Flitwick OS Au revoir, Londres

samedi 25 juillet 2048, début d'après-midi


La voiture de la famille Duchêne venait d'arriver, dans cette ville de campagne. Après avoir roulé une heure et demi, ils étaient arrivés devant leur nouvelle maison, dans laquelle ils allaient habiter à présent. Ellana, les jambes ankylosées par le trajet, s'étira en sortant de l'engin, finalement contente que les sorciers n'aient pas de telles machines et qu'elle ne doive pas en emprunter tous les jours. Ses jambes étaient restées pliées trop longtemps, la ceinture lui avait fait pas mal niveau du cou, et elle se sentait encore un peu nauséeuse.

Mais peut-être se sentait-elle mal car quelques heures auparavant, elle avait bouclé sa dernière valise, était sortie par la porte de leur petite maison de Londres, et sans se retourner, était montée dans la voiture qui l'attendait, qui les attendaient, portes ouvertes. Elle n'avait pas dit un mot, pendant tout le voyage. Même Lyna n'avait osé dire quoi que ce soit, et le silence les avait accompagnés à mesure qu'ils quittaient, qu'ils partaient de là où ils vivaient depuis tant d'années. Pourquoi partir maintenant ? La brune ne le savait pas. Ou plutôt, elle le savait mais elle fermait les yeux dessus ; elle était convaincue qu'ils n'étaient pas partis uniquement pour des raisons professionnelles. Etait-ce budgétaire aussi ? Est-ce que leur loyer leur coûtait trop cher ? Ou alors, pour couper les ponts avec les personnes qu'ils connaissaient. La jeune adolescente avait senti sa petite sœur pleurer intérieurement de ce départ.

Lyna avait déjà tout perdu, en allant à Poudlard. Elle aimait la magie, elle aimait lancer des sortilèges, elle aimait ses cours et elle avait des amis, mais ça la déchirait de quitter la ville où elle avait toujours grandi. Elle avait l'impression de barrer son passé, de lui dire au revoir, à peu près au même moment qu'elle entrait à Poudlard.
Ellana, elle, avait simplement l'impression de quitter Londres, de quitter cette ville qu'elle avait à la fois haïe et chérie. Elle avait regardé défilé le paysage, elle avait regardé Londres s'éloigner derrière eux, disant intérieurement "au revoir" à cette ville où elle avait grandi.

Gustave poussa la porte de leur nouvelle maison, bien plus grande que l'ancienne, semblant bien plus spacieuse. Dans le salon, il n'y avait rien que des cartons qui attendaient d'être déballés, cartons qui étaient arrivés quelques jours plus tôt. Et des meubles qui étaient entassés un peu n'importe tout. Le désordre régnait dans la pièce principale de la maison. La journée allait être chargée. Ellana entra à son tour, observant les murs blancs et vides, déjà nostalgique des murs avec du papier peint de leur ancienne maison. Sa valise à la main, elle grimpa à l'étage, presque en courant, et entra dans la chambre qu'on lui avait attribuée, quelques jours plus tôt, lors d'un dîner assez tendu.

La pièce était plutôt grande, mais elle était vide. Rien n'avait encore été installé. S'asseyant dans un coin de la pièce, elle resta là à observer ce vide, assise sur le parquet, se demandant quand elle aurait le courage d'aller aider ses parents à monter des meubles dans les chambres, à déballer des cartons. Le cœur serré, elle redescendit finalement au bout de quelques minutes, et sans un mot, entreprit avec l'aide de Lyna de monter les lits et les bureaux à moitié défaits tandis que ses parents s'occupaient de l'agencement du salon.

Elle avait quitté Londres. Elle était enfin allée dans cette petite ville au milieu de nulle part, dans la campagne anglaise. Le silence de la ville était déjà plus appréciable que le bruit perpétuel de Londres. Pourtant, elle avait l'impression qu'une partie d'elle était restée là-bas, dans son ancienne maison, là-bas, où elle connaissait les rues sur le bout des doigts. Un monde plein de nouveauté s'ouvrait à elle et elle avait l'impression de revivre sa découverte de la magie, d'une manière plus douce et plus sucrée, plus calme et sereine. Au soir venu, elle n'était plus nostalgique de la ville laissée derrière elle : elle ne pourrait pas éternellement ressasser le passé. Le Soleil se couchait sur les maisons de brique quand elle sortit pour marcher un peu, dans les rues de cette nouvelle ville, si différentes de celles qu'elle avait toujours connu. La différence était-elle si mauvaise ?

#002a57 - Fiche - Sixième année
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen