Naviguer dans les airs
Début avril
@Scary Limpson
@Scary Limpson
Yesenia avait enfilé une tenue plutôt sportive, ce qui n'était plus arrivé depuis un moment, si l'on écartait les cours de vol obligatoires dans sa filière. Son t-shirt à longues manches était bien évidemment aux couleurs de Serpentard, et, elle avait entre ses mains, son balai. C'était un Brossdur 6. Ce n'était pas le balai le plus rapide, ni le balai le plus sophistiqué, mais il avait été un fidèle allié durant sa période de joueuse de Quidditch.
Elle observa les irrégularités du manche en bois, avec nostalgie. Cette période était pleine de moments intenses, mais elle n'était pas à la hauteur quand il s'agissait de combiner sa vie scolaire avec une activité extra-scolaire. Yesenia regrettait amèrement de ne plus être joueuse de Quidditch. Elle secoua la tête, pour chasser ses pensées négatives, et enfourcha son balai, pour faire quelques pirouettes, en attendant Scary.
Yesenia et Scary avaient quelques cours en commun à Poudlard. Elles se côtoyaient en classe, sans vraiment passer du temps en dehors, et c'était bien dommage. Yesenia avait fait part à Scary de son désir de participer aux AMICO, et Scary lui avait alors parlé de son correspondant. Elle n'avait donc pas hésité à lui proposer d'aller voler sur un balai ensemble, puisque le correspondant de Scary parlait de ballet sur balai. Yesenia n'avait jamais essayé, mais après tout, pourquoi pas.
Accrochée comme une chauve-souris, la tête pendant dans les airs, Yesenia respira l'air frais du printemps qui s'était bien installé au château. Ce moment était si spécial, qu'elle resta là, un instant, les yeux ne quittant pas les paysages vallonés des extérieurs de Poudlard, avant de se rappeler que Scary ne devait arriver d'une minute à l'autre.
Enfin, lorsque celle-ci arriva, Yesenia bondit sur ses pieds pour l'accueillir.
- Alors, prête ? dit-elle.
Naviguer dans les airs
Lorsque mes yeux tombent enfin sur mon Brossdur 7 et que ma main l'effleure, j'ai une forte envie de me dégonfler, avec cette impression qu'inexorablement, seule ou avec Yesenia, je n'y arriverais pas. Je m'assieds un instant dans le fond de mon dortoir, les yeux rivés sur mon ensemble de lettres __ celles que j'ai bien évidement reçues de Beauxbâtons. Après être restée songeuse quelques instants, je me décide enfin à honorer mon rendez-vous. J'attache rapidement mes cheveux en un chignon plutôt lâche, me saisis de mon balai, et quitte les murs du château pour rejoindre le terrain d'entraînement.
Je n'ai jamais très bien connu Yesenia. Nous avons bien quelques cours ensemble, mais parlant encore moins que d'habitude à cette occasion nous n'avons que très peu discuter. Il faut dire que la première impression que j'ai eu d'elle n'était pas vraiment flatteuse __ *merci Kelly* pour cette histoire de voleuse de chaussette avec une accusation sans preuves. Il me semblait tout de même que les deux vertes étaient à nouveaux amies, donc j'en avais finalement conclu que tout allait pour le mieux, et que Yesenia n'avait jamais du voler les chaussettes de qui que ce soit. Cette année, nous avons un peu plus discuté ensemble __ et j'y ai pris du plaisir je dois dire. Il y avait eu d'abord les échanges AMICOs qui avaient donné lieu à pas mal de discussions. Puis, j'en étais venue à parler de cette affreuse histoire de ballet sur balais (que j'aurais mieux fait de taire), et, dans un regain de confiance de ma part, nous avions convenu de nous retrouver sur le terrain d'entraînement aujourd'hui.
Seulement, aujourd'hui le regain de confiane était parti depuis longtemps. Il avait suffi qu'en arrivant j'aperçois de loin ma camarade la tête suspendue dans le vide pour me donner envie de vomir. Lorsqu'elle me demande si je suis prête, je suis tentée de répondre non. Mais je me dis que finalement, le vol est un outil comme un autre et qu'il faut savoir s'en servir. Alors je réponds calemement :
__ Oui. Allons-y...
Je prends quelques secondes à me stabiliser après le décollage, et m'efforce de regarder le paysage plutôt qu'à mes pieds. Après quelques secondes, je demande :
__ On commence par faire des tours ?
Je n'ai jamais très bien connu Yesenia. Nous avons bien quelques cours ensemble, mais parlant encore moins que d'habitude à cette occasion nous n'avons que très peu discuter. Il faut dire que la première impression que j'ai eu d'elle n'était pas vraiment flatteuse __ *merci Kelly* pour cette histoire de voleuse de chaussette avec une accusation sans preuves. Il me semblait tout de même que les deux vertes étaient à nouveaux amies, donc j'en avais finalement conclu que tout allait pour le mieux, et que Yesenia n'avait jamais du voler les chaussettes de qui que ce soit. Cette année, nous avons un peu plus discuté ensemble __ et j'y ai pris du plaisir je dois dire. Il y avait eu d'abord les échanges AMICOs qui avaient donné lieu à pas mal de discussions. Puis, j'en étais venue à parler de cette affreuse histoire de ballet sur balais (que j'aurais mieux fait de taire), et, dans un regain de confiance de ma part, nous avions convenu de nous retrouver sur le terrain d'entraînement aujourd'hui.
Seulement, aujourd'hui le regain de confiane était parti depuis longtemps. Il avait suffi qu'en arrivant j'aperçois de loin ma camarade la tête suspendue dans le vide pour me donner envie de vomir. Lorsqu'elle me demande si je suis prête, je suis tentée de répondre non. Mais je me dis que finalement, le vol est un outil comme un autre et qu'il faut savoir s'en servir. Alors je réponds calemement :
__ Oui. Allons-y...
Je prends quelques secondes à me stabiliser après le décollage, et m'efforce de regarder le paysage plutôt qu'à mes pieds. Après quelques secondes, je demande :
__ On commence par faire des tours ?
Naviguer dans les airs
Scary n'avait pas l'air très enchantée de voir Yesenia, et l'adolescente se demanda si elle avait fait quelque chose de mal. Soucieuse que sa camarade puisse s'amuser autant qu'elle, Yesenia attendit que Scary décolle de quelques centimètres avant de s'élancer à son tour dans les airs.
- On peut faire des tours, oui ! dit-elle en observant le terrain d'entrainement. On est pas obligées d'aller trop haut au début, on fait ça petit à petit.
Le dos droit, les pieds dans les étriers de son balai, une main sur le manche en bois pour garder l'équilibre, Yesenia était confortablement installée sur le Brossdur 6. Quelques mètres à peine la séparait du sol, et cette hauteur n'était pas trop impressionnante pour elle, maintenant qu'elle était complètement habituée au vol sur balai. L'adolescente se rappelait encore sa première année, où ses premiers cours de vol n'avaient pas été glorieux. Cependant, poussée par la compétition, et par son amie Hannah Lyse Sparks, Yesenia avait alors commencé à voler pour son propre plaisir, tout en apprenant les règles du Quidditch.
- Je me demande bien en quoi consiste le ballet sur balais. dit-elle tout haut, alors que les deux filles tournaient autour du terrain d'entrainement. C'est sans doute un sport très gracieux... Ce n'est pas vraiment pour moi.
Elle ricana. La Serpentard s'imaginait porter un tutu et danser de manière délicate avec son balais. Mais l'adolescente préférait de loin foncer comme une flèche dans les airs tout en usant de tactiques et stratégies pour attraper un viffet.
Yesenia observait Scary avec attention, volant parfois derrière elle, puis en dessous, pour la mettre en confiance et lui montrer qu'elle la rattraperait au moindre problème, tout en lui donnant des consignes pour qu'elle se sente plus confiante en vol.
- Fais confiance à ton balai, dit-elle doucement, le dos bien droit, pour garder ta ligne d'équilibre... Voilà comme ça !
- On peut faire des tours, oui ! dit-elle en observant le terrain d'entrainement. On est pas obligées d'aller trop haut au début, on fait ça petit à petit.
