Bon anniversaire, Petit Prince
Samedi 07 mars 2048
Maison familiale des Charleston
Maison familiale des Charleston
Sitôt la porte d'entrée franchie, une petite masse aux cheveux châtains fonce sur lui et l'enlace vigoureusement de ses bras potelés. Pendant un instant, Sigmund couve l'enfant du regard et resserre l'étreinte engagée par ce dernier. La voix chaleureuse de Diarmad Lobhdain ne tarde cependant pas à le couper dans sa contemplation émerveillée de l'enfant.
— Bonjour, mon amour.
Debout dans l'embrasure de la porte de la cuisine, le jeune soixantenaire adresse au loin un sourire tendre à son fiancé. Il lui répond d'un timide geste de la main avant de le voir disparaître à nouveau dans ses préparatifs.
Les moments de complicité entre Sigmund et son petit-fils se font rares depuis son retour à Poudlard. Ils sont hautement attendus puis appréciés et chéris à leur juste valeur, d'autant plus quand il s'agit d'une journée aussi spéciale que ce samedi.
— C'est mon n-anniversaire ! signale Nana. Sa main vient s'agripper au sac banane de son grand-père avec espoir. Cadeaux ? demande-t-il avec ses grands yeux ronds louchant sur l'impressionnante moustache qui lui fait obstacle pour trouver le regard de son grand-père.
— Pas tout de suite, mon grand. Et bonjour ! rigole-t-il en soulevant l'enfant de terre. Il le serre contre lui et plonge son visage dans son cou pour le couvrir de baisers. Mais Nana se mord l'intérieur des lèvres et affiche une moue contrariée. Sa petite voix enfantine se fait plus autoritaire.
— Je veux mes cadeaux.
— Et tu les auras. Bon anniversaire, mon bichon.
Sigmund lui sourit et vient attraper son nez pour faire semblant de lui voler, mais le rire escompté ne vient pas. Nana commence à se débattre en pleurant. Affolé par cette détresse soudaine, le grand-père dépose instantanément l'enfant et fouille le sac banane à la recherche d'un premier présent qu'il lui tend expressément.
Le petit paquet tout enrubanné de bleu est déposé dans les mains du garçon qui se calme aussitôt. Il l'inspecte d'un faux air expert directement emprunté à Elian Kernac'h et le secoue, mais les grandes mains de l'adulte viennent rapidement entourer les siennes pour interrompre son geste.
— Doucement, c'est fragile, intervient doucement Sigmund.
— C'est quoi ?
— Ouvre, tu verras bien.
Nana ne se fait pas attendre. Il se laisse tomber brutalement sur les fesses et commence à déchirer nerveusement le paquet, envoyant valser des morceaux de papier partout dans la pièce.
Donald Charleston, tranquillement enfoncé dans son fauteuil au fond de la pièce, agite sa baguette pour débarrasser le bazar de son arrière petit-fils. Fusant comme de petits vifs d'or, lesdits papiers viennent se loger sur le plafond auquel ils restent accrochés, ce qui arrache une vague expression de mécontentement au vieil homme. Pas étonné pour une noise en parfait habitué des résultats aléatoires de son abîmée et fatiguée baguette, le rustique personnage tend simplement ses pieds nus et velus vers la cheminée pour les réchauffer.
— Un magicobu ! Mais j'ai déjà ! La déception froisse la voix du garçonnet qui semble encore une fois au bord des larmes.
— Mais celui-ci est plus gros ! Et tu as d'autres cadeaux.
— Combien ? demande-t-il très sérieusement.
— Autant que ça, reprend Sigmund en écartant largement les bras pour représenter une généreuse quantité de présents.
Craignant de contrarier l'enfant avec un nombre qui ne le satisfait pas, bien que ce dernier ne sache nullement compter au-delà de quatre soit son âge, le sorcier ne donne aucune précision supplémentaire.
— J'espère tonton Eve il en a autant aussi.
C'est la seule conclusion de l'enfant qui, après avoir avisé un moment son grand-père, s'enfuit aussi simplement dans sa chambre pour retourner jouer.
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
Bon anniversaire, Petit Prince
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Quelques heures plus tard
Quelques heures plus tard
Après cinq bonnes minutes d'une observation intensive de Jae Dawson, ce qui dans la vie d'un enfant représente une éternité, le verdict de Nana Charleston tomba.
— C'est l'amoureux de Tonton Eve. Il regarda successivement les deux adultes assis à côté l'un de l'autre, satisfait d'avoir résolu le mystère.
— Non, ce n'est pas l'amoureux de ton oncle, mon cœur. répondit Sigmund.
