+ When music sounds

Quand la musique sonne

samedi 18 janvier 2048, fin de matinée,
@Wren Griffin


Le soleil était levé depuis quelques heures déjà. Il illuminait de sa pâle lueur les extérieurs, perçant à travers les fenêtres. L'hiver n'était pas la meilleure saison en Ecosse. Il faisait froid, et on ne pouvait sortir dehors sans s'être emmitouflé dans un gros manteau, une écharpe enroulée autour du cou et un bonnet enfoncé sur les oreilles. A chaque souffle, un petit nuage s'échappait dans l'air. Le soleil avait beau rayonner, la température était tout simplement trop basse pour sortir longtemps dehors.
A cette période de l'année, il était fort agréable de se blottir dans les draps de son lit, d'y rester des heures, comme en hibernation. Une douche chaude, voire même parfois brûlante était également réconfortante.

De longs et fin doigts pressaient les touches du piano de la salle de répétition, tandis que des yeux parcouraient la partition, déjà apprise il y a quelques temps. Les vacances avaient permis à l'enfant installée là de se remettre au piano, et c'était là-bas, chez elle, à Londres, qu'elle avait appris ce morceau. Il n'était pas bien compliqué, pas trop rapide ni trop lent, simplement... simple. Des notes s'évadaient du piano de la salle, envahissant l'air ambiant - attirant peut-être les oreilles curieuses ? Il n'était certes pas rare qu'il y ait de la musique à cet endroit du château, mais certaines personnes, en soif de curiosité, ne pouvaient s'empêcher de mettre leur nez là où s'échappait de la musique, pour une raison ou pour une autre. Et la brune qui jouait la mélodie était un peu comme ça.

Concentrée, elle ne décrochait pas son regard du piano, semblant imperturbable. Elle s'empêchait de rêvasser, retenue prisonnière par le bel instrument colossal. Des liens invisibles, autour de ses poignets, la forçaient à jouer, tandis que d'autres, tout aussi imperceptible à l'œil nu faisaient en sorte que son regard reste fixé sur la page noircie de portées et de points. Ce langage aurait pu paraitre étrange aux yeux des quelques uns, et pourtant, l'adolescente assise là semblait le comprendre, sans même se poser plus de questions que nécessaires.
Elle avait toujours eu des difficultés en terme de concentration, divaguant quand elle s'ennuyait à l'école, ce qui arrivait souvent quand elle était chez les moldus. Bien qu'elle soit silencieuse, elle n'écoutait pas plus le cours que quelqu'un bavardant, se contentant du strict minimum... Et pourtant, elle n'avait jamais eu de difficultés, ni même de lacunes à présent, comprenant vite et mémorisant bien.

Ellana prenait du plaisir à jouer et à lire une partition, avec la joie de quelqu'un arrivant à décrypter un message codé. Des émotions, parfois contradictoires, d'autres fois moins, se balançaient dans sa tête. Elle n'avait jamais vraiment su contrôler ces flots, quand bien même elle essayait de les dissimuler. Emotive mais renfermée sur elle-même, elle ne montrait que peu ce qu'elle ressentait, cachant aux autres - et souvent à elle-même - ses sentiments.

Désolée pour mon petit délai !

#002a57 - Fiche - Sixième année - ABSENCE
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen

+ When music sounds
When music sounds, gone is the earth I know
Walter de la Mare
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L'hiver... Saison rude, tant pour le physique que pour le moral. Le froid nous gelait les os, gerçait nos lèvres et faisait trembler nos mains; les nuits étaient longues et les réveils dans le noir nous faisaient regretter le soleil brillant de l'été. C'était une saison glaciale, où il faisait si froid que peu de gens sortaient dehors. A la place, on regardait par la fenêtre le parc vide, en regrettant les rires qui le secouaient quelques mois auparavant, et on soupirait, parce qu'on ne pouvait rien y faire.
C'était sans conteste la saison la plus triste de l'année.