Le dos droit, les pieds dans les étriers de son balai, une main sur le manche en bois pour garder l'équilibre, Yesenia était confortablement installée sur le Brossdur 6. Quelques mètres à peine la séparait du sol, et cette hauteur n'était pas trop impressionnante pour elle, maintenant qu'elle était complètement habituée au vol sur balai. L'adolescente se rappelait encore sa première année, où ses premiers cours de vol n'avaient pas été glorieux. Cependant, poussée par la compétition, et par son amie Hannah Lyse Sparks, Yesenia avait alors commencé à voler pour son propre plaisir, tout en apprenant les règles du Quidditch.
- Je me demande bien en quoi consiste le ballet sur balais. dit-elle tout haut, alors que les deux filles tournaient autour du terrain d'entrainement. C'est sans doute un sport très gracieux... Ce n'est pas vraiment pour moi.
Elle ricana. La Serpentard s'imaginait porter un tutu et danser de manière délicate avec son balais. Mais l'adolescente préférait de loin foncer comme une flèche dans les airs tout en usant de tactiques et stratégies pour attraper un viffet.
Yesenia observait Scary avec attention, volant parfois derrière elle, puis en dessous, pour la mettre en confiance et lui montrer qu'elle la rattraperait au moindre problème, tout en lui donnant des consignes pour qu'elle se sente plus confiante en vol.
- Fais confiance à ton balai, dit-elle doucement, le dos bien droit, pour garder ta ligne d'équilibre... Voilà comme ça !
Naviguer dans les airs
Je remarque que mon air plutôt tendu ne fait rien pour arranger la situation, et lance un petit sourire pour rassurer ma camarade. Je doute que le vol devienne un jour une activité plaisante, mais elle est tout du moins nécessaire. Le décollage se passe plutôt bien. J'ai par bonheur pensé à ne pas taper trop fort du pied, et nous voilà maintenant sur nos bouts de bois enchantés à quelques mètres du sol. Globalement, mon problème n'est pas la hauteur. C'est juste que... je ne me sens pas à l'aise sur ce truc. J'ai beau me dire que je suis en sécurité, la perspective de faire confiance à un objet pour voler ne m'enchante guère.
Nous commençons à faire des tours. Pour ce début, je préfère conserver mes deux mains sur mon balai, mais à l'avenir j'aimerais bien me passer de cette assurance, pas très pratique pour lancer des sorts. J'espère que hors du cadre d'une course je n'aurais pas à me servir de ma baguette, mais n'importe quoi peut arriver. Nous gardons une vitesse moyenne relativement faible histoire de s'échauffer tranquillement, ce qui a aussi l'avantage de me laisser un peu de concentration pour discuter. J'écoute Yesenia et un sourire écorche mon visage tandis que celle-ci ricane. Vu ce que Marco m'avait dit du ballet sur balais, je doute également que cela soit pour moi. Déjà que la danse tout court ce n'est vraiment pas ma tasse de thé, mais en plus sur un balai... Je n'ose y penser. je réponds donc :
__ Apparemment, c'est de la danse, mais sur balai. ce doit être quelque chose à voir, mais à faire je préfère encore une bonne vieille course...
Eviter des arbres est sûrement plus utile au quotidien que de faire de jolies figures dans les airs, alors j'en resterais à mon avis là. Je poursuis mon vol paisiblement, essayant de ne pas penser à ce qu'il m'arriverai si l'enchanteur avait raté son sort (je serais sans doute déjà à l'infirmerie), tandis que Yesenia évoque un point crucial : la confiance. En réaction, je lance :
__ Je vois justement pas comment je pourrais faire confiance à un bout de bois ...
Il n'empêche, ces tours se déroulent tout de même mieux que tout ce que j'ai pu faire les années précédentes. peut-être que le fait d'avoir de la compagnie me distrait, et peut-être que c’est un bien.
Nous commençons à faire des tours. Pour ce début, je préfère conserver mes deux mains sur mon balai, mais à l'avenir j'aimerais bien me passer de cette assurance, pas très pratique pour lancer des sorts. J'espère que hors du cadre d'une course je n'aurais pas à me servir de ma baguette, mais n'importe quoi peut arriver. Nous gardons une vitesse moyenne relativement faible histoire de s'échauffer tranquillement, ce qui a aussi l'avantage de me laisser un peu de concentration pour discuter. J'écoute Yesenia et un sourire écorche mon visage tandis que celle-ci ricane. Vu ce que Marco m'avait dit du ballet sur balais, je doute également que cela soit pour moi. Déjà que la danse tout court ce n'est vraiment pas ma tasse de thé, mais en plus sur un balai... Je n'ose y penser. je réponds donc :
__ Apparemment, c'est de la danse, mais sur balai. ce doit être quelque chose à voir, mais à faire je préfère encore une bonne vieille course...
Eviter des arbres est sûrement plus utile au quotidien que de faire de jolies figures dans les airs, alors j'en resterais à mon avis là. Je poursuis mon vol paisiblement, essayant de ne pas penser à ce qu'il m'arriverai si l'enchanteur avait raté son sort (je serais sans doute déjà à l'infirmerie), tandis que Yesenia évoque un point crucial : la confiance. En réaction, je lance :
__ Je vois justement pas comment je pourrais faire confiance à un bout de bois ...
Il n'empêche, ces tours se déroulent tout de même mieux que tout ce que j'ai pu faire les années précédentes. peut-être que le fait d'avoir de la compagnie me distrait, et peut-être que c’est un bien.
Naviguer dans les airs
En mentionnant le ballet sur balais, Yesenia tenta d'imaginer comment cela pouvait se danser. Elle glissa dans les airs, sur un pied, verticalement, tenant son balai de ses deux mains, tout en tournoyant de gauche à droite en fredonnant un air de classique.
- Je pense que les spectacles de ballet sur balais doivent être magnifiques. J'imagine très bien les acrobates, déguisés en fée, volant dans les airs, avec toutes sortes de lumières... dit-elle, subjuguée. Mais nous, à Poudlard, on est beaucoup plus fonceurs !
Elle lui fit un grand sourire, et se remit correctement, assise sur son Brossdur. Le vent sifflait agréablement dans les oreilles d'Yesenia, ce qui l'empêchait de se concentrer sur le sifflement qui venait de sa propre tête, par moment. Au mois d'avril, la météo était encore fraiche autour de Poudlard, et Yesenia pouvait sentir la fraicheur lui picoter le nez. Heureusement, elle avait l'habitude, et cela ne la dérangeait pas plus que ça. Elle surveillait Scary avec attention. Elle n'avait aucune envie que celle-ci ne passe un mauvais moment avec elle.
- Tu fais bien confiance à ta baguette, non ? dit-elle avec sagesse. Imagine la même chose pour ton balai. Ferme les yeux, sers tes doigts autour du manche et... imagine que le balai est la prolongation de ton corps...
Yesenia ferma elle-même les yeux. Elle pouvait sentir sous ses doigts les nervures du bois usé, ainsi que la puissance magique qui lui avait été insufflée.
- Tu es connectée à ta magie.
- Je pense que les spectacles de ballet sur balais doivent être magnifiques. J'imagine très bien les acrobates, déguisés en fée, volant dans les airs, avec toutes sortes de lumières... dit-elle, subjuguée. Mais nous, à Poudlard, on est beaucoup plus fonceurs !
Elle lui fit un grand sourire, et se remit correctement, assise sur son Brossdur. Le vent sifflait agréablement dans les oreilles d'Yesenia, ce qui l'empêchait de se concentrer sur le sifflement qui venait de sa propre tête, par moment. Au mois d'avril, la météo était encore fraiche autour de Poudlard, et Yesenia pouvait sentir la fraicheur lui picoter le nez. Heureusement, elle avait l'habitude, et cela ne la dérangeait pas plus que ça. Elle surveillait Scary avec attention. Elle n'avait aucune envie que celle-ci ne passe un mauvais moment avec elle.
- Tu fais bien confiance à ta baguette, non ? dit-elle avec sagesse. Imagine la même chose pour ton balai. Ferme les yeux, sers tes doigts autour du manche et... imagine que le balai est la prolongation de ton corps...
