Un vrai boulet

Avec @Ernest Stevens
Dans le parc de Poudlard


En embuscade, tel un chat attendant sa proie, je guette le moment parfait. Devant moi, le parc a disparu sous un blanc manteau de neige piqué de multiples empreintes de pas. Dans quelques minutes, le groupe d'élèves, dont je guette l'arrivée, se rendra pour quatorze heures à son cours de vol.

Cachée sous ma chaude cape d'hiver, la boule de neige achetée à la boutique Weasley sur le chemin de traverse ne fond pas. Normal, celle-ci est magique. D'après le vendeur, d'ailleurs très élogieux sur son produit phare de l'hiver, le projectile est enchanté avec un charme "tête chercheuse" qui touchera, à coup sûr, la victime de mon choix.

Je garde cette boule de neige précieusement depuis plusieurs mois, alors inutile de vous dire que maintenant qu'il neige à Poudlard, j'ai une furieuse envie de l'utiliser. D'ailleurs, ca fait aussi un moment que j'ai choisi ma cible et celle-ci ne devrait plus tarder.

Quelques secondes s'écoulent dans un silence duveteux quand une rumeur s'élève annonçant l'arrivée imminente des première année. Aussitôt, je me glisse à couvert, boulet en main, prêt à décocher mon terrible missile sur ma cible que j'aperçois enfin. Alors, d'un geste sûr et majestueux, tel un batteur de Quidditch, j'expédie de toutes mes forces mon petit boulet qui fonce en zigzaguant entre les obstacles, avant de s'écraser sur...

Ernest ? Oh, mais non alors !!!

Merci Ernest :wink:

Puisque la mort est inévitable, oublions-la.

Un vrai boulet
Ernest avait passé une bonne partie de la pause déjeuner le nez fourré dans le Mensuel de la Métamorphose. C’était une bonne manière de ne pas penser à la suite de son emploi du temps et au cours de Vol auquel il devrait se rendre d’ici peu. Depuis le début de l’année, ses compétences ne s'étaient guère améliorées malgré ses efforts. Il restait toujours aussi tendu à l’idée d’enfourcher un balai et n’y pouvait pas grand-chose. Ce qui ne l’empêchait pas de continuer à pratiquer, tentant de faire taire son bon-sens qui lui criait que c’était suicidaire.

Quoi qu’il en soit, il prit le chemin du parc sans grande motivation. Les cours de Vol était déjà un calvaire en soi, sortir s’exercer en plein hiver avoisinait le supplice. Alors que ses pas s'enfonçaient dans une neige épaisse et collante, l’adolescent avançait lentement vers le terrain d’entraînement. Plongé dans ses pensées, essayant de se convaincre que la journée serait vite fini, il n’eut pas le temps de la voir venir. Pris par surprise, son corps se raidit un peu plus quand il sentit le froid de la boule de neige s’écraser contre son oreille. Rageux, il se tourna dans la direction dont était venu le projectile. Son regard tomba sur un élève de Gryffondor avec qui il partageait les cours de Vol.

“T’as rien de mieux à faire ?!”

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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Un vrai boulet
Le boulet glacial venait de s'écraser sur l'oreille d'Ernest, un Serpentard qui, visiblement, n'avait pas eu l'air d'apprécier. Je me tenais alors seul, debout et raide, en surplomb du sentier, nageant dans une profonde confusion, autant dire qu'il était difficile de ne pas être pris pour l'auteur de ce mauvais geste. D'ailleurs Ernest n'avait pas mis plus de deux secondes à comprendre et me fusillait du regard.

Pourquoi ça n'avait pas marché ? Le projectile enchanté aurait dû toucher sa cible sans faillir : Graham, un vaniteux Serpentard qui n'avait rien trouvé de mieux que de fourrer dans mon sac les figues pourries non utilisées du dernier cours de potion. Autant dire que ma vengeance venait de tomber à l'eau et qu'Ernest en avait fait les frais à son dépend.

"Euh... Attends, Ernest... C'est pas toi que je visais... "

Ben oui, le pauvre Ernest n'y était pour rien dans cette affaire. Je ne le connaissais presque pas à vrai dire. D'abord, c'était un Serpentard et moi, je ne les aime pas trop les Serpentard. Ils se croient plus importants que les autres alors, je n'ai pas tellement envie de leur parler. Et puis, il faut dire qu'Ernest, ce n'est pas non plus le genre bavard et amical mais bon, ce n'était pas une raison :

"C'est cette boule enchantée... Elle a fait n'importe quoi. Elle devait toucher quelqu'un d'autre."

@Ernest Stevens

Puisque la mort est inévitable, oublions-la.

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Ernest n’aimait pas être pris au dépourvu. Il aimait quand les choses se déroulaient selon l’ordre qu’il avait établi. Et cette surprise-là n’était franchement pas agréable. Il avait frotté frénétiquement son écharpe et son bonnet mais déjà la neige commençait à couler le long de son coup pour venir se glisser sous son tee-shirt. Un frisson lui parcourt le corps. Il posa un regard dur sur le Gryffondor qui semblait embarrassé. D’après lui, Ernest n’était pas sa cible. Mais le résultat restait le même, c’était lui qui devrait passer les prochaines heures dans des vêtements humides perché sur un balai. Il finirait frigorifié, il en était sûr.

“C’est vraiment nul comme blague. Vous êtes déjà pas très malins à Gryffondor mais en plus vous avez un sens de l’humour pourri…”

Celle-là était gratuite. Ernest se doutait bien que Thom n’avait pas de mauvaises intentions. Il voulait simplement s’amuser. Mais l’adolescent avait une dent contre les Gryffondor. Depuis la première séance de vol que les Serpentards partageaient avec la maison du griffon, il avait été la cible à plusieurs reprises de railleries. “Pas étonnant que les serpents ne puisse pas voler, ils ont pas de bras… Regarde Ernest, il en est là preuve !” Celle-là aussi avait été gratuite et le garçon n’était pas prêt de l’oublier. C’était l’une des raisons qui le poussait à persévérer même si la peur de tomber lui collait au corps.

Thom n’y pouvait rien et c’était l’oeuvre d’un petit groupe isolé. Par représentatif de tous les Gryffondor mais aujourd’hui, c’était lui qui prendrait pour la rancune qu’Ernest ruminait depuis le début de l’année.

“Tu ferais mieux d’utiliser ton argent pour acheter quelque chose d’utile… un cerveau par exemple…”

@Thom Wright

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Oh la la, Ernest ne semblait pas gouter ni la plaisanterie, ni mes excuses et était totalement furax, pire qu'un troll à qui on aurait chipé son diner. Tout le monde s'était arrêté pour ne rien manquer de notre altercation et je sentais tous les regards rivés sur moi dans l'attente de ma riposte.

Il ne fallait pas être sorcier pour se douter qu'après ce qu'Ernest avait dit sur la maison rouge et or, tous les Gryffondors guettaient une réaction combattive de ma part. Quant aux Serpentard, ceux là étaient bien trop sournois pour se lasser marcher sur les pieds par leurs éternels rivaux. Espérons qu'il y aura un pompier de service pour intervenir parce dans le cas contraire, on allait droit à la bataille rangée.

"Mais ça va pas de parler comme ça des Gryffondor ! Ils ne t'ont rien fait que je sache. Là, c'est juste entre toi et moi. Alors tu pourrais t'excuser !"

Bon, ce n'était pas très habile de jeter de l'huile sur le feu mais dès les premiers mots mon sang n'avait fait qu'un tour et le reste était sortir tout seul. Et puis, c'était également gonflé de ma part de lui réclamer des excuses alors que moi même n'en avais formulées aucune après mon geste malencontreux.

"Oh et puis non, ne t'excuse pas. Ta raison, la prochaine fois, je garderai mon argent pour te le bourrer dans le gosier. Ca fera peut être taire ta sale langue de vipère."

Cette fois, on y était vraiment. Encore une étincelle et tout pouvait chavirer.

@Ernest Stevens

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Le Serpentard n’était pas de bonne humeur et c’était le Gryffondor qui allait en faire les frais. Le regard de l’adolescent était noir malgré ses yeux verts clairs. La rancœur qu’il ruminait depuis quelque temps mélangée à ses insécurités ne faisaient pas un bon mélange et Thom était à présent la cible de ses foudres. Et évidemment, il n’était pas prêt à se laisser faire. Ce qui semblait plutôt normal. Aveuglé par la colère, il n’avait pas vu les autres élèves s’approcher pour observer la scène. Dans son champ de vision, il n’y avait que le Griffon. Son regard se durcit un peu plus alors que Thom lui commandait de s’excuser. C’était la meilleure. C’était lui qui avait commencé et Ernest qui devait s’excuser ?

“M’excuser ?! C’est toi qui a commencé avec ta blague foireuse je te signale !”

Si Thom ne s’était pas comporté comme un gamin avec sa boule de neige enchanté, ils n’en seraient pas là. C’était sa faute à lui. La faute à tous les Gryffondor et leur attitude hautaine et arrogante. Dans cet état, Ernest aurait pu leur attribuer tous les maux de la terre. Il avait besoin d’un bouc émissaire. De blâmer quelqu’un pour tout ce qui n’allait pas. Pour toutes ces peurs qu’il gardait bien enfouies au fond de son cœur et qui commençaient à y creuser un trou béant.

Mais quand le griffon le traita de langue de vipère, le serpenteau perdit définitivement son calme. Rageux, il ramassa une grande quantité de neige qu’il savonna directement dans la figure de l’autre adolescent.

“Alors ?! Tu trouves ça toujours aussi marrant ?”
Dernière modification par Ernest Stevens le 19 avr. 2023, 21:12, modifié 2 fois.