Et pourtant... L'hiver, c'était aussi la saison des plaids chauds et tout doux, des écharpes à la couleur de nos maisons, des chocolats chauds. C'était les réunions auprès du feu, les batailles de boules de neiges, la Saint-Valentin, et même Noël! C'était le secret d'un baiser au fin fond d'un couloir, c'était la magie d'une forêt enneigée, c'était la chaleur des flammes qui dansaient dans la cheminée et la douceur de la neige sous nos pas.
Alors pour moi, c'était aussi la saison la plus magique de l'année.

L'hiver, c'était tout ça.
Mais c'était surtout ma saison préférée, parce qu'avant tout, l'hiver, c'était une Edelweiss qui fleurit seule sur la neige, c'était le temps de l'hibernation, c'était une étendue sans fin de neige qui recouvrait tout.
Parce que l'hiver, c'était le silence.

~

J'aimais le silence. J'aimais vagabonder dans les couloirs, jusqu'à trouver un endroit silencieux, et me poser, au calme, pour regarder par la fenêtre le ciel et écrire quelques poèmes. C'était d'ailleurs ce que j'avais fait. On était un samedi matin, en janvier; il faisait froid, le soleil était pâle, et moi, j'étais assise en tailleur sur la pierre dure du sol, mon cahier d'écriture sur mes genoux. J'avais trouvé un joli recoin dans les couloirs, dans un coin du château un peu paumé avec pas beaucoup de passages, et j'étais resté une heures ou deux, à finir un poème que j'avais commencé la veille. Mais ayant finis mon écrit, je me levai, et décidai de me rendre à la bibliothèque. Rien ne valait un bon livre pour se mettre de bon humeur!

Je parcourrai les couloirs pour me rendre au rez-de-chaussée quand j'entendis un piano jouer. Je m'arrêtai, curieuse: le son provenait de la salle de répétition. Je décidais de m'approcher. La porte était entrouverte et je la poussais doucement; elle grinça un peu, ce qui m'arracha une grimace. Je ne voulais pas perturber celui ou celle qui jouait... Je pénétrais dans la pièce, silencieusement: la porte grinçante avait déjà annoncé ma présence, mais bon, autant prétendre que je n'étais qu'une ombre, peut-être que personne n'avait entendu le grincement. Je tombais sur une Serdaigle, seule, qui jouait sur un piano acoustique.
Je m'appuyais sur le mur, les bras croisés, dans l'ombre, et je restais là à l'écouter en silence. Les notes me berçaient et me charmaient; elles formaient une mélodie simple mais très jolie. Le tempo -moderato, allegretto?- était ni trop lent ni trop rapide, ce qui laissait le temps à l'auditeur d'apprécier l'air du morceau. Il y avait relativement peu de contretemps, ce qui donnait l'impression de simplicité qui se dégageait des notes. La Serdaigle jouait plutôt bien, ce n'était pas une débutante; les notes étaient claires, et elle jouait un peu avec la pédale de sustain pour mieux les lier. Néanmoins, cela manquait un peu de basses à mon gout: les accords, simplement majeurs en grandes parties, à la main gauche ne rendaient pas justice à la main droite.
Je pourrais facilement rajouter quelques notes graves...

Mais non, bien sûr que non.
Idée stupide...

Quoique?

Non, non. Je ne vais pas la déranger...

Enfin...
Pourquoi pas?


Je décroisais mes bras, et me rapprochai doucement. Je me maudissais déjà pour ce que j'allais faire, mais l'envie était trop forte. Je m'approchais de la fille. Je voyais ses cheveux bruns onduler sur son dos alors qu'elle bougeait ses épaules en jouant. Je ne pouvais pas voir son visage, mais elle me semblait plus âgée. Est-ce qu'interrompre une plus âgée que soi était une bonne stratégie? Pas du tout. Est-ce que je m'apprêtais à le faire?... Absolument.
Je m'assis à côté d'elle, et étudiait la partition. Après quelques secondes, le temps de déterminer dans quelle tonalité était le morceau, je posais mes doigts sur le piano. Je murmurai, en souriant:
Je m’incruste!

