Take Care. It's a Desert Out There.
Tw : Attention, dans cette histoire, il est question de dépression, idée suicidaire, cauchemar, vulgarité, alcoolisme, crise d'angoisse, mention d'Alzheimer. Si vous êtes sensible à l'un de ses sujets, merci de passer votre chemin.
The Caretaker - 'Take care. It's a desert out there...'
The Caretaker - 'Take care. It's a desert out there...'
6 avril 2048, minuit passé
Kasey abandonne tout derrière lui, il ne cherche pas à sauver les meubles et encore moins les apparences. Il claque la porte de sa boutique qu'on dit être la sienne. Il laisse Citrouille aux bons soins de Charly et de Wilson, avant de fuir lâchement tout ce qu'il connaît et aime. Le sorcier part dans la nuit sous le couvert du silence, ne laissant qu'un mot dans son sillage pour ceux qui s'inquièteraient de sa disparition : "Je reviendrai, peut-être". Il n'y a rien de rassurant, mais il ne cherche pas à l'être. C'est la vérité, brute, mais la vérité. Peut-être dans une semaine, un mois, un an, une décennie, ou jamais ? Peut-être.
Tout ce qu'il sait, c'est qu'il part. Ailleurs. Loin. Vers Jamais.
Peut-être.
La valise semble lourde, un fardeau qu'il traîne à bout de bras. Ses mains sont moites, son front est fiévreux à cause de l'angoisse qui l'étreint. Kasey observe frénétiquement les alentours à la recherche d'une ombre qui pourrait le poursuivre à une heure aussi tardive. Il traîne les pieds à la sortie de Godric's Hollow qui s'efface progressivement dans l'obscurité jusqu'à disparaître complètement. Le potier aurait pu transplaner hors de la capitale sorcière, mais il ne se sent pas capable de le faire. Pas dans son état. Il a un océan dans la tête. Gris, profond et tempétueux. Les vagues sont hautes, prêtes à l'engloutir. Kasey pourrait regagner le rivage, mais la perspective de se noyer lui semble plus simple, bien que terrifiante. Le sorcier est épouvanté par l'abîme béant qui le dévore de l'intérieur. Ce vide cosmique ne laisse rien sur son passage, pas même une miette. Il est avide, insatiable, et lui, malheureux qu'il est, n'a aucune volonté de résister. Et il repense au mot qu'il a laissé derrière lui.
Un jour, peut-être, il reviendra.
Peut-être.
*
La pièce étroite ne comporte ni de fenêtre ni de porte. Une prison sans issue où la froideur de la pierre le paralyse sur place. L'air est vicié, une odeur âcre et nauséabonde qui s'insinue dans ses narines à chacune de ses inspirations, si bien qu'il tousse. Il est là, au centre de cette pièce, les mains et les pieds liés par une corde rêche. Les ombres se meuvent autour de lui dans une danse macabre. Leurs contours indistincts sont empreints d'une aura malveillante. Des sourires sanglants sont gravés sur les visages difformes, dévoilant des rangées de dents acérées, une sinistre lueur dans leurs grands yeux rouges qui semblent le transpercer d'une intensité glaçante.
Pris de panique, impuissant, Kasey laisse son esprit être dévoré par ce torrent d'angoisse. Son souffle est erratique, alors qu'une pression insoutenable pèse sur sa poitrine, semblable à un étau qui le comprime. Il va exploser. Le sorcier tente de se débattre, en vain. Les liens se resserrent davantage, creusant des marques profondes dans sa chair. Les ombres se rapprochent, eux qui tournent autour de lui tels des vautours. Des chuchotements gutturaux se font entendre, emplissant la pièce d'une cacophonie dérangeante. Les paroles incompréhensibles résonnent dans ses oreilles ; il est question de promesses macabres et de menaces indescriptibles. L'espace confiné de la pièce semble se réduire encore davantage, comprimant son esprit, lui arrachant des larmes de désespoir, lui qui est emporté dans un abîme de douleur et de confusion.
Puis, un cri retentit dans la nuit.
*
Ce sera la pire de ses nuits.
Peut-être.
L'air renfrogné de celui qui a passé un sommeil éprouvant, Kasey quitte le Chaudron Baveur sans demander son reste, le ventre vide. Revenir ici fut une mauvaise idée. Il garde du Chemin de Traverse un horrible souvenir, celui d'une cave moisie où il pourrissait en attendant son heure. Kasey renifle, tandis qu'il s'approche de Gringotts. La visite est brève, juste assez de temps pour convertir sa monnaie sorcière en celle des moldus. Après ça, il ne tarde pas dans le coin plus que nécessaire, bien au contraire. Animé par un sentiment d'urgence, Kasey parcourt Londres sans le moindre but pour commencer, avant de se précipiter en direction de la gare de Londres Victoria.
Une terreur sourde l'envahit, l'oppressant davantage à chaque seconde. Il doit partir. Vite. Très vite. Pourtant, il est incapable de comprendre pourquoi cette soudaine nécessité de fuir le tourmente si violemment. Une paranoïa grandissante le fait se sentir épié, poursuivi par une menace invisible dont il ne peut saisir la nature. Kasey traverse les couloirs bondés de la gare d'un pas pressé, tandis que son regard scrute frénétiquement les panneaux d'affichage. Il est à la recherche d'une destination, d'un train qui le délivrera de son océan intérieur.
Soudain, ses yeux s'arrêtent sur un nom qui vient d'apparaître : Brighton, départ prévu à 08h29. Un court instant, Kasey se souvient de la brise iodée qui caresse son visage, du soleil réconfortant de la côte, de la plage à perte de vue et des falaises d'Etretat qu'on peut vaguement deviner de l'autre côté de la Manche par beau temps. Il se souvient de la première fois où il a pétri de l'argile pour lui donner forme, du plaisir de travailler de ses mains. Une douce époque révolue. Une adolescence perdue, laissée à la merci de sa mémoire capricieuse.
Il doit se rendre à Brighton.
Les visages des autres voyageurs semblent flous, indistincts. Kasey se demande s'ils ressentent la même inquiétude ou s'il est seul à devenir fou. Peut-être. Le brouhaha des discussions est menaçant et le potier a l'impression d'en être le sujet, que tous ici complotent contre lui. Finalement, il atteint le quai où son train l'attend en voie 16. Sans la moindre hésitation, il s'engouffre à l'intérieur et se s'enferme aussitôt dans les toilettes, un refuge temporaire où il pourra tenter de calmer les battements frénétiques de son cœur.
Puis, le train s'ébranle, emportant Kasey vers Jamais.
*
La contrôleuse vient tout juste de composter son billet. Elle est brune, plus grande et arbore un doux sourire, contrairement à lui dont la mine peut effrayer les morts. Kasey a décidé de rester dans le couloir, loin des moldus et même s'il est séparé d'eux par une vitre, le potier peut clairement entendre un bébé pleurer et un groupe d'adolescents éclater de rire. Par moments, il les observe sans trop de discrétion - à la limite, on pense qu'il est juste bizarre, et il se demande à quoi ressemblerait sa vie s'il était né dans ce monde, sans aucun pouvoir. Qui seraient ses parents ? Dans cette vie, est-ce qu'il aurait été à la fois turbulent et rongé par la timidité ? Qui seraient ses amis ? Quelle école aurait-il fait ? Deviendrait-il potier dans tous les cas ? Et est-ce que dans cette vie-là, il se ferait aussi kidnapper ? Séquestré dans une cave pendant des mois durant ?
Peut-être.
Il retient son souffle. Son esprit ressasse contre son gré. La froideur de la pièce. La dureté du sol. Les menaces. La malnutrition. Les coups dès qu'il osait montrer un peu de résistance. Son impuissance même à résister. Kasey brûle de honte, d'humiliation. Il a tout balancé dans l'espoir de sauver sa peau. Il a lâchement collaboré et maintenant, il fuit lâchement.
L'est-il ?
Lâche.
Peut-être.
Kasey avale difficilement sa salive. Les souvenirs le hantent. Il peut encore se souvenir du goût qu'a son propre sang, l'odeur d'amande de son imposteur, les fois où il s'est pissé dessus. Sa jambe se met à tressauter nerveusement. Son regard se perd dans le lointain. Son océan intérieur s'agite, il est pris dans un tourbillon de pensées obsédantes. Il repense à cette baguette pointée vers lui et aux avertissements qui retentissent, aux menaces qui visent ses proches. L'odeur nauséabonde et la moisissure de la cave. Son souffle devient irrégulier. Il respire comme un animal épuisé. Il se noie.
Puis, une main agrippe son épaule.
— Monsieur, est-ce que tout va bien ?
Kasey avise la contrôleuse dont la bienveillance est à toute épreuve.
— Oui, tout va bien, répond-il d'une voix qui trahit le contraire.
Ses mots sont frêles, aussi tranchants que du verre. La contrôleuse l'observe un instant, hésitante.
— Je reste dans le coin si vous avez besoin de quoi que ce soit, d'accord ?
Kasey se contente d'acquiescer, incapable de prononcer le moindre mot.
Son océan intérieur l'emporte au plus profond.
*
Il est un peu plus de neuf heures quand Kasey arrive enfin à destination. Sa valise repose à ses pieds, il observe l'horizon et profite du chant envoûtant de la mer tandis que le soleil, déjà haut dans le ciel, réchauffe son visage. Il savoure l'air salin qui caresse sa nuque et rougit ses pommettes. La douceur ambiante contraste avec la sensation de froid qui l'envahit. Maladroitement, il se débarrasse de ses chaussures, manquant de trébucher à deux reprises. Il s'aventure ensuite le long de la plage, ses yeux polaires scrutent attentivement les alentours. Des années se sont écoulées depuis sa dernière visite ici et il est étonné de constater que rien n'a réellement changé, à l'exception de quelques nouveaux commerces. Rien n'est éternel après tout, mais cette réalité résonne étrangement en Kasey. Rien ne semble être à sa place, tout sonne faux. Cette impression ne lui plaît guère.
À chaque pas, ses pieds s'enfoncent dans le sable, provoquant la fuite précipitée de petits crabes qui se hâtent en direction du rivage. Le sorcier ressent un désir irrépressible de se baigner, de se laisser porter au loin, puis de disparaître.
Et ne plus jamais revenir.
Peut-être.
Cette tentation le dévore, mais il lutte pour ne pas y succomber. Pourtant, l'idée obsédante de mettre fin à tout cela le hante pendant des heures, tandis qu'il poursuit sa promenade en direction des quartiers résidentiels. Arthur, l'un de ses meilleurs amis, vivait dans ce coin avant d'atteindre sa majorité et de s'envoler vers d'autres horizons. Kasey reconnaît la maison nichée au fond d'une impasse. Elle a conservé sa structure en bois, peinte en bleu, avec ses poutres et ses fenêtres d'un blanc éclatant. La maison est restée inchangée, mais elle n'est plus la même.
Il rebrousse rapidement chemin, les rues de Brighton qu'il connaissait si bien l'attirent sans succès. Rien n'est pareil, tout a changé d'une manière ou d'une autre. Ou peut-être est-ce lui qui a changé ? Peut-être. L'agitation des passants, les échos lointains des rires et les parfums des cafés semblent se mélanger dans un brouillard confus. Kasey se sent déconnecté, étranger à ce monde en pleine effervescence autour de lui. Il se sent comme une anomalie dans cette foule, une perturbation. Il aimerait oublier ses tourments, mais chaque visage qu'il croise ne fait qu'exacerber ses propres souffrances.
Son océan intérieur gronde sans répit.
La journée s'écoule lentement, sans offrir de répit à son mal-être. Le soir venu, il se retrouve assis sur un banc, face à la mer, ses yeux fixés sur l'horizon sombre. Les vagues déferlent avec puissance, s'écrasant contre les rochers dans un éclat d'écume blanche. Un vent froid balaye son visage, mais il n'y prête pas attention. Il est perdu dans ses pensées, en proie à cette dualité qui le tourmente. Il a peur, sans savoir exactement de quoi.
Aussi terrifié qu'un enfant,
Attiré par l'appel de l'océan.
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— Excusez-moi, monsieur, est-ce que tout va bien ?
Une terrible sensation de lourdeur pèse sur sa tête, sa gorge est sèche, sans parler de ses oreilles bourdonnent. Non, il ne va pas bien, surtout lorsque l'envie de tout abandonner l'écrase de tout son poids. La tempête intérieure se déchaîne et ce trou béant ne cesse de grandir, dévorant tout sur son passage. Kasey se sent engourdi. Il s'est assoupi sur le banc et cette femme, qui le secoue doucement, semble s'inquiéter pour lui. Mais il refuse d'ouvrir les yeux. Il se complaît dans l'obscurité qui l'entoure et qui l'oppresse. Et s'il a décidé de sombrer, l'inconnue, elle, persiste.
— S'il vous plaît, réveillez-vous.
Mais s'il n'en a aucune envie ? Il veut juste oublier. Il est tellement épuisé. Il ne veut pas revenir. Pas dans une semaine, pas dans un mois, pas dans un an, ni même dans une décennie. Jamais. La femme le secoue de nouveau avec plus de détermination, à croire que même ici, il n'avait pas le droit de se laisser mourir. Le sorcier ouvre les yeux pour regarder celle qui ose le déranger. Il rencontre son regard vibrant de vie, tandis que le sien est morne.
— Mon dieu, vous avez l'air épouvantable !
C'est dit avec une sincérité presque déconcertante. Kasey aurait pu être vexé, mais cela le change radicalement de l'hypocrisie ambiante de ses proches. Ils pensent sans doute bien faire en étant positifs, mais Kasey déteste cela. Il a l'impression d'être encore plus pitoyable qu'il ne l'est déjà.
— Et vous aussi, réplique-t-il de mauvaise humeur.
L'inconnue éclate de rire. Elle se redresse maladroitement et titube légèrement vers la droite, afin de s'appuyer contre le lampadaire.
— La différence, c'est que je sors d'une boîte de nuit, alors que vous donnez l'impression d'avoir commis un meurtre.
La femme l'invite à lui laisser une petite place et docilement, Kasey s'exécute. Elle s'affale lourdement près de lui, avant de lui tendre la bouteille de champagne qu'elle tient fermement entre ses doigts.
— J'ai l'impression que tu en as bien plus besoin que moi, glousse-t-elle.
Elle est complètement éméché, pour ne pas dire saoule. Son maquillage a coulé, laissant supposer qu'elle a pleuré il n'y a pas longtemps. Kasey s'étonne de s'inquiéter pour elle en retour :
— Vous allez bien ?
— La grande forme ! C'est mon anniversaire, ma mère m'a offert un chat un peu plus tôt dans la journée et mon connard d'ex a eu l'idée de me tromper avec cette salope supposé être ma meilleure amie. La meilleure journée de ma vie ! Santé !
Elle rit de nouveau, pleine de jovialité, alors qu'elle boit jusqu'à plus soif. Décontenancé, Kasey l'observe sans un mot. Elle est étrange, c'est certain, rit-elle de son propre malheur ?
— Aller, ne fais pas cette tête de déterré et bois !
Il songe à refuser, mais la bouteille se retrouve entre ses doigts. Kasey avise le goulot, hésite, avant de se laisser convaincre. Il essuie le goulot avec sa manche pour la forme et penche la bouteille, appréciant la longue rasade qu'il se sert sous l'œil amusé de l'inconnue qui poursuit avec un sourire béat :
— De toute façon, je ne l'aimais pas, c'est un véritable connard.
Kasey pose la bouteille entre eux et inspire un grand coup. L'alcool tape déjà dans ses tempes. Il manque cruellement de résistance, n'étant pas habitué à boire autant.
— Mais pourquoi tu t'es mise en couple ? demande-t-il avec une pointe de curiosité dans la voix.
En réponse, elle hausse les épaules. Bien que triste, elle semble soulagée à l'idée de s'en être débarrassée.
— Pour faire plaisir à ma mère, la pire idée qui soit, mais ça la rassure de savoir que je suis une fille bien rangée.
L'amertume entache la gaieté dans ses yeux noisette. Ses lèvres se tordent dans un vilain rictus tandis qu'elle se penche pour retirer ses chaussures à talons.
— En fait, je suis aromantique et ça ne plaît pas à ma mère. Elle ne comprend pas tout ça et je n'ai pas envie de me battre avec elle. Elle n'est pas méchante, au contraire, elle ne comprend tout simplement pas. J'aime énormément ma mère, c'est une femme exceptionnelle ! déclare-t-elle dans le besoin de se justifier. Mais voilà...
Elle boit et Kasey en fait tout autant dès qu'il a la bouteille en main.
— La mienne non plus ne comprend pas tout, confie-t-il à mi-voix. En ce moment, ça ne va pas très bien et... bah, elle ne comprend pas. À l'entendre, la volonté peut tout guérir, que je dois seulement me bouger et sortir de mon lit... mais la vérité est que je me sens vide.
Sa voix se casse sur la dernière syllabe. Si l'alcool le réchauffe et allège son cœur jusqu'ici, le simple fait d'évoquer ce trou béant le terrifie. Son corps se met à trembler de lui-même, alors que ses mauvaises pensées reviennent d'entre les morts. En le voyant troublé, l'inconnue enlace sa main dans la sienne et le rapproche doucement d'elle.
— C'est moche, nos mères sont à l'ouest, mais elles veulent notre bien, murmure-t-elle. Elles font de leur mieux.
— Je sais, mais malgré tout, je lui en veux de ne pas comprendre.
Il boit encore, toujours en plus grande quantité, mais ce champagne ne lui apporte plus aucun réconfort. Kasey poursuit, incapable d'arrêter sa langue qui se délie :
— J'vais clairement pas bien en ce moment, j'suis complètement déphasé, j'ai l'impression de vivre dans un autre corps, dans une autre réalité, c'est tellement étrange, ça me bouffe de l'intérieur et ma mère s'attend à ce que tout aille mieux avec un peu de volonté !
— Oula, respire...
— Mais je ne peux pas, continue-t-il. J'y arrive pas et elle ne comprend pas ! Et elle me fait tellement culpabiliser de ne pas y arriver, de rester coincer dans mon putain de canapé à attendre que le temps passe, que tout rendre dans l'ordre tout seul et... et...
Kasey sent une montée d'angoisse le submerger violemment. Les mots se coincent dans sa gorge, sa respiration devient saccadée, tandis que sa vision se trouble. Inquiète, l'inconnue l'observe et saisit la bouteille qu'il tient encore, la jetant à la poubelle.
— C'était une bien mauvaise idée de te faire boire, marmonne-t-elle. Je suis désolée...
Kasey l'entend vaguement. La pression sur sa tête devient insupportable, comme si son crâne allait exploser. Ses oreilles bourdonnent de plus en plus fort. Il lutte pour rester conscient, même si une partie de lui souhaite succomber à cette sensation de détachement. Le visage de la femme se déforme et se mêle à l'obscurité qui l'entoure. Kasey est englouti, la peur s'intensifie, dévorant chaque parcelle de son être. Il repense à cette cave, aux ombres dévorantes, aux cordes qui striaient sa chair, aux nombreux coups qu'il a reçus.
L'inconnue s'agenouille près de lui, agrippant ses mains avec force et murmure non sans force :
— Respire avec moi: inspire... et expire. Encore une fois, inspire profondément... et expire lentement.
Elle guide Kasey dans cette exercice respiratoire qu'elle a apprise par cœur, quand l'escalier de la maison n'était plus suffisant pour supporter ses peurs d'enfance.
— Je sais que c'est difficile, mais c'est passager, tu iras mieux.
Kasey tremble toujours, mais il commence à se calmer légèrement. Les paroles de la femme pénètrent lentement son esprit tourmenté, lui offrant une lueur d'espoir au milieu de l'obscurité.
— J'dis pas que tout se fera d'un claquement de doigts, ça va nécessité du temps et du travail sur sois pour y arriver, mais ce n'est pas impossible.
La femme serre d'autant plus la main de Kasey pour le maintenir ancré et il respire en réponse, alors que l'inconnue se détend.
— Putain, tu m'as fichu la trouille !
— Désolé...
— Et puis quoi encore ? Non, ne t'excuse jamais quand tu as besoin de craquer ! Depuis combien de temps gardes-tu ça pour toi ?
— Trop longtemps...
La femme s'assoit près de lui, ses mains encore dans les siennes.
— Navré pour ce que tu vis...
Kasey renifle, lui-même ne voulait pas l'imaginer de nouveau.
— C'est juste... difficile et j'ignore comment m'y prendre pour juste retrouver un état décent, j'ai l'impression d'être une loque...
La femme acquiesce, soutenant son regard, avant de le porter au loin, là ou les vagues s'échoue contre le rivage. Ce lui-même que Kasey aimerait s'y jeter afin de dériver vers le firmament. Ne plus jamais revenir. Peut-être. Il hésite, tandis qu'un silence paisible s'installe entre eux. Le premier depuis des semaines d'angoisse. À cette seconde, il ne se sentait plus seul, ni vide ou froid. Cette personne qui lui était inconnue comprenait sa douleur. Il n'est pas seul.
— Merci, dit-il doucement.
Elle lui sourit chaleureusement, ses yeux rencontrent de nouveau les siens, toujours emplis de vie malgré les larmes qu'elle a versé. Elle souffre de cette trahison et d'autres choses peut-être, mais elle ne se laisse pas couler. Elle a bravé la tempête pour retrouver le rivage.
— C'est normal, parfois, tout ce dont nous avons besoin, c'est de savoir que nous sommes écoutés.
Sur ses mots, elle tend sa main en direction de son interlocuteur.
— Enchantée, je m'appelle Winnie, s'exclame-t-elle avec un sourire éclatant.
Le potier saisit sa main sans la moindre hésitation.
— Kasey, ravis de te rencontrer, Winnie.
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La pluie s'abat doucement sur les vitres du Volkswagen Combi. Pendant une bonne heure, Winnie et Kasey ont discuté de tout et de rien. Ils ont parlé de la nuit qui les entoure, leurs mères respectives, les nuages qui défilaient dans le ciel et, surtout, de la faim qui les tiraillaient. Malheureusement, à cette heure tardive, aucun établissement n'est ouvert. Alors que la pluie avait laissé place à l'orage, Winnie avait proposé à Kasey de se réfugier dans son Combi, garé à seulement une rue de là. Si le sorcier s'était permis d'hésiter un instant, il s'était souvenu rapidement qu'il n'avait nulle part où aller.
Le minibus est aussi excentrique que sa propriétaire. D'un jaune éclatant, il est orné de motifs arabesques peints ici et là, dans des couleurs disco. Winnie referme la porte coulissante derrière eux, tandis que Kasey retire ses chaussures, observant attentivement les lieux. Cette partie du véhicule est aménagée de manière à offrir une vie confortable : une petite kitchenette, une table pliante accrochée au mur, une banquette et au fond se trouve un lit double dont le sommier sert également d'espace de rangement. Le tout est décoré dans un style chaleureux et kitch rappelant les années 80.
— C'est charmant, complimente Kasey.
Malgré l'espace restreint, on se sent à l'aise et en sécurité à l'intérieur.
— Merci ! J'ai aménagé le véhicule avec l'aide de deux de mes amis.
Winnie retire à son tour ses chaussures avant de s'assurer que le véhicule est bien verrouillé. Puis, elle tire les rideaux pour plus d'intimité.
— Normalement, on ne devrait pas être dérangés ici. L'endroit est relativement calme pour ceux qui aiment camper, explique-t-elle.
Elle sort du mini-réfrigérateur un récipient rempli de légumes pré-découpés qu'elle verse dans une poêle qu'elle récupère d'un tiroir. Elle allume la plaque de cuisson, ajoute de l'huile et quelques herbes. Rapidement, l'odeur appétissante envahit l'intérieur du véhicule.
— Je suis végétarienne, donc pas de viande ici. J'espère que tu m'excuseras si tu en manges.
— Ne t'inquiète pas, je peux m'en passer sans problème.
— Parfait, sourit Winnie. Ne pas manger de viande ou de poisson en rebute plus d'un ! Tu aimes manger épicé ?
— Je n'ai jamais vraiment essayé, en fait.
— Alors, je ne mets qu'un peu de piment doux, dit-elle en saupoudrant son plat d'une épice rouge. Tu verras, ça relève les saveurs sans être trop piquant.
— Je vois... Est-ce que tu as besoin d'aide pour quoi que ce soit ?
— Tu peux dresser la table. Il suffit de la déplier et la vaisselle se trouve dans le tiroir du haut, à gauche.
Kasey s'exécute tout en observant son environnement. Son regard est attiré par quelques photos accrochées au-dessus de la banquette. Sur certaines d'entre elles, Winnie pose avec un homme dont le regard semble se tourner vers la personne qui prend la photo. Du coin de l'œil, Winnie l'avise.
— C'est William, mon ex... j'aurais dû me douter que quelque chose n'allait pas rien qu'avec cette photo.
— Il regardait qui ?
— Peggy, cette connasse... cette photo date d'un an, nous étions partis en camping ensemble, mais va savoir depuis combien de temps ce bordel dure.
Elle secoue la tête, remue vigoureusement ses légumes et ajoute :
— J'sais que ce n'est pas simple de vivre avec quelqu'un qui ne t'aime pas ou alors pas de la manière que tu souhaites, mais il aurait dû m'en parler. Le problème n'est pas le fait qu'il est parti voir une autre fille ni le fait que c'est avec Peggy.
— Le problème est le mensonge ?
— Ouais, carrément.
— Peut-être qu'il ne se sentait pas à l'aise d'en parler ?
— Aucune excuse, tranche Winnie avec amertume, avant de s'adoucir. Nous avons posé nos limites avant de nous mettre en couple et nous nous sommes mis d'accord qu'on avait le droit de voir ailleurs, seulement, on se tenait au courant, tu sais, par principe.
Elle délaisse la poêle afin de remplir les verres présents sur la table d'eau. Après l'avoir remerciée, Kasey boit le sien cul-sec, assoiffé à cause du champagne.
— Nous étions un couple libre, mais faut croire que ça n'allait que dans un sens. Il voulait savoir tout sur mes faits et gestes et avec qui je couchais, mais lui, il se gardait bien de me dire quoi que ce soit, râle Winnie. J'ai bêtement cru que voir ailleurs ne l'intéressait pas.
Elle finit également son verre d'une traite et se retourne pour faire sauter ses légumes. En voyant son air grave, Kasey décide de changer de sujet :
— Donc... tu vis ici ? Tu ne te sens pas à l'étroit ?
— Non, j'aime bien les espaces confinés, ça me rassure et puis, c'est seulement temporaire, explique-t-elle avant de marquer une pause, juste le temps de transvaser les légumes dans les assiettes. Je me suis lancée dans un road trip.
— C'est quoi ? demande Kasey, perplexe qui entend pour la première fois ce mot.
— Un voyage avec plusieurs arrêts, parfois ça conduit à faire le tour du pays.
— Tu comptes faire le tour du Royaume-Uni ?
— Non, ça serait trop long et trop coûteux, sans parler que je dois m'occuper de ma mère, elle n'a plus trop sa tête.
Ils s'installent pour dîner et si Kasey se rend compte à quel point il a faim, il s'efforce de manger doucement.
— Elle est malade ? Enfin, si je peux me permettre...
— Oh non, t'en fais pas, c'est la vie ce genre de chose, il n'y a rien de tabou, rassure aussitôt Winnie qui pique alors dans ses légumes qu'elle s'empresse de mastiquer et d'avaler, avant de poursuivre. Elle serait en stade 4 de la maladie d'Alzheimer selon les médecins, mais ça reste flou.
Elle hésite quand Kasey affiche un air interrogatif et si elle s'attend à quelques questions de sa part, son interlocuteur reste silencieux.
— Tu ne connais pas cette maladie ? demande-t-elle.
— Non... avoue Kasey non sans embarras.
— Ne fais pas cette tête, on ne peut pas tout connaître ! En fait, Alzheimer est une maladie neurodégénérative, en gros, ça affecte les capacités de ton cerveau qui se meurt et... Alzheimer... ça tue l'essence même de la personne : ses souvenirs, sa perception du monde et de son entourage, ses capacités motrices, de réflexion, jusqu'à ne rien laisser derrière elle, si ce n'est une coquille vide.
Un silence pesant s'installe, laissant Kasey avec ses pensées en proie à l'inquiétude. L'information qu'il vient d'assimiler le terrifie. Est-ce que l'Alzheimer ne touche que les Moldus ? Les sorciers peuvent-ils en être affectés ? La médecine n'a jamais suscité son intérêt et il n'en a jamais entendu parler auparavant. Peut-être que dans leur communauté cette maladie porte un autre nom ? Peut-être. Winnie perçoit son inquiétude et vient poser une main réconfortante sur son épaule, cherchant à apaiser ses préoccupations.
— Ça va ? Est-ce que tu connais quelqu'un qui présente des symptômes similaires ? s'enquiert Winnie.
— Non, c'est juste... horrible, murmure Kasey. C'est incurable ?
— Ouais, malheureusement, il n'y a aucun traitement, à part soulager les symptômes, mais bon... répond-elle à mi-voix. Ça aide ma mère, mais ça ne change rien au fait que je la voie dépérir lentement. Un jour, elle ne saura même plus que je suis sa fille, qu'elle m'a aimée de tout son cœur et que je l'ai aimée en retour. Je ne serai plus qu'une étrangère pour elle, voire même une présence troublante dans son esprit et qui la hante.
Une boule d'émotion serre la gorge de Kasey. Les paroles de Winnie résonnent en lui, suscitant une terreur qui le pousse à imaginer un avenir où sa mère serait confrontée à cette maladie. La simple idée d'être oublié, de voir les souvenirs et les liens s'estomper lentement, devient insoutenable. Il inspire profondément, cherchant les mots justes pour soutenir cette femme qui, rien que par sa présence, lui avait peut-être sauver la vie plus tôt.
— Je suis désolé... murmure-t-il finalement. Je ne peux qu'imaginer à quel point cela doit être difficile pour toi.
Winnie hausse les épaules, les yeux embués. Elle retire sa main de l'épaule de Kasey et prend une bouchée de nourriture pour se donner un peu de réconfort. Son assiette est presque vide, il ne reste que des miettes, puis rien.
Le minibus est aussi excentrique que sa propriétaire. D'un jaune éclatant, il est orné de motifs arabesques peints ici et là, dans des couleurs disco. Winnie referme la porte coulissante derrière eux, tandis que Kasey retire ses chaussures, observant attentivement les lieux. Cette partie du véhicule est aménagée de manière à offrir une vie confortable : une petite kitchenette, une table pliante accrochée au mur, une banquette et au fond se trouve un lit double dont le sommier sert également d'espace de rangement. Le tout est décoré dans un style chaleureux et kitch rappelant les années 80.
— C'est charmant, complimente Kasey.
Malgré l'espace restreint, on se sent à l'aise et en sécurité à l'intérieur.
— Merci ! J'ai aménagé le véhicule avec l'aide de deux de mes amis.
Winnie retire à son tour ses chaussures avant de s'assurer que le véhicule est bien verrouillé. Puis, elle tire les rideaux pour plus d'intimité.
— Normalement, on ne devrait pas être dérangés ici. L'endroit est relativement calme pour ceux qui aiment camper, explique-t-elle.
Elle sort du mini-réfrigérateur un récipient rempli de légumes pré-découpés qu'elle verse dans une poêle qu'elle récupère d'un tiroir. Elle allume la plaque de cuisson, ajoute de l'huile et quelques herbes. Rapidement, l'odeur appétissante envahit l'intérieur du véhicule.
— Je suis végétarienne, donc pas de viande ici. J'espère que tu m'excuseras si tu en manges.
— Ne t'inquiète pas, je peux m'en passer sans problème.
— Parfait, sourit Winnie. Ne pas manger de viande ou de poisson en rebute plus d'un ! Tu aimes manger épicé ?
— Je n'ai jamais vraiment essayé, en fait.
— Alors, je ne mets qu'un peu de piment doux, dit-elle en saupoudrant son plat d'une épice rouge. Tu verras, ça relève les saveurs sans être trop piquant.
— Je vois... Est-ce que tu as besoin d'aide pour quoi que ce soit ?
— Tu peux dresser la table. Il suffit de la déplier et la vaisselle se trouve dans le tiroir du haut, à gauche.
Kasey s'exécute tout en observant son environnement. Son regard est attiré par quelques photos accrochées au-dessus de la banquette. Sur certaines d'entre elles, Winnie pose avec un homme dont le regard semble se tourner vers la personne qui prend la photo. Du coin de l'œil, Winnie l'avise.
— C'est William, mon ex... j'aurais dû me douter que quelque chose n'allait pas rien qu'avec cette photo.
— Il regardait qui ?
— Peggy, cette connasse... cette photo date d'un an, nous étions partis en camping ensemble, mais va savoir depuis combien de temps ce bordel dure.
Elle secoue la tête, remue vigoureusement ses légumes et ajoute :
— J'sais que ce n'est pas simple de vivre avec quelqu'un qui ne t'aime pas ou alors pas de la manière que tu souhaites, mais il aurait dû m'en parler. Le problème n'est pas le fait qu'il est parti voir une autre fille ni le fait que c'est avec Peggy.
— Le problème est le mensonge ?
— Ouais, carrément.
— Peut-être qu'il ne se sentait pas à l'aise d'en parler ?
— Aucune excuse, tranche Winnie avec amertume, avant de s'adoucir. Nous avons posé nos limites avant de nous mettre en couple et nous nous sommes mis d'accord qu'on avait le droit de voir ailleurs, seulement, on se tenait au courant, tu sais, par principe.
Elle délaisse la poêle afin de remplir les verres présents sur la table d'eau. Après l'avoir remerciée, Kasey boit le sien cul-sec, assoiffé à cause du champagne.
— Nous étions un couple libre, mais faut croire que ça n'allait que dans un sens. Il voulait savoir tout sur mes faits et gestes et avec qui je couchais, mais lui, il se gardait bien de me dire quoi que ce soit, râle Winnie. J'ai bêtement cru que voir ailleurs ne l'intéressait pas.
Elle finit également son verre d'une traite et se retourne pour faire sauter ses légumes. En voyant son air grave, Kasey décide de changer de sujet :
— Donc... tu vis ici ? Tu ne te sens pas à l'étroit ?
— Non, j'aime bien les espaces confinés, ça me rassure et puis, c'est seulement temporaire, explique-t-elle avant de marquer une pause, juste le temps de transvaser les légumes dans les assiettes. Je me suis lancée dans un road trip.
— C'est quoi ? demande Kasey, perplexe qui entend pour la première fois ce mot.
— Un voyage avec plusieurs arrêts, parfois ça conduit à faire le tour du pays.
— Tu comptes faire le tour du Royaume-Uni ?
— Non, ça serait trop long et trop coûteux, sans parler que je dois m'occuper de ma mère, elle n'a plus trop sa tête.
Ils s'installent pour dîner et si Kasey se rend compte à quel point il a faim, il s'efforce de manger doucement.
— Elle est malade ? Enfin, si je peux me permettre...
— Oh non, t'en fais pas, c'est la vie ce genre de chose, il n'y a rien de tabou, rassure aussitôt Winnie qui pique alors dans ses légumes qu'elle s'empresse de mastiquer et d'avaler, avant de poursuivre. Elle serait en stade 4 de la maladie d'Alzheimer selon les médecins, mais ça reste flou.
Elle hésite quand Kasey affiche un air interrogatif et si elle s'attend à quelques questions de sa part, son interlocuteur reste silencieux.
— Tu ne connais pas cette maladie ? demande-t-elle.
— Non... avoue Kasey non sans embarras.
— Ne fais pas cette tête, on ne peut pas tout connaître ! En fait, Alzheimer est une maladie neurodégénérative, en gros, ça affecte les capacités de ton cerveau qui se meurt et... Alzheimer... ça tue l'essence même de la personne : ses souvenirs, sa perception du monde et de son entourage, ses capacités motrices, de réflexion, jusqu'à ne rien laisser derrière elle, si ce n'est une coquille vide.
Un silence pesant s'installe, laissant Kasey avec ses pensées en proie à l'inquiétude. L'information qu'il vient d'assimiler le terrifie. Est-ce que l'Alzheimer ne touche que les Moldus ? Les sorciers peuvent-ils en être affectés ? La médecine n'a jamais suscité son intérêt et il n'en a jamais entendu parler auparavant. Peut-être que dans leur communauté cette maladie porte un autre nom ? Peut-être. Winnie perçoit son inquiétude et vient poser une main réconfortante sur son épaule, cherchant à apaiser ses préoccupations.
— Ça va ? Est-ce que tu connais quelqu'un qui présente des symptômes similaires ? s'enquiert Winnie.
— Non, c'est juste... horrible, murmure Kasey. C'est incurable ?
— Ouais, malheureusement, il n'y a aucun traitement, à part soulager les symptômes, mais bon... répond-elle à mi-voix. Ça aide ma mère, mais ça ne change rien au fait que je la voie dépérir lentement. Un jour, elle ne saura même plus que je suis sa fille, qu'elle m'a aimée de tout son cœur et que je l'ai aimée en retour. Je ne serai plus qu'une étrangère pour elle, voire même une présence troublante dans son esprit et qui la hante.
Une boule d'émotion serre la gorge de Kasey. Les paroles de Winnie résonnent en lui, suscitant une terreur qui le pousse à imaginer un avenir où sa mère serait confrontée à cette maladie. La simple idée d'être oublié, de voir les souvenirs et les liens s'estomper lentement, devient insoutenable. Il inspire profondément, cherchant les mots justes pour soutenir cette femme qui, rien que par sa présence, lui avait peut-être sauver la vie plus tôt.
— Je suis désolé... murmure-t-il finalement. Je ne peux qu'imaginer à quel point cela doit être difficile pour toi.
Winnie hausse les épaules, les yeux embués. Elle retire sa main de l'épaule de Kasey et prend une bouchée de nourriture pour se donner un peu de réconfort. Son assiette est presque vide, il ne reste que des miettes, puis rien.
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"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
Absence : 00.00.00 à 00.00.00 Activité : grosse baisse |
Take Care. It's a Desert Out There.
Kasey observe Winnie en silence alors que le jour se lève doucement. Le réveil de la moldue indique huit heures du matin et tous les deux sont déjà éveillés depuis une dizaine de minutes. La nuit a été courte mais réparatrice, sans cauchemar pour perturber le sommeil de Kasey qui a put dormir comme un loir.
Finalement, Winnie brise le silence :
— Eh, ça te dit de m'accompagner ? propose-t-elle.
Kasey hausse les sourcils, attentif mais silencieux. Winnie continue de fixer le plafond blanc du combi, laissant ses pensées vagabonder dans son esprit.
— Je n'ai pas vraiment de destination précise, répond-elle. Partout et nulle part en particulier, en quelque sorte.
— C'est un peu au hasard, alors ? demande-t-il.
Winnie esquisse un sourire malicieux, ses épaules se haussent légèrement.
— Tout à fait, plaisante-t-elle. À l'origine, Peggy devait m'accompagner, mais tu sais comment ça s'est finit... Et je n'ai pas envie d'être seule. Mais je comprends si tu refuses, après tout, on s'est rencontrés il y a seulement quelques heures.
Kasey prend un moment pour réfléchir sérieusement à sa proposition. À cet instant, rentrer chez lui ne l'enchante guère et retrouver ses parents encore moins. Peut-être qu'une aventure improvisée pourrait lui faire du bien ? Peut-être. Il déteste ce mot qui semble désormais régir sa vie, apportant son lot d'incertitude et renforçant cette sensation d'avoir perdu le contrôle, sensation qu'il déteste par-dessus tout.
Après un court moment de réflexion, Kasey se redresse et fixe Winnie avec détermination.
— Je suis partant, déclare-t-il.
Un sourire sincère illumine le visage de son interlocutrice, lui donnant un air espiègle et intrépide.
— Parfait ! s'exclame-t-elle. Nous allons vivre une aventure, toi, moi et la route. Prêt ?
Kasey hoche la tête, un mélange d'excitation et d'appréhension dans les yeux, tandis que Winnie éclate de joie. D'un bon, elle quitte le lit et se dirige vers le coin cuisine du combi. Là, elle ouvre un placard d'où elle sort un avocat, des tartines et du miel, ainsi qu'un pot d'assortiment de graines. Kasey l'observe préparer plusieurs tartines, avant de se joindre à elle pour servir deux verres de jus d'orange à la demande de Winnie. Cette dernière parle de tous les endroits qu'ils pourraient explorer et des activités auxquelles ils pourraient se lancer.
— Hey, pourquoi ne pas faire du canoë ? Et attends, attends... du saut à l'élastique !
— Du saut à l'élastique ?
— Tu ne connais pas ? En gros, tu es accroché à un élastique et tu te jettes dans un gouffre.
Les yeux de Kasey s'écarquillent à cette explication. Eh bien, lui qui pensait que seuls les sorciers inventaient des activités dangereuses !
— Sérieusement ? demande-t-il, incrédule.
— Ouais, ouais !
— Ça ne te paraît pas dangereux ?
— Pas vraiment, en fait. Les accidents sont rares et c'est bien sécurisé, rassure Winnie. Mais si ça ne te tente pas trop, je pourrais essayer seule.
— Faisons comme ça.
— Parfait alors !
Sur ces mots, elle croque dans une tartine et Kasey en fait de même, plongé dans ses pensées. En vrai, il pourrait essayer, non ? Qu'est-ce qui le retenait ? Il hésite. De quoi avait-il peur au juste ? Du vertige ? De la chute libre ? Il avait joué au Quidditch lorsqu'il était adolescent, frôlant la chute à maintes reprises, prenant des cognards en plein ventre sans sourciller. Il avait goûté à l'excitation des hauteurs et au frisson du danger. Ici, ce n'était qu'un saut, rien de plus.
— En fait, je vais essayer également, déclare-t-il.
Winnie le regarde avec surprise et enthousiasme.
— Vraiment ? Je suis ravie que tu te joignes à moi ! Ça promet d'être une sacrée expérience.
Un sourire se dessine sur le visage de Kasey. Il était à la fois excité, mais aussi inquiet. Dans quoi se lançait-il ? Il l'ignore, mais plus question de faire demi-tour à présent.
— Et toi ? Qu'aimerais-tu faire ? demande Winnie après coup. Ce n'est pas drôle si je choisis toutes nos activités.
Nous pouvons dire que Winnie lui pose une colle, Kasey ne connaît aucune activité moldue ! Il fait mine de réfléchir, laissant ses souvenirs ressurgir. Elizabeth, lors d'une conversation, avait vanté les mérites de l'accrobranche, suscitant la curiosité de Kasey ce jour-là.
— Et que dirais-tu de l'accrobranche ? propose-t-il.
— J'en suis partante ! s'exclame Winnie. La dernière fois que j'en ai fait, j'étais encore enfant. Tu en as déjà fait ?
— Non, mais une amie m'en a parlé.
— Tu verras, c'est génial.
Kasey sourit, ravi d'avoir trouvé une idée qui enthousiasme Winnie.
— Et pourquoi ne pas en profiter pour explorer la région ? suggère-t-elle. Il y a le Pavillon Royal qui vaut le détour, on peut faire un tour des South Downs et des Seven Sisters en combi, il y a un circuit et c'est juste sublime !
— Les "Seven Sisters" ? Quel drôle de nom !
— C'est parce qu'il y a sept collines... enfin, huit maintenant à cause de l'érosion de la mer, explique Winnie en finissant sa tartine.
Kasey se sent de plus en plus emballé par l'idée de cette aventure.
— Ça nous fait un bon petit programme.
— Oui, commençons par ça, puis nous verrons pour la suite... Tu aimerais commencer par quoi ?
Kasey réfléchit un instant, puis propose avec enthousiasme :
— Et si nous commençons par les falaises ? Je crois comprendre que nous ne sommes pas loin.
Winnie sort son smartphone de sa poche, du même modèle que celui de Charles si Kasey se souvient bien. Étant en face d'elle, Kasey ne peut pas voir ce qu'elle cherche. Après un court silence, elle acquiesce.
— Demain, il fait beau, on peut y aller sans problème... Alors, si ça te dit, nous pourrions visiter le Pavillon Royal aujourd'hui ? Il y a aussi St Bartholomews... en fait, il y a tellement d'édifices religieux à voir, on pourrait faire le tour, ça a un côté majestueux. Ça ne te dérange pas ?
— Non, pas du tout.
Winnie se remet à pianoter sur son téléphone et Kasey attend avec impatience sa réaction.
— Parfait, il y a plusieurs restaurants végétariens dans le coin, oh, celui-ci a de très bonnes notes et les plats ont l'air délicieux !
Elle lui montre aussitôt les différentes photos de l'Iydea Vegetarian Kitchen.
— On peut essayer, ça a l'air vraiment appétissant.
— Parfait, c'est décidé ! Préparons-nous, une longue journée nous attend !
Dès que le petit-déjeuner prit fin, Kasey et Winnie se préparent pour la journée à venir. Ils changent de vêtements, se brossent les dents (Winnie a eut la gentillesse de prêter une brosse à dents à Kasey) et mettent le combi en marche pour leur prochaine destination.
Finalement, Winnie brise le silence :
— Eh, ça te dit de m'accompagner ? propose-t-elle.
Kasey hausse les sourcils, attentif mais silencieux. Winnie continue de fixer le plafond blanc du combi, laissant ses pensées vagabonder dans son esprit.
— Je n'ai pas vraiment de destination précise, répond-elle. Partout et nulle part en particulier, en quelque sorte.
— C'est un peu au hasard, alors ? demande-t-il.
Winnie esquisse un sourire malicieux, ses épaules se haussent légèrement.
— Tout à fait, plaisante-t-elle. À l'origine, Peggy devait m'accompagner, mais tu sais comment ça s'est finit... Et je n'ai pas envie d'être seule. Mais je comprends si tu refuses, après tout, on s'est rencontrés il y a seulement quelques heures.
Kasey prend un moment pour réfléchir sérieusement à sa proposition. À cet instant, rentrer chez lui ne l'enchante guère et retrouver ses parents encore moins. Peut-être qu'une aventure improvisée pourrait lui faire du bien ? Peut-être. Il déteste ce mot qui semble désormais régir sa vie, apportant son lot d'incertitude et renforçant cette sensation d'avoir perdu le contrôle, sensation qu'il déteste par-dessus tout.
Après un court moment de réflexion, Kasey se redresse et fixe Winnie avec détermination.
— Je suis partant, déclare-t-il.
Un sourire sincère illumine le visage de son interlocutrice, lui donnant un air espiègle et intrépide.
— Parfait ! s'exclame-t-elle. Nous allons vivre une aventure, toi, moi et la route. Prêt ?
Kasey hoche la tête, un mélange d'excitation et d'appréhension dans les yeux, tandis que Winnie éclate de joie. D'un bon, elle quitte le lit et se dirige vers le coin cuisine du combi. Là, elle ouvre un placard d'où elle sort un avocat, des tartines et du miel, ainsi qu'un pot d'assortiment de graines. Kasey l'observe préparer plusieurs tartines, avant de se joindre à elle pour servir deux verres de jus d'orange à la demande de Winnie. Cette dernière parle de tous les endroits qu'ils pourraient explorer et des activités auxquelles ils pourraient se lancer.
— Hey, pourquoi ne pas faire du canoë ? Et attends, attends... du saut à l'élastique !
— Du saut à l'élastique ?
— Tu ne connais pas ? En gros, tu es accroché à un élastique et tu te jettes dans un gouffre.
Les yeux de Kasey s'écarquillent à cette explication. Eh bien, lui qui pensait que seuls les sorciers inventaient des activités dangereuses !
— Sérieusement ? demande-t-il, incrédule.
— Ouais, ouais !
— Ça ne te paraît pas dangereux ?
— Pas vraiment, en fait. Les accidents sont rares et c'est bien sécurisé, rassure Winnie. Mais si ça ne te tente pas trop, je pourrais essayer seule.
— Faisons comme ça.
— Parfait alors !
Sur ces mots, elle croque dans une tartine et Kasey en fait de même, plongé dans ses pensées. En vrai, il pourrait essayer, non ? Qu'est-ce qui le retenait ? Il hésite. De quoi avait-il peur au juste ? Du vertige ? De la chute libre ? Il avait joué au Quidditch lorsqu'il était adolescent, frôlant la chute à maintes reprises, prenant des cognards en plein ventre sans sourciller. Il avait goûté à l'excitation des hauteurs et au frisson du danger. Ici, ce n'était qu'un saut, rien de plus.
— En fait, je vais essayer également, déclare-t-il.
Winnie le regarde avec surprise et enthousiasme.
— Vraiment ? Je suis ravie que tu te joignes à moi ! Ça promet d'être une sacrée expérience.
Un sourire se dessine sur le visage de Kasey. Il était à la fois excité, mais aussi inquiet. Dans quoi se lançait-il ? Il l'ignore, mais plus question de faire demi-tour à présent.
— Et toi ? Qu'aimerais-tu faire ? demande Winnie après coup. Ce n'est pas drôle si je choisis toutes nos activités.
Nous pouvons dire que Winnie lui pose une colle, Kasey ne connaît aucune activité moldue ! Il fait mine de réfléchir, laissant ses souvenirs ressurgir. Elizabeth, lors d'une conversation, avait vanté les mérites de l'accrobranche, suscitant la curiosité de Kasey ce jour-là.
— Et que dirais-tu de l'accrobranche ? propose-t-il.
— J'en suis partante ! s'exclame Winnie. La dernière fois que j'en ai fait, j'étais encore enfant. Tu en as déjà fait ?
— Non, mais une amie m'en a parlé.
— Tu verras, c'est génial.
Kasey sourit, ravi d'avoir trouvé une idée qui enthousiasme Winnie.
— Et pourquoi ne pas en profiter pour explorer la région ? suggère-t-elle. Il y a le Pavillon Royal qui vaut le détour, on peut faire un tour des South Downs et des Seven Sisters en combi, il y a un circuit et c'est juste sublime !
— Les "Seven Sisters" ? Quel drôle de nom !
— C'est parce qu'il y a sept collines... enfin, huit maintenant à cause de l'érosion de la mer, explique Winnie en finissant sa tartine.
Kasey se sent de plus en plus emballé par l'idée de cette aventure.
— Ça nous fait un bon petit programme.
— Oui, commençons par ça, puis nous verrons pour la suite... Tu aimerais commencer par quoi ?
Kasey réfléchit un instant, puis propose avec enthousiasme :
— Et si nous commençons par les falaises ? Je crois comprendre que nous ne sommes pas loin.
Winnie sort son smartphone de sa poche, du même modèle que celui de Charles si Kasey se souvient bien. Étant en face d'elle, Kasey ne peut pas voir ce qu'elle cherche. Après un court silence, elle acquiesce.
— Demain, il fait beau, on peut y aller sans problème... Alors, si ça te dit, nous pourrions visiter le Pavillon Royal aujourd'hui ? Il y a aussi St Bartholomews... en fait, il y a tellement d'édifices religieux à voir, on pourrait faire le tour, ça a un côté majestueux. Ça ne te dérange pas ?
— Non, pas du tout.
Winnie se remet à pianoter sur son téléphone et Kasey attend avec impatience sa réaction.
— Parfait, il y a plusieurs restaurants végétariens dans le coin, oh, celui-ci a de très bonnes notes et les plats ont l'air délicieux !
Elle lui montre aussitôt les différentes photos de l'Iydea Vegetarian Kitchen.
— On peut essayer, ça a l'air vraiment appétissant.
— Parfait, c'est décidé ! Préparons-nous, une longue journée nous attend !
Dès que le petit-déjeuner prit fin, Kasey et Winnie se préparent pour la journée à venir. Ils changent de vêtements, se brossent les dents (Winnie a eut la gentillesse de prêter une brosse à dents à Kasey) et mettent le combi en marche pour leur prochaine destination.
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