Ses yeux se plissèrent un peu plus. Il planta brutalement sa fourchette dans un toast avant de pointer le couvert vers ce drôle d'adulte affublé d'un chapeau d'anniversaire.
— C'est l'amoureux de Maman.
— Non plus.
— C'est... c'est, reprit-il avant de s'interrompre brutalement, perdu. Pourquoi cet étrange monsieur qui n'a pas l'air content d'être là est présent à mon anniversaire, semblait dire le regard du petit garçon. Il pensait pourtant avoir visé juste avec sa première hypothèse, après tout le grand monsieur et son Tonton étaient bien assis côte à côte, il y avait forcément une histoire d'amour cachée là-dessous.
— C'est... mon amoureux ? demanda-t-il, plus hésitant.
— Merlin merci, non ! s'esclaffa Sigmund. Tu sais mon grand, tout le monde n'a pas des amoureux ou des amoureuses. Jae est mon ami, et il travaille à l'école de sorcellerie avec moi. C'est mon collègue. Je devais l'inviter à manger depuis.. sapristi, un paquet de temps, et ton anniversaire était l'occasion parfaite pour qu'il rencontre notre petite famille.
Bien sûr, Jae n'était pas au courant que l'objectif de cette petite mascarade était sa rencontre avec Beth, son aussi charmante que jolie fille. Les joues du moustachu avaient gentiment rosi en entendant son petit-fils supposer d'une relation entre les deux. « Pas encore, pas encore » avait-il souhaité répondre, avant que la bienséance ne le fasse taire.
Mais pour qu'une telle rencontre soit possible, encore fallait-il que l'intéressée soit présente. Or, une demi-heure après l'arrivée de tous les invités, Beth Charleston n'avait toujours pas pointé le bout de son chapeau. L'apéritif commençait à tirer un peu en longueur pour l'anniversaire d'un enfant de quatre ans, et doucement, une gêne presque palpable s'installait à table. Diarmad, Sigmund et Evelyn échangeaient quelques regards inquiets, au milieu de quelques banales conversations pour occuper les rares autres adultes présents. Seul enfant à table, Nana ne tenait plus en place et battait furieusement des jambes, désireux de retourner jouer.
— C'est l'amoureux de Pépé. tenta-t-il encore une fois en plantant son menton entre ses mains potelées, les dernières informations partagées par son grand-père semblant avoir glissé d'une oreille à l'autre sans s'enregistrer.
— Il est un peu jeune pour ton Pépé, tu ne trouves pas ?
— Monsieur Jae est l'amoureux d'Elian alors.
@Elian Kernac'h @Jae Dawson
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1h30 plus tard, milieu de soirée
1h30 plus tard, milieu de soirée
Las d'attendre indéfiniment une même personne, Sigmund avait fini par ouvrir les festivités : hors de question de faire attendre un enfant jusqu'au dessert pour ouvrir les cadeaux, Nana avait déjà ouvert tous ses paquets. Habitué aux absences de sa mère, le petit garçon n'avait pas fait la moindre remarque. Seul son regard errant parfois vers le couloir menant à la porte d'entrée trahissait un espoir silencieux. Il avait inspecté chaque paquet avec une attention double, comme pour repérer un pli ou une couleur de papier qui aurait pu provenir de Beth Charleston mais hélas, la pile de cadeaux bien que conséquente ne comprenait aucun présent préparé par sa Maman.
Éternel optimiste -un trait directement hérité de son grand-père maternel, l'enfant se contentait de sourire en poursuivant son jeu. À quatre pattes sur un immense tapis enchanté, il arrachait joyeusement d'étranges petites silhouettes informes qui semblaient parfois magiquement jaillir du tissu vert comme un gazon. Il fallait ensuite faire tournoyer la masse colorée extraite et la lancer en l'air : celle-ci finissait par disparaître dans un tas d'étincelles.
— GNOME ! GNOMEEEE ! GNOME ! criait-il tandis que les adultes, fort occupés à des conversations de grandes personnes, ne s'entendaient plus vraiment au milieu de ce brouhaha.
— Ce n'est pas un peu, mh, un encouragement à la violence animale ? commenta Diarmad sur un ton neutre.
— J'avoue ne pas y avoir prêté attention... je trouvais ça surtout curieux, un jeu qui s'appelle « Fishmoilapaix. » Mon client m'expliquait que les parents étaient en général tranquilles pendant des heures ensuite. expliqua-t-il sur le ton de la confidence, presque gêné. En réalité, il n'avait guère prêté attention à certains de ses achats, se contenant d'amasser tout jouet pour enfant se trouvant sur son chemin.
Le grand-père ne savait plus comment occuper Nana. Depuis son embauche à Poudlard, l'éducation du petit garçon reposait surtout sur son arrière grand-père. Diarmad ne désirait pas encore prendre sa retraite et Beth, à l'image de son absence actuelle, se montrait de plus en plus distante avec le temps et ne rentrait que rarement à la maison. Au début, elle se justifiait avec ses activités professionnelles, mais à ses absences prévues s'ajoutaient ensuite les imprévues et progressivement, les promesses rompues et les plus tard qui ne venaient jamais. Et plus le temps passait, moins l'enfant se questionnait sur l'absence de sa mère.
Rapidement, Nana se retrouvait alors enseveli de jouets et bricoles souvent dénuées d'intérêt. Sa chambre et les chambres d'amis n'étaient devenues que montagnes de biens accumulés, destinés à occuper un enfant dont on souhaitait faire oublier l'absence d'une personne. Les stratégies se multipliaient, tout comme l'amour des trois grands-pères pour le petit garçon et plus on lui donnait, plus Nana en voulait davantage.
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Finalement, l'heure du dessert était arrivée. Sigmund avait tenté de faire parvenir des messages à sa fille à travers son ardoise enchantée mais chacune de ses questions était restée sans réponse. Elle n'était simplement pas venue malgré sa promesse d'être présente, et n'avait fourni ni explication, ni simple message pour rassurer son vieux père inquiet. Même s'il la connaissait bien et se doutait qu'elle avait simplement oublié ou, pour reprendre ses termes, avait « mieux à faire, » elle restait son enfant et il ne parvenait à se débarrasser d'une inquiétude toute paternelle alors que mille images plus terribles les unes que les autres se succédaient dans sa tête.
Compatissant, Diarmad lui frottait simplement le dos, déposant parfois un baiser sur sa joue pour lui changer les idées, partager un geste tendre. Son inquiétude se propageait jusqu'à Evelyn qui dans un coin de sa tête transposait certainement la situation sur son propre fils, imaginant probablement un Elian trop étourdi pour le prévenir d'une absence ou pire, en danger.
Il s'assurait malgré tout de faire bonne figure face aux autres invités, notamment avec Jae Dawson qui était sans doute le plus perdu dans cette histoire. Le dîner ne s'était pas parfaitement déroulé comme prévu mais plus important, Nana Charleston semblait tout à fait heureux, plongé dans sa bulle d'insouciance quand la pensée d'un nouveau jeu venait chasser les questions auxquelles aucun adulte n'aurait pu répondre.
Jae avait eu la gentillesse d'apporter un dessert. C'était un garçon bien élevé que Sigmund affectionnait beaucoup, et il regrettait sincèrement de ne pas avoir pu lui présenter Beth. Le gâteau apporté par son jeune collègue venait compléter à merveille le dessert Niffleur -un grand biscuit recouvert de ganache à l'effigie de l'animal et accompagné d'une multitude de petits Gallions en chocolat, et Nana souffla ses quatre bougies avec un enthousiasme aussi naturel qu'enfantin. Il venait de célébrer son premier anniversaire sans sa mère. Don et Sigmund, silencieux, ne purent se défaire de la crainte que ce ne soit que le premier d'une longue série.
@Jae Dawson, @Elian Kernac'h, merci à vos personnages d'être venus, vous êtes de fabuleux figurants !
Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen
Compatissant, Diarmad lui frottait simplement le dos, déposant parfois un baiser sur sa joue pour lui changer les idées, partager un geste tendre. Son inquiétude se propageait jusqu'à Evelyn qui dans un coin de sa tête transposait certainement la situation sur son propre fils, imaginant probablement un Elian trop étourdi pour le prévenir d'une absence ou pire, en danger.
Il s'assurait malgré tout de faire bonne figure face aux autres invités, notamment avec Jae Dawson qui était sans doute le plus perdu dans cette histoire. Le dîner ne s'était pas parfaitement déroulé comme prévu mais plus important, Nana Charleston semblait tout à fait heureux, plongé dans sa bulle d'insouciance quand la pensée d'un nouveau jeu venait chasser les questions auxquelles aucun adulte n'aurait pu répondre.
Jae avait eu la gentillesse d'apporter un dessert. C'était un garçon bien élevé que Sigmund affectionnait beaucoup, et il regrettait sincèrement de ne pas avoir pu lui présenter Beth. Le gâteau apporté par son jeune collègue venait compléter à merveille le dessert Niffleur -un grand biscuit recouvert de ganache à l'effigie de l'animal et accompagné d'une multitude de petits Gallions en chocolat, et Nana souffla ses quatre bougies avec un enthousiasme aussi naturel qu'enfantin. Il venait de célébrer son premier anniversaire sans sa mère. Don et Sigmund, silencieux, ne purent se défaire de la crainte que ce ne soit que le premier d'une longue série.
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FIN
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Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen