Cauchemars Recueil d'O.S.

Ce sujet est un recueil de cauchemars d'Antonn. Si certains ont beaucoup de sens, il ne faut pas en chercher dans d'autres. Ils sont tous indépendants entre eux, bien que pouvant traiter de problématiques communes. Des Trigger Warning apparaitront en haut des posts dont le thème est susceptible de déranger. Bonne lecture !
--------
TW Abandon et rapide évocation du sang.
--------

MIROIR.

Image postée par le membre
Ce froissement de pensées
Au seuil de mon esprit
Amène une chute
Inarrêtable de larmes.

- Amandine Sepulchre

Eté 2048.


Je me lève. Premier réflexe, j'observe mon reflet dans le grand miroir posé en face de mon lit. Je n'ai pas bien dormi, les cernes sur mon visage l'indiquent. J'ai du mal à faire des nuits complètes lorsque je suis à Godric's Hollow. Un instant, figé devant mon miroir, je me demande ce que les gens doivent bien pouvoir penser de moi lorsqu'ils me voient. Mon regard fatigué me détaille. J'observe mes cheveux complètement décoiffés, ma peau pâlotte. Mes yeux se posent sur l'une de mes cicatrices, celle que j'ai en dessous de la lèvre. Elle est presque invisible. Est-ce que eux peuvent la voir ? Est-ce qu'ils pensent aussi qu'elle m'enlaidit ? Par sa faute, mon visage n'est plus symétrique. Plus parfait. Elle a détruit l'équilibre. Je passe mon pouce dessus, et l'y laisse. Presque comme si en la cachant quelques secondes, elle allait disparaître. Je laisse ensuite mon bras retomber le long de mon corps.

Mon corps. C'est lui qui attire mon attention maintenant. Il fait trop chaud pour que je porte un tee-shirt en ce moment. D'ailleurs, je ne m'en étais pas aperçu mais l'atmosphère dans la pièce est étouffante, l'air presque irrespirable, je commence à respirer plus vite et plus fort mais décide d'oublier cette information. J'observe mon torse. Grâce au sport, j'ai repris goût à la nourriture. J'ai été obligé de m'épaissir pour être en mesure de renvoyer les cognards. Je devrais être satisfait de mon nouveau physique, mais je ne peux m'empêcher de me demander : et si ce n'était pas assez ? Avant même de me voir jouer, les recruteurs verront ma carrure. Que faire s'ils trouvent que j'ai l'air d'une brindille, si je ne suis pas suffisant ? Chaque jour, je pousse mon corps à ses limites pour être sûr d'être prêt lorsqu'ils viendront me voir. Je n'aurais qu'une chance, si on me l'accorde, je n'ai pas le droit à l'erreur.

Je pose ma main sur le miroir, plein d'une espèce de mélancolie. En relevant les yeux pour me regarder de nouveau, je vois un sourire s'étendre sur le visage mon reflet. Conscient que ce n'est pas l'expression que j'ai actuellement, j'hurle. Je tombe vers l'avant, vers le miroir, et la pièce se met à tourner autour de moi. Je ferme les yeux, terrifié. Lorsque je les rouvre, tout est blanc autour de moi. Blanc et vide, à une exception près. Il y a un miroir. Mais cette fois je ne m'y regarde plus. Je ne peux y voir que ma chambre, et lui. J'aurais pu le prendre pour moi, mais il est trop... Parfait. Il est celui que je rêve d'être. Ebahi, je m'autorise quelques secondes à le fixer. Ses cheveux sont parfaitement disciplinés. Il dégage naturellement une élégance hors du commun, même en pyjama. Il a l'air plein d'énergie. Je fixe son poignet et sa bouche, il n'a pas la moindre cicatrice. Son corps est parfaitement sculpté. Je le vois surprendre mon regard, il me sourit d'un air narquois.

