4 juin 2023, 16:28
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
DOUBLE PEINE
Couloirs du Troisième étage
31 mai 2048
20h59... tic tac... tic tac...
Ernest Stevens & Sixtine Valerion
Le 31 était un jour particulier pour Ernest. L’expression “fêtes des mères” n’avait probablement pas autant de signification pour les autres qu’elle en avait pour lui. Avec deux mamans, cette journée était deux fois plus importante. Enfin en théorie. Parce que chez les Stevens, on n’avait jamais fait les choses comme les autres. La vie d’un couple homoparental n’était pas simple, pas plus que ne l’était celle d’une famille mixte sorcière-moldue. Il avait fallu inventer leurs propres règles. Toujours à cheval entre deux mondes, entre deux normes. Et parce qu’il avait toujours été question d’équité dans leur foyer, Elianor et Lucy avaient décidé de se partager ce jour particulier. Pour Ernest, ça aurait été bien plus simple que l’une prenne la fête des mères et l’autre la fête des pères. Chacune une date, chacune un cadeau et on en parlait plus. Mais ses mères n’étaient pas simples et ne l’avaient jamais été.

Cette année, c’était le tour d’Elianor. S’il était toujours facile de trouver une petite attention pour Lucy et qu’une carte ajourée à l’aide d’un sortilège de découpe faisait bien l’affaire, l’adolescent était moins confiant concernant son autre maman. C’est qu’elle était plutôt exigeante sa mère… Elle lui en demandait toujours plus… Du moins, c’était ce qu’il s’imaginait car c’était toujours Lucy qui signait les lettres pour elles deux. Ernest était déterminé à montrer à sa mère de quoi il était capable. De lui prouver que lui aussi, il pourrait être un grand sorcier. Exactement comme elle. Enfin grand… Il ne pouvait pas se faire pousser les membres… Mais doué, puissant. Digne. Il s’y employait de toutes ses forces. Il s’était attaqué au sortilège de métamorphose Pantouflin. Un sort qu’il ne verrait qu’en deuxième année, mais la deuxième année, c’était pas loin. Et puis c’est tout ce qu’il avait réussi à négocier avec les plus grands. Aucun n’avait été assez téméraire pour lui apprendre un truc plus cool du genre Flambios ou encore un bon Bloclang pour rabattre le caquet de Lavinia. Enfin… C’était mieux que rien.

Le petit brun y avait passé des heures entières que ce soit glissé sous les tribunes ou enfermé dans l’une des cabines de douche de la salle de bains du dortoir des garçons. Et le travail avait fini par payer. Il avait finalement réussi à métamorphoser la paire de pantoufles parfaite pour sa mère. Pas une vieille pantoufle pépère du genre charentaise. Ernest s’était rapidement rendu compte qu’il pouvait laisser ses interprétations rencontrer celles de la métamorphose et de son imagination. C’est donc très symboliquement qu’il choisit de s’inspirer de la célèbre pantoufle de verre de Cendrillon. Une princesse déchue. Tout comme l’était sa mère… Et elle aimait les chaussures, sa mère. Elle avait une pièce qui servait qu'à ça.

Mais à force de pinailler, le temps avait grignoté les minutes et puis les heures. Quand Ernest avait finalement levé la tête de son ouvrage et jeté un coup d'œil à son cadran solaire magique, une bonne partie de la journée était derrière lui. 20h30 passé ! Dans un léger accès de panique, l’adolescent jeta les pantoufles dans une boîte en carton et se précipita hors du dortoir. Direction la volière ! Il n’aurait clairement pas le temps de passer par la Grande Salle pour manger mais peut-être qu’il pourrait toujours se glisser dans la cuisine pour demander une petite collation à Sir Krobley sur le chemin du retour. Mais une demi-heure, c’était chaud ! Sa boîte serrée contre sa poitrine, Ernest montait les escaliers qui séparaient les cachots du rez-de-chaussé trois par trois. Plus que deux par deux jusqu’au premier étage… Mais quelle idée de mettre autant d’escaliers ! Son souffle était déjà court au deuxième étage.

Arrivé au troisième étage, il traversa le couloir d’un pas rapide, sans réaliser que l’ourlet homemade qu’il avait fait au bas de sa robe de sorcier commençait à se défaire. Transformer une allumette en aiguille, c’était un jeu d’enfant comparé à la tâche ardue de réaliser un ourlet correct. Son pied se prit dans un pan de tissu et la loi de la gravité fit le reste. Les yeux écarquillés par cette soudaine perte d’équilibre, Ernest s’écroula sur le sol avec la grâce d’un hippogriffe en échasse. Dans un réflexe de survie inné, il lâcha la boîte en carton pour se rattraper comme il pouvait. Malgré les nombreuses chutes dont il avait déjà fait l’expérience en cours de Vol, l’adolescent n’avait toujours pas appris à tomber correctement. Ça aussi il faudrait qu’il le rajoute sur sa liste, avec la veine qu’il avait…

Le garçon lâcha un juron. Pas un petit juron sorcier à la saperlipopette merlin. Un gros juron moldu bien sale et bien vulgaire. C’est qu’il était en retard et sur les nerfs. En colère aussi. Contre Edwin et Antonn qui lui avaient fait jeter toutes les breloques et bouts de ficelle qu’il avait amoncelé depuis le début de l’année lors de l’inspection des dortoirs. Quand le moment était venu d’emballer son paquet, il n’avait plus rien trouvé d’efficace mis à part un rouleau de fil de cuisine qu’il avait “emprunté” à Krobley. Le genre de ficelle qu’on utilisait pour saucissonner un rôti. Il le lui rendrait évidemment… Mais pas suffisamment solide pour maintenir la boîte fermée après la chute. En colère contre lui-même aussi. Il aurait dû envoyer son colis la veille, il le savait bien. Voilà ce qui arrivait à force de tout faire à la dernière minute… Si seulement il pouvait être aussi efficace dans son organisation quotidienne qu’il ne l’était dans ses rendus de devoirs. Ceux-là, il ne les loupait jamais.

L’adolescent se releva, les poignets endoloris, un petit goût métallique dans la bouche. D’un revers de main, il s’essuya la bouche pour réaliser qu’il s’était mordu la lèvre dans la chute. Il leva les yeux au plafond, désabusé. Il finirait par l’avoir son abonnement à l’infirmerie. En voyant le pitoyable spectacle de son cadeau répandu sur le sol, Ernest serra les poings et poussa un grognement de frustration. Le genre de grognement ridicule que pousserait un lionceau tout droit sorti des mamelles de sa mère, pas vraiment digne d’un gros lion badass. Mais après tout, il n’était pas un lion. Il était un Serpent…
Dernière modification par Ernest Stevens le 15 oct. 2023, 15:34, modifié 1 fois.

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22 juil. 2023, 11:36
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
31 mai 2048, Sixtine quittait le bureau du concierge et descendait les étages pour se rendre jusqu'à la salle commune de Serpentard. Le couvre feu allait bientôt sonner et les quelques élèves qu'elle croisait sur son chemin avaient baissé la tête pour ne pas subir de réprimande. Il ne s'agissait pas d'élèves de Serpentard alors, elle n'en avait rien à faire. Tout ce qui importait à Sixtine était sa propre maison et également ses propres intérêts.

Elle quitta ensuite la tour Nord pour se diriger vers les étages inférieurs, le regard perdu en direction des vitres du château, elle fut forcée de revenir à la réalité lorsqu'un vilain jurons était parvenu jusqu'à ses tympans. Il ne lui en fallait pas plus pour reconnaitre cette petite voix d'enfant qui appartenait à un élève de sa maison. Ses talons firent demi tour et elle se dirigea jusqu'au lieu d'ou semblait venir le bruit.

Elle ne fut pas surprise de tomber nez à nez avec Ernest Stevens. Qu'est ce que ce petit troll des cachots faisait ici, à cette heure là ? Aucune chance pour lui d'arriver en salle commune avant l'heure du couvre feu. Une rapide observation avait suffit à Sixtine pour s'apercevoir qu'il s'était mangé le sol comme une vulgaire chaussette. Encore un enfant pas fichu de tenir sur ses jambes. La professeure observa ensuite les chaussures qu'elle trouvait immonde et, d'un coup de baguette, les remis dans la boite en carton et ferma celle ci magiquement.

- Dans une minute vous êtes en infraction avec le règlement de l'école.

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23 juil. 2023, 13:38
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
Ernest allait rassembler son piètre présent qui gisait au sol lorsqu’il entendit l’écho d’un son bien trop familier. Ce claquement distinctif sur la pierre du couloir avait le don de faire se crisper chaque membre de son petit corps. Manquait plus que ça… Il ferma un instant les yeux et soupira. Lui qui ne manquait jamais au règlement, la seule fois où il était juste un petit peu en retard, il fallait que ça lui tombe dessus. De tous les couloirs de Poudlard, de tous les adultes de l’école, quelles étaient les chances que ça lui arrive ?

Tout en frottant doucement son poignet, l’adolescent posa un regard stoïque sur elle. Pas de réprimande, ce qui était plutôt surprenant. Mais cette phrase, qui disait tout et rien à la fois. Comme une question à choix multiple d’un devoir. Mais une question piège. Parce qu’aucun des choix qu’il pourrait faire ne serait le bon. En une minute, il ne pourrait ni être de retour dans sa salle commune, ni rejoindre la Volière. Elle le savait. Ils le savaient tous les deux.

D’ordinaire, Ernest aurait rougit. Il se serait confondu en excuses et aurait filé à la moldue sans demander son reste. Et tant pis pour son cadeau. Après tout, c’était sa faute s’il était en retard. Sauf qu’il s’était donné du mal et que cette métamorphose lui avait donné du fil à retordre. Que depuis l’incident avec Lavinia en classe, il passait de plus en plus de temps seul à ruminer ses pensées et que toutes les heures qu’il passait à s’entraîner sur ses sortilèges n’étaient plus suffisantes pour chasser toutes les questions qui tournaient dans sa tête.

Sa place à Serpentard, sa loyauté aveugle, le rôle des adultes dans sa vie et des règles qui étaient censés le protéger. Autant de certitudes qui étaient peu à peu remises en question et qui fragilisaient un socle déjà fissuré depuis un certain temps. Ernest ramassa son paquet sans moufter. Il aurait pu se contenter de continuer son chemin jusqu’à la volière. En pensant très fort qu’il était invisible, peut-être que ça pourrait marcher. Ça marchait la plupart du temps.

Mais le petit garçon était fatigué, à bout de nerfs. Et dans sa tête tournait l’écho des paroles de Nico, le regard réprobateur d’Ezra, les réflexions de Lavinia. Lâche… poule mouillée… demi-bourbe… Et il en avait assez de courber l’échine. Assez d’avoir peur en permanence. Ses pieds s'actionnèrent sans qu'il le réalise vraiment. Tout ce qu’il voulait, c’était envoyer son colis. Faire plaisir à sa mère. Lui montrer qu’il prenait tout ça au sérieux. Que les sacrifices qu’elle avait fait en valait la peine. Qu’il en valait la peine. Quitte à franchir la ligne.

“Bin vous pourrez toujours me punir dans une minute…”

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23 juil. 2023, 14:13
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
Le Serpentard eu une réaction différente des attentes de Sixtine, il n'avait pas présenté ses excuses ou explication la raison de son petit retard, il s'était contenté de balancer une phrase ne faisant pas sens aux yeux de Sixtine. Elle avait certes déjà puni des élèves se trouvant hors du dortoir après le couvre feu mais il y avait toujours une raison : Prise de risque de la part des élèves, dégradation de l'école ou encore mauvaise farce. Hors, Ernest n'était pas du genre à dégrader un bien de l'école, à prendre des risques inconsidérés ou à faire une mauvaise blague à l'un de ses camarades. Malheureusement pour la professeure, elle allait devoir creuser pour avoir l'information car il ne semblait pas vouloir donner l'information si facilement.

- Vous allez faire quoi de cette immonde paire de chaussure ?

Un professeur avec un minimum de tact n'aurait pas qualifié les chaussures d'immonde mais Sixtine n'était pas dotée de ce tact et elle n'avait pas envie d'acquérir cette compétence inutile. Autant être honnête avec ce petit monstre, les chaussures ne sont clairement pas belle. Du moins, elles ne sont pas au gout de Sixtine.
Son esprit se focalisa ensuite sur le garçon, elle était persuadée de ne pas l'avoir vu lors du diner de ce soir. Ni à côté de la petite Bell ou du petit Vandermeer ni à une autre table. Il n'avait donc pas encore diner.

- Vous aimez le pudding ?

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25 juil. 2023, 22:14
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
Ernest ne s’attendait pas réellement à ce qu’elle le laisse se faire la malle, juste comme ça. Mais il pouvait bien rêver, non ? Il se retourna vers elle et lui lança un regard noir en serrant sa boîte contre sa poitrine. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire de toute façon ? Et puis à lui, elles lui plaisaient. Elles lui rappelaient les rétrospectives des films de Burton que sa mère affectionnait tant et qu’ils allaient voir tous les trois dans le petit cinéma arts essais juste à côté de l’ancien Ministère. Le petit brun tirait plus d’un Edward aux mains d’argent maladroit que d’un Batman bodybuildé mais ça ne l’empêchait pas de fantasmer ces héros gothiques d’un autre temps et d’imaginer sa mère telle une Alice qui se serait perdue de l’autre côté du miroir, dans ce monde des adultes qu’il ne comprenait pas. Enfin ça, c’était avant que le quartier ne brûle. Avant que Londres ne se soulève. Et lui, au milieu de tout ça, il était en retard.

Le poids du regard de sa professeur le ramena à la réalité. Il leva ses yeux clairs sur la Dame de Coeur avec l’envie furieuse de lui hurler que transformer un lapin en pantoufle c’était facile, mais une paire d'escarpins, c’était une autre paire de manches. Qu’il avait fait de son mieux. Il s'abstient cependant. Ce n’était pas comme ça qu’on l’avait élevé. Ses mères ne lui avaient pas appris à crier sur les adultes. À crier tout court. Il avait généralement cette sale manie de se confondre en excuses. De se justifier. De tout, de rien. D’être là. Mais ce soir, il n’avait pas de justification. Et il n’avait pas envie d’en inventer. Il se contenta de maintenir le regard de Miss Valerion dans une tentative de bravoure absurde.

La question de son professeur le désarçonna. Ce n’était pas ce à quoi il s’attendait. Mais sa directrice de maison n’était-elle pas pleine de surprises ? Avant qu’il n’ait pu réfléchir à la moindre réponse, son estomac laissa échapper un grognement qui ressemblait plus à la lamentation d’un augurey qu’au grondement d’un Azuré du Népal. Il baissa le regard et grimaça d’exaspération contre ce corps qui le trahissait une fois de plus.

“J’ai des chocogrenouilles dans ma chambre…”

Un nouveau grognement à peine audible qui sortait de sa bouche cette fois.

“J’voulais juste déposer mon paquet à la volière…”

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26 juil. 2023, 15:13
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
A la question de la professeure, le petit garçon pas plus haut que 2 niffleurs, baissa les yeux avant d'indiquer à sa professeure qu'il avait des chocogrenouilles dans sa chambre. Sixtine leva les yeux aux ciels à cette réflexion mais écouta malgré tout la suite de son explication. Voilà pourquoi le jeune garçon était maintenant entrain de braver le règlement, ce colis était destiné à quelqu'un.

La professeure de défense contre les forces du mal ne tarda pas à faire apparaitre son patronus, un beau cygne blanc, à qui elle chargea de transmettre un message aux elfes de cuisine.

- Préparez un diner pour une personne, un adolescent en pleine croissance. Nous arriverons dans 20 minutes tout au plus.

