Quoi de neuf ?

27 Décembre 2047, 17 h.


Une ambiance chaleureuse faisait du Chaudron Baveur un lieu accueillant et un refuge pour échapper aux températures hiémales de cette fin d'année. Le feu avait été allumé en début d'après midi et crépitait dans l'âtre, pour le plus grand bonheur de la nouvelle gérante. Du plus loin dont elle pouvait se souvenir, Agatha avait toujours apprécié les feux dans une cheminée, elle était donc ravie de pouvoir bénéficier de cette chaude lumière au Chaudron.

La reprise du pub était encore si récente ! Elle était heureuse d'avoir réussi à recruter promptement une barmaid et d'avoir une équipe fonctionnelle pour bien commencer 2048. La journée avait été calme, peu de sorciers se rendaient au chemin de Traverse juste après les fêtes.

Après avoir apporté deux verres à une table du fond, elle s'en allait reposer son plateau lorsqu'elle vit son nouveau client.

Il avait changé depuis leur dernière rencontre, bien sûr, mais elle reconnu immédiatement un de ses vieux amis, Sigmund Charleston. Agatha était le genre de personne qui ne donnent pas beaucoup de nouvelles. Ce n'était pas par volonté, ou car elle n'appréciait ses anciens camarades, mais tenir une longue correspondance, ce n'était pas son truc. Il y avait tellement de choses à faire là ou elle était. Loin des yeux, loin du cœur était inexact. Elle était heureuse de pouvoir renouer avec ses anciens connaissances, il ne fallait juste pas exiger d'elle des nouvelles régulières. Après la mort d'Herbert, elle était partie au Mexique sans prévenir personne, et son retour en Irlande fut discret. La sorcière retrouvait une vie londonienne et sociale, Sigmund serait un des premiers avec lequel elle renouerait contact.

D'un pas vif, elle se dirigea vers l'ancien Serdaigle.

- Sigmund ? Ça faisait longtemps ! Viens prendre un verre, je t'invite.

Le pauvre, si il ne souhaitait que passer, c'était raté. L'irlandaise passa derrière le comptoir, désert, prête à servir son ami tout en surveillant le reste de la salle. Ils seraient tranquilles pour discuter.

- Quelle boisson souhaiterais tu ? Quoi de neuf ?

@Sigmund Charleston je te kidnappe :wise:

Gérante du Chaudron Baveur
#823f0d
En absence pour le moment - je vous réponds des que possible !

Quoi de neuf ?
Très pris dans les préparatifs de sa prise de poste prochaine à Poudlard, Sigmund avait ressenti le besoin urgent d'une pause et évidemment, d'un bon verre pour se détendre. Rien de tel qu'une bonne dose de Whisky pur Feu pour roupiller sur un comptoir et refaire le monde dans ses songes. C'était du moins son plan quand il est entré dans le Chaudron Baveur, pour la première fois depuis plusieurs mois. Il ne s'attendait pas à la présence d'Agatha Birthwhistle qui après l'avoir interpellé se dirige directement vers lui.

« Agatha ! » La surprise franchit finalement ses lèvres. Il la regarde, clignant les yeux d'étonnement -évidemment ce pub est toujours rempli de sorcières et sorciers, il est plutôt logique d'y croiser de vieilles connaissances, mais voilà quelques années que le hasard n'a pas mis son amie sur sa route. Connaissant son goût du voyage, il n'était même pas certain de sa présence au Royaume-Uni.

S'apprêtant à accepter sa proposition -moyennant le prix de la consommation qu'il souhaite régler lui-même, il l'observe avec surprise passer de l'autre côté du comptoir. Évidemment, elle travaille désormais ici : sa démarche vive et la tenue qui semble plus adapté au travail qu'au quotidien ne font que relever l'évidence. Un léger sourire amusé se dessine sur les lèvres du sorcier.

« Et comment ! Ça fait quoi, sept ans ? Huit ans ? Ça me fait très plaisir de te revoir. »

L'homme tire légèrement un des tabourets et s'assoit juste en face de son amie, continuant à l'observer avec un léger sourire. Peut-être une ou deux rides en plus çà-et-là, discrètes et oubliables mais son amie n'a pas vraiment changé depuis leur dernière rencontre.

« Je prendrais bien un Whispy-Pur-Feu, s'il te plaît. C'est drôle de te revoir, j'ai justement eu une pensée pour toi récemment. Tu travailles ici depuis longtemps ? Je suis venu en... août, la dernière fois ? Oh, il y a tellement à dire ! Mais parle en premier je t'en prie, que devient ta fille ? Et ton époux ? »

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Oups, direct les pieds dans le plat ! Désolé !

