Leta de Ruby
Chambre de Leta.
Le vingt-quatre août deux mille quarante huit.
6ème année de @Leta Blackbirds. [♛]
5ème année de @Ruby Everheart. [♛]
Note : La première partie de ce RP se déroule dans le passé soit le 27 février 2047, première rencontre entre les jeunes filles. Les deux RPs ont été réunis en un seul pour éviter de faire un premier RP trop court.
Le vingt-quatre août deux mille quarante huit.
6ème année de @Leta Blackbirds. [♛]
5ème année de @Ruby Everheart. [♛]
Note : La première partie de ce RP se déroule dans le passé soit le 27 février 2047, première rencontre entre les jeunes filles. Les deux RPs ont été réunis en un seul pour éviter de faire un premier RP trop court.
27 Février 2047
IH
C'était la fin de la cérémonie d'inauguration de Godric's Hollow. Je m'étais quelque peu ennuyée. Personne à l'horizon avec qui j'avais vraiment pu discuter, William ne m'avait pas tenu très longtemps, ce n'était pas sa faute, je pense que nous n'étions pas forcément compatibles. Je lève les yeux au ciel, j'espère qu'il va pleuvoir pour que je puisse enfin rentrer mais seul le vent persistait et pas une goutte de pluie n'osait tomber sur mon nez et sur cette foule ébahie devant ce tout nouveau groupe politique... Je n'ai pas spécialement froid, je suis bien habillée pour l'occasion, je savais qu'il fallait que je me couvre bien. Mon regard est perdu dans l'immensité du ciel au dessus de moi, c'est beau quand même...
Ma tête retombe dans sa position initale et je reconnais une chevelure blonde qui me fait étrangement penser à... bah zut, à qui ça me fait penser, je la connais. Je l'ai déjà vu je le sais. Je cherche, je cherche dans les tréfonds de ma mémoire sans succès. Ce souvenir est trop embrumé, trop flou. Je suis intriguée maintenant, comment puis-je la reconnaître sans pouvoir mettre y un visage ? Alors j'avance jusqu'à elle pour lui tapoter l'épaule, j'ai besoin d'assouvir ma curiosité.
24 Août 2048
J'ai rangé toute ma chambre. Elle est pour ainsi dire scintillante. Sera-t-elle au goût de mon invitée ? Je l'espère. Je suis assise sur le rebord de mon lit, ça devrait être bientôt l'heure pour elle d'arriver. J'attends avec impatience que retentisse la sonnerie de la maison...
Dernière modification par Leta Blackbirds le 25 avr. 2025, 17:50, modifié 1 fois.
Leta de Ruby
RUBY, 14 ans
27 février 2047
Place Armand Malefoy, Centre ville, Godric's Hollow
[goodbye blue sky]
•••
27 février 2047
Place Armand Malefoy, Centre ville, Godric's Hollow
[goodbye blue sky]
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La foule qui m'enserre et s'agite autour de moi me semble si lointaine. Elle produit un bourdonnement constant dont je me passerais bien. La horde de sorciers qui s'était massée ici pour écouter Malefoy s'est peu à peu dispersée au fil des heures, mais les visiteurs restent nombreux. Ça bavarde, ça piaille, ça crie, aussi. Les bras croisés, emmitouflée dans un long manteau noir, j'attends que papa et maman resurgissent de cette opaque nuée de visages. « Quelques dernières affaires à régler », ils m'avaient dit, avant de me planter là.
Évidemment, ils avaient voulu assister à cette inauguration. Nous sommes des Sang-Pur et je me sens ici accueillie, comme hors d'atteinte. Les regards que l'on m'adresse sont cordiaux, presque chaleureux malgré le froid hivernal ; je ne saurais dire ce qu'on peut lire sur mon visage pour que je sois ainsi traitée, mais je m'en satisfais.
Un contact soudain sur mon épaule me fait frissonner, m'arrachant à mes divagations. Le corps alerte, je me tourne pour faire face à une jeune fille à qui je donnerais à peu près mon âge. Mes sourcils se froncent sur-le-champ, bien qu'aucune animosité n'habille mon visage. C'est surtout le sien qui me déconcerte. Je l'ai associé il y a bien longtemps à un prénom qui résonne furieusement dans ma tête, comme ressuscité. Comme si le voile qui recouvrait le souvenir que j'ai de cette fille se déchirait brusquement.
« Leta ? », je dis, troublée. Avant d'ajouter avec un air inquiet : « C'est bien ça ? », décontenancée par ma propre assurance.
RUBY, 15 ans
24 août 2048
Demeure des Blackbirds, Centre ville, Godric's Hollow
[i was all over her]
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24 août 2048
Demeure des Blackbirds, Centre ville, Godric's Hollow
[i was all over her]
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Je vais revoir Leta. Et je me dis : ce n'est pas un rêve, cette fois. Je n'arrête pas d'y penser. Surtout, elle m'accueille chez elle aujourd'hui. J'ai du mal à réprimer le sourire qui me tord les lèvres, ou même l'agitation qui insuffle à ma démarche un peu plus d'euphorie.
Maman me prend la main pour me conduire jusqu'à la Demeure, mais je me dégage de son emprise. Je n'ai plus onze ans. Et c'est moi qui sonne à leur porte.
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Leta de Ruby
Ce matin, j'ai eu envie d'écrire. Un peu de nostalgie et de souvenirs.
27 Février 2047
IH
Je ne me suis pas trompée. Je la connais, car visiblement elle aussi. Mon prénom sort de sa bouche, nous ne nous sommes pourtant jamais rencontrées. Pourtant fleuri dans mon esprit une idée vague, un mot, une sensation. Cette sensation persiste comme un rêve embrumé, un vieux souvenir qui n'a pas touché le soleil depuis un bail. Seules des bribes germent à foison "Qui est la Voix ?", "Je ne sais pas danser". Comme, comme, si se battre avec ce cerveau ne faisait que repousser le moment où j'accèderai à la pulpe de ma mémoire.
Je... oui Cette voix est hésitante. Je suis troublée de ne pas pouvoir me rappeler. Je... Te souviens-tu d'une pierre précieuse ? Je n'arrive pas, c'est trop flou. Mon visage exprime seulement une incompréhension des plus totale, mes lèvres se pincent, mes sourcils se froncent. Non vraiment, ça ne marche pas.
24 Août 2048
Ça sonne. Enfin. Je suis trop impatiente. Je bondis sur mes pieds et me précipite dans l'escalier. Maman me lance un regard qui veut dire *calme toi*, elle a l'air à la fois exaspérée et amusée. Je m'en fiche j'arrive avant elle à la porte. Je l'attends quelques instant, histoire de ne pas être seule à accueillir les invités.
J'ouvre et je tombe face à face avec Ruby. Et sa mère derrière comme une grande ombre. Je souris.
Bonjour. Ma voix est faible, tremblante. Disons que parler devant des adultes que je ne connais pas n'est pas mon fort.
Entrez donc ! Maman est plus rapide que moi, de toute façon, elle a l'habitude d'accueillir des gens, pas moi. Elle se tourne vers la mère de Ruby : Vous voulez rester ? Je peux vous proposer du thé ou du café ? Quel tact quand même, même si je grandis, je n'ai toujours pas son assurance et sa vivacité d'esprit.
Je regarde Ruby, je suis un peu gênée. Tu veux monter dans ma chambre ou aller dehors dans le jardin ? Je rougis. Je crois que je l'apprécie bien ce rubis.
Leta de Ruby
27 février 2047
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Je n'aurais pas pu oublier son regard. Il m'avait bien trop alpaguée, ce jour là — cette nuit là. Je me sens comme transportée à des années-lumière, à revivre l'impact de nos deux pupilles, leur tout premier contact. Que restait-il de ce mirage dans ma mémoire ? Avait-on parlé, ou s'était-on simplement comprises ? Plus je tente de m'agripper à eux, plus mes songes semblent s'effacer et m'échapper.