Yesenia ferma elle-même les yeux. Elle pouvait sentir sous ses doigts les nervures du bois usé, ainsi que la puissance magique qui lui avait été insufflée.
- Tu es connectée à ta magie.
Naviguer dans les airs
Mon visage blêmit légèrement lorsque je vois Yesenia se lancer dans de telles acrobaties, si bien que je ralentis un peu sans m’en rendre compte. Sa remarque m’arrache un sourire, tandis que oui, je songe qu’elle a raison. Je m’imagine déjà dans un an, en visite à l’école française, devant ce beau spectacle sur lequel je ne peux pour l’instant que fantasmer. D’un air pensif, je réponds distraitement :
— Oui je pense aussi. A l’occasion je prendrais des photos !
Mais tout de suite, le sujet devient plus sérieux. Je grimace, parce que oui, je fais confiance à ma baguette, et parce que le fait d’admettre que ma peur est irrationnelle me déçoit. Mais aussi ce n’est pas pareil ! Ma baguette, c’est elle qui m’a choisit — je sais qu’elle ne va pas le trahir sinon elle aurait trouvé quelqu’un d’autre. Alors que le balai, c’est un cadeau de personnes que je n’apprécie pas spécialement. Par conséquent, il ne me doit rien du tout.
Je fais la moue, mais me plie sans broncher à l’exercice. Elle a la gentillesse de m’aider, alors je fais la bonne élève, bien que je ne sois pas persuadée de l’efficacité de sa méthode. Poser les deux mains sur le manche, c’était déjà fait ; hors de question que je le lâche pour l’instant. Je prends quelque instants et une inspiration avant que les paupières ne se ferment.
J’éprouve quelques difficultés à me concentrer, sûrement parce qu’une partie de moi refuse de faire cet exercice. Je me retiens de force à ne pas enfoncer les ongles dans ce pauvre manche qui ne m’a rien demandé, et je souffle de nouveau un bon coup. Je ne ressens pas grand chose, à part une frustration assez nette face à cette absence de réaction. De toute manière, la question ne se pose pas — même si je ne fais pas confiance à ce balai, cela ne change rien vu qu’il le transporte tout de même. Donc logiquement, autant lui faire confiance. Je prends un peu de temps, puis finis par dire :
— J’imagine que c’est aussi une sensation qui vient avec le temps.
Mais je le dis sans y croire vraiment, plus pour me rassurer que pour autre chose. J’espère qu’elle me répondra oui, qu’elle aussi a eu des difficultés au départ, mais qu’il ne faut pas que je m’inquiète. L’inverse aurait tendance à piquer mon sentiment de solitude dans cette incapacité.
— Oui je pense aussi. A l’occasion je prendrais des photos !
Mais tout de suite, le sujet devient plus sérieux. Je grimace, parce que oui, je fais confiance à ma baguette, et parce que le fait d’admettre que ma peur est irrationnelle me déçoit. Mais aussi ce n’est pas pareil ! Ma baguette, c’est elle qui m’a choisit — je sais qu’elle ne va pas le trahir sinon elle aurait trouvé quelqu’un d’autre. Alors que le balai, c’est un cadeau de personnes que je n’apprécie pas spécialement. Par conséquent, il ne me doit rien du tout.
Je fais la moue, mais me plie sans broncher à l’exercice. Elle a la gentillesse de m’aider, alors je fais la bonne élève, bien que je ne sois pas persuadée de l’efficacité de sa méthode. Poser les deux mains sur le manche, c’était déjà fait ; hors de question que je le lâche pour l’instant. Je prends quelque instants et une inspiration avant que les paupières ne se ferment.
J’éprouve quelques difficultés à me concentrer, sûrement parce qu’une partie de moi refuse de faire cet exercice. Je me retiens de force à ne pas enfoncer les ongles dans ce pauvre manche qui ne m’a rien demandé, et je souffle de nouveau un bon coup. Je ne ressens pas grand chose, à part une frustration assez nette face à cette absence de réaction. De toute manière, la question ne se pose pas — même si je ne fais pas confiance à ce balai, cela ne change rien vu qu’il le transporte tout de même. Donc logiquement, autant lui faire confiance. Je prends un peu de temps, puis finis par dire :
— J’imagine que c’est aussi une sensation qui vient avec le temps.
Mais je le dis sans y croire vraiment, plus pour me rassurer que pour autre chose. J’espère qu’elle me répondra oui, qu’elle aussi a eu des difficultés au départ, mais qu’il ne faut pas que je m’inquiète. L’inverse aurait tendance à piquer mon sentiment de solitude dans cette incapacité.
Dernière modification par Scary Limpson le 4 juil. 2023, 11:44, modifié 1 fois.
Naviguer dans les airs
Les adolescentes commençaient à dépasser le terrain d'entraînement et volaient dans les airs vers les serres de botanique. Le château paraissait toujours immense, même sur un balai, mais l'on pouvait mieux observer certains détails dans l'architecture, comme la tour d'astronomie, ou la volière. Quelques torches illuminaient les couloirs les plus sombres de Poudlard, donnant un drôle d'aspect général au château.
Beauxbâtons intriguait beaucoup Yesenia et elle trouvait Scary tellement chanceuse d'avoir l'opportunité de visiter une autre école. La Serpentard espérait s'inscrire l'année suivante, mais au vu de son précédent bulletin, il avait été hors de question qu'elle s'inscrive à une quelconque activité. Yesenia avait crié, boudé, mais ses parents n'avaient pas plié.
Installée sur son balai, Yesenia gardait les yeux fermés, continuant à planer dans les airs, sans rien dire. Scary rompa le petit silence qui s'était installé. Scary avait tenté de se concentrer et de s'acclimater à son balai, ce qui n'avait visiblement pas l'air d'être un franc succès.
Elle rouvrit les yeux, pour regarder la Gryffondor.
- Oui, c'est sûrement ça. Il y a des gens qui naissent avec un balai greffé à leur bras, comme Hannah Lyse Sparks, et d'autres qui mettent un peu de temps, et qui découvrent une véritable sensation de liberté. C'est mon cas.
Yesenia se rappelait très bien combien elle détestait les cours de vol et à quel point perdre le contrôle lui faisait peur. Avec une certaine volonté, Yesenia avait fini par s'améliorer pour entrer dans l'équipe de Quidditch de Serpentard. Le premier match n'avait pas été facile, mais Yesenia avait réussi à trouver une certaine satisfaction, et avait rapidement gagné en assurance.
- Tu verras, dit-elle, au plus tu passes de temps sur ton balai, au mieux ça ira, je t'assure. On vole par là ? dit-elle en pointant le port où les barques attendaient d'être emmenées à Pré-au-Lard.
Beauxbâtons intriguait beaucoup Yesenia et elle trouvait Scary tellement chanceuse d'avoir l'opportunité de visiter une autre école. La Serpentard espérait s'inscrire l'année suivante, mais au vu de son précédent bulletin, il avait été hors de question qu'elle s'inscrive à une quelconque activité. Yesenia avait crié, boudé, mais ses parents n'avaient pas plié.
Installée sur son balai, Yesenia gardait les yeux fermés, continuant à planer dans les airs, sans rien dire. Scary rompa le petit silence qui s'était installé. Scary avait tenté de se concentrer et de s'acclimater à son balai, ce qui n'avait visiblement pas l'air d'être un franc succès.
Elle rouvrit les yeux, pour regarder la Gryffondor.
- Oui, c'est sûrement ça. Il y a des gens qui naissent avec un balai greffé à leur bras, comme Hannah Lyse Sparks, et d'autres qui mettent un peu de temps, et qui découvrent une véritable sensation de liberté. C'est mon cas.
Yesenia se rappelait très bien combien elle détestait les cours de vol et à quel point perdre le contrôle lui faisait peur. Avec une certaine volonté, Yesenia avait fini par s'améliorer pour entrer dans l'équipe de Quidditch de Serpentard. Le premier match n'avait pas été facile, mais Yesenia avait réussi à trouver une certaine satisfaction, et avait rapidement gagné en assurance.
- Tu verras, dit-elle, au plus tu passes de temps sur ton balai, au mieux ça ira, je t'assure. On vole par là ? dit-elle en pointant le port où les barques attendaient d'être emmenées à Pré-au-Lard.
Naviguer dans les airs
Mon cerveau prend quelques secondes à faire la mise au point lorsque Yesenia prononce le nom d’Hannah Lyse Sparks. Blonde, et joueuse de Quidditch ? Sa tête me revient, elle fait partie de notre promo il me semble.
Je retiens ma curiosité lorsque Yesenia confirme les difficultés du début qu’elle aussi a vécu. Ce n’est pas tant de connaître son expérience qui m’intrigue, mais plutôt le fait qu’elle en parle aussi ouvertement — chose que je n’oserai jamais faire. Car la meilleure façon de réussir, ce n’est pas de rayer toute ses faiblesses mais c’est de faire en sorte que les autres n’en aient pas connaissance, n’est-ce pas ?
Ne tenant pas à faire de commentaires, trouvant cela injuste de profiter de la générosité de quelqu’un, je décide de me mettre à regarder le paysage, la forêt, le château, commençant presque à trouver l’expérience agréable. Satisfaite de la réponse de la verte, j’enchaîne :
— Bonne idée ! Mais qu’est-ce qui t’as donné envie de travailler ton vol du coup ?
Est-ce par acquis de conscience, pour être sure d’avoir fait tout ce qui est en son possible, par ambition ou par une toute autre chose à laquelle je n’ai pas songé ? Je me le demande. Mais puisque Yesenia semble tant aimer le vol, alors j’espère qu’elle pourra aller à Beauxbatons. Sinon, je prendrais au moins des photos avec mon appareil magique !
Alors que nous nous dirigons de plus en plus vers le port, mon regard se porte instinctivement sur la grande étendue d’eau bleue. Une réflexion m’échappe, du genre de celles que je garde habituellement pour moi, mais il faut dire que prendre de la hauteur me délie la langue :
— Il est beau ce lac, mais j’espère que Poudlard ne sera pas toujours une île …
Parce que c’est bien pour éviter les invasions, mais cela facilite tout de même les sièges. Et puis mince, l’isolement ! Ce n’est pas agréable de se sentir à ce point enfermé.
Je retiens ma curiosité lorsque Yesenia confirme les difficultés du début qu’elle aussi a vécu. Ce n’est pas tant de connaître son expérience qui m’intrigue, mais plutôt le fait qu’elle en parle aussi ouvertement — chose que je n’oserai jamais faire. Car la meilleure façon de réussir, ce n’est pas de rayer toute ses faiblesses mais c’est de faire en sorte que les autres n’en aient pas connaissance, n’est-ce pas ?
Ne tenant pas à faire de commentaires, trouvant cela injuste de profiter de la générosité de quelqu’un, je décide de me mettre à regarder le paysage, la forêt, le château, commençant presque à trouver l’expérience agréable. Satisfaite de la réponse de la verte, j’enchaîne :
— Bonne idée ! Mais qu’est-ce qui t’as donné envie de travailler ton vol du coup ?
Est-ce par acquis de conscience, pour être sure d’avoir fait tout ce qui est en son possible, par ambition ou par une toute autre chose à laquelle je n’ai pas songé ? Je me le demande. Mais puisque Yesenia semble tant aimer le vol, alors j’espère qu’elle pourra aller à Beauxbatons. Sinon, je prendrais au moins des photos avec mon appareil magique !
Alors que nous nous dirigons de plus en plus vers le port, mon regard se porte instinctivement sur la grande étendue d’eau bleue. Une réflexion m’échappe, du genre de celles que je garde habituellement pour moi, mais il faut dire que prendre de la hauteur me délie la langue :
— Il est beau ce lac, mais j’espère que Poudlard ne sera pas toujours une île …
Parce que c’est bien pour éviter les invasions, mais cela facilite tout de même les sièges. Et puis mince, l’isolement ! Ce n’est pas agréable de se sentir à ce point enfermé.