Sous ces cimes qui couvrent le ciel PV PNJ

14 AOÛT 2048, APRÈS-MIDI
CALEDONIAN FOREST, CAIRNGORMS, PRÈS DE TILLYHOUSE,

Alyona, 18 ans,


Attendre, c'est comme retenir son souffle sans pouvoir le lâcher. Plus rien ne rentre, tout est suspendu jusqu'à nouvel ordre. À l'arrêt. On impose l'immobilité au monde. Les secondes continuent à courir, à s'entasser, à se poursuivre sans but, mais nous ne pouvons rien faire. L'air ne se glisse plus à l'intérieur. Les bateaux doivent rester au port. Les coureurs gardent le pied derrière la ligne de départ. L'hiver qui frappe à la porte est prié de demeurer derrière jusqu'à ce que son tour vienne. Les médicomages se voient empêchés d'accéder au bloc. On nous cloître chez nous. On nous retire notre baguette. Tantale est assoiffé et affamé. Condamnés à s'enfoncer dans un présent dont l'avenir se dérobe. On en vient à étouffer, à ne plus savoir respirer. Merlin, que je déteste l'attente. Elle me vide de toutes mes forces ; elle me met en colère ; elle me fait me sentir impuissante. Pourtant, en cet instant, il n'y a qu'elle à l'horizon. Derrière, tout est plongé dans le noir.

Je suis partie me réfugier chez ma grand-mère maternelle, comme quand j'étais jeune et que le monde me semblait offrir plus de questions que de réponses. Avec elle, je me sens bien. Tout se retrouve apaisé. Mes mains ont de quoi s'occuper, cela détourne mon attention du reste. Je suis toujours en train de travailler quand je vais chez ma grand-mère. Lorsque je ne suis pas dans les serres, je lis, je m'occupe du jardin ou je fais à manger. Je ne reste jamais oisivement installée quelque part, alors mes pensées ne me poursuivent pas. D'une certaine manière, j'avance. Je sais qu'ici, à Tillyhouse, là où j'ai passé une grande partie de mon enfance, on aura toujours besoin de moi. J'y ai ma place. C'est réconfortant, cela fait de cet endroit un lieu un peu en dehors du monde et de ses préoccupations. Chez ma grand-mère, mon examen passé il y a quelques jours et son résultat que j'attends s'éloignent. Comme si la magie de cette place les repoussait. Cela me soulage d'un poids et me fait me sentir plus légère, plus sereine. Peu importe le monde et ses obligations, peu importe le passé et le futur, peu importe les sentiments et les doutes. Dans les serres de mon aïeule, les plantes auront toujours besoin de moi. Alors, rien d'autre ne compte, rien d'autre n'existe.

Pourtant, aujourd'hui, elle m'a demandé de partir. Ma grand-mère m'a conseillé d'aller à Cairngorms, dans la Caledonian Forest, de marcher, de réfléchir, de tourner mon regard vers ce souffle emprisonné dans ma gorge et destiné à y pourrir. Garder la tête haute, et faire face, et faire fi. C'est pour cela que je suis ici, marchant d'un pas vif, les yeux brûlant le sol à l'aide de toutes les étincelles coincées dans mon crâne. Il me faut envahir le monde avec ma colère, mon angoisse et mes doutes. Alors, je laisse ces hautes vagues jaillir de mon corps de sable fin, s'étaler sur la terre meuble, s'y mêler, s'y mélanger, et former ces torrents qui dégoulineront sur le monde. Et de l'écume, peut-être surgirai-je, lavée des sentiments poisseux qui me montent à la gorge.

Je marche, un pas après l'autre, sur un rythme que je suis seule à connaître. Je marche et je pense, à contre-courant, face à la mer, les pieds dans la vase. La vase, puis l'eau, qui monte jusqu'aux genoux, qui lèche ma peau de sa langue froide, râpeuse, presque morte. L'eau et les vagues, puissantes, indomptables, dangereuses. Penser est un combat contre soi-même, mais aujourd'hui je m'avance sans le bateau qui me protège. Il n'y a que moi et la mer. Il n'y a que moi et l'attente.

Le sol est recouvert de plantes. J'en reconnais la plupart ; ce sont celles que j'ai pu observer durant toute mon enfance. Les arbres qui m'entourent m'offrent une ombre agréable. Les sentir près de moi me fait du bien et m'aide à canaliser mes pensées trop sauvages. Cela me permet de me concentrer, de me recentrer. Tout ce qui bouillonne en moi perd de l'importance, s'éloigne, s'efface. Alors, les chants des quelques oiseaux présents me parviennent. Ils font un nid dans mon cœur et leur plumage soigne les blessures de la mer. Petit à petit, je sens la chaleur me toucher. Est-ce celle du soleil, ou celle que je parviens à créer seule grâce à tout ce que ce lieu m'apporte ? C'est difficile à dire. Je me distends, me dissous. Je ne suis plus seule, à marcher à contre-courant, à me dresser face à moi-même. J'appartiens à quelque chose de plus grand, de plus calme, qui efface mon individualité. M'opposer au monde devient inutile puisque j'en fais partie. Mes pensées se diluent. Je touche doucement à une fibre plus profonde, plus ancienne, plus solide. Je sentirai presque mes racines qui s'étendent sous la terre. Il y a toute une vie au-delà de soi-même.

