La Politique de l'Autruche

Reducio
Ce RP relate la vie d'Ivy de la première dispute de ses parents, au départ de sa mère. Cela se passe durant l'année de ses 8 ans. Cet évènement est important dans l'histoire d'Ivy, puisque cela va la marquer beaucoup et, à partir de ce moment-là, se repliera sur elle-même. De plus, il la rapprochera énormément de son frère.
Etant donné que c'est mon premier RPG, n'hésitez pas à me faire des remarques constructives de façon à ce que je m'améliore !
Etant donné que c'est mon premier RPG, n'hésitez pas à me faire des remarques constructives de façon à ce que je m'améliore !
Chapitre 1 :
Les premières secousses
Les premières secousses
Octobre 2044
Malcolm jouait dans un coin de la pièce, donnant des coups de pieds aux constructions qu'il avait lui-même bâtis en au moins deux heures. Ivy ne comprendrait jamais la violence qui animait ce petit, la haine qu'il avait envers le monde ; il passait son temps à frapper, à crier et à pleurer, comme s'il y avait toujours quelqu'un qui lui faisait du mal. Maman lui avait expliqué que c'était son caractère, sa personnalité, et qu'il arriverait à se contrôler une fois plus grand, mais en attendant, cela agaçait Ivy. Il était toujours là pour tout casser, pour faire du bruits.
Poussant un soupir, elle se replongea dans les calculs de maths que sa maîtresse lui avait donné à faire pour le lendemain. Elle détestait les maths, et ce depuis qu'elle avait commencé l'école ; même si son père ne cessait de lui répéter que c'était comme un jeu, elle n'arrivait pas à trouver quoi que ce soit d'amusant dans cette discipline. Peut-être n'avait-elle juste pas un cerveau suffisamment bâti pour cela, peut-être les maths étaient-ils carrés et son cerveau rond, ce qui faisait que les maths ne pouvaient pas y entrer.
Il était bientôt 20h, et sa mère n'était toujours pas rentrée ; c'était d'ailleurs pour cela que la petite fille s'était pris aussi tard pour faire ses devoirs. Elle se demandait quand maman rentrerait, puisque cela devait faire au moins une heure et demi qu'elle aurait dû être à la maison. Être seule avec Malcolm devenait très pénible, et il n'écoutait absolument pas ce qu'elle lui disait.
- J'ai faim ! geint Malcolm, s'affaissant sur le sol au milieu de ses constructions à moitié détruites.
- Peut-être que si tu étais un peu plus calme, t'aurais moins faim, rétorqua Ivy avec un grain d'agressivité.
Son frère lui lança un regard noir. Ivy replongea dans ses calculs, agacée par le fait qu'elle n'y parvenait pas sans l'aide de sa mère. Et où était-elle, elle ? Pourquoi ne rentrait-elle pas ? La petite fille commençait à s'imaginer les pires choses : que sa mère se soit faite écrasée par une voiture, qu'elle se soit perdue dans des bois, ou même mangée par un loup... mais elle n'osait pas émettre ces doutes à voix haute, de peur des moqueries de son frère. Même elle trouvait ça risible de penser qu'il y avait un quelconque loup à Cardiff.
Finalement, le bruit de clé dans la serrure se fit entendre dans le salon, et les deux enfants se précipitèrent vers la porte d'entrée. Mais la personne sur le seuil, dégoulinant d'eau de pluie, n'était pas leur mère.
- Papa ! s'exclama Malcolm. Pourquoi est-ce que tu arrives avant maman ?
- Votre mère n'est pas encore rentrée ? s'étonna Matthew Starfell.
Ivy lui trouva un air énervé, quand il franchit le seuil. Il alla se changer, puis commencer à cuisiner. Malcolm, affamé, entra à son tour dans la cuisine, attiré par l'odeur de la sauce tomate ; mais son père le rabroua. Le petit courut vers Ivy, en pleurs.
- Papa est énervé... marmonna l'enfant.
Ivy poussa un soupir, ferma ses cahiers et sécha les larmes de son frère. Elle détestait le fait qu'il soit si expressif dans ses émotions, qu'il pleure quand il veule ou qu'il s'énerve quand ça lui chantait. Elle, elle avait du mal à laisser quoi que ce soit transparaître, et ce depuis toute petite. Elle trouvait les gens qui pleuraient faibles, et ceux qui s'énervaient stupides - mais ces idées préconçus la forçaient à retenir toutes ces émotions.
Leur père revint, une casserole de pates dans les mains. Il semblait de réelle mauvaise humeur, ce qui terrifiait la petite fille. Elle s'assit à sa place, à côté d'un Malcolm toujours sanglotant.
- Papa, ça va pas ? demanda-t-elle le plus gentiment possible.
- Non, ça va pas. Je me suis fait disputé par mon supérieur aujourd'hui, et votre mère a disparu de la circulation ! Elle est sensée s'occuper de vous et faire la nourriture... et là, j'arrive, vous êtes seuls et aucune nourriture n'a été faite ! Elle pourrait quand même faire un effort, elle ne travaille pas beaucoup !
Ivy se concentra sur le nid de serpent que créaient les pattes entremêlées, tentant de ne pas penser à ce que son père venait de dire. Le repas passa, dans le silence. Ce ne fut qu'au dessert que sa mère rentra, elle aussi trempée. Aussitôt, Matthew se leva et se mit à dire, d'une voix plus calme :
- Alors comme ça, tu ne t'occupes plus de tes enfants ? Tu es de plus en plus paresseuse !
La mère d'Ivy haussa les sourcils et, en jetant son manteau imbibé d'eau, fit :
- Je peux savoir pourquoi on m'agresse dès que j'arrive ?
- Je en t'agresse pas, je te fais remarquer que tu abandonnes tes enfants seuls, et que tu rentres à 21h ! Tu es sensée t'occuper au moins d'eux, et de faire le repas !
- Je suis sûre que tu sais aussi bien faire la cuisine que moi, alors pourquoi je devrais la faire tout le temps ? J'étais prise ailleurs, je ne pouvais pas rentrer.
Son mari rigola, d'un rire qu'Ivy trouva dénué de toute joie. La petite fille se fit plus petite sur sa chaise, sentant les problèmes arriver.
- Je travaille beaucoup plus que toi, tu pourrais au moins faire ça. Et, les enfants, on parie combien que votre mère était dans un bar avec une de ses copines ? Elle avait juste la flemme de s'occuper de vous.
- Comment oses-tu dire ça ? Devant eux ? J'étais prise, je te dis ! Ne me fais pas passer par la mauvaise mère, alors que tu n'es jamais là pour t'occuper d'eux. Si l'un de nous deux abandonne vraiment ses enfants, c'est toi !
Là, Ivy comprit que les deux étaient très en colère. Malcolm fondit de nouveau en larme, en entendant sa mère hausser le ton. La petite fille, quant à elle, se sentait désespérée ; elle n'aimait pas que ses parents se disputent, et elle détestait quand ils commençaient à crier. Mais, d'un autre côté, elle sentait que sa mère était dans le vrai ; leur père ne s'occupait pas beaucoup d'eux, et elle ne le voyait que rarement.
- Comment oses-tu dire ça ? tonna Matthew, s'avançant, menaçant.
- J'ose dire ça parce que ça fait 8 ans que je m'occupe des enfants et que tu leur dit à peine bonjour et au revoir, et que, pour une fois que je ne rentre pas assez tôt, tu me disputes. Je ne devrais pas être celle qui s'énerve ?
- Je ramène l'argent, alors c'est normal que je m'en occupe moins que toi.
Laurine s'arrêta, atterrée. Puis elle secoua la tête et, se tournant vers Ivy et Malcolm, leur dit de venir se coucher en français.
Ce soir-là, pelotonnée dans sa couette, Ivy entendit ses parents crier encore et encore. Elle ne comprenait pas leurs mots, mais reconnaissait leurs tons ; c'était agressif, c'était violent. Tout ce qu'Ivy détestait de la part de ses parents.
