Tu es celle dont j'ai besoin
Samedi 16 mai 2048
10h15
@Aelle Bristyle
10h15
@Aelle Bristyle
Cela dure depuis trop longtemps. Il me fallait demander de l'aide mais je ne savais pas vraiment vers qui me tourner. Je ne voulais en aucun cas en parler à un professeur ni même un adulte. J'ignore pourquoi mais cette solution ne m'était pas du tout envisageable. J'aurais pu me tourner vers mes amis mais au vu de leur âge, comment pourraient-ils m'aider à quoi que ce soit ? Ils ne sont pas en position de force. J'aurais pu lui en parler à elle, celle que je considère comme ma grande sœur. Megan... Non. Je ne voulais pas l'inquiéter. Je ne pouvais pas non plus en parler à Gryffs ou encore à Elian, en qui j'ai une totale confiance. Je ne voulais pas les mêler à ça. J'avais la sensation d'avoir besoin de trouver quelqu'un de détaché et c'est en la croisant par hasard il y a quelques jours dans la salle commune que j'eus l'idée d'aller la voir, elle. Aelle.
Il était facile de savoir où la trouver puisque nous nous ressemblions un peu. La bibliothèque. Les examens arrivaient et malgré tout, il me fallait réviser. Je l'avais donc déjà aperçu. Brièvement, certes, mais je l'ai déjà croisé. Je ne m'étais jamais posée pour aller lui parler. Non pas qu'elle m'inquiète ou qu'elle puisse me faire peur, c'est simplement que je n'ai jamais eu l'occasion de pouvoir faire sa connaissance et surtout que nous n'avons jamais eu de similitudes au point de pouvoir en discuter ensemble. Je crois même qu'elle ne discute pas avec grand monde. Enfin, je la vois souvent avec quelqu'un en ce moment, mais je préfère vite chasser cette image de ma tête car cela m'agace un peu. Et je ne suis pas là pour ça. Je prends donc mon courage à deux mains et me dirige vers la table où elle semble étudier. Je m'assois, à sa diagonale et en silence, pour ne pas être trop envahissante dès le début.
Plusieurs minutes passent. Ou alors je suis totalement déconnectée de la réalité et n'ai plus conscience du temps qui file. Je ne vais pas rester bêtement là, à la regarder réviser du coin de l'œil. Je tente donc une approche en toussant très légèrement pour signaler ma présence, au cas où elle ne m'aurait pas encore aperçue.
- Aelle... Excuse-moi de te déranger alors que tu es en train de réviser... J'aurais aimé te demander ton aide. Enfin, si tu es d'accord...
@Megan Arrington, @Gryffs Sorrow et @Elian Kernac'h pour les mentions et l'amour que Mary vous porte
¤ Matriarcat Marla viendra à bout des fiers-à-bras ! ¤ | 3ème année RP (48-49)
Gossip Girl en Chef de Poudlard | Hel's Angels | Membre du Club de Bavboules et du Club de soutien scolaire
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Tu es celle dont j'ai besoin
16 mai 2048
Bibliothèque — Poudlard
7ème année
Je me suis installée à une grande table. Mon savoir a besoin de place pour s'étendre, c'est logique. Le plateau en bois est recouvert de parchemins et de grimoires ouverts, de plumes et de pots d'encre. Puisque je ne suis pas totalement dénuée de raison, j'ai laissé deux petites places libres en bout de table. Je peux bien accepter que deux personnes viennent s'asseoir, mais pas plus. Mon savoir a besoin de solitude pour se sentir bien, c'est logique.
Je griffonne, j'écris, j'efface, je recommence. J'efface plus qu'autre chose. Et au final, je ne griffonne pas tant que cela. Souvent, mon regard se perd sur la table et mes livres éparpillés. Je finis par ne plus rien voir de mes affaires ni rien entendre des bruits de la bibliothèque. J'écoute les remous de mon coeur qui s'agite à l'intérieur de mon corps. Quatre jours viennent de passer et je ne parviens pas encore à y croire. J'oscille entre frustration et bonheur pur. Un bonheur d'enfant, un bonheur qui me fait sourire, là, dans la bibliothèque, alors que je ne souris jamais comme ça dans la bibliothèque.
Je me redresse aussitôt alors que j'étais affalée en réintégrant brusquement le temps présent. Je jette un regard en coin à la Poufsouffle qui a cru bon venir s'installer à ma table — je ne dis rien, j'ai après tout sciemment laissé deux places libres. J'attrape une plume pour la forme mais les mots ne viennent pas. Oh, je continuerai de réviser dans une minute ou deux. Pour le moment, j'ai envie de me souvenir des étoiles trouvées sur le tableau et de leur signification — j'y pense et encore, j'ai cette envie de sourire.
Envie qu’annihile très aisément la Poufsouffle quand elle prend la parole. Je me tourne franchement vers elle cette fois-ci. Comment s'appelle-t-elle, déjà ? Que veut-elle ? De l'aide ? Mais Merlin, pourquoi moi ?
« J'ai pas le temps de faire du soutien scolaire, » je réponds d'une voix neutre et franche en m'installant plus confortablement sur ma chaise. Et je n'en ai pas envie, songé-je « Va voir les préfets, ils t'aideront. » Ou pas, mais je m'en fiche.
Je ramène mes yeux sur mon parchemin à moitié vierge en espérant qu'elle va me laisser tranquille. On a pas idée de me demander de l'aide à moi !
Avec du retard, me voici ! T'as vu ? Aelle est gentille, hein ?
Bibliothèque — Poudlard
7ème année
Je me suis installée à une grande table. Mon savoir a besoin de place pour s'étendre, c'est logique. Le plateau en bois est recouvert de parchemins et de grimoires ouverts, de plumes et de pots d'encre. Puisque je ne suis pas totalement dénuée de raison, j'ai laissé deux petites places libres en bout de table. Je peux bien accepter que deux personnes viennent s'asseoir, mais pas plus. Mon savoir a besoin de solitude pour se sentir bien, c'est logique.
Je griffonne, j'écris, j'efface, je recommence. J'efface plus qu'autre chose. Et au final, je ne griffonne pas tant que cela. Souvent, mon regard se perd sur la table et mes livres éparpillés. Je finis par ne plus rien voir de mes affaires ni rien entendre des bruits de la bibliothèque. J'écoute les remous de mon coeur qui s'agite à l'intérieur de mon corps. Quatre jours viennent de passer et je ne parviens pas encore à y croire. J'oscille entre frustration et bonheur pur. Un bonheur d'enfant, un bonheur qui me fait sourire, là, dans la bibliothèque, alors que je ne souris jamais comme ça dans la bibliothèque.
Je me redresse aussitôt alors que j'étais affalée en réintégrant brusquement le temps présent. Je jette un regard en coin à la Poufsouffle qui a cru bon venir s'installer à ma table — je ne dis rien, j'ai après tout sciemment laissé deux places libres. J'attrape une plume pour la forme mais les mots ne viennent pas. Oh, je continuerai de réviser dans une minute ou deux. Pour le moment, j'ai envie de me souvenir des étoiles trouvées sur le tableau et de leur signification — j'y pense et encore, j'ai cette envie de sourire.
Envie qu’annihile très aisément la Poufsouffle quand elle prend la parole. Je me tourne franchement vers elle cette fois-ci. Comment s'appelle-t-elle, déjà ? Que veut-elle ? De l'aide ? Mais Merlin, pourquoi moi ?
« J'ai pas le temps de faire du soutien scolaire, » je réponds d'une voix neutre et franche en m'installant plus confortablement sur ma chaise. Et je n'en ai pas envie, songé-je « Va voir les préfets, ils t'aideront. » Ou pas, mais je m'en fiche.
Je ramène mes yeux sur mon parchemin à moitié vierge en espérant qu'elle va me laisser tranquille. On a pas idée de me demander de l'aide à moi !
Avec du retard, me voici ! T'as vu ? Aelle est gentille, hein ?
Tu es celle dont j'ai besoin
Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'elle accepte si facilement. J'espérais au moins qu'elle me demande en quoi j'avais besoin d'elle mais je n'ai pas eu cette chance. Je retiens un soupir et me pince ma lèvre inférieure. Je l'écoute me repousser et ne dis rien sur le coup. C'était à prévoir. Nous n'avons jamais parlé ensemble, elle et moi. C'est une septième année et en plus une sacrée rumeur tourne sur son caractère. Pour autant, elle est vraiment celle dont j'ai besoin. Je le sais. Je ne peux donc pas laisser passer cette chance et prends mon courage à deux mains.
- Ce n'est pas pour du soutien scolaire...
Je continue de la regarder. Avant qu'elle ne s'énerve et qu'elle refuse à nouveau, je poursuis.
- Je sais que ton temps est précieux et je m'en veux de devoir te déranger mais tu es la Poufsouffle avec le plus tempérament.. Du moins je crois... J'ai simplement besoin d'apprendre.. Je veux pouvoir me défendre comme toi tu sais si bien le faire.. S'il te plaît... Je dois apprendre à me défendre... Comment... Comment tu arrives si facilement à rester neutre, tout en révélant ce que tu penses au fond de toi ?
Je me rends compte que mon discours n'a aucune logique et je me dis que c'est foutu. Comment pourrait-elle vouloir m'aider alors que je ne sais même pas expliquer ce dont j'ai besoin ?
- Des grands se sont moqués de moi.. Je voulais juste connaître ton astuce pour empêcher qu'ils ne recommencent...
Je regarde de nouveau mes affaires, n'osant même plus la regarder et la déranger avec mon regard persistant.
Elle est tout bonnement adorable !
- Ce n'est pas pour du soutien scolaire...
Je continue de la regarder. Avant qu'elle ne s'énerve et qu'elle refuse à nouveau, je poursuis.
- Je sais que ton temps est précieux et je m'en veux de devoir te déranger mais tu es la Poufsouffle avec le plus tempérament.. Du moins je crois... J'ai simplement besoin d'apprendre.. Je veux pouvoir me défendre comme toi tu sais si bien le faire.. S'il te plaît... Je dois apprendre à me défendre... Comment... Comment tu arrives si facilement à rester neutre, tout en révélant ce que tu penses au fond de toi ?
Je me rends compte que mon discours n'a aucune logique et je me dis que c'est foutu. Comment pourrait-elle vouloir m'aider alors que je ne sais même pas expliquer ce dont j'ai besoin ?
- Des grands se sont moqués de moi.. Je voulais juste connaître ton astuce pour empêcher qu'ils ne recommencent...
Je regarde de nouveau mes affaires, n'osant même plus la regarder et la déranger avec mon regard persistant.
Elle est tout bonnement adorable !
¤ Matriarcat Marla viendra à bout des fiers-à-bras ! ¤ | 3ème année RP (48-49)
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Tu es celle dont j'ai besoin
Ah, ce n'est pas pour du soutien scolaire. Je la regarde de nouveau, la joue appuyée contre la paume de ma main. Si je semble l'écouter, en vérité je pense plutôt aux étoiles, au tableau, à une femme à laquelle je me suis interdit de penser pendant des mois. Malheureusement j'ai des oreilles, et ces oreilles sont bien forcées d'entendre. J'entends donc et je suis tant surprise par ce qu'elle me dit que je reviens tout à fait à la conversation, au moment même où mes sourcils se dressent sur mon front en une mimique surprise. Ai-je bien compris ce qu'elle est en train de me dire ? Que je suis la Poufsouffle avec le plus de tempérament (entendre celle qui agit comme elle le souhaite sans se soucier des autres), que je sais me défendre (entendre que je me fiche tellement des autres que je leur dis ce que je pense sans filtre) ? Que c'est pour ces raisons qu'elle me demande de l'aide pour se défendre ?
Sa demande me laisse perplexe et je ne le cache pas puisque je reste immobile, les yeux fixés sur elle. C'est que je n'ai rien à lui dire, rien à lui apprendre. Les gens sont ce qu'ils sont. Ce n'est pas comme si j'avais appris à dire aux autres d'aller se faire voir, ce n'est pas comme si je cherchais consciemment à être ce que je suis. On m'a distribué ces cartes à la naissance, voilà tout. Il y en a qui subissent sans un mot les moqueries des autres et il y en a qui répliquent, voilà tout. Je ne peux pas lui apprendre à passer dans un camp dans lequel elle n'a vraisemblablement pas sa place. Allez savoir pourquoi cette petite fille subit les moqueries de ses camarades sans s'en défendre. Gêne, honte, peur, timidité ? Tant d'explications possibles !
Cela dit, je comprends pourquoi elle est venue me voir moi, même si je fais partie des grands, ce qui fait au moins une caractéristique qui pourrait l'encourager à avoir peur de moi. Elle a compris que c'est pas moi qui irais me moquer d'elle sans qu'elle n'ait fait quelque chose de purement idiot me concernant, et ce, devant moi. C'est assez déroutant, cependant, d'être capable de lui inspirer ces choses qu'elle décrit sans pour autant lui inspirer suffisamment de crainte pour qu'elle se persuade qu'il ne vaut mieux pas venir me demander mon aide à moi. Je connais bien une demi-douzaine de personnes dans ce château, et plus encore en comptant les adultes, qui auraient pu l'aider de manière plus efficace que moi. Ils l'auraient conseillée et auraient même pu punir les responsables de son mal-être. Si elle est venue me voir moi, c'est parce qu'elle n'a pas besoin de conseil ou de punition. Elle a besoin d'arme. Sa seule erreur est d'avoir cru que j'aurais envie de prendre le temps de les lui apprendre.