Je m'assois en tailleur sur le sol. La terre est fraîche, presque un peu humide, mais solide. Ma baguette serrée entre mes doigts, j'ai peu de peine à me concentrer pour lancer un sort. La magie fourmille sur ma peau, alors je la saisis, presque calmement. « Ventus. » C'est un murmure qui fait s'élever un léger courant d'air maîtrisé. Il fait frémir les branches, me réveille, me révèle. Je ne laisserai plus à l'attente le pouvoir de me faire retenir mon souffle. L'avenir peut être terne, l'avenir peut être sombre, l'avenir peut être obstrué ; je continuerai à avancer. C'est là mon devoir envers moi-même.


Plume d'@Iphis Diotimē, en espérant que tout te convienne !
Dernière modification par Alyona Farrow le 30 mars 2025, 17:59, modifié 1 fois.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

Sous ces cimes qui couvrent le ciel PV PNJ
14 AOÛT 2048
[4e Μετᾰγειτνῐῶνος, Ol.706-4]
Caledonian Forest, Cairngorms – Écosse

Iphis, 11 ans


Avant d’être arrachée à mon foyer, je n’avais jamais été une enfant ancrée dans l’espace. C’est le temps qui me berçait, Chronos aux voies cycliques. Dans ses torsions je me réfugiais, un antre divin transcendant la matérialité. Son cours défiant les cartes et les frontières. De loin, depuis les bras du Temps, j’observais d’un œil paisible les remous du monde physique. Un gouffre établi entre nous. La chair et la terre ne pouvaient me toucher, nous ne nous appartenions pas. Seules les vagues de l’esprit comptaient, l’âme décelant les mystères, appréhendant l’univers. Chronos m’étreint en m’asphyxiant, et en son souffle je chemine vers mon renouveau. L’atemporalité divine est décelée dans les oscillations de l’entité, et je nage au sein de la houle pour effleurer du regard les ères passées dans lesquelles j’ancre mon présent. Clepsydre aux courbes intimes et familières, l’eau prenant forme de mes songes et s’écoulant selon le rythme de la mélodie de mon être.

Depuis la fracture, la clepsydre s’est faite sablier.

Là où l’eau suivait mes vagues, ralentissant son cours puis se mouvant selon mes sensibilités, le sable rêche m’emporte dans sa course en avant. Irréfrénable. En rencontrant ses grains, j’ai rencontré la terre. Enfoncée dans un monde soudainement spatio-temporel, je me heurte à des paramètres que je n’avais jamais confronté. Tant de violence. La collision fut brutale et l’évolution des mois qui ont suivi n’en est pas une, davantage une répétition incessante du choc. Tiraillée par le réel, je ne sais où poser les pieds. Maintenant que le temps s’est dérobé à moi dans ses cycles réconfortants, remplacé par un torrent implacable ; maintenant que l’espace est devenu part intégrante de ma vie, que mon corps se fait sentir dans ses moindres caprices, je suis égarée. Les souffrances corporelles ne sont pas préoccupantes, elles me déchirent d’une lame désormais familière, leurs tentacules en fidèles compagnons sur mon chemin de vie. Mais la pression matérielle, ma soudaine conscience du territoire, m’écrase.
Désormais clairvoyante quand à l’arrachement imminent, je ne peux survoler du regard la surface terrestre. Chaque lieu semble prison, promesse de la rupture. Que je ne sois pas encore là-bas n’importe que peu. Je suis déjà bien loin de chez moi, même lorsque je suis réfugiée dans ma chambre ou perchée sur les branches qui m’ont accompagnée depuis l’enfance. Cet espace devenu éphémère, je ne peux m’y tenir sans me perdre dans la réalisation qu’il m’est volé, et ne m’appartient déjà plus.



« Si je brise la baguette dans le train, me renverront-ils à la maison ? »

Au cœur des volutes insaisissables de l’enfant, l’interrogation se fait substantielle, calme mais pesante dans l’air. Étrange intention dans la voix, la conscience rassemblée toute entière au sein de quelques mots quand elle a passé ces derniers mois à la dérive, hors de portée du langage. La voix qui lui répond imite les teintes, d’une intensité qui réverbère le son au creux des os. Intimation apaisée mais intransigeante.

« Tu ne briseras pas ta baguette dans le train, et tu ne seras pas renvoyée à la maison. »

L’ajout de la possession est perçu comme tranchant.
Sur le visage encore enfantin se peint une grimace terriblement sincère dans son désespoir.


