Solo Corvus Corax

Reducio
Ceci est un RP Solo, espacé dans le temps.

Les situations sont diverses, les lieux sont différents. Une vaste majorité se passera dans le parc, d'où sa localisation.

Comme chaque post se suffit à lui même et pose Morgan dans le château en un lieu, à une date, si vous vous sentez inspiré, sentez vous libre de me contacter pour que nous connections nos deux personnages ensemble dans un RP lié.


Septembre 2048…
- Salle Commune Serdaigle -
… Début d’année

Temps chaud…
fouiiishhhhhh !..
… brise glacée.


“L’hiver vient…”

Je soliloquais dans mon coin, petite forme assise sur l’une des fenêtres de pierres, une jambe pendant nonchalamment à l’extérieur, mes yeux perdus dans la contemplation du lac et de la cour de l’horloge. Je m’étais caché sur la travée derrière l’escalier de pierre menant à nos dortoirs, hors du brouhaha de mes camarades. Sur mes genoux, un quelconque grimoire emprunté aux sortilèges mystérieux. Un parchemin en séparait deux pages. Un peu de mon écriture, une note, une introduction… Mais ma plume reposait là, sans actions… Je n’avais pas l’esprit ni le cœur à la concentration…

Le vent glacé semblait venir du lac et soufflait dans mon cou, me faisant frissonner. J’étais pris d’une soudaine et étrange mélancolie. Cela m’était déjà arrivé quelque fois depuis le début de l’année scolaire. Un regard lointain sur mes souvenirs m’assaillait, me faisant voir sous un autre angle, de factuellement mauvais évènements. Dans ce lieu grand et imposant, je venais à manquer ma chambre sous les combles, basse de plafond et jamais vraiment silencieuse. J’en venais à me rappeler le bruit des clients, les claquements et vibrations du laboratoire, les disputes de mes parents dans le salon attenant…

Le souffle m’embrassait la nuque d’une caresse tendre. D’anciens souvenirs encore revenaient. J’avais cinq ans, un haut domaine dans le Somerset. Je me rappelait des lèvres aimantes de ma mère sur mon front. De la caresse de la main de mon père dans les cheveux. Un instant heureux. Et puis la disparition, Askaban, la transformation, la déchéance… Tout avait changé maintenant.

Un vol noir traversa ma vision. De sombres volatiles au craquant rugissement filaient en conspirations autour de la tour. La plupart se dirigèrent vers la cour carrée de l’école, et son cloître tout adapté comme perchoir, l’un d’entre eux ferma la marche. Plutôt grand, au plumage jais. Il se posa sur l’une des décorations de la tour d’en face.

Je l’observais sans bouger, détaillant sa silhouette. Un grand corbeau, Corvus Corax, disait ma mère. Instinctivement, ma main approcha de ma plume, noire elle aussi. Ce n’était pas mon habitude, mais je me mis à le croquer, alors qu’il faisait sa toilette, son plumage éclatant des feux du premier soleil d’automne, me renvoyant des éclats magnifiques, bleus et violets. Je ne savais que peu dessiner. Mais seulement l’apprécier ne me semblait pas justice, je me devais de le mémoriser.

Je dessinais son bec, bien occupé à nettoyer ses griffes volatiles. Où étais tu allé pour si proprement nettoyer tes serres ? Quelle partie du château ? Peut-être venais-tu de loin ? Un bon repas pris en vol, alors que tu accompagnais tes pairs ? J’appréciais de ma plume et de mon trait son étrange équilibre, alors qu’il terminait de retirer les traces poussiéreuse d’une ancienne aventure.

Son profil me fit face, il m’observait aussi. Son œil était comme une bille de verre cendrée. A quoi ressemblais je de là où je me tenais ? Comment voyait il ce petit humain bleu et noir, assis dans l’ouverture d’une tour interdite pour sa confrérie. Était- il comme moi curieux d’un autre monde que le sien ? L’interdit du château l'intéressait-il autant que la liberté de son vol m’attirait ?

Sa tête disparut à mes yeux, alors qu’il nettoyait désormais sa magnifique aile gauche. Ma plume courait sur le parchemin, tentant de le prendre dans son étrange, un peu effrayante majesté. Avais tu voyagé longtemps ? Comment voyais tu le monde du haut de ton envol ? Les oiseaux avaient la meilleure vision du monde animal, en avais tu apprécié chaque détails ?

Le vent se remis à jouer avec mes cheveux ébouriffés, je fermais les yeux m’imaginant à sa place, voyant mon petit monde estudiantin sous un autre regard. De haut, précisément, sans biais ni désirs. L’étrange tapisserie de l’activité humaine se propageait dans mon temple intérieur. Un imaginaire de canopée et d’étendues d’eaux, entrecoupés des chemins et chaumes des maisons sorcières de la région. Une vue satellite, précise mais inhumaine, ne se concentrant pas sur la raison mais sur l’ensemble. Offrant sans explications une vision du monde absolue. Quelle formidable source d’informations, infinie, intraitable. L’impression nue d’un moment, d’un lieu. Aussi inutile que source d’inspirations.

“Crâa !”

Je sursautais alors que le volatile me fusillait du regard. Je me rendis compte que je penchait dangereusement vers l’extérieur et me redressa contre le mur, rattrapant la plume qui menaçait de s’enfuir. Nos regards se connectèrent, sans se comprendre, lien animal plus ancien que le temps. Nous nous reconnaissions comme habitants d’un territoire partagé.

“Regarde, je vais te montrer quelque chose…”
“...Mais arrête. Qu’est ce que tu fais ?”

Il ne bougeait pas, semblait aux aguets. Je terminais comme je pouvais mon esquisse, sans le quitter du regard. Que pouvais tu encore m’apprendre, si belle si sombre créature. Je rajoutais des détails intuitif, une rayure particulière sur le bec, une plume qui manquait sur sa queue dressée.

“Noon !!”

Un cri de surprise à quelques mètres. Je tournais la tête, découvrant avec surprise un couple de camarades, l’une à l’intérieur, source du bruit. Le second dans les airs, les bras en croix, lévitant grotesquement. Le bienheureux imbécile avait sauté de la fenêtre, déclenchant sa protection anti -bouffons. Je retournais à ma contemplation, mais il était trop tard. Plus de corbeau, plus que le souffle du vent. Mes yeux se posèrent sur une forme leste et sombre planant vers ses camarades, dont les joyeux craquements résonnaient entre les bâtiments.

Ne restait de notre rencontre que l’étrangement sincère croquis sur mon parchemin. Je me relevais et retournais à mes affaires, laissant les deux amoureux à leur dispute. Je me sentais plus aiguisé désormais. La vision de sa liberté m’avait inspirée…

Alors que je montais dans les dortoirs, je m’arrêtais encore un instant, avec un dernier regard par les fenêtres. Une partie de moi désirais déjà revoir ces belles créatures.Je me demandais où ces libres entités nichaient.

Reducio
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Courtoisie d'@Archibald Featherstone pour l'explication sur l'enchantement anti chute spécifique à la tour de Serdaigle. Mes hommages, doux gentilhomme. :wise:

Ce RP est ma contribution à Thèmes à la Folie - Édition de Février 2024 (mot choisi : Monde)