Diantre, a-t-elle conscience que ce n'est pas dans une discussion à la volée qu'elle pourra apprendre à ne plus être qui elle est ? Combien de temps faudrait-il pour qu'elle saisisse la subtilité du problème ? Des semaines ! Des mois ! Oui, non, je ne suis clairement pas la personne qu'il lui faut. Parce que je n'ai qu'une réponse à lui donner et que je doute qu'elle lui plaise.
« Mon astuce, c'est de leur dire d'aller se faire voir. »
C'est vrai ! Cela fonctionne ! Pas plus tard que la semaine dernière, cet espèce de scroutt à pétard incompétent et ignare de Dimitri Jones m'a lancé, alors que nous nous croisions dans un couloir : « Alors Bristyle, toujours un balai enfoncé dans le... ». Enfin, il m'a lancé une idiotie plus grosse que son énorme tête d'abruti. Ce à quoi j'ai répondu, après avoir résisté à l'envie puérile de lui présenter mon majeur : « Pourquoi, Jones, t'as envie de vérifier ça de plus près ? », le tout en dégainant ma baguette et en avançant à grands pas vers lui. J'ai compris à son mouvement de recul qu'il n'avait pas la moindre envie d'aller où que ce soit avec moi. Voilà une version un petit peu moins subtile du va te manger un expulso, mais plutôt efficace. Mais sincèrement, je doute que cette petite fille soit capable d'une telle chose.
Je soupire.
« Faut répliquer, sinon ils vont pas arrêter. »
Sa demande me laisse perplexe et je ne le cache pas puisque je reste immobile, les yeux fixés sur elle. C'est que je n'ai rien à lui dire, rien à lui apprendre. Les gens sont ce qu'ils sont. Ce n'est pas comme si j'avais appris à dire aux autres d'aller se faire voir, ce n'est pas comme si je cherchais consciemment à être ce que je suis. On m'a distribué ces cartes à la naissance, voilà tout. Il y en a qui subissent sans un mot les moqueries des autres et il y en a qui répliquent, voilà tout. Je ne peux pas lui apprendre à passer dans un camp dans lequel elle n'a vraisemblablement pas sa place. Allez savoir pourquoi cette petite fille subit les moqueries de ses camarades sans s'en défendre. Gêne, honte, peur, timidité ? Tant d'explications possibles !
Cela dit, je comprends pourquoi elle est venue me voir moi, même si je fais partie des grands, ce qui fait au moins une caractéristique qui pourrait l'encourager à avoir peur de moi. Elle a compris que c'est pas moi qui irais me moquer d'elle sans qu'elle n'ait fait quelque chose de purement idiot me concernant, et ce, devant moi. C'est assez déroutant, cependant, d'être capable de lui inspirer ces choses qu'elle décrit sans pour autant lui inspirer suffisamment de crainte pour qu'elle se persuade qu'il ne vaut mieux pas venir me demander mon aide à moi. Je connais bien une demi-douzaine de personnes dans ce château, et plus encore en comptant les adultes, qui auraient pu l'aider de manière plus efficace que moi. Ils l'auraient conseillée et auraient même pu punir les responsables de son mal-être. Si elle est venue me voir moi, c'est parce qu'elle n'a pas besoin de conseil ou de punition. Elle a besoin d'arme. Sa seule erreur est d'avoir cru que j'aurais envie de prendre le temps de les lui apprendre.
Diantre, a-t-elle conscience que ce n'est pas dans une discussion à la volée qu'elle pourra apprendre à ne plus être qui elle est ? Combien de temps faudrait-il pour qu'elle saisisse la subtilité du problème ? Des semaines ! Des mois ! Oui, non, je ne suis clairement pas la personne qu'il lui faut. Parce que je n'ai qu'une réponse à lui donner et que je doute qu'elle lui plaise.
« Mon astuce, c'est de leur dire d'aller se faire voir. »
C'est vrai ! Cela fonctionne ! Pas plus tard que la semaine dernière, cet espèce de scroutt à pétard incompétent et ignare de Dimitri Jones m'a lancé, alors que nous nous croisions dans un couloir : « Alors Bristyle, toujours un balai enfoncé dans le... ». Enfin, il m'a lancé une idiotie plus grosse que son énorme tête d'abruti. Ce à quoi j'ai répondu, après avoir résisté à l'envie puérile de lui présenter mon majeur : « Pourquoi, Jones, t'as envie de vérifier ça de plus près ? », le tout en dégainant ma baguette et en avançant à grands pas vers lui. J'ai compris à son mouvement de recul qu'il n'avait pas la moindre envie d'aller où que ce soit avec moi. Voilà une version un petit peu moins subtile du va te manger un expulso, mais plutôt efficace. Mais sincèrement, je doute que cette petite fille soit capable d'une telle chose.
Je soupire.
« Faut répliquer, sinon ils vont pas arrêter. »
Tu es celle dont j'ai besoin
Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'un immense silence s'est immiscé entre nous. Je me retiens de soupirer pour ne pas l'agacer davantage avec des bruitages qui pourraient parvenir à ses oreilles et l'empêcher de réviser. Je me mordille donc nerveusement ma lèvre inférieure et m'oblige à rester fixée sur mes affaires. Je dois la laisser tranquille, elle me l'a bien fait comprendre. Ou peut-être que je ferais même mieux de m'en aller, non ? Je rassemble toutes mes affaires et je pars en m'excusant une dernière fois ? De toute façon, je ne vais pas pouvoir réviser. Je me sens si mal à l'aise tout à coup. J'ai eu le courage de venir jusqu'à elle et d'enfin demander de l'aide, étant persuadée qu'elle serait celle qu'il me faut, en étant persuadée qu'elle était celle dont j'avais le plus besoin. Mais au final, je me suis trompée. Je me suis carrément trompée. Je bouge alors lentement mes mains - toujours dans l'optique de ne faire aucun bruit - mais mes gestes se figent sur place lorsque j'entends de nouveau le son de sa voix.
Quoi ?
Voilà ce que j'aurais pu répondre mais aucun son ne sort de ma bouche. Je la regarde seulement en clignant lentement des yeux, comme hypnotisée. Leur dire d'aller se faire voir ? Répliquer pour qu'ils ne recommencent pas ? Cela se tient. Si je montre que je n'ai pas peur et que je suis également capable de répliquer et de me montrer aussi méchante qu'eux, ils arrêteront. Mais il y a un problème.. Je ne veux pas être comme ça. Je ne veux pas me montrer méchante. Encore moins devant des aînés. Mais si je lui dis ça, elle va me disputer en prétextant que je lui fais perdre du temps non ? Et elle aurait raison. Elle m'a répondu. Elle m'a apporté une réponse. Je devrais lui en être reconnaissante. De toute façon, qu'est-ce que j'attendais de plus ? Qu'elle aille régler mes histoires à ma place ? Certainement pas.
- Je vois... ça fonctionne comme ça.
Je lui offre un petit sourire timide tout en hochant la tête.
- Je te remercie pour ta réponse Aelle. Je ne t'embête plus, c'est promis. Tu peux réviser tranquille.
J'attrape alors un parchemin et une plume. Je vais écrire toutes les répliques que je pourrais sortir si jamais cela venait à se reproduire. Déterminée, je pose le bout de ma plume sur mon parchemin mais là... le vide total. Qu'est-ce que l'on peut dire quand on doit répliquer et repousser quelqu'un ? Je n'en ai aucune idée. Je redirige mon regard vers Aelle, intimidée. Est-ce que je pourrais encore abuser de sa gentillesse et lui demander des phrases type ? Non. Elle va me détester après. Je fais la moue et regarde de nouveau mon parchemin. Allez Mary, tu vas trouver !
Quoi ?
Voilà ce que j'aurais pu répondre mais aucun son ne sort de ma bouche. Je la regarde seulement en clignant lentement des yeux, comme hypnotisée. Leur dire d'aller se faire voir ? Répliquer pour qu'ils ne recommencent pas ? Cela se tient. Si je montre que je n'ai pas peur et que je suis également capable de répliquer et de me montrer aussi méchante qu'eux, ils arrêteront. Mais il y a un problème.. Je ne veux pas être comme ça. Je ne veux pas me montrer méchante. Encore moins devant des aînés. Mais si je lui dis ça, elle va me disputer en prétextant que je lui fais perdre du temps non ? Et elle aurait raison. Elle m'a répondu. Elle m'a apporté une réponse. Je devrais lui en être reconnaissante. De toute façon, qu'est-ce que j'attendais de plus ? Qu'elle aille régler mes histoires à ma place ? Certainement pas.
- Je vois... ça fonctionne comme ça.
Je lui offre un petit sourire timide tout en hochant la tête.
- Je te remercie pour ta réponse Aelle. Je ne t'embête plus, c'est promis. Tu peux réviser tranquille.
J'attrape alors un parchemin et une plume. Je vais écrire toutes les répliques que je pourrais sortir si jamais cela venait à se reproduire. Déterminée, je pose le bout de ma plume sur mon parchemin mais là... le vide total. Qu'est-ce que l'on peut dire quand on doit répliquer et repousser quelqu'un ? Je n'en ai aucune idée. Je redirige mon regard vers Aelle, intimidée. Est-ce que je pourrais encore abuser de sa gentillesse et lui demander des phrases type ? Non. Elle va me détester après. Je fais la moue et regarde de nouveau mon parchemin. Allez Mary, tu vas trouver !
¤ Matriarcat Marla viendra à bout des fiers-à-bras ! ¤ | 3ème année RP (48-49)
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Tu es celle dont j'ai besoin
Malgré sa réponse, je ne suis pas tout à fait persuadée qu'elle ait compris ce que je lui ai dit. Je l'observe du coin de l'œil tirer un parchemin à elle et se préparer à écrire. Elle a va reprendre ses devoirs comme ça, alors ? C'était aussi simple que cela ? Il me suffisait de lui répondre à demi-mots pour qu'elle me lâche ? Naturellement, ma main glisse jusqu'à ma plume pour que je puisse à mon tour retourner à mes affaires, mes étoiles, mes pensées qui pétillent avec joie dans ma tête — ma vie, quoi, bien plus intéressante que la sienne. Sauf que je croise son regard qui se lève subitement vers moi avant de se détourner tout aussi vite. Je ne suis pas une experte pour ce qui est d'analyser le comportement des autres, mais je suis capable de comprendre quand quelqu'un hésite à prendre de nouveau la parole malgré son : promis-plus-jamais-jamais-je-t'embête-promis. Cela dit, je ne vais pas non plus insister pour qu'elle me fasse perdre mon temps.
Je plante mon coude sur la table et baisse les yeux sur mes affaires. Je reprends rapidement le fil de mes révisions, je note deux, trois mots sur mon parchemin. Mais invariablement, mes pensées reviennent à la gamine et à son aveu chuchoté doucement, comme si elle avait honte de le dire à haute voix. Des grands se sont moqués de moi. C'est une Poufsouffle comme une autre, elle a l'air calme, studieuse, banale. Pourquoi des élèves plus âgés se moqueraient-ils d'elle ? Et que lui disent-ils ? De ce que je vois, elle n'a rien de bien exceptionnel. Elle ne sait pas lancer de regard noir, elle est trop sensible à ce que dégagent les autres (sinon elle aurait pris beaucoup moins de pincettes pour me parler), je doute qu'elle ait le moindre pouvoir d'intimidation en elle. Sa seule façon de se défendre serait de changer son comportement du tout au tout. Lever au ciel quand viennent les moqueries, sourire avec suffisance, lancer des répliques en faisant croire aux autres que rien ne la touche... Sauf que les moqueries la touchent, c'est évident, puisqu'elle est venue m'en parler à moi, une inconnue.
Au vu de ce que je comprends de cette situation, je doute qu'elle réussisse à se défendre de quelque façon que ce soit. Elle va continuer à se faire marcher dessus. Et j'aurais pu m'en foutre ! Après tout, je ne la connais pas, je ne suis pas son amie, je ne me considère même pas comme sa camarade, je ne connais pas son prénom, je ne sais rien d'elle, je me fiche de sa vie, de sa petite existence, de ses problèmes, de tout. Elle n'est rien du tout. Sauf que je n'ai jamais supporté la méchanceté gratuite. Celle que l'on dirige vers les plus jeunes ou les plus faibles, celle qui réjouit les coupables, qui les font se sentir plus grands et plus forts. Je n'ai jamais aimé ça. Et si c'est facile de ne pas s'en préoccuper tant que ça n'arrive pas sous mes yeux, c'est plus difficile à ignorer quand on vient me demander de l'aide.
Je me laisse aller contre le dossier de ma chaise, un profond soupir sur les lèvres. Je laisse tomber ma plume et croise les bras sur ma poitrine en observant sans m'en cacher la jeune fille. Avec mon visage fermé, mes sourcils froncés et mes lèvres pincées, on pourrait presque croire que je suis en colère et que cette colère est dirigée contre elle.
« Pourquoi ils t'embêtent ? demandé-je pourtant à mi-voix. Ils te disent quoi ? »
Je plante mon coude sur la table et baisse les yeux sur mes affaires. Je reprends rapidement le fil de mes révisions, je note deux, trois mots sur mon parchemin. Mais invariablement, mes pensées reviennent à la gamine et à son aveu chuchoté doucement, comme si elle avait honte de le dire à haute voix. Des grands se sont moqués de moi. C'est une Poufsouffle comme une autre, elle a l'air calme, studieuse, banale. Pourquoi des élèves plus âgés se moqueraient-ils d'elle ? Et que lui disent-ils ? De ce que je vois, elle n'a rien de bien exceptionnel. Elle ne sait pas lancer de regard noir, elle est trop sensible à ce que dégagent les autres (sinon elle aurait pris beaucoup moins de pincettes pour me parler), je doute qu'elle ait le moindre pouvoir d'intimidation en elle. Sa seule façon de se défendre serait de changer son comportement du tout au tout. Lever au ciel quand viennent les moqueries, sourire avec suffisance, lancer des répliques en faisant croire aux autres que rien ne la touche... Sauf que les moqueries la touchent, c'est évident, puisqu'elle est venue m'en parler à moi, une inconnue.
Au vu de ce que je comprends de cette situation, je doute qu'elle réussisse à se défendre de quelque façon que ce soit. Elle va continuer à se faire marcher dessus. Et j'aurais pu m'en foutre ! Après tout, je ne la connais pas, je ne suis pas son amie, je ne me considère même pas comme sa camarade, je ne connais pas son prénom, je ne sais rien d'elle, je me fiche de sa vie, de sa petite existence, de ses problèmes, de tout. Elle n'est rien du tout. Sauf que je n'ai jamais supporté la méchanceté gratuite. Celle que l'on dirige vers les plus jeunes ou les plus faibles, celle qui réjouit les coupables, qui les font se sentir plus grands et plus forts. Je n'ai jamais aimé ça. Et si c'est facile de ne pas s'en préoccuper tant que ça n'arrive pas sous mes yeux, c'est plus difficile à ignorer quand on vient me demander de l'aide.
Je me laisse aller contre le dossier de ma chaise, un profond soupir sur les lèvres. Je laisse tomber ma plume et croise les bras sur ma poitrine en observant sans m'en cacher la jeune fille. Avec mon visage fermé, mes sourcils froncés et mes lèvres pincées, on pourrait presque croire que je suis en colère et que cette colère est dirigée contre elle.
« Pourquoi ils t'embêtent ? demandé-je pourtant à mi-voix. Ils te disent quoi ? »
Tu es celle dont j'ai besoin
Je reste fixée sur mon parchemin et souffle doucement. Je ferme les yeux et essaie de me forcer. Je vais bien finir par trouver des idées de phrases à leur sortir à ces Troll des montagnes, quand même. Oh ! Mais oui ! Troll des montagnes... c'est bien ça, non ? Je le note, en retrouvant un petit sourire. Voilà, je commence à y arriver. Maintenant que j'ai trouvé la première réplique, je suis certaine que les autres ne vont plus tarder à germer.
Pourquoi ils t'embêtent ? Ils te disent quoi ?
J'ai eu soudainement l'impression de rêver. Est-ce bien la voix d'Aelle qui vient de parvenir à mes oreilles, à l'instant ? Je relève la tête et regarde dans sa direction. Nos regards se croisent et je comprends alors que je n'ai absolument pas imaginé ses mots. Elle me les a bel et bien offerts.
- Pourquoi ? Je... Ce sont les affiches. Tu sais... Les affiches anti Sang-Purs. Je crois qu'ils sont d'accord avec ce qui était écrit dessus. Enfin... J'en suis même sûre.
Je me mordille nerveusement l'intérieur de mes lèvres.
- Je suis une Sang-Pur et.. Je ne sais même pas comment ils l'ont su. Je ne l'ai pourtant pas révélé à tout le monde. Je ne m'en suis pas cachée non plus mais tout de même...
Plus j'y réfléchissais et plus je trouvais cela bizarre. Malgré tout, je répondais un peu à côté de la plaque depuis tout à l'heure. Je me rappelle soudainement qu'elle m'avait aussi demandé ce qu'ils me disaient et je m'empresse de répondre à sa question avant qu'elle ne regrette sa curiosité. Peut-être est-ce déjà le cas ? Non, n'y pense pas.
- Ils disent que je suis un monstre qui ne mérite pas d'être ici. Une véritable ordure de sang-pur et que je ne mérite qu'une chose : vivre cachée et toute seule.
Dit comme ça, cela semble pathétique mais ça me touche tellement quand on me sort ce genre de choses en face. Est-ce que je suis trop sensible ?
Pourquoi ils t'embêtent ? Ils te disent quoi ?
J'ai eu soudainement l'impression de rêver. Est-ce bien la voix d'Aelle qui vient de parvenir à mes oreilles, à l'instant ? Je relève la tête et regarde dans sa direction. Nos regards se croisent et je comprends alors que je n'ai absolument pas imaginé ses mots. Elle me les a bel et bien offerts.
- Pourquoi ? Je... Ce sont les affiches. Tu sais... Les affiches anti Sang-Purs. Je crois qu'ils sont d'accord avec ce qui était écrit dessus. Enfin... J'en suis même sûre.
Je me mordille nerveusement l'intérieur de mes lèvres.
- Je suis une Sang-Pur et.. Je ne sais même pas comment ils l'ont su. Je ne l'ai pourtant pas révélé à tout le monde. Je ne m'en suis pas cachée non plus mais tout de même...
Plus j'y réfléchissais et plus je trouvais cela bizarre. Malgré tout, je répondais un peu à côté de la plaque depuis tout à l'heure. Je me rappelle soudainement qu'elle m'avait aussi demandé ce qu'ils me disaient et je m'empresse de répondre à sa question avant qu'elle ne regrette sa curiosité. Peut-être est-ce déjà le cas ? Non, n'y pense pas.
- Ils disent que je suis un monstre qui ne mérite pas d'être ici. Une véritable ordure de sang-pur et que je ne mérite qu'une chose : vivre cachée et toute seule.
Dit comme ça, cela semble pathétique mais ça me touche tellement quand on me sort ce genre de choses en face. Est-ce que je suis trop sensible ?
¤ Matriarcat Marla viendra à bout des fiers-à-bras ! ¤ | 3ème année RP (48-49)
Gossip Girl en Chef de Poudlard | Hel's Angels | Membre du Club de Bavboules et du Club de soutien scolaire
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Tu es celle dont j'ai besoin
Un sourcil se lève sur mon front. Alors c'est ça, le problème ? Les statuts de sang, encore ? Merlin, c'est d'une banalité affligeante. Je sais de quelles affiches elle parle. Elles pullulent au château. Des affiches pro sang-purs ou pro-nés-moldu, cela dépend de quel clan la colle au mur. Pour moi, les deux côtés sont pareillement pitoyables. Ils doivent vraiment s'ennuyer pour vouloir perdre du temps avec de telles futilités — il faut avoir une vie profondément ennuyante pour gâcher son temps à fabriquer et coller des affiches haineuses.