Elle fit ensuite partir son patronus en direction des cuisines puis, elle se concentra de nouveau sur son élève. Maintenant qu'il était là, il était hors de question pour la professeure de le laisser seul. Elle allait donc repousser de quelques minutes voir d'une heure son arrivée en salle commune.

- Bien, allons à la volière. Avez vous votre propre hibou ? Demanda t-elle tout en empruntant les escaliers menant aux étages supérieurs. Entre deux bruits de pas, elle en profita pour nettoyer la robe de sorcier du garçon qui avait récolté quelques brins de poussières en tombant. Sur le chemin menant à la volière elle pria pour ne rencontrer aucun autre élève ou professeur un peu trop curieux.

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30 juil. 2023, 17:54
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
Depuis tout petit, mais encore plus depuis son arrivée à Poudlard, Ernest était fasciné par l’expression de la magie. Il vivait magie, dormait magie, mangeait magie. La plupart de ses heures de temps libre y étaient consacrées. Jusqu’à l’indigestion ou jusqu’à l’épuisement. Et si c’était une chose de voir des sorts mineurs utilisés au quotidien à la maison et de commencer à apprendre à se servir de sa baguette, il y avait des sortilèges auxquels il osait à peine rêver. Le sortilège du Patronus en faisait partie. Il observa, captivé, le cygne blanc se mouvoir avec une certaine grâce. Ça semblait si facile pour elle. Il suivit du regard l’animal quitter le couloir, oubliant presque pourquoi il était là.

Ernest aurait bien aimé en finir et retourner dans sa salle commune mais sa professeur ne semblait pas l’entendre de cette oreille. L’autorité de sa voix, son visage de marbre. Rien ne laissait de place à la moindre objection. Et encore aurait-il fallu qu’il ose. Il aurait bien aimé lâcher qu’il connaissait le chemin et qu’il pouvait tout aussi bien y aller seul, mais les mots étaient restés coincés au fond de sa gorge. Et déjà sa directrice de maison s’était mise en marche. L’adolescent serra sa boîte contre son corps, déformant encore un peu plus le carton et lui emboîta le pas.

“Herbert… c’est le hibou de ma m… hum… Oui, Madame.”

C’était probablement pas le moment de faire la causette. Déjà qu’il ne se faisait pas punir, valait mieux faire profil bas. Ou alors ça allait arriver, sans crier gare. Quand miss Valerion brandit sa baguette dans sa direction, il se raidit, envisageant déjà le pire. Un Récurvite plus tard et il était propre comme un sous neuf. Ce qui était peut-être nettement plus déstabilisant. Elle le prenait toujours de court.

“M..merci…”

Un silence de mort était tombé sur le château et seul résonnait le bruit des talons sur la pierre. Le gamin comptait les marches dans sa tête. Quatre étages, c’était long. Très long. Et comment elle faisait pour marcher aussi vite avec des chaussures pareilles ? Arrivé au bout de cette montée interminable, l’adolescent se glissa dans la volière et se pressa de trouver son hibou. Comme à son habitude, Herbert, le grand duc africain de sa mère était niché sur l’un des plus hauts perchoirs. L’oiseau daigna à peine ouvrir un œil à l’approche du garçon. Ernest se hâta d'accrocher son paquet à la bestiole avant de pousser doucement le hibou pour qu’il se mette en route.

“Allez, Herbert… Il faut partir maintenant…”

L’animal ne semblait pas prêt à sortir de son sommeil. Ce qu’Ernest savait être une ruse. Il ne dormait pas la nuit. Il jeta un regard en biais vers sa professeur qui finirait par perdre patience.

“Allez, je te dis… fais un effort… j’suis déjà vachement à la bourre… C’est pour Maman…”

Ernest appelait ses deux mères mamans mais avec une légère inflexion de ton différente pour l’une et l’autre. Et Herbert savait parfaitement quand il s’agissait d’Elianor, sa maîtresse. Le hibou déploya ses grandes ailes en quelques battements d’étirement avant de filer par l’une des ornières de la tour. L’adolescent soupira. C’était fait.