Je ne sais par quel miracle elle se retrouve aujourd'hui devant moi. Je ne sais si je dois ce face-à-face à la chance, à la magie ou à une tierce bienfaitrice. Mes yeux s'illuminent lorsque je l'entends acquiescer, approuver mes paroles, elles qui étaient pourtant bien vacillantes. À la mention d'une pierre précieuse, je ne peux retenir un rire léger, un soufflement amusé. « Si je m'en souviens ? C'est moi, ça ! » Et, pour ne pas ajouter à sa perplexité, je lui précise : « C'est mon nom : Ruby. Ruby Everheart. »
J'aimerais lui dire quelque chose comme Enchantée de te revoir, mais un je-ne-sais-quoi m'en empêche. Ce serait trop simple, bien trop simple. Alors seuls mes yeux l'interrogent du regard, sans relâche, et je me demande comment Leta s'explique ces circonstances providentielles.
24 août 2048
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Les politesses s'échangent, et la voix de Leta me provoque des secousses dans le cœur. Oh, c'est bien agréable, c'est comme revenir à la maison et sentir que l'on est en sécurité, que tout nous est familier, ou presque. Je suis sincèrement heureuse de pouvoir contempler de nouveau les traits de son visage. Mon attention se reporte sur la femme blonde à ses côtés. Diable. C'est précisément le genre de femme que j'aurais envie d'impressionner, simplement parce qu'elle m'apparaît fascinante et pleine d'un savoir trop ésotérique pour le bas monde. Et que je n'aime pas être assimilée au bas monde.
Je vois ma mère songer un instant aux mots prononcés par notre hôte avant d'esquisser un sourire.
« C'est très gentil à vous. Je ne dirais pas non à du thé. »
Forcément. On ne disait pas non aux propositions de Louka Blackbirds. Maman m'avait parlé d'elle, sur le chemin, mentionnant brièvement toute la respectabilité qu'elle avait acquise, au même titre que son mari. Je me devais de faire bonne impression ; pas pour maman, non, mais pour moi-même avant tout. Cette envie irrépressible de piquer la curiosité de madame Blackbirds ne me quittait pas : je voulais ses bonnes grâces, sa considération, et alors j'aurais tout gagné.
Moi, sourire en coin face au regard hésitant de Leta, j'écoute ce qu'elle a à me dire. Alors comme ça, les décisions ne sont pas son fort ? Soit : je suis trop intriguée par le lieu pour refuser d'en faire un rapide tour. Ma réponse se fait douce et encourageante ; je ne suis pas là pour la brusquer, je reste une invitée.
« Tu peux me faire visiter ? Je suis curieuse de voir ton jardin. »
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Leta de Ruby
27 Février 2047
IH
Son nom résonne dans mes oreilles, dans mon crâne puis vient s'émietter dans chaque parcelle de mes atomes. Ruby. Ruby. RUBY.
je ne me souviens pas
pas
pourquoi ?
pourquoi?
« T’es perdue, c’est ça ?
pourquoi,
Heureusement t’es pas seule pour
je me souviens de l'amour
faire taire ta Voix qui s’répète.
de bribes succinctes. Mais suis-je bête
Laisse-moi te guider.
de laisser partir mes idées
Lâche tes doutes,
qui m'envoutent,
lâche tes faux airs. »
me laissant avec un goût amer.
Tu existes. Cette phrase était faible. Tu existes pour de vrai. Comment ? La question était moins faible mais je suis perturbée, embrumée.
Je fais une pause. Je vais arrêter de me battre contre mon cerveau, c'est purement inutile.
Il ne me reste que des réminiscences, elles sont belles. Tu m'intrigues beaucoup.
De toute façon, c'est la stricte vérité.
24 Août 2048
Sa réponse est douce, franche, elle me réchauffe. Ruby sent mon mal-être, je le sais. Je glisse mes mains dans mon dos en me mettant sur la pointe des pieds. Je lui montre discrètement que ça va aller.
Viens, suis-moi. Bien que faible, ma voix reste assurée.
Je tourne mes talons et me dirige vers la porte arrière. Je laisse planer le suspens et ouvre la porte qui donne vers un jardin coloré. Maman s'en était occupé avec soin, il y a des arches fleuries, des rosiers, des parterres décorés... On y aurait dit les Champs Elysées : le paradis en enfer (l'enfer étant bien évidemment l'ensemble de la famille Blackbirds). Je me promène librement dans le jardin, je m'y sens bien. J'espère que Ruby trouvera le charme que je perçois dans ce lieu.
