Citadins L.G.

Image postée par le membre SAMEDI 13 FÉVRIER 2049
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Fabio avait l'impression qu'il était en train de réussir.

Lorsqu'il avait quitté l'Egypte moins d'un an plus tôt, dans une action qui avait alors semblé nécessaire bien qu'elle n'était de loin pas aussi réfléchie qu'il ne l'aurait souhaité, il était retourné à Belfast sans aucun plan – ce qui ne lui ressemblait guère, car Fabio Dermott réfléchissait toujours minutieusement à ses actions et avait toujours un plan. Pataugeant pendant quelques mois dans une flaque d'incertitude, la salvatrice opportunité de reprendre la gestion de la salle de spectacle s'était finalement présentée à lui, se dressant devant le sorcier comme un phare indiquant un chemin à emprunter et à nouveau, de façon toujours aussi peu caractéristique de sa nature, Fabio s'était spontanément décidé à accepter. L'univers du spectacle ne lui était pas nouveau, mais Godric's Hollow n'était pas le Caire, ce qu'aimaient les sorciers ici n'était certainement pas ce que les sorciers aimaient et appréciaient là-bas et cette décision aurait tout à fait pu le mener à se fracasser dans un échec assourdissant contre les falaises escarpées des attentes culturelles britanniques.

Mais non. L'égyptien s'était à nouveau jeté à l'eau, avait rapidement trouvé son équilibre et commençait à présent à surfer sur sa petite vague de succès. Certes, il avait fait l'effort de s'adapter et de faire un pas en direction de ce qui était habituel par ici, mais était quand même satisfait de pouvoir constater que le programme qu'il proposait semblaient globalement plaire aux anglais.

Fabio et Tam venaient de quitter la chaleur d'une boutique de Godric's Hollow dans laquelle ils avaient demandé à la propriétaire l'autorisation de laisser quelques tracts publicitaires pour le prochain spectacle de la salle de spectacle. C'étaient les mêmes qu'on pouvait trouver sur les comptoirs ou dans les vitres d'autres commerces de la ville, ou affichés à certains réverbères des rues les plus fréquentées. A peine la porte franchie, l'air frais d'un samedi de février les percuta de plein fouet et tandis que Fabio relevait le col de sa cape, Tam enfonça un peu plus son bonnet de laine sur sa tête avant de remettre maladroitement ses grosses moufles, tentant de ne pas faire tomber les parchemins qu'il tenait entre ses petites mains d'elfe.

Le sorcier n'avait pas pris la peine de l''attendre et s'était déjà remis en mouvement pour leur prochaine destination – rester immobile par un tel froid n'était, pour l'Egyptien, pas une option – d'autant plus qu'il savait que vif comme il était Tam le rejoindrait de toute façon rapidement. Conséquemment, ce fut non sans surprise qu'il entendit tout à coup la voix aiguë de l'elfe l'interpeller, provenant d'une direction toute autre que celle qu'il avait emprunté.

Ooooh Fabioooo, regaaarde !, couina Tam tout en trottinant vers la source de cet émerveillement presque enfantin qu'on pouvait lire dans ses grands yeux attendris. Regarde, regarde, la Madame a ... – l'elfe se pencha légèrement en direction de ce qu'il venait de trouver, cherchant les bons mots – ... un serpent à pattes !, conclut-il finalement, légèrement perplexe car conscient que ça ne jouait pas tout à fait.

Une bestiole, Fabio aurait dû s'en douter : Tam était attiré par les petits animaux (mignons ou non) comme l'était un niffleur par une pièce d'or. Bien que l'étrange description de l'elfe le fit s'arrêt, froncer les sourcils puis se retourner pour constater que depuis là où il était, il ne voyait pas de quoi il s'agissait, la curiosité de Fabio ne fut pas piquée outre mesure. Sans amorcer le moindre pas en direction de l'elfe, il soupira avant de lancer :

Tam, il fait froid... on en verra encore plein d'animaux à Godric's Hollow, on est obligés de s'arrêter maintenant ?

Freiné dans son enthousiasme, les oreilles de l'elfe qui dépassaient de sous le bonnet s'affaissèrent légèrement. Fabio avait raison, lui aussi avait froid. Indécis, il piétina sur place. C'est qu'il avait du mal à détacher le regard du petit serpent à pattes de la sorcière.

Fab’ulous
#583400

Citadins L.G.
13 Février 2049
36 ans
Place Armand Malefoy
@Fabio Dermott


Je ne viens pas souvent à Godric's Hollow. Les seules raisons qui me poussent à venir ici sont le travail. Maintenant que Sean travaille à la Ménagerie, il est plus simple de faire passer les épreuves du permis d'adoption. Je sais que je peux lui laisser la boutique sans problème. Et c'est de nouveau ce qui s'est passé aujourd'hui. J'avais donc embarqué mon lézard avec moi - ou alors c'est lui qui s'était invité tout seul, c'est dur à dire - et nous avions transplané jusqu'à Godric's Hollow. Kero était resté dans mon sac bien sagement, me permettant de faire mon travail sans avoir à le surveiller.

Les épreuves étant enfin terminées, il est donc temps de revenir sur Londres. Le froid ne semble pas déranger mon compagnon outre mesure puisque celui-ci gambade de tous les côtés. Heureusement, j'avais eu le temps de m'y habituer : d'abord parce que cela fait un peu plus d'un mois que Kero fait partie de la famille, et ensuite puisque ce n'est pas mon premier lézard. Même si elle était plus calme que ne l'est Kero, Izzy avait tendance à se faufiler partout. Et dans les couloirs de Poudlard, ce n'était pas toujours facile d'avoir un oeil sur elle.

Alors qu'il revient enfin vers moi, la course de Kero est interrompue par un elfe sur son chemin. Elfe qui semble absolument ravi de rencontrer mon compagnon. Son enthousiasme m'arrache un sourire. Enthousiasme qui est vite coupé par quelqu'un un peu plus loin.

- C'est un lézard. Il s'appelle Kero. J'explique à l'elfe, ignorant l'homme qui se trouve plus loin.

Kero est loin d'être un animal farouche, au contraire. Il a tendance à être très curieux. Et, loin d'être bête, il a vite remarqué l'intérêt de l'elfe. Il reste quelques secondes à l'observer avant de s'approcher de lui.

- Il va falloir attendre un peu avant de rentrer au chaud, visiblement. J'adresse à l'homme quelques pas plus loin qui semble nettement moins ravi que l'elfe.


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Kero le lézard, répéta doucement l'elfe, parvenant à grande peine à arracher son regard du reptile pour lever les yeux vers la propriétaire. Kero n'a pas froid ? Parce que Tam a froid !

Un lézard, mais oui, évidemment ! Tam se sentit un chouïa idiot, tout à coup, d'avoir parlé de serpent à pattes (et suffisamment fort, par dessus le marché, pour que la dame l'ait entendu !) : Tam savait bien que les serpents, justement, ça n'avait pas de pattes, que ça glissait sur le sol ou le sable en sifflant et formant des grands "S" avec le corps et qu'en somme, les serpents étaient toujours un peu effrayants. Alors que le petit lézard, non : oh qu'il a l'air gentiiiil, songea le petit elfe tandis que le lézard s'approchait curieusement de lui, utilisant bien ses quatre pattes pour avancer, sans siffler, sans serpenter et sans effrayer.

Mais Fabio avait raison. Doublement : non seulement, ils étaient de sortie avec une mission bien particulière qu'il s'agissait de mener à terme (et Tam aimait ces missions car elles lui permettaient de découvrir plein de nouveaux endroit, plein de nouvelles personnes, plein d'objets étonnants et abracadabrants : de quoi assouvir temporairement la curiosité sans bornes de l'elfe), mais en effet, il faisait un froid de croup, au point que les pointes de ses oreilles qui dépassaient d'en dessous de son bonnet coloré étaient déjà toutes gelées alors qu'il venaient à peine de ressortir du magasin. D'ailleurs, Tam était assez certain que Fabio n'allait pas être très ravi d'entendre la Madame-Lézard ironiser ainsi... mais le lézard est siiiii mignoooon ! Ah qu'est-ce qu'il était déchiré entre l'envie de se baisser pour le caresser (pouvait-on seulement caresser un lézard ?) et celle de prendre congé afin de retourner près de l'égyptien pour continuer leur distribution de tracts.