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Quoi de neuf ?
L'expression surprise de Sigmund lorsqu'il la reconnaît rassure Agatha : malgré quelques rides discrètes, il est resté le même. En apparence du moins. D'ailleurs, depuis quand ne l'avait t'elle pas revu ? La décision d'Izel à aller à Castelobruxo ? Elle remontait à il y a dix ans. Ou alors son retour d'Amérique latine en 2039, ce qui ferait 8 ans. Toute ces période lui semble enchantée et lointaine : dire qu'il y a dix ans de cela, elle vivait paisiblement avec son mari et sa fille en commençant à creuser son trou en tant que détective. Le temps passe vite ... que ne donnerait t'elle pas pour revenir en arrière : ils auraient du partir au Mexique dès l'attaque du Ministère. Enfin, il fallait se ressaisir, car elle ne changerait pas le passé.

Au moins, il l'a reconnu, son ami ne l'a pas prise pour une étrangère. Son invité semble surpris de la voir passer derrière le comptoir : c'est vrai, elle n'a informé personne de son nouveau commerce. Eh bien ils en ont des choses à se raconter.

- Moi aussi ! Je ne pensais pas te croiser aujourd'hui.

En versant le Whisky dans un verre, elle continue d'écouter Sigmund. Récemment ?

- Ha bon ? Et à quelle occasion ? Tu as devant toi la nouvelle gérante du Chaudron Baveur depuis ... une semaine tout pile. Tu as choisi la bonne date pour venir !

L'irlandaise sourit tout en lui servant le verre. En effet, ils ont presque une decennie à rattraper. Elle s'apprêtait à sortir de son portefeuille une photo récente d'Izel quand son son sourire se crispe un peu.

Impossible. Il en a forcément entendu parler ! L'événement était dans les journaux. Il est impensable que Sigmund ignore ce qui a détruit son monde il y a deux ans, Agatha n'avait même pas envisagé qu'il puisse ignorer le décès d'Herbert.

- Izel va bien, toujours au Pérou, elle a fini Castelobruxo. Je dois avoir une photo, attends que je la retrouve. Herbert ... Il était à Sainte Mangouste tu sais ? Il nous a quitté ce jour là.

Que dire de plus ? Soudain, un besoin de clore cette partie de la conversation s'impose, car la gérante a besoin d'aller de l'avant, pas de se complaire dans les souvenirs du disparu. Le Chaudron, ces retrouvailles, c'est un nouveau départ.

- Je suis partie, après. Je suis revenue en Irlande il y a un an, pour aider ma tante, celle qui nous a élevé Adelaide et moi. Et toi ? Comment va Beth ? Et toi, que fais tu en ce moment ?

Gérante du Chaudron Baveur
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Quoi de neuf ?
« Hein ? » La nouvelle du décès de Herbert tombe comme un coup de poignard... évidemment, Sigmund n'était pas au courant. Il aurait pu l'être -non, il aurait du ! La destruction de Sainte Mangouste, il s'en souvient évidemment très bien. Il se revoit à cette époque-là alors qu'il était au fond du trou, écouter simplement d'une oreille discrète Elisabeth et Donald qui chacun le nez dans leurs journaux évoquaient la tragédie. C'est terrible à dire mais après son départ très précipité de Poudlard, la rupture douloureuse avec Solar et l'arrivée inattendue d'un bébé -suivi de la réalisation soudaine de son nouveau statut : grand-père ! Sigmund avait traversé des mois très sombres, totalement enfermé dans sa bulle en se coupant soigneusement du monde extérieur et de tous ses événements sombres qui d'une semaine à l'autre continuaient à s'accumuler, plus douloureux les uns que les autres. Non, il était bien plus simple de rester ancré dans un petit monde idéaliste où tout va bien. Où les amis et amoureux de ses amis ne meurent pas.

Alors évidemment, Sigmund n'a jamais su pour Herbert -ni pour d'autres. Mais maintenant, ça lui fait mal. Ses yeux le piquent ; voilà qu'il sanglote sans trop contrôler ses larmes. Il saisit un vieux mouchoir usagé traînant au fond de ses poches, se mouche bruyamment puis se penche par-dessus le comptoir pour serrer Agatha contre lui.

« Her.. Herbert... je suis tellement désolé Agatha, ce que tu as du souffrir ! J'aurais dû être à tes côtés, te soutenir ! »

Et maintenant, comment parler comme si de rien n'était, après cette annonce glacée ? Les mots restent coincés dans la gorge du sorcier qui met un petit moment avant de réussir à se reprendre.

« Désolé... oui, ce n'est certainement pas quelque chose dont tu as envie de parler. Montre-moi donc cette photo d'Izel, elle doit être toute grande maintenant. Oh mon dieu ! Elle ressemblait déjà tellement à son papa... Mais je suis content que tu puisses reprendre un nouveau départ au Chaudron Baveur, Agatha. Je ne doute pas un instant que tu seras une gérante d'exception. Il faudra que je passe plus souvent dans le coin ! »

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Cette andouille :sweatingbullets: Promis, la prochaine fois je donne des nouvelles des Charleston ! Je me voyais mal repartir direct dessus après cette petite parenthèse époux dead.

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Quoi de neuf ?
Bon sang, elle le savait. Sigmund n'avait jamais essayé de contrôler ses émotions, c'est peut être pour cela qu'elle pouvait lui faire confiance. Mais de tout de même ... Après un rapide coup d’œil vers ses clients pour vérifier qu'il ne prêtaient pas attention à l'étrange scène se déroulant près du bar, car contrairement à certains habitués qui venaient verser leurs larmes au pub, son ami n'est pas soûl, et Agatha lui tapote doucement le dos en geste de réconfort car c'est le seul geste qu'elle pense être utile pour quelqu'un qui pleure.

Elle arrive à attraper sa boîte, pour offrir un mouchoir propre à son interlocuteur.

- Ça ira ...

La scène ferait presque rire, on ne devinerait pas qui a perdu un être cher dans le tableau. Depuis toujours, la gérante a toujours détesté les exclamation sur sa potentielle douleur. Mécanisme de protection, pudeur, fausse idée de la dignité, qui sait. Heureusement, il semble avoir intégré le changement de sujet.

- C'est vrai, le temps passe vite ! Je n'arrive pas à croire que ma petite fille vive sa vie d'étudiante au Pérou sans moi.

Ni qu'elle ne se soient pas vues pour Noël, mais ce n'est que partie remise, elle n'abandonnera pas Izel, jamais elle ne pourrait s'éloigner de son enfant pour un simple travail, comme l'avait fait sa propre mère. Le regard songeur, elle range la petite photo, qui montre en arrière plan un très beau temple inca. Les encouragements de Sigmund lui font plaisir, même si elle sait que cela peut être de la politesse, cela ne lui ressemble pas de dire quelque chose dont il ne pense pas un mot. Pour rebondir sur ses dernières paroles, elle s'exclame d'un ton malicieux :

- Tu seras toujours le bienvenu ! Il se peut même que je te fasse des prix d'amis ...

Désolée, petite panne d'inspiration. C'est reparti ^^

Gérante du Chaudron Baveur
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Quoi de neuf ?
« Merci, merci... » sanglote Sigmund en acceptant avec gratitude le mouchoir tendu. Il se mouche à nouveau puis se laisse tomber mollement sur sa chaise de bar avec tout l'abattement d'une personne prenant tout juste conscience de la dureté sombre de ce monde infiniment cruel. Pris dans sa tristesse, l'homme ne sait pas trop comment se dépatouiller de cette situation ; il est hors de question de gêner son amie pour qui les effusions d'émotions ont rarement été au programme. Il se raccroche à la photo tendue par son amie -celle représentant une Izel bien grande par rapport à la petite fille qu'il avait rencontrée plusieurs années auparavant. Il détaille minutieusement les traits de la jeune femme qui certes a de son père mais.. de plus en plus de sa mère aussi ! jusqu'à ce que la sorcière range la petite photo.

« Ça fait toujours drôle quand ils s'éloignent de nous... » songe-t-il en pensant à sa propre fille qui a vécu deux ans en France avant de lui revenir aussi désespérée qu'enceinte. Pour Agatha, l'éloignement doit être plus difficile encore avec autant de distance entre mère et fille et ce, depuis des années semble-t-il comprendre. « Merci Agatha, mais tu sais bien que je ne profiterais jamais de ta gentillesse. J'enseigne la botanique à Poudlard à partir de la rentrée, d'ailleurs. Ça et les quelques extras 1, ma famille devrait être un peu plus stable financièrement. » Il se tait soudainement, ne souhaitant pas en dire plus par pudeur. Si sa situation n'a jamais été un secret pour qui que ce soit, l'homme se garde bien de développer ses problèmes à ses amis pour ne pas les inquiéter. Et après tant d'années sans se voir et l'annonce du décès de Herbert, ces simples soucis financiers lui paraissent bien futiles.

