Il n'y a pas de temps bénis
"Il n'y a pas de temps bénis
Il y a la force des mains des hommes
Pas plus de lendemains maudits
Il y a juste des yeux qui abandonnent
Et pourtant"
Il y a la force des mains des hommes
Pas plus de lendemains maudits
Il y a juste des yeux qui abandonnent
Et pourtant"
6 aout 2048
Le silence qui règne dans la pièce te serre comme un étau. Tu observes tes parents qui te dévisagent, leurs regards pèsent sur toi comme s'ils venaient d'apprendre la fin du monde. Et peut-être, pour eux, c'est le cas. Entre l'affaire de l'usurpateur, ta fugue, et maintenant ton retour avec la nouvelle de ta future paternité, tout semble s'accumuler. C'est lorsque ton père s'assoit dès que tu annonces le statut de Winnie, le visage dur, que tu prends pleinement conscience de l'ampleur de la situation. Sur le moment, tu ne comprends pas totalement leur réaction. Tu ne te souviens pas que tes parents aient exprimé une aversion particulière envers les Moldus, mais l'ombre qui voile leurs regards te fait douter. Il y a comme un éléphant dans la pièce, une tension palpable qui pèse sur vos épaules.
La vie a continué sans toi pendant ton absence, tu le réalise. Elle a persévéré durant ces huit mois de détention et les cinq mois où tu as quitté la communauté sorcière. Elle a tracé son chemin, laissant derrière toi un fossé que tu tentes maintenant de combler sans prendre en compte ce qui a pu se passer pour tes parents.
Robert claque sa langue contre son palais, attirant aussitôt ton attention.
— Tu as osé mêler notre sang à celui d'une Moldue ?
Tu n'aimes guère ce ton glacial ni même le regard plein de reproches qui l'accompagne.
— Oui, tu oses prononcer.
Malgré ta tentative de paraître confiant, ton estomac se noue d'appréhension, voire de crainte. Tu as déjà vu ton père en colère, mais jamais de cette manière ; ce mépris qui se dessine sur son visage vieillissant est nouveau pour toi. Tu jettes un coup d'œil à ta mère. Elle est impassible, mais tu la trouves plus pâle que d'habitude.
— Comment as-tu pu nous faire ça, Kasey ? Nous avons tout fait pour toi et voilà comment tu nous remercies ? En nous apportant la honte et le déshonneur, lâche ton père.
Un vertige te prend, ton cerveau peine à accepter ce que tu entends et vois. Est-ce vraiment tes parents ? Depuis toujours, t'es-tu trompé sur leur compte ? Sur leur amour, sur leur acceptation ? Une colère sourde monte en toi, mêlée à une profonde tristesse. Tu voudrais rétorquer, leur expliquer que tu n'as jamais voulu les décevoir, que cela ne leur ressemble pas et que Winnie est une femme tout à fait respectable, quel que soit son sang. Mais devant leur regard accusateur, tu te sens impuissant, écrasé par le poids de leur désapprobation. Pourtant, tu te forces de faire le premier pas, de garder cette discussion ouverte :
— Winnie est une grande femme, elle m'a sauvé la vie.
Ta mère halète et tu te souviens que tu n'as rien dit par rapport à ta tentative, tu essaies de te rattraper, mais par Merlin, tu détestes tourner autour du pot :
— Dans le sens où elle m'a relevé, tu bafouilles, secoué, bref ; vous l'adoriez si vous lui laissez une chance ! Et oui, nous nous sentons prêts à élever cet enfant et j'aimerais qu'il ait des grands-parents qui le gâteront et l'aimeront, qu'importe son sang, n'est-ce pas ce qui compte le plus ? Son bien-être ?
Tu n'as pas fait mouche, c'est même pire encore. Ta mère, jusqu'ici silencieuse, rit nerveusement :
— Vous n'êtes ni mariés, elle est une Moldue, il y a de fortes chances qu'il soit sang-mêlé, il grandira dans deux mondes qui ne voudront pas de lui. Il sera rejeté et harcelé à Poudlard, sans parler du manque d'avenir. Et tu oses nous parler de bien-être ?
Les paroles d'Hélène te laissent un goût amer, mais tu te contentes de l'observer avec des yeux de merlan frit.
— Sait-elle au moins que tu es un sorcier ? demande Robert d'un ton sec.
— Pas encore... tu bafouilles.
— Et que se passera-t-il si elle te largue après cette révélation ? Que se passera-t-il quand elle comprendra que cet enfant qu'elle porte pourrait aussi être un sorcier ?
Le doute s'installe en toi et tu te retrouves désemparé face à ces interrogations. Les scénarios les plus sombres défilent dans ton esprit, te plongeant dans une angoisse croissante.
— As-tu seulement réfléchi aux conséquences de tes actes sur ta vie et celle de cet enfant ? Rajoute ta mère, as-tu seulement conscient que tes choix sont purement égoïste ? Ton... enfant n'aura aucun avenir stable.
Tu te sens pris au piège, tiraillé entre l'amour que tu portes à Winnie et le respect que tu souhaites conserver envers ta famille. Les choix à faire semblent insurmontables, et tu crains que, quelles que soient tes décisions, elles ne conduisent à des sacrifices difficiles à supporter. Et tu te dit que fuir serait le plus simple. Partir. Disparaitre. Ne laisser aucune trace. Se noyer. Tu respire un bon coup, tu te force à garder la tête hors de l'eau. Non, cette fois, tu aura le dessus.
— Mon choix est fait, tu articules.
Et ça déplait profondément.
— Robert, dit-lui.
Ton vieux père soupir et marmonne :
— Je comptais inscrire notre famille dans le registre et te trouver dans le même temps une épouse qui pourrait te donner une descendance.
— Je te demande pardon ? tu réagis, abasourdis.
— Comme tu te laissais aller, j'avais décider de reprendre ta vie en main, mon garçon et je me rend compte que j'ai été trop laxiste avec toi.
Le choc te fige sur place. Tu sens une boule de colère monter en toi, mais tu fais un effort pour rester calme, même si tes poings se serrent involontairement.
— Tu comptais décider de ma vie à ma place ? Tu ne penses donc pas que je suis capable de prendre mes propres décisions ? Que je peux choisir ma propre voie ?
Ton père te regarde d'un air dédaigneux, comme si tu n'étais qu'un enfant capricieux dont il devait reprendre les rênes.
— Tu ne comprends pas, Kasey. Notre lignée, notre sang, notre héritage... tout cela est important. Et tu es en train de tout compromettre avec tes actes irresponsables.
Tu retiens un soupir de frustration, luttant contre l'envie de lui hurler ta colère en pleine figure. Mais tu te rappelles soudainement de la main de Winnie dans la tienne, de la vie que vous avez créée ensemble, de l'amour, bien que platonique, qui vous lie. Et pour la première fois, tu te sens prêt à affronter ton père, à lui tenir tête pour défendre ce qui compte réellement pour toi.
— Je suis désolé, papa, mais je ne peux pas vivre ma vie selon tes attentes. Je vais assumer mes choix, même s'ils te déplaisent. Je suis prêt à prendre mes responsabilités et être un père pour cet enfant.
Le regard de ton père se durcit encore, mais tu refuses de flancher. Tu te tiens droit, prêt à affronter les conséquences de tes décisions, car pour toi, il n'y a pas de retour en arrière. La fuite n'est pas fiable et non, tu ne seras pas lâche. Qu'importe à quel point tu répèteras les mêmes erreurs, tu ne le seras pas.
— Alors, soit, tu n'es plus le bienvenu ici, je te renie.
Ton cœur se serre à ces mots, mais tu refuses de fléchir. Tu détestes l'idée d'être renié par ta propre famille, mais tu sais que tu ne peux pas renoncer à ce en quoi tu crois. Avec un dernier regard chargé d'amertume, tu te lèves de la table et fais quelques pas vers la porte.
— Très bien, je comprends.
Tu quittes la pièce sans te retourner, mais pourtant, tu n'as pas réussi à leur dire adieu clairement.
"Il y a de l'or dans les rivières, je le sens
Un diamant, au milieu des pierres, qui m'attend
Peut-être une source dans le désert
Peut-être un ange sur Terre
Mais j'ai toujours un rêve à faire"
Un diamant, au milieu des pierres, qui m'attend
Peut-être une source dans le désert
Peut-être un ange sur Terre
Mais j'ai toujours un rêve à faire"
| Anxiété sociale : introverti || ✓ flood & mp || x jeu & animation |
"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
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