Finalement, c'est lui qui s'approcha de quelques pas. Oh-oh songea Tam en voyant son visage : il connaissait cette expression froide et impassible et le ton du sorcier fut aussi tranchant qu'il ne le craignait :

Un bonsoir aurait été adéquat, mais compte tenu du fait que nous ne pensons pas nous attarder, je suppose que nous pouvons raisonnablement nous en passer.

Visiblement le minimum de politesse étant à la base de tout savoir-vivre lui était tout à fait inconnu ! Bien qu'on pouvait le qualifier d'occasionnellement hautain lui-même, bien qu'il aimait lui-même diriger, Fabio n'aimait pas les personnes qui lui dictaient quoi faire. Ou peut-être qu'en réalité, la propriétaire de lézard se contentait de souligner l'ironie de la situation, il n'en était pas certain. Toujours était-il qu'il n'était pas bien ravi. Non, vraiment pas. Non mais de quoi Madame se mêle ? Il rentrait au chaud quand bien cela lui plaisait, ce n'était pas un minuscule quatre pattes qui allait l'en empêcher – encore moins la propriétaire d'un minuscule quatre pattes.

Fab’ulous
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13 Février 2049
36 ans
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@Fabio Dermott


- Pas vraiment. Enfin disons qu'il aime beaucoup trop gambader pour s'en préoccuper. Je réponds à l'elfe curieux, visiblement répondant au nom de Tam, toujours le sourire aux lèvres face à la scène qui se joue entre les deux créatures.

En revanche, une autre créature crispe le sourire que j'ai aux lèvres. Une créature humaine bien moins agréable. Je lève les yeux plus loin pour regarder de nouveau l'homme et hausse un sourcil. J'admets que le froid n'est pas une invitation à traîner dehors. J'admets aussi ne pas l'avoir salué, loin de moi pourtant l'idée de vouloir être malpolie. Mais aux dernières nouvelles je n'ai pas été désagréable. Contrairement à lui. Nom d'un croup, il est aussi glacial que ce froid anglais.

- Et donc ça justifie autant de froideur et si peu d'humanité. Je conclus avec un ton teinté d'ironie à l'homme, qui avait quand même daigné s'approcher de notre petit trio. Et puis quoi, encore ?

Kero, bien loin de se soucier ou même se saisir la situation, continue de fixer le petit elfe avec des yeux curieux. Rapidement, il fait trois fois le tour de l'elfe avant de s'arrêter de nouveau devant lui, encore plus proche que la fois précédente, la tête un peu penché sur le côté et le regard toujours fixé sur l'elfe. Si ça continue, dans quelques minutes, c'est sur la tête de Tam que Kero va finir. D'un petit sifflement, je préviens mon compagnon de ne pas tenter l'expérience.

Toutes mes excuses pour ce délai... :sweatingbullets:

