On peut parler ?
Samedi 12 décembre 2048
Dans la matinée
Avec @Shawna Banks
Dans la matinée
Avec @Shawna Banks
Lily était là depuis environ cinq minutes, ses mains moites tenant une enveloppe déjà ouverte. C'était une lettre de Lucy, envoyée il y a une semaine. Cette lettre qui la tourmentait beaucoup depuis qu'elle l'avait lue, et qui augmentait encore plus ses insomnies, habituelles en ce moment. Elle avait beau réfléchir, elle ne voyait pas d'autre explication que la fatalité qui s'imposait à elle : ses parents allaient divorcer.
Mas, pourquoi ? Comment avaient-ils pu en arriver là ? Ses chers parents, qui s'aiment le plus au monde, qui ne faisaient rien l'un sans l'autre, autrefois ! Elle ne pouvait pas y croire, ni même l'envisager. Pourtant, cette semaine-là, elle était arrivée en cours avec toujours plus de cernes que la veille. Y avait-il une autre explication ? Possible, mais, pour l'instant, et elle s'était creusée la tête, elle n'en voyait pas.
Alors, elle avait décidé d'en parler à la seule personne à qui elle pourrait se confier, et qui serait capable de trouver les mots justes dans cette situation. La veille, elle avait discrètement glissé un mot à Shawna pendant le cours de Soins aux Créatures Magiques :
La troisième année avait longuement hésité. Elle avait rencontré sa meilleure amie lorsqu'elle pleurait la séparation de ses parents, elle n'avait pas à supporter le même problème chez son amie ! Finalement, elle l'avait fait, car elle avait été là pour la Serdaigle, qui était souvent là pour elle aussi quand ça n'allait pas. Elle allait se montrer compréhensive et à l'écoute, c'était sûr !On peut parler ? Demain, vers 10 h, salle des Trophées. C'est important. Merci
Mais Lily stressait tout de même, car elle n'aimait pas se confier et étaler ses mauvaises pensées. Elle préférait nettement les cacher derrière un sourire et une bonne blague. Mais elle devait le faire, ne serait-ce que pour pouvoir dormir la nuit. Assise par terre, en tailleur, elle attendait, les yeux fixés vers les différents trophées et coupes gagnés par les Gryffondor. Certains avaient sûrement été gagnés par ses parents lorsqu'ils étudiaient à Poudlard, dans sa maison.
On peut parler ?
@Lily Dawson, vraiment désolée pour cette longue attente !La veille, j’avais reçu le petit mot de Lily en cours, me demandant qu’on se voit. Depuis, mon esprit ne cessait de cogiter, réfléchissant à ce que Lily voulait me dire. Elle voulait me voir dans la salle des trophées, ce n’était sans doute pas un hasard. Soit elle voulait être au calme, soit elle voulait me montrer quelque chose. Un trophée en particulier peut être ? En tout cas, ça semblait être important. Et je n’avais pas l’impression que ce soit quelque chose de joyeux…
Elle devait avoir un souci… Souci familial peut être ? Elle peut difficilement me battre sur ce coup mais ici, chaque souci avec notre famille était décuplé car on ne pouvait pas les voir pour en parler.À moins qu’elle ait un souci avec quelqu’un ? Ou peut-être un ensemble de choses… Soudain, alors que j’arrivais en vue du lieu convenu, je me fis la réflexion que le souci venait peut-être de moi. Peut-être qu’elle avait quelque chose à me dire, qu’elle ne voulait plus être mon amie ? Je tâchai de me raisonner. Il n’y a avait aucune raison que ce soit moi le problème. Pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à des dizaines de scénarios tous plus ridicules les uns que les autres.
C’est donc chargée d’appréhension que je pousse la porte de la salle. Lily est là. Elle m’attend, assise par terre. Je m’avance vers elle lentement.
- Lily ?
Je ne sais pas trop quoi dire. Je sais que ça ne sert à rien de lui demander si ça va, je vois bien que non. Je l’ai vu à sa lettre, je le vois à son visage. Et c’est assez insupportable quand quelqu’un vous demande si ça va alors que non, ça ne va pas du tout. Je m’assois à côté d’elle doucement. Je note au passage l’enveloppe qu’elle tient dans sa main et j’en conclus que ça doit être une histoire de famille.
- Ça fait longtemps que t’es là ? J’ai bien reçu ton mot… Tu sais… Tu m’as bien aidée quand ça allait pas. Et si ça va pas, tu peux me dire, je te jugerai pas ni rien…
Je ne sais pas si j’ai su trouver les mots. La suite me le dira.
On peut parler ?
Sortant de sa rêverie, Lily releva les yeux et croisa le regard bleu de Shawna, presque surprise. Elle sonda l’expression de son visage et remarqua aussitôt que la Serdaigle semblait inquiète à l’idée de la rejoindre ici. Était-ce vraiment une bonne idée de lui en parler ? Ne risquait-elle pas de se fâcher avec sa meilleure amie, ou de lui rappeler des moments pas très joyeux de sa propre histoire ? Elle eut soudain honte. Sa petite histoire de maison à vendre qui signifierait éventuellement un divorce, c’était peut-être risible comparé à ce qu’elle avait vécu… Mais en même temps, c’était très probable que ça se produise… Il fallait qu’elle sache. C’était un peu nul de sa part, mais elle avait besoin des conseils pas uniquement de son amie la plus proche, mais aussi d’une personne qui s’y connaissait en matière de divorce des parents. Et Shawna remplissait ces deux cases.
Mais les paroles de celle-ci la rassurèrent un peu. Comme prévu, elle se montrait compréhensive et était prête à l’écouter sans jugement. Peu à peu, la gryffonne commença à se détendre légèrement, et elle répondit d’une voix un peu éraillée, faute de ne pas l’avoir beaucoup utilisée dans la matinée :
Mmm non, cinq minutes environ. Je… merci.
Ce n’était qu’un mot, mais elle l’avait dit d’une telle sincérité, d’une telle intensité que ça l’étonna elle-même. Lentement, elle leva l’enveloppe et la tendit à la brune.
Tiens… regarde.
À l’intérieur, elle pourrait y trouver un morceau de parchemin légèrement froissé où était écrit, en une écriture un peu brouillonne mais qui voulait s’appliquer, et munie de quelques ratures, une lettre de Lucile Dawson, neuf ans :
@Shawna Banks t’inquiètes, je viens de faire la même chose, désolée !
Mais les paroles de celle-ci la rassurèrent un peu. Comme prévu, elle se montrait compréhensive et était prête à l’écouter sans jugement. Peu à peu, la gryffonne commença à se détendre légèrement, et elle répondit d’une voix un peu éraillée, faute de ne pas l’avoir beaucoup utilisée dans la matinée :
Mmm non, cinq minutes environ. Je… merci.
Ce n’était qu’un mot, mais elle l’avait dit d’une telle sincérité, d’une telle intensité que ça l’étonna elle-même. Lentement, elle leva l’enveloppe et la tendit à la brune.
Tiens… regarde.
À l’intérieur, elle pourrait y trouver un morceau de parchemin légèrement froissé où était écrit, en une écriture un peu brouillonne mais qui voulait s’appliquer, et munie de quelques ratures, une lettre de Lucile Dawson, neuf ans :
Reducio
Godric’s Hollow, le Vendredi 3 Décembre 2048
Salut sœurette !
Sa Ça va à Poudlard ?
Ici, à la maison, ça change pas beaucoup. Papa et maman se parlent pas beaucoup, et defois des fois je m’ennuie. Au moins, il y a Sam qui rend visite et Thony qui est de plus en plus drôle. Lui par contre il change et il grandit à vue d’œuil ! Il a 9 mois deja !
Sinon faut que je te parle d’un truc. Enfait En fait je sais pas si je peux le dire, mais hier soir j’ai entendu papa et maman parléer avec papy et mamie. J’étais derrière la porte, donc j’ai pas tout entendu, mais je crois qu’ils veulent faire du ménage et vendre la maison. Je me rappelle que papa a dist : Ça faist longtemps que ça dure, faut arretéer de vivre dans le passeré et aller de l’avant. Je ne sais pas ce que ça veut dire… Tu sais toi ?
En tout cas moi je veusx pas partir de la maison ! Faudréait qu’on en trouve une pour nous 7, ça va être dure…
J’espère que tu t’amuse bien avec tes copines, moi ça va, Victoria a dit qu’elle étéait plus ma copine mais on sc’est réconscilié au final.
Gros bisou
Lucy
@Shawna Banks t’inquiètes, je viens de faire la même chose, désolée !
On peut parler ?
@Lily DawsonLily me rassure puis me remercie avec sincérité, ce qui me touche beaucoup, même si elle n’a pas besoin de le faire. C’est normal que je l’aide, c’est pour moi le rôle d’une meilleure amie. Rire avec elle dans les plus beaux moments et la consoler lors des plus durs. Je m’empresse de la rassurer.
- Me remercie pas, c’est normal. Puis j’ajoute, dans une tentative que j’espère ne pas être trop maladroite, de la détendre : Je sers à quoi moi sinon !
Puis j’ajoute, plus sérieusement :
- Je serai toujours là pour toi, c’est promis.
Cela pouvait paraître un peu naïf dit comme ça, surtout qu’on était jeunes, mais je le pensais vraiment.
J'attends donc qu’elle m’explique son problème, mais elle se contente de me tendre une lettre. Je la déplie lentement, puis commence ma lecture. Je crains le pire. Par expérience, une lettre augure souvent une mauvaise nouvelle, voire une très mauvaise. Mes yeux parcourent la lettre qui paraît assez inoffensive en apparence, puisqu’elle est écrite d’une main enfantine, assortie des fautes d’orthographe qui vont avec et qu’elle démarre par les banalités d’usage. Je tique sur le « papa et maman se parlent pas beaucoup » et mon cœur se serre quand je lis la suite de la phrase, où la fillette explique qu’elle s’ennuie parfois. Une gamine qui se sent seule, perdue au milieu de conflits familiaux avec sa sœur à Poudlard sans possibilité de l’aider… Ça me parle bien, et j’ai de la peine pour Lucy tout en ayant une pensée pour ma propre sœur.
Puis mes yeux parcourent la suite de la lettre et je commence à comprendre. En reliant ce paragraphe à la phrase plus haut sur les parents qui ne se parlent pas, je commence à avoir une idée globale du problème. Cependant, il me manque encore des pièces du puzzle alors j’interroge Lily doucement.
- Est ce que tu le sais, ce à quoi elle fait référence ? Est ce que c’est jute question d’un déménagement, tu as peur de perdre des souvenirs d’enfance ? Ou c’est plus grave que ça ?