Pris d'une soudaine illumination, l'homme fouille dans son sac banane pour en sortir une petite photo de sa fille. La jeune femme pose avec un bambin d'environ deux ans, celui-ci s'accroche aux bras de sa mère comme un koala à son arbre. « Regarde, c'est Beth, elle est maman depuis bientôt quatre ans. Je suis grand-père, tu te rends compte ? »

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1 Sigmund fait référence à ses contrats occasionnels d'artiste drag queen. Ça fait deux ans donc Agatha n'est pas au courant.

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Quoi de neuf ?
La Botanique à Poudlard ? En effet, Sigmund avait beaucoup de choses à raconter. Elle savait son ami pudique sur les questions d'argent et choisit de ne pas rebondir sur le sujet. Elle avait connu son ami passioné par les moldus, les collections de figurines, mais alors les plantes ... La dernière fois qu'elle l'avait vu à l'oeuvre, on n'aurait pas vraiment pu dire que le sorcier avait la main verte. Qu'est-ce qui avait occasionné ce changement ? Il semblait à Agatha qu'elle lisait un série dans laquelle elle avait manqué un tome.

- La botanique ? Félicitations ! Depuis quand tu t'y intéresse ?

Mais ce point avait occasionné sa surprise, Agatha fut soufflé par le reste. C'était bien Beth Charleston qu'elle voyait là ? Certains traits de visage permettaient de la reconnaitre, mais elle avait bien changé depuis ses sept ans. Mais ce qui attira par dessus tout sa curiosité, c'était le jeune enfant dans ses bras. Beth, maman ? S'appelait t'elle toujours Charleston ? Mais pas de papa sur la photo, Sigmund n'en avait pas soufflé un mot. Pour une personne aimant autant connaître les histoires qu'Agatha, il fut un peu dur de ne pas être indiscrète.

- Incroyable, elle a bien grandi !

Mais ... l'enfant ne devait pas avoir plus de trois ans. Ce serait donc son deuxième ?

- Félicitations ! Comment s'appelle t'il ? Je trouve qu'il a des airs de famille avec vous deux.


Beth avait cinq ans d'écart avec Izel. Etait maman depuis quatre ans. Cela faisait jeune, tout ça. La gérante n'imagine pas, mais alors pas du tout sa fille avec un bambin, cela a aussi du être un surprise pour Sigmund. Comme à son habitude lorsque quelque chose l'intéresse, Agatha fixe avec intensité la photo, comme pour modifier son souvenir de Beth en le réactualisant. Sigmund avait intérêt à en dire plus.

Elle aime les potins, c'est tout :roll:

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Quoi de neuf ?
« Depuis... » commence Sigmund, lui-même incertain de la vraie réponse à cette question. Il avait ressenti le besoin de se réorienter professionnellement après quelques années d'errance à enchaîner les petits boulots et contrats qu'il n'avait su tenir -son poste de professeur d'étude des moldus en avait fait partie, mais il y avait eu un peu d'autre chose dans le choix de sa filière. Déjà il y avait Beth qui avait aussi repris ses études : père et fille s'étaient alors retrouvés dans la même école, avec quelques cours en commun. Mais ce n'était pas tout... oui finalement, ça devait être depuis Solar. « une rencontre, je crois. Finie, perdue. » Oui, il est sans nouvelles d'elle depuis quelques années maintenant. « une femme, » précise-t-il de manière toujours aussi évasive, « que j'ai aimée» mais ça fait partie du passé, pourraient-ils parler d'autre chose ?

Heureusement que la distraction des photos est là. Puisque son amie semble apprécier la première image de sa petite famille, Sigmund ne se pose pas beaucoup de questions avant de dégainer d'autres photos pour balayer un plus large éventail de son quotidien, son entourage et concernant les enfants, leur évolution au fil des années. « Il s'appelle Jonathan, mais on le surnomme tous Nana » explique Sigmund avec un sourire attendri en lui présentant une énième photographie du bambin. « Tu te souviens probablement que Beth et moi avions des rapports compliqués quand elle était adolescente. A sa sortie de Poudlard, je ne l'ai presque pas vue pendant deux ans ensuite... maintenant, elle habite à nouveau avec moi -avec nous ! nous nous sommes installés à Loutry Ste-Chaspoule, avec mon Papa qui se porte toujours très bien, et le petit Jonathan. Ça me fait presque mal au cœur de les laisser pour retourner à Poudlard, mais je ferai en sorte d'aller les voir au plus souvent, » indique Sigmund qui compte bien trouver un moment pour les visiter chaque semaine. « Et toi Agatha ? Dis m'en plus sur ces dernières années ! Comment en es-tu venue à reprendre la tête du Chaudron Baveur ? »