Impossible de savoir si elle m'avait entendu. Tant pis.

J'appuyais sur un mi dès qu'elle toucha cette note à la main droite. Et puis un ré, un si... Trois octaves plus bas, j'ajoutais des basses. Puis, au lieu de simples notes, je jouai des accords; mais mon jeu était piano: je commençai tout doucement, sans m'imposer, laissant vivre la mélodie principale.

Navrée du retard... A toi @Ellana Duchêne

~ 1ère année RP ~~ Couleur #457d8b
I'm just a raven who doesn't talk much

+ When music sounds
Elle ne pensait plus à rien, se contentant simplement de jouer les notes qui lui passaient sous les doigts. Détendue par les sons, elle ne faisait plus attention à ce qui l'entourait, trop concentrée, imperturbable. Ses doigts appuyaient sur les touches ; son pied sur la pédale. L'aura de simplicité qui émanait de ce morceau le rendait agréable : elle ne se compliquait pas la vie, ne cherchait pas à jouer quelque chose avec lequel elle aurait des difficultés.
Peu à peu, depuis le début de sa troisième année, elle trouvait de moins en moins de temps pour venir s'entrainer, regrettant presque par moments sa première année où elle venait très souvent et ses années d'enfance où elle faisait plusieurs heures de musique par jour. Elle comprenait enfin ce que ça faisait de partager de véritables moments avec ses amis.

En hiver, elle n'aimait pas particulièrement sortir dehors. Le parc avait toujours été un endroit qu'elle appréciait, et elle déambulait là-bas chaque jour, en jouant avec sa chatte Lojae... mais elle ne parvenait pas à y passer beaucoup plus de temps que nécessaire : la salle commune ou la bibliothèque semblaient tout deux bien plus accueillants que le froid hivernal du parc.
Elle aurait pu être nostalgique de tous les instants qu'elle avait passé, elle aurait pu les ressasser, en boucle dans sa tête. Mais s'il y avait bien une chose qu'elle avait fini par comprendre, c'était que répéter ses problèmes à l'infini ne les résoudrait pas.

Ellana ne pensait plus à rien, enfermée dans une prison où le geôlier lui était inconnu. Pourquoi ressentait-elle ce sentiment d'attache, ce sentiment de ne pas pouvoir se libérer de sa cellule, de ne pas réussir à briser les liens qui la maintenaient ? Elle n'essayait pas, la pensée ne lui traversant pas l'esprit ; était-elle comme un de ses elfes d'autrefois, contraint de répondre à la volonté de son maître sans avoir son mot à dire ?
La jeune adolescente aimait bien cette sensation de repos qu'elle avait, ce sentiment d'être complètement décrochée de la réalité qui lui avait tant manqué pendant les dernières semaines.

Elle n'entendit pas la jeune fille qui poussa la porte de la salle de répétition, emportée dans le tourbillon des notes et des sons. Elle était dans l'œil du cyclone et tout tournait autour d'elle sans qu'elle ne cherche à mettre de sens à ce qu'elle voyait. En réalité, elle ne voyait rien d'autre que la partition devant elle, rien d'autres que les points noirs sur les lignes tout aussi noires.
Néanmoins, dans l'étrange silence de la mélodie, dans cette absence de paroles, une voix brisa le calme, avant que de nouvelles notes ne viennent se rajouter, doucement, alimentant la mélodie de basses improvisées. La brune n'avait pas le cœur à repousser la personne qui s'était incrustée, elle n'avait pas envie de lui dire de partir. Elle n'avait jamais fait de piano à quatre mains, et pourtant, en voyant les sons produits par l'autre enfant, ça ne lui semblait pas bien compliquer.

Ne se laissant pas déconcentrer plus que ça, elle replongea dans son univers de sons, de points et de bâtons, dans ce monde qui pouvait sembler très droit mais qui était en vérité bien plus modulable que tout ce que la jeune adolescente connaissait.

#002a57 - Fiche - Sixième année - ABSENCE
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen