Venge-nous
Suite de cet événement
Aliosus avançait à grandes enjambées dans les couloirs, sans trop savoir où il se dirigeait. Il venait de contempler pendant un temps qui lui avait semblé infini l'odieux affichage des portraits des membres de la Chambre des Sorciers. Ils y étaient tous, placardés comme des avis de recherches, noms et âges, il ne manquait plus que l'adresse. Ah ! L'adresse aurait tout aussi bien pu être écrite, aucun de ces membres ne se cachait de son peuple.
Voir ainsi le portrait de son père sur un mur de son école, désigné comme l'ennemi, avait manqué de le faire vomir. Qui avait pu oser ? Qui était assez stupide et haineux ? D'abord des tracts contre sa propre cousine et à présent, c'était son père, et par extension, lui, désigné à il-ne-savait-quelle vindicte anti Conseil. Et pas seulement lui, mais Ennis aussi, son frère, et Orphéa. Orphéa... Dont le grand-père, membre du Conseil, avait donné sa vie dans une action héroïque fallait-il encore le rappeler ? Rappeler qu'il était mort en cherchant à protéger les sorciers, tous les sorciers, de Grande-Bretagne.
C'était une honte. Il revoyait son propre père faire son possible pour dissimuler les blessures reçues lors de l'attaque de l'Académie des Arts Obscurs, mission dirigée par le Conseil pour libérer les otages Chinois. Y avait-on vu les pseudo résistants ? Pendant que les écoles du monde entier se livraient au jeu pervers de l'Urne noire et du Dominion, le Conseil avait réussi à frapper au coeurs des Lignées.
Il bouillait, tout simplement, de colère envers la stupidité crasse qui avait animé la ou les personnes responsable de cette infamie.
«T'es chafouin cousin ? J'imagine qu't'as vu...»
«Pas maintenant Aiobhe s'il te plait. »
La cousine d'Aliosus n'avait pas exactement de don pour le tact ou la diplomatie, et il ne se sentait pas de subir ses remarques déplacées. Qu'elle se moque de lui quand elle le battait aux échecs sorciers était une chose, mais là...
Elle ne passa pas son chemin, ça n'étonnait pas franchement Aliosus, en revanche, qu'elle s'approche de lui pour le prendre dans ses bras, c'était bel et bien une première.
«Aiobhe...»
«Tu sais que j'suis là cousin Liosus hein ?» Elle avait sa tête posée contre son torse, pratiquement sur son badge de préfet en Chef. Il se trouvait complètement désemparé.
«Mère elle m'a bien dit de faire attention à moi ici d'puis que tonton Magnus est entré à la Chambre. Tu t'rends pas compte, cousin, comment c'est en dehors de tes cachots. Vous êtes tous inscrits au Registre là d'dans. Dans ma tour c'est pas pareil. Y a des sales regards tu verrais... Mais on leur rend, à ces bourbeux, j'te jure cousin, j'ai pas encore baissé les yeux.»
La main d'Aliosus s'était posée sur les cheveux de la troisième année, il se maudissait de ne savoir quoi répondre pendant qu'il tentait de maitriser le tremblement de son menton qui trahissait le trop plein d'émotions qui se bousculaient en lui.
«Et ta mère Willow, elle elle veut que j'veille sur toi tu vois ? J'fais c'que j'peux cousin, tu dois m'croire. J'ai cramé tous les trucs dégueulasses sur cousine Alice que j'ai trouvé moi aussi, j'fais gaffe mais...»
Les mains frêles de la jeune Serdaigle s'agrippaient de plus en plus à l'uniforme d'Aliosus alors qu'elle levait des yeux embués vers lui.
«Mais c'est dur tu vois ? sa voix semblait sur le point de se casser, oscillant entre le murmure apeuré et le cri de colère. J'suis là pour toi, mais là j'vais aussi avoir besoin d'savoir que l'inverse est vrai, parce qu'y a pas que toi qui s'ra mal vu après ce genre d'affiches, parce que va y en avoir d'autre Aliosus, ils nous veulent du mal tu comprends ? Ils nous veulent du mal et ils sont trop stupides pour comprendre que c'est grâce à ton père ou aux familles de tes copains d'Serpentard qu'ils sont pas tous morts entassés comme des chiens dans une fosse en vrac après avoir été trouvé par les moldus !»
Après avoir fini en criant, elle brandit sa baguette le cimier d'une armure du couloir vola en éclat. Difficile de savoir quel sort avait été autant déformé par les émotions d'Aiobhe pour produire ce résultat. Elle resta immobile un instant, le regard dans le vide, avant de commencer à pleurer. Aliosus se rapprocha d'elle et prit sa main.
«C'est pas à toi de veiller sur moi, et tu le sais très bien.»
«Si tu fais gaffe à toi comme tu fais gaffe à ton roi...»
«Aiobhe je suis sérieux.»
«Aliosus ?»
«Oui ?»
«J'te vois tu sais, dans les couloirs, dans la grande salle, t'es là, le beau préfet en chef... Si tu savais ce que certaines disent d'ailleurs... Tu parades, le badge te va bien et j'suis fière de toi et tout mais j'ai peur qu'à l'avenir, ce badge, il soit dangereux. J'veux pas qu'ce soit un boulet, une entrave, qui va t'empêcher de faire c'que qui faut.»
Elle fixait Aliosus droit dans les yeux, et il comprit bien avant qu'elle ne termine.
«Venge-nous.»
Aliosus avançait à grandes enjambées dans les couloirs, sans trop savoir où il se dirigeait. Il venait de contempler pendant un temps qui lui avait semblé infini l'odieux affichage des portraits des membres de la Chambre des Sorciers. Ils y étaient tous, placardés comme des avis de recherches, noms et âges, il ne manquait plus que l'adresse. Ah ! L'adresse aurait tout aussi bien pu être écrite, aucun de ces membres ne se cachait de son peuple.
Voir ainsi le portrait de son père sur un mur de son école, désigné comme l'ennemi, avait manqué de le faire vomir. Qui avait pu oser ? Qui était assez stupide et haineux ? D'abord des tracts contre sa propre cousine et à présent, c'était son père, et par extension, lui, désigné à il-ne-savait-quelle vindicte anti Conseil. Et pas seulement lui, mais Ennis aussi, son frère, et Orphéa. Orphéa... Dont le grand-père, membre du Conseil, avait donné sa vie dans une action héroïque fallait-il encore le rappeler ? Rappeler qu'il était mort en cherchant à protéger les sorciers, tous les sorciers, de Grande-Bretagne.
C'était une honte. Il revoyait son propre père faire son possible pour dissimuler les blessures reçues lors de l'attaque de l'Académie des Arts Obscurs, mission dirigée par le Conseil pour libérer les otages Chinois. Y avait-on vu les pseudo résistants ? Pendant que les écoles du monde entier se livraient au jeu pervers de l'Urne noire et du Dominion, le Conseil avait réussi à frapper au coeurs des Lignées.
Il bouillait, tout simplement, de colère envers la stupidité crasse qui avait animé la ou les personnes responsable de cette infamie.
«T'es chafouin cousin ? J'imagine qu't'as vu...»
«Pas maintenant Aiobhe s'il te plait. »
La cousine d'Aliosus n'avait pas exactement de don pour le tact ou la diplomatie, et il ne se sentait pas de subir ses remarques déplacées. Qu'elle se moque de lui quand elle le battait aux échecs sorciers était une chose, mais là...
Elle ne passa pas son chemin, ça n'étonnait pas franchement Aliosus, en revanche, qu'elle s'approche de lui pour le prendre dans ses bras, c'était bel et bien une première.
«Aiobhe...»
«Tu sais que j'suis là cousin Liosus hein ?» Elle avait sa tête posée contre son torse, pratiquement sur son badge de préfet en Chef. Il se trouvait complètement désemparé.
«Mère elle m'a bien dit de faire attention à moi ici d'puis que tonton Magnus est entré à la Chambre. Tu t'rends pas compte, cousin, comment c'est en dehors de tes cachots. Vous êtes tous inscrits au Registre là d'dans. Dans ma tour c'est pas pareil. Y a des sales regards tu verrais... Mais on leur rend, à ces bourbeux, j'te jure cousin, j'ai pas encore baissé les yeux.»
La main d'Aliosus s'était posée sur les cheveux de la troisième année, il se maudissait de ne savoir quoi répondre pendant qu'il tentait de maitriser le tremblement de son menton qui trahissait le trop plein d'émotions qui se bousculaient en lui.
«Et ta mère Willow, elle elle veut que j'veille sur toi tu vois ? J'fais c'que j'peux cousin, tu dois m'croire. J'ai cramé tous les trucs dégueulasses sur cousine Alice que j'ai trouvé moi aussi, j'fais gaffe mais...»
Les mains frêles de la jeune Serdaigle s'agrippaient de plus en plus à l'uniforme d'Aliosus alors qu'elle levait des yeux embués vers lui.
«Mais c'est dur tu vois ? sa voix semblait sur le point de se casser, oscillant entre le murmure apeuré et le cri de colère. J'suis là pour toi, mais là j'vais aussi avoir besoin d'savoir que l'inverse est vrai, parce qu'y a pas que toi qui s'ra mal vu après ce genre d'affiches, parce que va y en avoir d'autre Aliosus, ils nous veulent du mal tu comprends ? Ils nous veulent du mal et ils sont trop stupides pour comprendre que c'est grâce à ton père ou aux familles de tes copains d'Serpentard qu'ils sont pas tous morts entassés comme des chiens dans une fosse en vrac après avoir été trouvé par les moldus !»
Après avoir fini en criant, elle brandit sa baguette le cimier d'une armure du couloir vola en éclat. Difficile de savoir quel sort avait été autant déformé par les émotions d'Aiobhe pour produire ce résultat. Elle resta immobile un instant, le regard dans le vide, avant de commencer à pleurer. Aliosus se rapprocha d'elle et prit sa main.
«C'est pas à toi de veiller sur moi, et tu le sais très bien.»
«Si tu fais gaffe à toi comme tu fais gaffe à ton roi...»
«Aiobhe je suis sérieux.»
«Aliosus ?»
«Oui ?»
«J'te vois tu sais, dans les couloirs, dans la grande salle, t'es là, le beau préfet en chef... Si tu savais ce que certaines disent d'ailleurs... Tu parades, le badge te va bien et j'suis fière de toi et tout mais j'ai peur qu'à l'avenir, ce badge, il soit dangereux. J'veux pas qu'ce soit un boulet, une entrave, qui va t'empêcher de faire c'que qui faut.»
Elle fixait Aliosus droit dans les yeux, et il comprit bien avant qu'elle ne termine.
«Venge-nous.»
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