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Un vrai boulet
Le contact de la neige sur mon visage, d'abord doux et frais, devint vite désagréable. C'était comme si un millier de petites lames de rasoir s'étaient mises à me lacérer la peau. Un froid piquant luttait contre mon épiderme qui cherchait à se défendre contre l'agression thermique. Tout était glacé et brulant en même temps et, insoutenable. Bientôt des petites gouttes vinrent se glisser entre mon écharpe et mon cou, mouillant le col de ma chemise. J'en eus des frissons tellement la sensation de l'étoffe collante me dégoutait. Je serrais les dents pour résister à l'envie de hurler alors qu'Ernest continuait à me frictionner le nez avec la neige devenue dure et coupante.

Cela dura un certain temps mais jamais je ne cherchais à reculer ou à me débattre. Je laissais sans broncher mon horrible camarade m'infliger ce supplice. Il fallait qu'il s'arrête et que mes yeux se portent à nouveau sur lui pour que je me décide à réagir. Et quand cela arriva enfin, je rivais mon regard dans celui d'Ernest, une rageuse voix intérieure me dictait de lui faire du mal.

Alors, de tout mon poids et de toutes mes forces je le bousculais en arrière, cherchant à le déséquilibrer et finalement me jetait sur lui en lui agrippant le haut de sa cape. J'hurlais :

"Tu vas voir ce qui est le plus marrant !!!"

@Ernest Stevens

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Ernest n’avait pas un mauvais fond, mais il pouvait partir au quart de tour quand on touchait une corde sensible. Son malaise le mettait à fleur de peau, le vase était rempli à ras bord et la boule de neige de Thom était la goutte qui l’avait fait déborder. Il n’avait rien contre le Gryffondor en particulier mais il avait cette colère au fond de lui. Toutes les injustices dont il avait été le témoin. Les frictions entre les sorciers et les moldus. Tout ça le dépassait complètement. En plus du froid, de ce cours de vol qu’il redoutait et qui le mettait face à l’échec et à ses propres limites.

Surpris par la réaction d’Ernest, il fallut quelques secondes à Thom pour réagir. Mais sa réponse n’en était pas moins violente. L’adolescent senti le poids du Gryffondor déferler sur lui et il ne pu rien faire pour maintenir l’équilibre. Le petit brun s’étala de tout son long dans la neige dans un bruit sourd. Son rival le tenait à présent par le col de sa cape et l’entravait. La colère et le froid avaient fait rougir ses yeux, les larmes n’étaient pas loin. La confusion également. La situation était montée en escalade sans qu’il ne le réalise vraiment. Sous le coup de la colère, il avait agit avec impulsivité, ce qui n’était vraiment pas dans ses habitudes.

Il tentait de se libérer de l’emprise de Thom mais il était plus petit et le Gryffondor y mettait tout son poids. La peur commençait à se mêler aux autres sentiments.

“Mais dégage ! Lâche-moi !”

@Thom Wright Dernier post pour moi, la suite dans un nouveau RP :D
Dernière modification par Ernest Stevens le 16 avr. 2023, 07:59, modifié 1 fois.

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J'étais maintenant assis sur le Serpentard, les mains crispées sur l'étoffe de sa cape. Les muscles de ma mâchoire contractés comprimaient si fortement mes dents qu'une douleur commençait à poindre dans mon crâne. Tout, autour, me parvenait de manière confuse. Je voyais Ernest me hurler à la figure sans comprendre ses mots, des silhouettes s'agitaient autour, des cris mêlés de rires et d'encouragement, des mains qui m'empoignaient, me tiraient et tentaient de me forcer à relâcher mon emprise.

Je résistais un temps. Ernest ne pouvait pas s'en tirer sans une bonne râclée. Ma colère, elle, voulait toujours en découdre. Elle n'avait plus aucune mesure, aucune conscience et moi plus aucune prise sur elle mais quand une force me tira vivement en arrière, je lâchais enfin ma prise et roulais sur la neige molle au milieu des pieds d'élèves qui s'étaient attroupés autour de nous. Une voix que je ne connaissais, profonde et implacable, pas tonna par dessus toutes :

"Ca suffit comme ça vous deux !!!"

Tout à coup ce fut le silence. Les élèves s'écartèrent. Ernest et moi étions encore étendu sur le sol. Il avait son manteau d'hiver couvert de neige et là, je croisais son regard plein de colère et d'effroi. Je fus immédiatement pris par une vague de dégoût qui me serra la gorge et me broya les entrailles. Quel animal avais je été. Quelle rage ! Je n'avais encore jamais vécu une telle perte de contrôle.

Je me levais alors fébrilement, sous les regards, maintenant heurté par les signaux que mes sens me renvoyaient à nouveau et, pris par la honte et les remords, bousculais quelques élèves avant de m'élancer vers le château pour m'y terrer loin de tous.

Fin du RP pour moi. Merci infiniment Ernest et à bientôt. :wink3:

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