais de façon aussi violente et explicite. Il jeta un coup d'œil aux rives du lac, priant pour ne pas y voir une silhouette étendue, mais rien, il soupira de soulagement.

Se redressant tout en conservant sa baguette en main, il prit la direction de sa salle commune, mais son sourire habituel qui le caractérisait tant ne se montra pas ce soir-là, il ne pouvait pas s'ôter de l'esprit les visions affreuses de son cauchemar.


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