“Je… fin… on peut rentrer maintenant… j’veux dire… j’peux retourner à la salle commune… j’ferais pas de bruit et j’ferais pas de détour…”

Fallait dire qu’il était pas serein à l’idée de se retrouver seul dans les cuisines avec sa directrice de maison. L'allégeance des elfes de maison, elle allait à qui ? Et puis si quelqu’un le voyait ? Manquerait plus qu'on dise qu'il était du côté des adultes. Ce qui n'était pas complètement faux.

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26 août 2023, 12:52
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
Sixtine observa le jeune garçon et son hibou. Le volatil ne semblait pas vouloir partir mais après quelques gestes et une petite discussion avec le garçon, il avait fini par s'envoler vers d'autres lieux. Puis, il avait fait face à sa professeure pour l'informer qu'il était capable de rentrer seul en salle commune, sans un bruit. La professeure de défense contre les forces du mal haussa un sourcil à cette demande. Croyait il vraiment pouvoir s'en sortir ainsi ? Il était hors de question qu'il reparte seul.

- Un repas vous attend dans les cuisines et un bon verre de vin m'y attend aussi alors non, vous ne retournez pas tout de suite en salle commune.

La professeure commença à prendre la route en direction des cuisines tout en s'assurant d'être suivie par le petit Serpentard. Sur le chemin, elle décida de reprendre la conversation. Non pas par intérêt mais plutôt pour briser la glace et passer le temps.

- J'imagine que votre mère appréciera le cadeau.

Elle n'avait pas trouvé mieux comme sujet de conversation mais heureusement, les escaliers n'en avait pas fait qu'à leurs têtes ainsi, la directrice de maison et son élève avaient pu rejoindre rapidement les cuisines ou ils furent accueillis par un elfe qui leur indiqua ou prendre place. Sixtine s'installa sur une chaise haute tout en récupérant le verre tendu par l'elfe puis, elle attendit que le garçon se mette à table.

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29 août 2023, 21:19
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
La tentative désespérée d'échappatoire d’Ernest avait échoué, ce qui n’était pas réellement une surprise. Au moins, il avait essayé. Ce qui était déjà une preuve surprenante de courage de la part du gamin. Depuis le début de l’année, il n’avait probablement jamais ouvert la bouche en présence de son professeur, en dehors des quelques formules de sortilèges qu’ils avaient pratiqués en classe. Il venait de battre son propre record. Pour l’éloquence, cela dit, il frôlait toujours le néant. Le serpenteau acquiesça et baissa la tête avant de suivre Miss Valerion, docilement.

Le petit brun tentait de suivre la cadence de l’adulte qui marchait d’un pas prompt. Ce n’était pas très bon signe. Il sentait toujours l’épée de Damoclès flotter dangereusement au-dessus de sa tête. Si Lavinia s’était prise une humiliation monumentale pour une simple remarque alors qu’elle n’avait pas vraiment enfreint le règlement, qu’est-ce que ce serait pour lui ? Il avait tenté d’ignorer les rumeurs qui circulaient et avait même eu quelques mots avec Nico à ce propos, mais le doute restait présent.

Malgré tout, l’adolescent ne pouvait s’empêcher de l’observer du coin de l’oeil. Le dos droit et la tête haute, Sixtine Valerion marchait d’une manière qui incarnait non seulement la puissance mais également une certaine grâce. Chacun de ses pas semblait calculé et mesuré, véritable déclaration de confiance en elle-même. De l’assurance innée qu’elle dégageait transpirait un sentiment de contrôle et de détermination. Une chose était sûre, cette femme savait occuper l’espace qu’elle traversait. Tout l’opposé d’Ernest qui sautillait maladroitement derrière elle avec la démarche d’un agnelet de trois jours en baissait la tête à chaque fois que son professeur daignait lui jeter un regard pour s’assurer qu’il était toujours là.