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Quoi de neuf ?
La réponse de Sigmund, évasive autant qu'énigmatique, eut pour effet de piquer la curiosité de sa vieille amie. Certes, il n'en fallait pas beaucoup pour retenir l'attention d'Agatha, mais ... Une femme, finie, perdue, qu'il a aimé ? Si elle ne connaissait pas sa réserve, l'irlandaise aurait exigé sur-le-champ plus de détails. Il ne s'en tirera pas comme ça, elle finira bien par en savoir plus. La dernière fois qu'elle l'avait vu, il était encore avec Ellen, mais la gérante préféra ne pas demander ce qu'il était advenu de sa visiblement ex-femme.

Une infime part d'elle même avait un peu honte de cet intérêt pour ce qui ne la regardait pas, mais Agatha avait toujours fort bien su faire taire sa voix de la raison.

Le surnom de Jonathan lui arracha un sourire. Nana resterait à jamais le chien bonne des enfants dans Peter Pan, ce dessin animé moldu qu'elle regardait chez elle, dans un canapé partageant la chaleur d'une seule et unique couverture avec sa soeur et son cousin. A cette époque, elle ignorait jusqu'à sa condition de sorcière, et rêvait de pouvoir un jour elle aussi voir une fée. Malheureusement pour cet enfant, Agatha l'appellerait toujours Jonathan, car de toute manière elle n'utilisait jamais les diminutifs. Donc le fils de Beth avait quatre ans ...

- Je comprends, c'est dur de s'éloigner de ses enfants.

Au moins lui pouvait aller voir sa petite famille régulièrement.

- C'est une longue histoire. Après le décès de son papa, j'ai été me rapprocher d'Izel en m'installant au Mexique. Et il y a un an j'ai reçu un hibou de Benedict, mon cousin, tu sais ? Nous avons été élevés ensemble, il est passé par Gryffondor. Bref, il me disait que mon oncle et ma tante songeaient à prendre leur retraite, il s'occupaient d'un petit pub à Dublin. Ma tante a des problèmes de mémoire, tu vois. Bref, j'ai repris un temps leur activité, puis j'ai entendu parler du Chaudron Baveur. Il me restait des économies, je me suis lancée.

Gérante du Chaudron Baveur
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Quoi de neuf ?
Après avoir bu une gorgée de son Whisky-pur-Feu, Sigmund repose doucement son verre et plonge ses prunelles noisettes dans celles de son ancienne amie. Parmi toutes ses connaissances, Agatha est l'une des mieux placées pour comprendre ce qu'il a ressenti avec l'éloignement de sa fille. Son meilleur ami aurait beaucoup à dire aussi sur le sujet entre sa relation distante avec Edith et son sur-attachement envers son cadet Elian. Lavernock demeure pour ce père inquiet déjà bien trop éloignée de Poudlard.

Sigmund hoche la tête à la mention de Benedict. Il se souvient bien de ce cousin qu'elle mentionnait souvent même s'il n'a jamais eu la chance de le rencontrer par la suite.

« Quelle histoire... comme quoi, on ne sait jamais où la vie nous mènera » affirme-t-il avec l'air philosophe de ceux qui ont déjà bien vécu en hochant vigoureusement la tête. Il reprend une gorgée de whisky et lève son verre à moitié vide en direction de son amie. « À nos retrouvailles alors ! À nos enfants, à notre bien-aimé Herbert » et sur ses mots, sa voix se fait un peu tremblotante, mais il se reprend rapidement, « et à nous, ta reprise du Chaudron Baveur et mon retour à Poudlard. » Et sitôt le toast porté, il termine d'une ample gorgée sa boisson et soupire longuement, songeur. « Qui reprend le pub de Dublin d'ailleurs ? Ton cousin Benedict ? » Tout en réfléchissant à leurs futures opportunités de se revoir, Sigmund a une pensée pour sa prochaine performance à venir -un petit travail complémentaire qui ne paie pas le beurre des épinards mais lui apporte beaucoup de joie. « Tu as quelque chose pour le 31, Agatha ? Je fais du drag sur mon temps libre et donne une performance dans le bar clandestin de Chez Sisyphe. Passe si tu n'as pas du travail ici ! » Et d'ailleurs, il n'oserait jamais faire sa propre pub auprès d'une amie fraîchement retrouvée, mais ne dirait pas non à l'occasion de performer aussi un soir au Chaudron Baveur...

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