Puis, je m'assieds sur un banc. Et je ferme les yeux. Le soleil me réchauffe. Je suis vraiment bien ici.
Il est 1h53.
Leta de Ruby
27 février 2047
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Dans d'autres circonstances, l'affirmation qu'elle me lance — Tu existes. Tu existes pour de vrai — aurait déclenché un ricanement moqueur de ma part. Cela n'aurait pas raté, non ; je l'aurais sûrement gratifiée d'un reproche sur la profondeur intellectuelle de sa réflexion, déguisé en ces termes approximatifs : « Bien évidemment que j'existe ».
Voilà ce qui se serait déroulé, si je n'avais pas perçu à temps, dans le ton de sa voix, toute la gravité de sa remarque. À quel point elle était sincère et sérieuse, ses iris plantés dans les miens. Alors, lorsqu'elle m'adresse un Comment ?, je suis triste de ne pas avoir les réponses qu'elle attend de moi. Les mots qu'elle fait s'ensuivre m'arrachent un sourire, et pas un de ceux que l'on accorde par courtoisie.
« Merci. »
Une évidence s'impose à moi, lentement mais délicatement : Leta ne va pas disparaître comme elle le fait d'habitude, entre minuit et l'aube. Je peux encore apprendre à la connaître, là, tout de suite. Pas parce que c'est le destin, pas parce qu'il faudrait rattraper le temps perdu, mais parce que j'en ai envie. Je peux la questionner, je peux faire tomber les barrières qui ont toujours obstrué nos précédentes entrevues ; réparer tous ces moments où mon rêve m'empêchait de bouger, de parler, d'obéir à moi-même. Je peux lui suggérer de ne pas faire d'aujourd'hui notre dernière rencontre. Je me sens maîtresse du jeu comme je l'ai rarement été, et Leta n'a que des atouts en main.
D'un mouvement de tête, je lui propose de nous frayer un chemin parmi la foule. Quitter cette toile de fond bruyante pour mieux entendre ce que l'on a à se dire. Pour que je puisse surtout lui dire en retour à quel point elle m'intrigue beaucoup.
fin ?
24 août 2048
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J'emboîte le pas à Leta ; la voilà qui s'avance résolument dans l'herbe, tandis que je reste immobile quelques secondes sur le pas de la porte. Je me dois de savourer du regard toutes ces couleurs qui éclatent devant moi, harmonieuses.
En me dirigeant vers le banc sur lequel s'étale sa chevelure, je ramasse quelques fleurs qui ont échappé aux parterres. Rien que des pâquerettes et quelques boutons d'or. Leta ne m'en voudra pas, je crois, de toute façon les voilà déjà cueillies.
« Tiens, je dis, en m'asseyant à ses côtés. Tu pourrais en faire des couronnes. Ou les placer dans un vase, dans ta chambre. »
Je détache de ce semblant de bouquet un bouton d'or, pour le caler derrière son oreille. C'est mièvre à souhait ; je ne sais pas bien ce qui m'a pris, et je me sens stupide, alors mon regard retourne bien vite se poser sur le sol. Me voilà à fixer, avec une intensité absolument inégalée, un insecte sans intérêt qui volette à mes pieds. Je ne sais par quelle... sorcellerie elle parvient à faire ressortir cet aspect de moi, aspect jusqu'à présent si bien occulté que j'en méconnaissais l'existence.
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Leta de Ruby
27 Février 2047
IH
Son sourire franc me réchauffe : nous nous savons. L'ambiance électrique de la foule me quitte peu à peu, quelle effarante constatation de remarquer l'effet d'une seule personne sur mon état. Pour moi qui n'aime pas la foule, Ruby est ma cage de Faraday.
Nous restons quelques instants comme ça :
suspendues
Puis d'un regard scellant notre accord, nous quittons les lieux pour faire taire ce brouhaha incessant, et surtout, nous écouter parler. Nous marchons. Ma main frôle la sienne en marchant. Je détourne les yeux. Puis, comme aimantée, je la retouche. J'esquisse un sourire maladroit pour cacher que cet hasard me plaît. Puis est-ce vraiment inconcevable ? Danser ensemble était bien plus incongru, même si, je l'avouerai volontiers, la réalité n'a rien de comparable à un rêve.
Fin.
24 Août 2048
Mes yeux toujours fermés, je l'entends vagabonder dans l'allée qui mène jusqu'à moi. Je perçois ses mouvements, je la sens s'installer à côté de moi. Je me sens paisible. Je n'ai pas besoin de la vue, mieux encore : j'écoute mieux sans avoir à regarder. Alors, je me concentre sur sa respiration et sur ce qu'elle me dit tout en laissant le soleil baigner mon visage. Ruby a sûrement ramassé des fleurs. Cela me fait plaisir, il me semble bien que-
Merci. Suis-je en train de rougir ? Est-ce que tu sais que c'est le premier bouquet de fleur que l'on m'offre ? Cette affirmation ne suffit pas je pense. Je vais les mettre dans un vase sur mon bureau, ça me fera penser à toi. Je finis en rigolant légèrement. Ce que j'ai dit parait tellement surfait, n'est-ce pas vraiment étrange de penser à quelqu'un d'autre alors que cette personne n'est pas présente ? Pire encore si l'objet de remembrance est un bouquet de fleur.
Puis, comme par l'effet d'un glaçon se posant sur ma nuque, mon cou se crispe : ses doigts ont touché mon oreille pour y déposer ce que je pense être une tige. J'ai toujours les paupières closes. Pourquoi mon corps s'est-il raidit ? Était-ce désagréable ? Non, bien sûr que non, c'est la surprise qui m'a fait cet effet. Aimè-je ?
oui
Et, ai-je envie qu'elle-
recommence ?
J'ouvre les yeux et tourne la tête vers Ruby. Elle regarde le sol, à quoi pense-t-elle ? Je me mords la lèvre. Quelle est cette douceur ? Celle que je ressens derrière mes yeux. Ai-je déjà dis que j'étais si paisible ? J'aurai envie de dormir, mais j'aurai trop peur de louper la suite. J'aimerai tant qu'elle me regarde. Que Ruby se tourne vers moi était ma seule préoccupation. Vais-je rester passive, immobile ? C'est à mon tour de jouer et je n'ai que des atouts en main.
Fébrilement, je bouge mes doigts, puis c'est toute ma main qui va se poser à moitié sur celle de Ruby, à moitié sur le bouquet. En plus d'être beau, j'ai là mon lien. Je me fige presque. J'ai peur de sa réaction. Mais pourquoi avoir peur si ce geste est anodin ? Mon esprit interprète alors qu'il y a en effet une raison d'avoir peur.
Il fait beau, nous baignons dans le soleil et cette ambiance de fin d'été.
Dis-moi ce que nous sommes, ce que nous sommes d'autre que deux corps assis sur un banc d'un jardin en Angleterre.
Berlinist pendant 5h.
Leta de Ruby
24 août 2048
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α
analepse
•••
α
analepse
« Est-ce que tu sais que c'est le premier bouquet de fleur que l'on m'offre ? »
Le souffle d'un rire m'échappe, et mon visage se fend d'un sourire en coin. Je suis ravie d'avoir été la première à lui offrir des fleurs, mais je ne le lui dirai pas, parce que je me l'avoue pas totalement non plus.
La scène me revient en mémoire à une vitesse fulgurante et flotte devant mes yeux. Londres, dix-sept juillet 45. J'ai du bleu myosotis dans la tête. Ashley. Elle n'était pas venue récupérer son bouquet de fleurs. Je n'ai pas le temps d'y penser. Je préfère refermer la porte de ce souvenir et en jeter la clé.
« Je vais les mettre dans un vase sur mon bureau, ça me fera penser à toi. »
Ses mots dissipent mes secousses intérieures. Qu'elle pense à moi, c'était mon intention la plus ferme, mais je ne le lui dirai pas, parce que je me l'avoue pas totalement non plus.
Alors à la place, Je détache de ce semblant de bouquet un bouton d'or, pour le caler derrière son oreille.
ω
La bestiole s'est envolée. Privé de son analyse approfondie, mon regard ne se raccroche plus à rien. Chute libre. Ma respiration se fige, et je prie tous les dieux pour qu'il se passe quelque chose, un éclair soudain dans ce ciel auguste et bleu, un séisme sous nos pieds qui m'emmènerait six pieds sous terre, n'importe quoi pourvu que ce silence arrête de me tenailler. Ce ne sont que des fleurs ! — alors pourquoi ai-je un sentiment de fin du monde coincé dans ma poitrine ?
Je vais me liquéfier sur place si elle ne bouge pas, ou pire, si elle s'en va, Leta dis quelque chose parce que moi je ne peux pas, et je ne suis pas sûre de tenir longt
un contact
Sa main a rejoint la mienne. Enfin, je suis sûre qu'elle a rejoint le bouquet, plutôt. Oui, ses doigts s'enroulent autour des tiges, je le vois bien. Quoique. Sa main repose-t-elle davantage sur ma main ou sur le bouquet ? Je peux peut-être arriver à voir combien de millimètres supplémentaires sa paume occupe sur la mienne. C'est difficile à dire. Je crois qu'elle repose davantage sur ma main. Ce doit être ça.
Je suis bien la dernière personne du monde qui devrait rompre ce contact, mais je ne le sais pas encore. Je me dis seulement que ces circonstances doivent pour une raison ou une autre être forcément embarrassantes pour Leta. Que même si j'aime cette situation, que même si nous l'avons nous-mêmes provoquée, elle doit prendre fin. C'est ainsi que les choses se font, n'est-ce pas ?
Alors mes doigts se délacent des siens. Je lui laisse le bouquet entre les doigts mais je ne pars pas bien loin de son emprise. À la place, je lui agrippe le poignet en me relevant d'un bond.
« Alors viens, on va leur trouver un peu d'eau et un vase. Elles vont faner, sinon. Tu me montres le chemin ? »
Ces fleurs fraîchement cueillies ne sont certainement pas sur le point de faner ; mais quelle importance, pour une enfant de quinze ans, dans ce jardin d'Angleterre ?
belle, romantique, rouge (Paige 2026)
Leta de Ruby
IH
Je ne m'attendais à rien.
Pourtant mon cœur a eu mal de ce retrait soudain. Ai-je fait quelque chose de mal ? Suis-je indécente ?
Son bouquet est bien équilibré, c'est indéniable mais, si seulement je n'étais plus seule à le tenir.
Je savais que j'aurai du ne pas bouger. Ne pas toucher sa main. Et pourtant, le mal est fait. Et pourtant, je brûle de ressentir à nouveau ce contact. Qu'es-tu ?-
Je n'ai pas eu à attendre longtemps : mon poignet se retrouve encerclé dans sa paume et ses doigts. Sans me laisser le temps de réagir, elle se lève rapidement l'air heureuse en me lançant qu'il faut un vase à ces fleurs.
J'ai trop pensé encore. Vraiment ? Est-ce que je réfléchis trop ? Ou bien ai-je raison et mes actions vont trop loin ? Punaise arrête de faire fonctionner tes neurones et essayes juste de vivre l'instant présent. Il faudrait que je fasse ça oui. Que je profites de ce moment, je sens qu'il est précieux, alors je ne veux pas le gâcher. Je change d'avis comme une girouette par un vent agité. Alors pour réagir, je sers mon poing gauche pour me donner du courage.
Ruby, je-
Puis je réalise soudainement que je ne sais même pas ce que j'allais dire. Lui avouer que je suis confuse, maladroite ou encore troublée ? Non évidemment, je ne vais rien dire de tout ça.
-Je trouve ton bouquet très beau. J'ai un vase qui lui irait très bien.
Je marche alors en direction de la porte que l'on a passé plus tôt. J'entends des bribes de conversations depuis le salon : nos mères respectives semblent bien s'entendre. Je tire une nouvelle fois Ruby dans les escaliers. Le vase est dans une étagère du couloir à l'étage, je le récupère de ma main libre et pose les fleurs dedans.
Je vais mettre de l'eau dedans. Ma chambre est juste là, -je pointe la porte sur notre droite- tu peux m'y attendre si tu veux.
Je ne me rappelle même plus à quelle moment sa main a quitté mon poignet. Est-ce moi qui ait été trop brusque ou bien m'a-t-elle lâchée consciemment ? Je fait fi de ces nouvelles interrogations en remplissant le vase. Puis je m'en vais jusque dans ma chambre, je pose le vase sur mon bureau puis m'assois sur le rebord du lit.
Je rougis.
Dis, tu veux être qui plus tard ?
Je pose mes main de chaque côté de mon corps, sur le lit, la pose d'une personne qui à l'air d'avoir fait une bêtise. Ma tête se tourne alors vers elle et je l'observe attentivement, j'espère qu'elle ne le verra pas trop ; suis-je vraiment en train de me cacher ? ou ai-je envie qu'elle le remarque.
Neva (Original Soundtrack).
Leta de Ruby
24 août 2048
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C'est toujours un peu spécial d'entendre quelqu'un d'autre prononcer votre nom, comme s'il n'était plus vôtre mais désormais leur, comme s'il prenait un sens nouveau à chaque fois que d'autres lèvres s'en emparent. Et puis il y a ce quelque chose qui vous fait vous sentir unique au monde, quand l'autre vous interpelle et que vous n'existez plus qu'au creux de son verbe. Quand quelqu'un se donne la peine de vous cueillir à l'aide de simples syllabes, pour avoir toute votre attention et passer outre les bavardages.
Alors quand mon nom roule sur sa langue et parvient à mes oreilles, je m'arrête net dans mon élan. Et mon cœur se casse la figure dans les escaliers de ma cage thoracique. J'aurais dû apprécier la façon dont elle a articulé les lettres de mon prénom, mais que puis-je faire à cet instant, sinon craindre les mots qui vont suivre, vaciller face à cette phrase qu'elle prépare ? Comment empêcher le sang qui pulse dans mes veines d'atteindre les extrémités de mes doigts, qui touchent encore les siens ?
des mots
C'est un compliment qui tombe, comme un couperet. Puis une affirmation. De simples badineries qui ne vont pas avec la solennité d'un « Ruby, je... » prononcé comme elle l'a fait. En suis-je soulagée ou frustrée ? Je ne saurais dire. Mais soit, Leta, reprenons le cours de nos vies comme si tu ne m'avais pas pétrifiée et réanimée en l'espace de quelques minutes. Emmène moi où tu voudras, moi je ne sais plus où je veux aller.
« ... tu peux m'y attendre si tu veux. »
Je hoche la tête sans rien dire, si ce n'est « D'accord. » de ce simple mouvement.
Quand j'entre dans la pièce, le soleil est déjà là. Je ferme les yeux quelques secondes pour m'imprégner du sentiment de sécurité qui traîne dans la pièce. Je peux encore sentir le contact fantôme de sa main sur la mienne, la chaleur de sa paume en moins.
En entendant des pas se rapprocher, je tourne la tête en direction de la porte et pivote toute entière en voyant Leta revenir. Elle avait raison, au sujet du bouquet, c'est vrai que ce vase lui va très bien. La voilà qui s'assied sur son lit, ce qui me laisse les bras ballants au milieu de la pièce, n'osant prendre place nulle part. D'ordinaire, je ne me gênerais pas pour tirer une chaise et m'y laisser tomber, mais je ne veux pas froisser Leta dans sa propre chambre. À la place, je m'approche de la fenêtre la plus proche. Le regard planté dans l'horizon, j'entends sa voix s'élever et remplacer le silence qui nous enveloppait jusqu'ici.
« Comment ça ? » Un temps. « Hm. Importante, j'imagine. »
Je tourne mon visage, mes yeux rencontrent les siens. Ils étaient déjà posés sur moi. Je n'ai pas le temps d'y penser : elle m'a posé une question. D'où sort-elle, d'ailleurs cette question ? Bien sûr, je ne vais pas me plaindre de cette conversation qu'elle entame, mais je ne sais ce qui lui a traversé l'esprit pour m'interroger ainsi.
« Pourquoi ? »
belle, romantique, rouge (Paige 2026)