Quelle ne fut pas sa surprise en entendant sa directrice de maison s’adresser à lui. Vraiment s’adresser à lui. Il jeta subrepticement un regard sur le côté pour vérifier qu’il n’y avait personne d’autre. Mais non. C’était bien à lui qu’était destinée la question.

“Euh… bin… … j’espère…”

Sa phrase s’était finie dans un murmure. Sur le coup, il avait été vachement fier de lui. Cette métamorphose lui avait demandé beaucoup d’entraînement et de temps. Il avait ressenti une certaine satisfaction à arriver à transformer en un objet tangible des idées qui ne prenaient vie que dans le monde imaginaire qu’il s’était bâti. Mais à présent, il était moins sûr. Si sur le coup, il avait ressenti une certaine colère à l’encontre de la remarque de sa professeur, c’était à présent le doute qui s’infusait dans ses veines. Et si sa mère n’aimait pas ? Ce qu’il espérait, c’est qu’elle y voit le mal qu’il s’était donné et le sérieux qu’il accordait à l’apprentissage de la pratique magique au quotidien.

Alors qu’il pénétrait dans la cuisine, il se demanda si le professeur Valerion avait une mère. Enfin évidemment qu’elle devait avoir une mère mais enfin… les réponses à cette question semblaient bien trop abstraites pour l’adolescent. D’ailleurs il était bien incapable de lui donner un âge. Est-ce qu’elle avait été jeune un jour ? Enfin… enfant ? Son esprit de gamin valdinguait de supposition en hypothèse de plus en plus alambiquées. Mais il fut rapidement ramené à la réalité par les grognements intempestifs de son estomac.

Ses joues avaient repris une teinte rosée, manifestation d’une gêne évidente tandis qu’il faisait le tour de la table à laquelle venait de prendre place Miss Valerion. Enfin il s’agissait plutôt d’un plan de travail et il dû légèrement s’y hisser pour prendre place sur le tabouret. Comment est-ce qu’elle s'y était installée si facilement ? Il ne restait plus beaucoup d’elfe de la cuisine et Ernest s’effraya en voyant apparaître une assiette devant lui. Il regarda de part et d'autre, rien. La magie ne cessait jamais de l’étonner. Le petit brun se saisit des couverts et entreprit d'entamer son repas. Il mangeait pas petite bouchée de peur de mâcher trop bruyamment ou de se salir par inadvertance. Il n’aimait déjà pas ça en temps normal, mais face à sa DDM, ce serait encore bien pire.

La tête penchée sur le contenu de son assiette, il ne pouvait s’empêcher de lui jeter des regards furtifs, comme si ses pupilles étaient inexorablement attirées vers elle.

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10 sept. 2023, 15:33
 Nuit  Double Peine  TERMINÉ 
La professeure, confortablement installée sur sa chaise haute, observait les cuisines tout en vidant le contenu de son verre lorsqu'elle senti plusieurs fois des yeux se poser sur elle. Elle n'était pas contre le fait d'être observée, au contraire. Mais là, elle avait du mal à comprendre les regards furtifs que lui lançaient l'enfant.
Elle fit venir à elle une bouteille, se servit de nouveau un verre puis, elle fit pivoter la chaise face à son élève pour ne louper aucun de ses regards et pour qu'il n'est plus d'autre choix que de la voir ou de regarder le contenu de son assiette.

- Quand on regarde quelqu'un, on le regarde vraiment, dans les yeux. Et, si on veut regarder quelqu'un de manière discrète, il vaut mieux attendre de le faire dans des moments ou vous n'êtes pas seul avec cette personne. Alors, Stevens, regardez moi franchement ou attendez d'être en public pour me regarder.

Elle laissa ensuite le temps au garçon de terminer son repas avant de lancer un sort pour nettoyer la vaisselle utilisée puis, elle demanda à l'enfant de la suivre jusqu'à la salle commune. Devant la porte de la maison Salazar, elle donna le mot de passe avant de souhaiter une bonne nuit à Ernest et de repartir en direction de ses quartiers ou en direction de ceux de Suileabhan ?

- Bonne nuit, Stevens.

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