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Tam posa un regard songeur sur le petit lézard. Il aime beaucoup trop gambader pour s'en préoccuper. Tout à coup, tout venait de faire sens. Kero n'avait pas froid parce qu'il bougeait beaucoup, c'était ce que la maman-sorcière du lézard venait de lui expliquer. Lui, Tam, avait beau porter in bonnet très volumineux, une grande écharpe en laine et des moufles si épaisses que lorsqu'il tentait de distribuer une feuille, c'en étaient au moins trois qu'il détachait du lot, il avait un peu froid, quand même. En même temps, le petit elfe avait remarqué que plus il bougeait, plus il courrait, gigotait dans tous les sens, moins il ne se préoccupait du l'air glacial. Et l'inverse lui semblait tout aussi logique : Fabio avait très froid. Or, Fabio bougeait peu, du moins lentement, dans des gestes mesurés, gracieux, précis et somme toute : tout sauf agités. Pas étonnant qu'il se la gelait ! Tam songea que s'il parvenait à convaincre le magicien de sautiller sur place ou de courir trois fois en rond, il serait certainement un peu plus réchauffé. Et en étant réchauffé physiquement, son humeur allait certainement se faire plus chaleureuse également. Et, poursuivant son raisonnement, l'elfe vint à la conclusion que si Fabio n'avait pas froid, si son humeur était chaleureuse, il n'aurait absolument rien contre l'idée de s'attarder un peu ici. Tam pourrait alors jouer avec le lézard et qui sait, peut-être même que Fabio pourrait faire copain-copain avec la sorcière ! Peut-être qu'ils allient devenir amis, qu'il allait l'inviter au théâtre et qu'elle allait demander à Tam de garder Kero le temps de la représentation. Tam avait beau être un elfe jeune, il savait être très raisonnable, oh que oui : on pouvait lui faire confiance ! Qu'est-ce que ce serait fantastique quand même, merveilleux, tout simplement grandiose ! Décidément, la dame au lézard était vraiment d'une grande sagesse, Tam n'avait pas le moindre doute là dessus !

En attendant, les deux sorciers ne semblaient pas si bien partis, pour devenir amis. Mais l'elfe n'était pas prêt à perdre espoir : après tout, c'était parfois comme ça, dans les pièces de théâtre que la salle de spectacle accueillait. Des retournements de situation tels qu'il n'aurait jamais imaginés ! Alors tandis que les deux adultes discutaient – il espérait que cela allait durer un moment – Tam s'accroupit près du lézard afin de l'observer de plus près.

Tam est ra-vi de rencontrer Kero le lézard. Enchanté. Tam est désolé de t'avoir appelé un serpent à pattes tout à l'heure, Tam était idiot, i-dii-ooot ! C'est très malin de bouger pour ne pas avoir froid, Kero le lézard. Tam va faire pareil. Fabio devrait aussi, mais Fabio n'aime pas les gestes inutiles.

Tandis que Tam continuait de gazouiller à voix basse et aiguë en même temps, un petit sourire amusé avait pris place sur les lèvres du magicien qu'il accompagnait. Celui-ci n'était pas adressé à l'elfe – bien que Fabio aurait sans l'ombre d'un doute été heureux de constater qu'au moins, son jeune compagnon s'amusait dans l'historie – mais bel et bien à la sorcière.

C'est curieux, vous savez. Dans mes souvenirs, la distance, la légère froideur, c'est précisément des caractéristiques que l'on attribue régulièrement aux britanniques. Pour quelqu'un qui appelle à la philantropie, je vous trouve bien peu compatissante.

Fabio glissa en regard en direction de Tam, à présent accroupi près de la bestiole. L'elfe semblait bien content et il ne voulait pas lui prendre cela. Après tout, il l'avait bien aidé avec la distribution de tracts, aujourd'hui. Alors il soupira et par la même occasion, se jura que c'était bien la dernière fois qu'il allait lui-même mettre les pieds dehors à cette fin, après tout, il devait bien pouvoir trouver des jeunes ou moins jeunes sorciers désireux de gagner quelques sous qu'il allait pouvoir charger de cette tâche-là. Sur sa to-do-list mentale, il inscrit donc trouver quelqu'un pour la distribution des affichettes. Critères : efficacité, confiance.

L'égyptien baissa le regard sur les feuilles qu'il tenait toujours entre les mains, puis releva à nouveau les yeux bleus pour les poser sur la blonde, tendant dans sa direction une petite pile de tracts.

Tenez. C'est pour vous et pour vos cinq amis culturellement intéressés avec qui vous souhaitez peut-être partager un bon moment. Le programme est tout à fait exceptionnel, je vous le garantis.

Il lui adressa un sourire tout à fait charmant, qui n'avait plus rien à voir avec la soi-disant absence d'humanité que la sorcière venait de lui reprocher – il avait un don pour ça, Fabio, changer d'expression et d'attitude sur commande en un battement de cil, lorsque cela l'arrangeait. Cela ne voulait pas dire qu'il n'était plus agacé par la situation, qu'il n'avait plus froid, qu'il n'avait plus envie de rentrer chez lui, bien au chaud pour se faire une tasse de thé fumante. Mais après tout, quitte à laisser Tam s'amuser un moment, autant se débarrasser en même temps de quelques-unes des petites affiches qu'ils étaient en train de distribuer et dont il devait de toute façon se débarrasser.

N'ayez crainte, la Salle de spectacle accueille ses spectateurs et spectatrices comme il se doit. Et les spectatrices dont les visages sont connus au gérant, comme des reines.

Fabio appuya un léger clin d'œil en direction de la propriétaire de lézard. Cela dit, ce qu'il disait était tout à fait vrai : il mettait un point d'honneur à ce que le service de la Salle de spectacle soit impeccable pour tout le monde et plus qu'impeccable encore pour les personnes à impressionner, celles socialement haut placées, celles influentes, celles dont il espérait, en échange, tirer une quelconque faveur qui lui tenait à cœur. Il était convaincu qu'un environnement agréable, la flatterie à travers des petites attentions était ce qui donnait l'impression aux gens d'être valorisés et ce qui, peut-être, leur donnait également envie de revenir. C'était notamment pour cela que le gérant aimait se faire voir à l'entracte, avant et après les spectacles pour échanger quelques mots avec des spectateurs. Ça, et pour accueillir avec un sourire a la sobriété et modestie feinte les compliments. En attendant, ce qu'il espérait était adoucir l'humeur de la sorcière à son égard.

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Fab’ulous
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@Fabio Dermott


Face aux mots de l'elfe, que Kero ne comprend évidemment pas mais qu'il traduit comme de la sympathie, le lézard commence à slalomer entre les jambes de l'elfe - autant pour ne pas se laisser gagner par le froid que pour amuser son nouvel ami. Il a beau ne pas être doué de parole, il est aussi expressif que ne peut l'être sa maîtresse.

- Il faut croire que les britanniques ne sont pas les seuls humains qui savent faire preuve de froideur et de distance, dans ce cas. Je réponds, laissant un léger soupire quitter mes lèvres et former dans l'air un nuage de fumée.

Le soudain changement de comportement de l'homme ne m'échappe pas. Et surtout, je ne suis pas dupe - ou du moins j'ai appris à ne pas l'être. Cela doit sûrement marcher avec beaucoup de monde, mais malheureusement pour lui, j'ai grandi avec un jumeau qui use de ce pouvoir bien trop souvent et que j'ai vu à l'œuvre beaucoup trop de fois pour les compter. Je note la tentative, tout de même. J'imagine que ça aide les affaires. Quoiqu'il en soit, sa tentative n'aura pas vraiment l'effet escompté, pas totalement. Je me détends tout de même. Après tout, je peux toujours prendre sa comme un effort.

Mais je me tends de nouveau en l'espace de seulement quelques secondes. Quelques amis... Je me retiens de grimacer. Si je suis de nature sociable, je dois bien admettre que ces deux dernières années ont été plus consacrés à mon travail qu'à mes relations sociales, si bien qu'on ne peut pas tout à fait qualifier mes quelques connaissances comme des amis. Il y aurait bien Lilith, mais la barmaid est partie vers d'autres horizons. Aki, bien sûr, mais l'une comme l'autre nous sommes bien trop occupées pour trouver le temps de se poser et passer du temps entre copines. Et je ne peux même pas appeler mon employé un ami puisqu'il s'agit de mon frère - non pas que je ne le considère pas comme mon meilleur ami. Mais évidemment, mon interlocuteur n'a pas besoin de savoir tout ça.

- Je verrais bien si je trouve le temps de passer. Autrement, j'imagine que je trouverais bien quelques clients intéressés à qui les donner.


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