Paniqué, je frappe de toutes mes forces, cherchant à rejoindre l'autre côté. Pourquoi est-ce qu'il m'a volé ma place ? Comment a-t-il fait ? Le miroir ne cille pas. Je n'arrive pas à y faire la moindre égratignure. Il reste droit, presque impassible. Pourquoi est-ce que je le personnifie ainsi ? J'ai l'impression que lui aussi se moque de moi. Je continue à le maltraiter pendant ce qui me semble de longues minutes, avant de me resigner face à mon impuissance. Je m'assois sur le sol et regarde la version améliorée de moi-même vivre sa vie dans mon monde. Et si finalement c'est moi qui lui avait volé sa place depuis le début ? Vu d'ici, il me semble bien plus légitime que moi d'exister. Je n'entends rien de ce qu'il se passe de l'autre côté de la vitre, mais je le vois d'un coup redresser la tête et se tourner dans ce que je reconnais comme la direction où se trouve ma porte. Est-ce qu'il y a quelqu'un ? Aussitôt, je me précipite pour me rapprocher et mieux voir ce qu'il se passe.

C'est mon père qui rentre. N'est-il pas à l'hôpital ? Il a l'air en forme, ça fait un moment que je ne l'ai pas vu comme ça. Un grand sourire se crée lorsqu'il aperçoit l'autre moi. Le genre de sourire qu'il ne me réserve que pour les grandes occasions. Il le serre dans ses bras et lui ébouriffe les cheveux, comme il me le faisait quand j'étais plus jeune. J'étais extrêmement complice avec lui. Un jour, il s'est disputé avec ses parents à mon sujet. Ils ont crié tellement fort. Je n'ai jamais su le détail du conflit mais ils ont arrêté de lui parler lorsqu'il leur a tenu tête. Entre nous aussi ça a cassé quelque chose, je crois qu'il me tient responsable de la rupture définitive de tout lien avec eux, bien qu'ils n'aient jamais eu une très bonne relation. J'avais sept ans. Bien qu'il n'ait jamais cessé d'être là, il a érigé un mur entre nous, une distance. Je les regarde tout deux s'asseoir sur mon lit. Mon coeur se serre lorsque mon père sort sa baguette de sa poche, mes yeux se remplissent d'eau salée. Je sais ce qu'il va faire, je l'ai déjà vu le faire tant de fois, émerveillé. Lorsque j'étais petit et que je ne voulais pas dormir, il faisait voler tout autour de moi des tas de petites flammes en forme d'animaux pour me bercer. Je pouvais choisir ceux que je voulais voir. J'inventais des histoires et il s'y pliait, les faisant agir selon mes vœux. Mais un soir, je l'attendais enthousiaste et il s'est fâché. Il m'a dit que c'était terminé, qu'il était temps que je grandisse un peu, qu'il était fatigué et que, si moi je le refusais, lui voulait aller se coucher. Cette fois-là, je n'ai pas réussi à dormir, j'ai repassé la scène dans ma tête toute la nuit me demandant ce que j'avais bien pu faire de mal. J'avais l'impression d'avoir perdu mon père. Et pour cause, il ne m'a plus jamais fait apparaître les animaux enflammés. Ce n'est pourtant pas faute de les avoir réclamés. Pourtant, ils sont là. Ils lévitent autour de mon double qui les observe en riant et semble nourrir une conversation enthousiaste avec Papa. Soudain, je vois ce dernier lui tendre un médaillon. Ma main se pose sur mon cou, vide. J'ai perdu le pendentif familial. Je commence à suffoquer. Où est-il ? Je regarde autour de moi. Rien. C'est bien lui que mon père offre à quelqu'un d'autre. Je me mets à pleurer à chaudes larmes. Ce bijou représente l'une des seules fois où il m'a dit être fier de moi. Il a tant de valeur. Il n'a pas le droit de le lui offrir.

Des spasmes de douleur me parcourent alors que je frappe et crie, désespéré, sur la vitre, cherchant seulement un moyen de me faire entendre. J'hurle son nom alors qu'une autre voix hurle en moi. Est-ce qu'il m'aurait aimé autant si j'avais été le fils idéal ? Est-ce que tout ça est de ma faute ? Est-ce que j'aurais pu garder son intérêt si je l'avais bien voulu ? Ce sont les déceptions que je lui ai causé qui l'ont désintéressé de moi ? Il aurait pu continuer à m'aimer ainsi ? Pourquoi est-ce que ma version parfaite semble avoir sans effort tout ce dont je rêve tant ? C'est comme une illustration de ma part de responsabilité dans mes malheurs qui s'impose à moi.

En voyant ma mère rentrer elle aussi dans la chambre, une partie de mon coeur est rassurée. Kristy Clifford ne peut qu'être égale à elle-même, puisqu'elle ne m'a jamais vraiment aimé. Ici, aucun souvenir douloureux, rien qui ne puisse m'atteindre. Néanmoins, je sens tout de suite que quelque chose cloche. Elle ne vient jamais me voir dans ma chambre, et encore moins avec un sourire doux comme celui-ci. Mon coeur se tort avant d'exploser en milles morceaux en voyant qu'elle embrasse son autre fils, cette autre version que je ne saurais pas être, sur le front pour le saluer. Cette marque d'affection, toute simple, moi je ne l'ai jamais eu en privé. J'ai couru si longtemps derrière ma mère, pour que lui n'ait qu'à passer de l'autre côté d'un miroir pour qu'elle l'aime ? Quelle injustice. Elle s'assoit de l'autre côté de lui, et mes deux parents le serrent dans leurs bras en souriant.

J'ai mal. J'ai tellement mal en voyant ce tableau de la petite famille parfaite. Je ne peux m'arrêter de pleurer. C'est ce dont j'ai toujours rêvé, ce pourquoi j'ai toujours tout fait. J'ai voulu que ma mère me prenne dans ses bras ainsi, sans raison. Comble de mes souffrances, j'entends sa voix de l'autre côté du miroir. Elle lui dit qu'elle est fière. Elle ne me l'a jamais dit. Je n'ai jamais eu le droit qu'à des reproches de sa part. J'ai tant attendu qu'elle prononce ces quelques mots, en vain. Mais alors, tout ça est vraiment de ma faute ? Si j'étais différent, j'aurais été aimé ? Si j'avais été lui, mes parents m'adoreraient ? Me regarderaient ainsi avec des étoiles dans les yeux ? Tout ce triste spectacle veut-il dire que je ne peux m'en prendre à moi-même ? Que je les ai trop déçu pour qu'ils ne puissent aujourd'hui m'aimer ainsi ?

Non, c'est trop douloureux à accepter. Je frappe une fois sur le miroir, il se fissure. J'hurle de douleur et regarde mes mains, je saigne. Je continue de frapper. Je veux détruire cette image, détruire tout ce que me renvoi ce maudit miroir. Je refuse de croire à de telles illusions. Je frappe encore et encore, sans m'arrêter. Pendant de longues minutes, je ne fais aucune pause. Cependant, je les vois encore de l'autre côté. Soudain, c'en est trop. J'entends ma mère dire je t'aime, et mon père répéter. Des mots si précieux, adressés à un autre que moi. Des mots que j'ai tant peiné à entendre chez l'un, et qui ne sont jamais sorti avant de la bouche de l'autre. Je prends mon élan, crie aussi fort que mes poumons me le permettent et fonce avec toute la puissance de ma souffrance dans le miroir. Je veux juste y mettre fin.

Je me réveille en sueur dans mon lit. J'ai bougé et suis complètement à l'envers. Effrayé, je regarde mon miroir. Il est toujours en place, et intact. Tout ça n'était qu'un cauchemar. Je me lève, le tourne vers le mur, puis tente de retourner dormir sans repenser à tout cela.

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
Couleur de dialogue #134f5c

Cauchemars Recueil d'O.S.
--------
Pas de TW.
--------
L'ATTAQUE DU BROCOLIS GEANT.

Image postée par le membre


Eté 2048


Bordel, mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je suis dans une cabane suspendue à dix mètres du sol. Comment est-ce que j'ai atterri ici ? Je n'ai aucun souvenir d'avoir grimpé comme ça. Je commence à faire l'inventaire de la pièce, j'ai à ma disposition une théière, un coussin, et une boîte de tomates en conserve. Merlin, je vais aller loin avec ça. Cette situation n'a aucun sens. Alors que je tente de me rappeler d'un détail qui me permettrait d'expliquer le pourquoi du comment je me suis retrouvé ici, j'entends un bruit sourd en bas, puis quelqu'un crie mon nom. Intrigué, je passe la tête à travers l'une des fenêtres.