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Aïe-vie
La Politique de l'Autruche
Chapitre 2 :
Le sol tangue
Le sol tangue
D'octobre à décembre 2044
La première dispute était comme le feu jeté sur de la poudre ; depuis qu'elle était arrivée, plus rien ne semblait être comme avant. Chaque petit détail était prétexte à un conflit, que ce soit de la façon dont son père rangeait la confiture dans le frigo au fait que sa mère mette plus de blush le matin. Ces désaccords rendaient les enfants nerveux, et Malcolm se mettait à pleurer de plus en plus souvent. Il pleurait lorsqu'il se levait, lorsqu'il allait à l'école, lorsqu'il rentrait de l'école, lorsqu'il devait aller se coucher. Dans cet environnement chaotique et bruyant, Ivy avait de plus en plus du mal à s'adapter et à vivre correctement.
La première semaine après la dispute, rien ne s'était passé ; tout était d'un calme plat, et c'était presque comme si leur famille était redevenue normale. Leurs parents se parlaient sur un ton froid, distant, mais au moins ne criaient-ils pas. Leur mère rentrait à la même heure que d'habitude, leur père ne critiquait plus rien à propos d'elle. C'était comme si rien ne s'était passé. Pourtant, Ivy sentait cette tension, et d'ailleurs elle s'en réveillait la nuit. Son sommeil avait toujours été assez fragile, et elle avait du mal à dormir, trop inquiète d'entendre des voix se crier dessus.
Pourtant, rien ne se passa, avant la deuxième semaine. Là, une deuxième dispute éclata, encore plus violente que la dernière. Leur père n'était pas rentré de la nuit, et leur mère en avait profité pour lui faire remarquer qu'il était souvent absent pour les enfants. Là avait été le début d'une longue série de conflits qui fit trembler leur famille.
Tous les soirs, de nouveaux problèmes arrivaient ; leurs parents se criaient dessus pour x ou y raisons, violemment. Leur mère ne faisait plus l'effort de rentrer tôt, et leur père ne leur faisait plus à manger tant que Laurine ne rentrait pas. Les deux enfants devaient donc attendre le retour de leur mère, parfois à 10h du soir, pour pouvoir enfin se nourrir. Cela mettait Malcolm dans tous ses états ; voir ses parents les abandonner de la sorte le rendait malheureux. Ivy, quant à elle, réagit d'une autre façon.
Tous les soirs, quand ils purent enfin manger et se coucher, la petite fille se repliait sur elle-même dans son lit et essayait de retenir ses larmes. Elle était stressée et énervée pour tout, même si elle tentait de le cacher le plus possible. Très irritable, elle devenait de plus en plus distante avec ses proches, et surtout avec ses parents. Ces derniers, de toute façon, semblaient trop pris dans leurs disputes pour s'apercevoir du mal qu'ils causaient à leurs enfants. Une seule chose montrait la panique d'Ivy face à cette situation : ses notes. Celles-ci étaient en baisse, et son bulletin semblait tâché de mauvais résultats.
Les notes et les bons résultats étaient les choses qui comptaient le plus à son père, tout droit sorti de Serdaigle ; les seules choses qu'il lui dit, durant cette période, furent d'améliorer ses notes. Il ne voulait pas que sa fille ait un mauvais bulletin, et la faisait travailler davantage pour qu'elle se sorte de cette impasse. Pourtant, réviser tous les soirs ne l'aidait pas à s'améliorer, et ses notes chutaient encore et encore, sans rien pour les arrêter.
Cela était devenu un des sujets de désaccords de ses parents, d'ailleurs. Laurine disait qu'à force de la surmener, elle finirait par avoir des 0, tandis que Matthew répétait qu'elle se relâchait et que c'était en cela la raison de cette chute. Voyant cela, Ivy se sentait de plus en plus désespérée, et commença à devenir aigrie ; elle n'adressait plus la parole à ses amis, parlait mal à sa maitresse, et allait même jusqu'à frapper son frère lorsqu'il geignait trop.
La petite fille avait l'impression que, en quelques mois, sa vie bâtie pendant huit années, s'était complètement écroulée. Et plus rien ne semblait arrêter ce séisme qui venait de débuter.