Je ne la quitte pas du regard tandis qu'elle s'explique. Plus elle parle, plus je me rends compte que son souci fait partie d'un problème beaucoup plus grand qu'elle. Mais elle me donne les éléments dont j'ai besoin pour comprendre l'histoire : c'est une sang-pur, elle s'attire la haine du clan adverse. Banal. J'imagine sans mal les abrutis pro-né-moldu l'entourer, des rictus moqueurs au coin des lèvres. Et pour lui dire quoi ? Quoi ?
Mes mâchoires se crispent lorsque j'entends le mot. Monstre. La dernière fois que je l'ai entendu, c'était dans la Salle sur demande. Les souvenirs remontent malgré moi. Je vois encore Delphillia me dire : « T’es contente de savoir que t’es pas la seule hein ! Pas le seul monstre de ce château ». Il y a tout un tas de monstres différents, dans le monde. J'en suis un certain genre, selon Delphillia, et elle-même est d'un style encore différent de moi. Les monstres sont beaucoup plus nombreux que ce que l'on croit. Mais je suis persuadée d'une chose : cette jeune fille aux yeux bleus qui se mordille les lèvres en m'avouant ces choses n'est pas un monstre.
Les mots vulgaires ne me choquent pas. J'en utilise moi-même, et des biens plus violents que ceux qui viennent de sortir de la bouche de l'enfant. Pourtant, ceux qu'elle prononce me dérangent. Pas parce qu'ils me choquent, mais parce qu'elle les répète comme si de rien n'était.
Je hoche vachement la tête en la quittant des yeux pour les ramener sur mes affaires, devant moi. Je me figure qu'à ma place, Aodren lui aurait posé un tas de question pour approfondir cette histoire. Il aurait peut-être même recherché le nom des coupables pour les surveiller. Il aurait rassuré la fille. Lui aurait dit : tu n'es pas un monstre, tu as autant le droit d'être ici que n'importe quel autre jeune sorcier. Il lui aurait répété ces vérités de différentes façons pour qu'elle commence à y croire, qu'elle s'en persuade et en fasse une force. Il aurait peut-être trouvé les mots justes ou peut-être pas.
« C'est pas les derniers qui te sortiront des trucs comme ça, je réponds à mi-voix en lui lançant un regard en coin. Il y en aura plein d'autres. Soit tu t'arranges pour garder le mystère sur ton statut de sang, soit tu répliques. »
Et moi, que ferais-je à sa place ? Si nous étions dans un monde dans lequel j'avais un statut de sang victime de ce genre d'attaques verbales ? Je pense que je rentrerais dans les coupables, sans demi-mesure. Je dégainerais ma baguette ou alors je me jetterais sur eux pour les faire taire. Parfois, je choisirais certainement de ne pas écouter, je ferais demi-tour et m'éloignerais sans me préoccuper des mots méchants. Comme je le fais déjà, à vrai dire, comme je l'ai fait durant ma troisième année quand il ne se passait pas une journée sans qu'on me lance des regards noirs ou qu'on se moque de mon exclusion, six mois auparavant. Je pense que j'ai les armes pour réagir à ce genre de choses. Et je pense que cette gamine ne les a pas. Et je pense que je ne suis pas celle qui peut lui en donner. Cette prise de conscience me fait lever la tête vers elle.
« Tu pourras jamais te défendre comme je le fais, lui dis-je sur un ton très franc. Essaie de trouver des armes qui te conviennent, mais cherche pas à copier celles des autres : elles te correspondent pas. »
J'en suis persuadée. Cela se voit sur son visage. C'est évident ! Son ton hésitant, son regard qui semble ne pas savoir comment se noircir, sa façon de parler. Elle fait partie de la catégorie des personnes qui dégagent quelque chose qui n'a rien d'effrayant. Elle a un charisme de boursouflet : quand on la regarde, on ne peut pas avoir peur. À quel moment elle a cru que j'allais pouvoir l'aider, moi, qui utilise des armes qu'elle n'arriverait même pas à ne serait-ce qu'envisager ?
Je ne la quitte pas du regard tandis qu'elle s'explique. Plus elle parle, plus je me rends compte que son souci fait partie d'un problème beaucoup plus grand qu'elle. Mais elle me donne les éléments dont j'ai besoin pour comprendre l'histoire : c'est une sang-pur, elle s'attire la haine du clan adverse. Banal. J'imagine sans mal les abrutis pro-né-moldu l'entourer, des rictus moqueurs au coin des lèvres. Et pour lui dire quoi ? Quoi ?
Mes mâchoires se crispent lorsque j'entends le mot. Monstre. La dernière fois que je l'ai entendu, c'était dans la Salle sur demande. Les souvenirs remontent malgré moi. Je vois encore Delphillia me dire : « T’es contente de savoir que t’es pas la seule hein ! Pas le seul monstre de ce château ». Il y a tout un tas de monstres différents, dans le monde. J'en suis un certain genre, selon Delphillia, et elle-même est d'un style encore différent de moi. Les monstres sont beaucoup plus nombreux que ce que l'on croit. Mais je suis persuadée d'une chose : cette jeune fille aux yeux bleus qui se mordille les lèvres en m'avouant ces choses n'est pas un monstre.
Les mots vulgaires ne me choquent pas. J'en utilise moi-même, et des biens plus violents que ceux qui viennent de sortir de la bouche de l'enfant. Pourtant, ceux qu'elle prononce me dérangent. Pas parce qu'ils me choquent, mais parce qu'elle les répète comme si de rien n'était.
Je hoche vachement la tête en la quittant des yeux pour les ramener sur mes affaires, devant moi. Je me figure qu'à ma place, Aodren lui aurait posé un tas de question pour approfondir cette histoire. Il aurait peut-être même recherché le nom des coupables pour les surveiller. Il aurait rassuré la fille. Lui aurait dit : tu n'es pas un monstre, tu as autant le droit d'être ici que n'importe quel autre jeune sorcier. Il lui aurait répété ces vérités de différentes façons pour qu'elle commence à y croire, qu'elle s'en persuade et en fasse une force. Il aurait peut-être trouvé les mots justes ou peut-être pas.
« C'est pas les derniers qui te sortiront des trucs comme ça, je réponds à mi-voix en lui lançant un regard en coin. Il y en aura plein d'autres. Soit tu t'arranges pour garder le mystère sur ton statut de sang, soit tu répliques. »
Et moi, que ferais-je à sa place ? Si nous étions dans un monde dans lequel j'avais un statut de sang victime de ce genre d'attaques verbales ? Je pense que je rentrerais dans les coupables, sans demi-mesure. Je dégainerais ma baguette ou alors je me jetterais sur eux pour les faire taire. Parfois, je choisirais certainement de ne pas écouter, je ferais demi-tour et m'éloignerais sans me préoccuper des mots méchants. Comme je le fais déjà, à vrai dire, comme je l'ai fait durant ma troisième année quand il ne se passait pas une journée sans qu'on me lance des regards noirs ou qu'on se moque de mon exclusion, six mois auparavant. Je pense que j'ai les armes pour réagir à ce genre de choses. Et je pense que cette gamine ne les a pas. Et je pense que je ne suis pas celle qui peut lui en donner. Cette prise de conscience me fait lever la tête vers elle.
« Tu pourras jamais te défendre comme je le fais, lui dis-je sur un ton très franc. Essaie de trouver des armes qui te conviennent, mais cherche pas à copier celles des autres : elles te correspondent pas. »
J'en suis persuadée. Cela se voit sur son visage. C'est évident ! Son ton hésitant, son regard qui semble ne pas savoir comment se noircir, sa façon de parler. Elle fait partie de la catégorie des personnes qui dégagent quelque chose qui n'a rien d'effrayant. Elle a un charisme de boursouflet : quand on la regarde, on ne peut pas avoir peur. À quel moment elle a cru que j'allais pouvoir l'aider, moi, qui utilise des armes qu'elle n'arriverait même pas à ne serait-ce qu'envisager ?
Tu es celle dont j'ai besoin
J'attendais avec une certaine anxiété ce qu'elle allait bien pouvoir répondre à tout ça. Sa réaction ne fut pas instantanée mais elle ne tarda tout de même pas. Je l'écoutais, silencieusement. Mon regard était tourné dans sa direction. J'ai le cœur lourd, l'estomac noué et la gorge sèche. J'aurais pu pleurer. J'en avais la possibilité mais ces mots ont tellement raisonné en moi que mes larmes n'ont pas voulu sortir. Je le sais. Je le savais déjà, avant même qu'elle me le dise. Aelle est unique, comme chaque personne en ce monde. Elle a donc ses propres moyens de défense. Et malheureusement, je ne pourrais jamais lui ressembler.
- ... L'un de mes petits frères va rejoindre Poudlard en septembre. Je refuse qu'il subisse ce genre de moqueries...
J'ignore pourquoi je lui disais une telle chose. Elle ne va pourtant pas se mettre à protéger mon petit frère. Même si elle acceptait, même si elle le voulait, elle ne pourrait pas puisqu'elle s'en va. Je ne peux donc pas compter sur elle. Ce sera à moi de le protéger, comme depuis le tout début. J'ai toujours protéger mes petits frères et je continuerais de le faire. Ils sont bien plus sensibles que moi et je refuse obstinément que William subisse la même chose. Cela m'est inconcevable.
- Alors.. pour lui, je trouverais un moyen pour me défendre. Une manière qui me sera propre..
Je souris très légèrement en hochant la tête. Ce simple geste était à la fois pour lui signaler que j'avais bien compris ses paroles mais aussi pour me donner du courage.
- C'est peut-être étrange mais finalement, ça m'a apaisé de pouvoir en discuter avec toi. J'ignore pourquoi... mais merci Aelle. Merci de m'avoir écouté et de m'avoir donné des conseils. Merci.. infiniment. C'est très précieux pour moi.
Mon sourire est légèrement plus chaleureux tout à coup et je replace une mèche derrière mon oreille droite avant de regarder le parchemin qui se trouve devant moi. Il ne me servira plus à rien. Je le plie avant de me figer dans mes gestes. Je relève à nouveau les yeux et regarde Aelle.
- J'espère que tu seras heureuse après Poudlard et que tu pourras faire tout ce que tu veux.
Toutes mes excuses pour ce délai de réponse, ma rentrée fut mouvementée...
- ... L'un de mes petits frères va rejoindre Poudlard en septembre. Je refuse qu'il subisse ce genre de moqueries...
J'ignore pourquoi je lui disais une telle chose. Elle ne va pourtant pas se mettre à protéger mon petit frère. Même si elle acceptait, même si elle le voulait, elle ne pourrait pas puisqu'elle s'en va. Je ne peux donc pas compter sur elle. Ce sera à moi de le protéger, comme depuis le tout début. J'ai toujours protéger mes petits frères et je continuerais de le faire. Ils sont bien plus sensibles que moi et je refuse obstinément que William subisse la même chose. Cela m'est inconcevable.
- Alors.. pour lui, je trouverais un moyen pour me défendre. Une manière qui me sera propre..
Je souris très légèrement en hochant la tête. Ce simple geste était à la fois pour lui signaler que j'avais bien compris ses paroles mais aussi pour me donner du courage.
- C'est peut-être étrange mais finalement, ça m'a apaisé de pouvoir en discuter avec toi. J'ignore pourquoi... mais merci Aelle. Merci de m'avoir écouté et de m'avoir donné des conseils. Merci.. infiniment. C'est très précieux pour moi.
Mon sourire est légèrement plus chaleureux tout à coup et je replace une mèche derrière mon oreille droite avant de regarder le parchemin qui se trouve devant moi. Il ne me servira plus à rien. Je le plie avant de me figer dans mes gestes. Je relève à nouveau les yeux et regarde Aelle.
- J'espère que tu seras heureuse après Poudlard et que tu pourras faire tout ce que tu veux.
Toutes mes excuses pour ce délai de réponse, ma rentrée fut mouvementée...
¤ Matriarcat Marla viendra à bout des fiers-à-bras ! ¤ | 3ème année RP (48-49)
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Tu es celle dont j'ai besoin
Je la regarde fixement. Je crois que je m'attendais à une autre réaction. Un visage froissé, des yeux larmoyants, peut-être qu'elle continue de se plaindre en évoquant tous les malheurs qui lui arrivent ou qui pourraient lui arriver ou pire, arriver à son frère. Mais non, aucune plainte. Au contraire, elle retrouve le sourire, elle retrouve de la force alors que je n'ai rien fait pour lui en donner. Elle dit merci, elle dit qu'elle trouvera ses propres armes — est-ce le fait de songer à son petit frère, futur étudiant à Poudlard, qui lui donne ce courage soudain ? Vient-elle de réaliser que si elle ne peut pas se défendre pour elle-même, elle le pourra peut-être pour sa famille ? Qu'est-ce qui se passe derrière ses yeux bleus, exactement ? La question me taraude, impossible de trouver une réponse, impossible non plus de savoir pourquoi cette question se présente à moi. Je m'en fiche d'elle, non ?