Il y a un brocolis en bas. Un brocolis géant. Et croyez-moi, il n'a pas l'air content. Il continue à hurler mon nom, agitant dans sa main droite une casserole avec un air menaçant. Lorsqu'il me voit, il commence à taper des pieds m'interpelle encore plus fort. Mais comment diable peut-il savoir comment est-ce que je m'appelle ? Je n'ai jamais rencontré de brocolis avant lui, leur communauté m'est complètement inconnue. C'est trop bizarre cette histoire. Enfin, je n'ai pas le temps de réfléchir à tout cela plus longtemps. L'énergumène se saisit de l'arbre sur lequel repose ma cabane et commence à le secouer. Je sens le plancher vibrer sous mes pieds. Mais mince alors, qu'est-ce qu'il essaie de faire ? Il m'a pris pour une noix de coco ? Comme si secouer mon arbre allait suffire à me faire tomber. Je passe la tête à la fenêtre une nouvelle fois, et lui tire la langue.

- Eh gros naze ! Il va falloir un peu plus que ça si tu veux m'atteindre.

Mince, je crois que je l'ai vexé, il commence à monter à l'échelle. J'avais pas prévu ça, qu'est-ce que je fais ? Paniqué, j'ouvre la trappe et lui lance le premier truc qui me tombe sur la main, visant son gros crâne vert pour le ralentir. Les tomates en conserve lui explosent dessus. Je ne peux m'empêcher d'essayer de le provoquer encore un peu avant de refermer la trappe.

- J'espère que tu aimes la ratatouille !

Mais qu'est-ce que tu racontes Antonn ? Il n'y a pas de brocolis dans la ratatouille ? Je ferais vraiment mieux de me taire parfois je crois, là c'était ridicule. Je cherche désespérément un moyen de m'enfuir. Toutes ces nuits passées à prier Salazar Serpentard n'auront pas été vaines, une tyrolienne vient par le plus grand des miracles d'apparaître à la fenêtre. Je passe le coussin sous mon bras et embarque la théière avant d'emprunter le chemin nouvellement apparu. Je me jette dans le vide, ne me tenant qu'à une main. J'aime le danger.

Soudain je me sens tomber. J'ai le temps de me retourner vers la fenêtre et je vois le brocolis, une paire de cisaille à la main et un sourire maléfique auuuuu... Visage ? Je ne sais pas comment on appelle ça chez une brocolis, c'est comme s'il n'avait qu'un corps et des cheveux. Ah le sacripant ! Il a coupé le fil de ma superbe tyrolienne. Fort heureusement, j'ai des réflexes hors du commun, j'ai donc le temps de disposer mon précieux coussin sous mon postérieur avant d'atterrir lourdement sur le sol. Et voilà, pas la moindre égratignure. C'est ce qu'on appelle le talent. Je commence ensuite à courir pendant ce qu'il me semble être une éternité. J'esquive racines et cailloux, cherchant à mettre le plus de distance possible entre moi et mon assaillant. Je ne sais toujours pas pourquoi est-ce qu'il m'en veut d'ailleurs. Il me manque vraiment une partie de ma mémoire, c'est grave d'en arriver là.

Je finis par arriver dans une clairière au centre de laquelle je ralentis. Surprise, me voilà encerclé ! Le brocolis originel s'est fait des amis et ils sont maintenant une dizaine autour de moi. L'un d'entre eux m'attrape par les pieds et me pend la tête en bas. Il me secoue dans tout les sens et je les vois se moquer de moi. Je le prends mal et je leur crache dessus. Ils se taisent. C'est bien fait. L'original s'approche de moi, et s'exprime.

- Bon alors, tu me la rends ma théière ? Je t'avais bien dit qu'elle s'appelait revient petit chenapan, et ça n'a pas changé.

Je me réveille en sursaut et me promet de ne plus jamais manger de brocolis ni boire de thé.

Ne cherchez pas un sens à celui-là, il n'y en a pas. :ninja:

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
Couleur de dialogue #134f5c