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Aïe-vie
La Politique de l'Autruche
Chapitre 3 :
Violent séisme
Violent séisme
Décembre :
Un matin, juste avant l'école, Laurine vint réveiller Ivy. Elle était déjà apprêtée, alors qu'il n'était que 7h30, et elle s'était aspergée de parfum - cela était assez rare, car Matthew n'aimait pas ça. Ivy la regarda, battant des paupières. Sa mère était resplendissante, dans cette robe verte qui lui allait à merveille. Mais, au-delà de ça, la petite fille savait que quelque chose de bizarre et d'inattendu allait arriver. Sa mère ne s'était jamais préparée ainsi en huit ans, alors pourquoi le faisait-elle maintenant ?
- Maman ? Qu'est-ce que tu fais là, comme ça ? marmonna Ivy, encore endormie.
- Je voulais t'annoncer quelque chose, avant que tu ne partes à l'école...
La petite fille se releva, sachant pertinemment que la nouvelle qu'elle allait annoncé ne serait pas excellente.
- Je... ton père et moi avons pris une décision. Pour le moment, il sera mieux pour nous tous que nous vivions séparément.
Le cerveau d'Ivy se mit en alerte, et elle était enfin complètement réveillée. Séparément... qu'est-ce que cela signifiait ? La jeune fille ne voulait pas pas que sa famille se sépare, et d'ailleurs elle ne voulait pas en entendre plus.
- Donc, le temps que tout ça se tasse et qu'on réfléchisse chacun de notre côté, je vais aller habiter chez un... un ami, d'accord ? Je vous verrais à la sortie des cours et le week-end.
Ivy se mordit la lèvre, peinant à retenir ses larmes. Sa mère, partir ? Mais pourquoi ? Et qui était cet ami, d'abord ? La petite fille se leva et, balançant son doudou sur sa mère, lui cria de partir. Laurine s'éloigna de sa fille, ne sachant que faire ; elle n'avait pas l'habitude qu'Ivy s'énerve ou ne pleure, et il lui avait toujours été délicat de réagir dans ces situations-là. La petite fille lui tourna le dos, et commença à se préparer pour aller en cours, ignorant complètement sa mère.
Elle lui en voulait de partir comme ça, sans prévenir. Elle lui en voulait de se disputer avec son père. Elle en voulait aussi beaucoup à son père, pour à peu près tout ce qu'il avait fait. Sa mère sortit de sa chambre, et elle ne la revit que lorsqu'elle dut l'amener à l'école, en compagnie de son frère. Malcolm avait aussi dû être mis au courant, puisqu'il pleurait à chaude larme, priant leur mère de ne pas partir. Celle-ci ne cessait de répéter qu'ils la verraient tous les jours et qu'ils sortiraient les week-end avec elle, le petit ne se calmait pas, et Ivy l'ignorait royalement.
Le soir, après une journée difficile à l'école, leur père vint les chercher, pour la première fois de sa vie. Il semblait de méchante humeur, mais il leur parla gentiment, avec calme.
- On va manger au restaurant, ce soir, fit-il avec un sourire.
- Oui, restaurant français ! s'exclama Malcolm, qui avait déjà oublié que sa mère ne vivrait plus avec eux.
Ivy se tut, et ne parla pas de la soirée. Le restaurant était simple et bon, mais pas aussi bon que les petits plats concoctés par sa mère ; elle retenait son envie de pleurer depuis ce matin, et l'attitude de son père et l'absence de sa mère l'énervaient. Finalement, alors qu'ils arrivaient au dessert - des crêpes fourrées de chocolat - elle fit :
- Pourquoi c'est maman qui part, et pas toi ?
Un silence s'installa autour de la table, et son père la regarda avec un mélange de surprise et de colère. Il semblait prêt à s'énerver, mais il fit simplement :
- C'est à cause d'elle qu'on en arrive à là, alors c'est à elle de partir. De plus, cette maison est dans ma famille depuis des générations, elle ne lui revient d'aucuns droits.
- Pourquoi c'est de sa faute ? demanda doucement Malcolm.
- Elle a rencontré un certain ami, et pense me remplacer avec lui... ricana leur père. Elle vous le présentera probablement un jour, il s'appelle Trystan.
Ivy se mordit la lèvre au point de saigner. Sa mère s'était donc trouvé un autre amoureux, et elle allait remplacer son père ? Elle allait les remplacer eux aussi, Ivy et Malcolm ? Ce dernier avait dû avoir la même conclusion, car il fondit en larmes.
Le repas se termina dans un silence complet, et Ivy passa la nuit à pleurer.
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Aïe-vie
La Politique de l'Autruche
Chapitre 4 :
Le calme avant la tempête
Le calme avant la tempête
Fin décembre à mars :
Durant un mois, Laurine avait habité chez ce fameux ami, nommé Tystan. Ni Ivy ni Malcolm ne le rencontrèrent, car leur mère disait qu'il était mieux pour tout le monde que les deux parties de sa vie ne rentrent pas en contact. Durant ce mois-là, les notes d'Ivy descendirent au plus bas ; mais, elle avait pris une habitude qui l'aidait à oublier l'absence de sa mère : elle ne cessait de se répéter que celle-ci reviendrait, et que tout irait comme avant. Après tout, cette situation n'était que provisoire, et cela n'allait probablement pas durer éternellement. Tous les soirs, la petite fille se le disait, se le répétait, telle une prière tournant en boucle dans sa tête.
Et, d'ailleurs, ces paroles se révélèrent vraies : fin janvier, leur mère réaménagea avec eux, dans leur maison. Lorsque les deux enfants l'apprirent, ils organisèrent une fête surprise pour leurs parents. Malcolm comme Ivy était motivé à faire de cette soirée un moment inoubliable dans leurs vies.
Ils se décidèrent à faire leur devoir tôt, puis commencer à décorer la maison. Ils avaient le temps avant que leur mère ne rentre, et encore plus avant que leur père ne rentre ; ils utilisèrent ces heures pour mettre au point un menu (les plats furent cuisinés par leurs soins, et pour la plupart étaient immangeables), créer des banderoles et choisir des musiques qui plaisaient à leurs parents. Lorsque tout cela fut prêt, Malcolm murmura à sa grande soeur :
- J'espère qu'ils seront contents. J'aimerais bien qu'on soit une famille, de nouveau...
Pour seule réponse, Ivy le prit dans ses bras, chose rare. Elle le serra très fort, comme si les mots qu'ils venaient de prononcer se révèleraient vrais s'ils étaient soudés.
Ce soir-là, leurs parents étaient ravis et souriaient comme si rien ne s'était passé, comme si tout était revenu à la normal. Tous les quatre, ils rigolèrent jusqu'à minuit, dansèrent et mangèrent beaucoup. Ivy marqua ce jour comme le meilleur de sa vie. Plus tard, elle le marquera comme le dernier jour où ses parents, son frère et elle formaient une vraie famille.
Dès le lendemain, les problèmes arrivèrent. Cela se voyait, leurs parents essayaient de ne pas se disputer devant les enfants, mais, à travers les portes closes, ils les entendaient quand même. Leur père grognait toujours, leur mère criait qu'elle n'était pas une servante, et Ivy comprit à ce moment-là que rien ne pourrait faire ses parents s'aimer à nouveau. C'était comme si, quelqu'un, quelque part, avait appuyé sur le bouton "finir" et que, malgré les essais des deux adultes pour se réconcilier, plus rien ne pouvait les faire revenir en arrière.
Mais Ivy, tout le temps que dura cette période où ses parents vivaient au sein de la même maison, ne cessa de se répéter qu'un jour, les choses iraient mieux et que tout reviendrait à la normale ; elle ne cessait de fuir la réalité qui était pourtant évidente, à présent. C'était ce qu'elle appela plus tard, sa "politique de l'autruche" : se mentir pour éviter de voir l'horrible vérité.
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Aïe-vie
La Politique de l'Autruche
Chapitre 5 :
Derniers tremblements
Derniers tremblements
Mars :
Laurine et Matthew étaient rentrés très tôt, par rapport à d'habitude ; ils attendaient leurs enfants, assis l'un face à l'autre autour de la table. Quand Ivy vit ça, elle comprit que quelque chose clochait. Malcolm, lui, en tant que petit garçon de six ans, ne vit que la partie positive de ce tableau : leurs parents, ensemble, ayant l'air plutôt calme. Ivy se doutait qu'ils n'étaient pas installés ainsi, si tôt, dans le seul but de dîner tous ensemble. Il y avait une raison à cette soudaine action, et elle ne plairait pas beaucoup aux enfants.
- Installez-vous, les enfants, fit leur mère en souriant.
Mais son sourire était altéré par ses yeux tristes, ses yeux désolés. Leur père ne prenait même pas la peine d'en faire de même, il affichait un visage consterné et froid.
- On a quelque chose à vous dire, ajouta Laurine.
Ivy s'assit aux côtés de sa mère, en face de Malcolm. Le petit garçon semblait soudainement soucieux, devant ce silence et cette inhabituelle situation. Ivy attrapa un morceau du gâteau qui était posé au centre de la table, se disant qu'avoir l'estomac plein pour cette conversation n'était peut-être pas une mauvaise idée.
- Moi et votre mère allons nous quitter. Nous séparer.
C'était si franche, si direct, si violent, qu'Ivy en resta abasourdie. Alors, c'était comme ça que ça se finissait ? Ils gâchaient leur famille ? Ils détruisaient ce qu'ils avaient construit pendant quinze ans, sans penser une seule seconde à leurs enfants ? La petite fille se mordit la joue si fort qu'elle en saigna. Mais cette douleur physique l'aida à passer outre la douleur mentale qui l'accablait, tel un grand monstre noir qui s'était emparé de son corps.
- Pourquoi ? fit-elle alors d'une toute petite voix.
- Tu as bien vu que ce n'est plus possible, ma chérie. Moi et ton père avons simplement arrêté de nous aimer...
- Ca fait bientôt dix ans que nous sommes ensemble, il fallait bien que ça arrive un jour... grommela Matthew.
Malcolm, comprenant enfin le sens des mots "séparer" et "quitter", fondit en larmes, suppliant leurs parents de changer de décision. Ivy resta simplement là, assise, à mâcher difficilement les miettes sèche du gâteau, qui lui écorchaient la bouche. Elle essayait de calmer ce fantôme gris et triste qui s'était mis à lui cogner la poitrine, faisant battre son coeur à toute vitesse. Ses yeux la piquaient, et elle laissa couler les larmes aigues de sous ses paupières. Elle sentit les bras de sa mère se refermer autour d'elle, dans une étreinte chaude et réconfortante.
Mais plus rien ne serait comme avant.
- Votre mère va partir, ajouta Matthew.
- Partir ? répéta Malcolm, apeuré.
Laurine souffla, puis répondit :
- Je retourne en France pour quelques mois. Vous viendrez me voir, cet été. En attendant, vous allez vivre avec votre père.
C'était de pire en pire. A présent, Ivy allait passer tout son temps avec son père et son frère. Elle ne détestait pas Matthew - après tout, c'était son père. Mais il lui faisait peur, et lui mettait tellement de pression à propos de l'école... comment allait-elle survivre sans sa mère, livrée à elle-même ? Plus que la peur de son père, c'était la colère contre sa mère qui la gagnait. Elle repoussa celle-ci avec force, et partit en claquant la porte.
Leurs parents ne s'appelaient plus "honey", "sweety" ou "my love". Ils se nommaient l'un l'autre "votre père" ou "votre mère", comme s'ils n'avaient jamais été mariés. Ivy détestait cela. Et à présent, leur mère les abandonnait lâchement. Ne tenait-elle donc pas un minimum à eux ? Pourquoi ne pouvait-elle pas les emmener avec elle, au lieu de les laisser aux mains de leur père absent ? Ivy frappa son oreiller à plusieurs reprises, avec force, avant de se blottir dans son lit et d'y pleurer à chaude larme.
Le lendemain matin, ils dirent au revoir à leur mère. Malcolm et Ivy iraient la voir en juillet et août, puis elle reviendrait au pays de Galles début septembre, une fois qu'elle aurait trouvé un nouveau logement et un nouvel endroit de travail. Ivy ne montra pas de la matinée qu'elle était triste et en colère, malgré ce monstre caché en elle qui lui mordait les entrailles.
This is the END hold your breath and count to ten
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Aïe-vie