Je reviens à la réalité quand elle lève de nouveau les yeux sur moi. Bordel et maintenant elle me souhaite d'être heureuse. Je n'ai jamais été très à l'aise avec les gens comme elle. Se montrer trop bienveillant avec les autres, c'est suspect. Elle n'a aucune raison de souhaiter mon bonheur puisqu'elle ne me connait pas : donc elle ment. Ou alors elle se ment à elle-même, je ne sais pas.
Je cligne des yeux, lui jette un regard étrange, je me détourne pour observer mes affaires avant de revenir à elle. Discuter avec moi l'a apaisé ? Merlin, quand est-ce que l'on m'a dit ce genre de choses ? Je ne savais même pas que ça pouvait être apaisant de discuter avec moi. Je ne sais pas si j'en retire du plaisir ou de la perplexité. Je crois que c'est un mélange des deux. Surtout de la perplexité. Je ne comprends pas pourquoi elle n'exige pas davantage de moi.
Je laisse passer encore quelques secondes. Plusieurs réponses s'imposent dans mon esprit. Je ne sais pas laquelle choisir. Je ne sais pas si je dois lui faire part de ma perplexité ou si je dois remettre en question sa sincérité ; ou alors lui demander quelles armes pourraient lui correspondre, ou alors chercher à savoir si c'est pour son frère qu'elle réussira à se battre et à se défendre. Je n'en sais rien, alors j'abandonne mes réflexions et je parle, le dos renversé sur le dossier de ma chaise, mes doigts jouant avec ma plume. Je ne la regarde pas de face, mais de biais, le regard oscillant entre la table et son visage poupon.
« On peut toujours faire ce qu'on veut. Suffit de se donner les moyens. »
C'est étrange de souhaiter que je sois heureuse l'an prochain. Qu'est-ce cela veut dire exactement ? Qu'est-ce qui pourra me rendre heureuse ? Et là, est-ce que je le suis ? Est-ce qu'étudier, revoir celle que j'attends désespéramment ou quitter Poudlard seront des choses qui me rendront heureuse ? Je le pense. Mais comment en être sûr ? Comment reconnaître le bonheur quand il entre dans nos vies ? Ce serait plus simple s'il toquait à la porte. Cela dit, je préfère encore ignorer sa présence et ne pas me questionner à propos de tout cela, c'est fatiguant.
« Comment tu t'appelles ? »
La question m'a échappé. Je me redresse sur la chaise et plante les coudes sur la table. Je ramène mes yeux sur mes affaires devant moi, la mine sérieuse, les sourcils froncés par la concentration, comme si j'allais repartir d'un instant à l'autre à mes études. Bon, c'est vrai, la réponse m'intéresse. Tout comme je sais que son visage s'est désormais inscrit dans ma mémoire, même si je ne sais pas exactement pourquoi. Je n'ai aucune intention de la protéger, aucune intention non plus de m'assurer qu'elle ne subisse pas de nouvelles brimades. Mais si je dois la croiser dans un couloir et la voir dans une mauvaise posture, je sais que j'irai la sortir de ses problèmes. C'est plus facile de faire ça si je connais son visage. Quant au prénom... Bah, certaines questions n'ont pas besoin d'avoir de réponses.
Oh ne t'en fais pas pour le retard ! J'espère que ton quotidien sera plus calme, maintenant que la rentrée s'éloigne.
Je reviens à la réalité quand elle lève de nouveau les yeux sur moi. Bordel et maintenant elle me souhaite d'être heureuse. Je n'ai jamais été très à l'aise avec les gens comme elle. Se montrer trop bienveillant avec les autres, c'est suspect. Elle n'a aucune raison de souhaiter mon bonheur puisqu'elle ne me connait pas : donc elle ment. Ou alors elle se ment à elle-même, je ne sais pas.
Je cligne des yeux, lui jette un regard étrange, je me détourne pour observer mes affaires avant de revenir à elle. Discuter avec moi l'a apaisé ? Merlin, quand est-ce que l'on m'a dit ce genre de choses ? Je ne savais même pas que ça pouvait être apaisant de discuter avec moi. Je ne sais pas si j'en retire du plaisir ou de la perplexité. Je crois que c'est un mélange des deux. Surtout de la perplexité. Je ne comprends pas pourquoi elle n'exige pas davantage de moi.
Je laisse passer encore quelques secondes. Plusieurs réponses s'imposent dans mon esprit. Je ne sais pas laquelle choisir. Je ne sais pas si je dois lui faire part de ma perplexité ou si je dois remettre en question sa sincérité ; ou alors lui demander quelles armes pourraient lui correspondre, ou alors chercher à savoir si c'est pour son frère qu'elle réussira à se battre et à se défendre. Je n'en sais rien, alors j'abandonne mes réflexions et je parle, le dos renversé sur le dossier de ma chaise, mes doigts jouant avec ma plume. Je ne la regarde pas de face, mais de biais, le regard oscillant entre la table et son visage poupon.
« On peut toujours faire ce qu'on veut. Suffit de se donner les moyens. »
C'est étrange de souhaiter que je sois heureuse l'an prochain. Qu'est-ce cela veut dire exactement ? Qu'est-ce qui pourra me rendre heureuse ? Et là, est-ce que je le suis ? Est-ce qu'étudier, revoir celle que j'attends désespéramment ou quitter Poudlard seront des choses qui me rendront heureuse ? Je le pense. Mais comment en être sûr ? Comment reconnaître le bonheur quand il entre dans nos vies ? Ce serait plus simple s'il toquait à la porte. Cela dit, je préfère encore ignorer sa présence et ne pas me questionner à propos de tout cela, c'est fatiguant.
« Comment tu t'appelles ? »
La question m'a échappé. Je me redresse sur la chaise et plante les coudes sur la table. Je ramène mes yeux sur mes affaires devant moi, la mine sérieuse, les sourcils froncés par la concentration, comme si j'allais repartir d'un instant à l'autre à mes études. Bon, c'est vrai, la réponse m'intéresse. Tout comme je sais que son visage s'est désormais inscrit dans ma mémoire, même si je ne sais pas exactement pourquoi. Je n'ai aucune intention de la protéger, aucune intention non plus de m'assurer qu'elle ne subisse pas de nouvelles brimades. Mais si je dois la croiser dans un couloir et la voir dans une mauvaise posture, je sais que j'irai la sortir de ses problèmes. C'est plus facile de faire ça si je connais son visage. Quant au prénom... Bah, certaines questions n'ont pas besoin d'avoir de réponses.
Oh ne t'en fais pas pour le retard ! J'espère que ton quotidien sera plus calme, maintenant que la rentrée s'éloigne.