Témoin oculaire

Mercredi 13 décembre 2045,
Avec @Neven Pearce

Charly souffla, baguette en main, balai et serpillière sur ses talons. Ce n’était pas le job le plus plaisant et les horaires étaient un peu nuls, puisque le ménage se faisait après la fermeture de l’Astronarium au public. Mais au moins, le cadre de travail était agréable, et surtout, elle était tranquille. Si la brune détestait bien une chose, c’était d’avoir quelqu’un sur son dos, pour lui ce qu’elle devait faire et comment le faire. De toute façon, elle ne comptait pas moisir ici. Cela faisait déjà quelques semaines que la jeune femme travaillait ici, et même si elle n’avait pas encore trouvé un vrai travail, elle était persuadée avec son diplôme en poche, ce n’était qu’une question de temps. Mais en attendant, elle devait se contenter de faire les poussières et de passer la serpillière. L'Anglaise finissait toujours son périple par le bureau du directeur de recherche. Un certain Neven Pearce, qui avait pris ses fonctions très récemment. Elle ne l’avait pas encore croisé. Surement un de ces planqués qui devait se contenter de ses petits horaires bien confortables. Elle toqua néanmoins à la porte tout en sachant qu’elle n’obtiendrait pas de réponse, puis poussa la porte pour commencer son travail. Tout en s’activant pour nettoyer la pièce au plus vite, Charly observait les lieux avec attention. Depuis qu’elle était arrivée, elle remarquait chaque jour de nouveaux objets, pour son plus grand plaisir. Ils lui rappelaient les cours d’Astronomie qu’elle avait toujours apprécié. Ce jour-là, elle remarqua une pair d’oculaires posée sur l’un des meubles qu’elle époussetait. Intéressée, la jeune adulte posa son matériel, et attrapa ce qui ressemblait à des lunettes pour les déposer sur son nez. Elle eut un mouvement de recul, en observant son environnement grossi artificiellement par les oculaires, puis se tourna vers la fenêtre pour commencer à observer les étoiles qui commençaient à apparaître dans le ciel sombre. La brune repéra rapidement l’étoile polaire, et frustrée de pas voir beaucoup plus, elle ouvrit la fenêtre pour se pencher et mieux continuer son observation. Elle était tellement concentré qu’elle entendit à peine le bruit de la porte qui s’ouvrait derrière elle.

Fille perdue, débarquée par hasard dans l’Allée des Embrumes...
Nouveauté - Fiche - Volière

Témoin oculaire
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Voilà un peu plus de deux semaines que Neven avait pris ses nouvelles fonctions au sein de l'Astronarium. En tant que directeur des recherches - poste qu'il avait obtenu grâce à un ancien collègue Langue-de-plomb du feu Ministère de la Magie, où il avait travaillé pendant une dizaine d'années - le gallois n'était pas soumis aux horaires d'ouverture du musée. En journée, lorsque les différentes salles d'exposition accueillaient du public, il préférait s'enfermer dans son bureau. Les phénomènes célestes observables à la lumière du jour étaient de toutes manières bien inhabituels. À l'inverse, il partageait généralement ses soirées entre la majestueuse coupole en verre et la grande bibliothèque des Étoiles, en fonction des conditions d'observation. La nuit, il appréciait tout particulièrement le calme et le silence des lieux, qui contrastaient avec le bourdonnement incessant des nombreux visiteurs en journée.

Ce soir, l'air était sec, le ciel était dégagé et la lune affichait son premier croissant. Les conditions étaient parfaites, ce qui en plein hiver était suffisamment rare pour être souligné, pour observer les Géminides. Les effets de cet essaim météoritique, découvert que très récemment - au XIXe siècle - étaient encore méconnus sur la plupart des branches de la magie. Pour en profiter au mieux, Neven prévoyait de s'installer dans l'observatoire, sous la grande verrière. Il lui fallait seulement repasser par son bureau, pour récupérer de quoi prendre des notes et quelques instruments de mesure, ainsi que sa chaude cape d'hiver. Même à l'intérieur du bâtiment, les nuits d'hiver pouvaient se montrer fraîches, a fortiori lorsque l'on restait plusieurs heures à contempler le ciel.

Le bureau du directeur des recherches donnait sur l'arrière-cour de l'établissement, à quelques minutes à pied à peine de la place Armand Malefoy. Depuis la porte-fenêtre - qui lui évitait généralement d'emprunter l'entrée des visiteurs du musée - la vue était dégagée et surtout protégée des illuminations de la capitale sorcière. Récemment arrivé en poste, le gallois n'avait pas encore pris le temps d'ajouter des touches personnelles à la décoration de la spacieuse pièce. Tout juste entreposait-il divers appareillages et autres instruments, dont certains avaient d'ailleurs été restaurés au sein de l'Astronarium.

De la lumière filtrait sous la porte... Personne ne devait être là, pourtant. Fronçant les sourcils, Neven tira sa baguette de la poche de sa robe, avant de pénétrer dans son bureau. « Que faites-vous là ? » demanda-t-il à la jeune femme qui lui tournait le dos. Ses yeux balayèrent rapidement la pièce, se posant successivement sur la fenêtre entrouverte, puis sur les rouleaux de parchemins qui s'entassaient sur son établi et enfin, sur le seau et la serpillère délaissés aux pieds de l'intruse.
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« J’ai aimé les étoiles trop tendrement pour avoir peur de la nuit. »
#3a4f79 - Per aspera ad astra