« Oh, Phi, reprend la voix maternelle, cherchant la douceur, Ce sera incroyable. Tu sais comme la Magie est belle. Là-bas, tu apprendras à sculpter tes propres flux, à révéler leur beauté. »

Figée dans le temps, l’enfant demeure silencieuse. Elle, songe-t-elle, n’a en rien besoin de ce lieu qui souhaite dévorer son univers. Les flux magiques peuvent être appréhendés entre les arbres et les livres du Domaine, elle les sent frémir sous sa peau quand ses paumes cherchent ces fleuves invisibles. Elle se laissera ciseler par eux, apprendra à les faire chanter, tant que ce n’est pas là-bas. Tant que ce nouvel instrument ne doit pas devenir intime. Tant que l’évolution s’inscrit harmonieusement dans les spirales de l’enfance. Nul besoin d’une forteresse rocheuse pour découvrir la Magie anguleuse, elle ne veut se pencher que sur les flux omniprésents qui affluent et bouleversent.
De toute évidence, sa volonté importe peu. Le choix n’est pas sien.



Main dans la main, Ma me guide à travers l’espace. Le transplanage, je le hais pour cette conscience qu’il m’impose. Enfant, chaque déplacement entrainait mes vomissements immédiats. Pourtant, aujourd’hui, je n’ai que vaguement la nausée. Depuis septembre, cette pression spatiale est ressentie à chaque instant. Le monde pèse sur ma poitrine, enserre mon cœur et brise mes côtes. Distordu en permanence, le monde ne peut pas se déformer davantage. Je ne peux échapper au mouvement. Aux contraintes. Alors je n’expulse pas le maigre contenu de mon estomac, mais je tressaille, et je trébuche, et seul le bois fidèle de ma canne me permet de me redresser. Un bout de bois qui me sauve – je n’ai nul besoin d’un second. Le catalyseur pèse dans ma poche, bien que je ne puisse me résoudre à le manier. Un temps viendra où j’y serai forcée.

Là où se dressent les arbres, je réapprends à respirer.

Mes doigts effleurent les écorces, et mes lèvres tracent en silence les contours de l’hymne orphique aux nymphes. Dryades tendant leurs feuilles vers les cieux, rencontrant les Anemoi en des murmures mélodieux. L’air dans leurs branches résonne en une chanson intemporelle – trans-temporelle, ce que j’aspire à être – qui me fait frémir. Des feuilles se perdent dans mes cheveux, s’emmêlent et se nouent à moi. Quelques mètres plus loin se tient Ma, qui ne m’observe plus. Agenouillée déjà dans un coin, scrutant une quelconque plante ayant attiré son attention. Peut-être est-ce la raison de notre venue, une nécessité de se plonger dans un environnement décrit par une œuvre qu’elle étudie – ce ne serait pas la première fois. Peut-être a-t-elle simplement senti, au plus profond d’elle, qu’il me fallait me perdre dans une forêt autre que la mienne. Laisser mes pieds s’enfoncer dans le sol et songer à disparaître entre les plantes, me faire oréade ou encore hamadryade. Trouver le repos entre l’écorce et la terre.

À pas lents, je vague. Moins une exploration qu’une errance. Ma confiance est placée en ma canne et en la forêt ; ensemble, elles sauront me guider. Ici règnent les Dieux, comme partout. Ici la prison de ma chair se fait moindre, et je peux me fondre avec les daimones environnants. Laisser la brise s’emparer de moi. Cette brise, d’ailleurs, dévie soudain. Sa caresse contredit son élan précédent, et je me fige à ce contact étrange. Mon regard sait où se déposer, mû par un instinct insondable. Devant moi, non loin, une forme assise. Une silhouette. Celle qui dompte l’air.

premier cycle
solit[air]e

Sous ces cimes qui couvrent le ciel PV PNJ
Rien n'est saisissable. La maîtrise est une illusion à laquelle on ne peut pas croire. Le monde est liquide, il glisse entre les doigts. Il vous frôle la peau et s'échappe brusquement. Comme un courant d'air qui s'infiltre sous une cape. On ne peut pas fuir, ni avoir le contrôle. Tout coule, se faufile, s'introduit. Et moi qui me pensais si stable, si sereine, si calme ; je chavire.

C'est la marée qui monte et me rattrape. Je suis trop loin sur la plage. Courir ne sert à rien, pourtant c'est tout ce que je suis capable de faire. J'essaye en vain de retrouver mon silence, ma quiétude, ma constance, mais j'ai toutes ces pensées qui arrivent en même temps. Elles sont lourdes, si lourdes, si pesantes. Étouffantes comme un mois d'août. Et elles sont là, tout contre moi, leur peau contre ma peau, leur souffle sur mon visage. Elles dansent sur mes bras, se moquent de moi. Je croyais mais je me suis trompée. Alors, les arbres s'éloignent, la forêt se tord, le ciel se fait plus bas. On m'écrase la poitrine. Je cherche mon souffle, mais il m'échappe aussi, encore, toujours, quand bien même j'ai tant besoin de lui. Il m'abandonne et le soleil me tourne le dos. La brise qui est née de ma baguette se retourne contre moi. Je perds l'équilibre, et j'ai peur.

Et si je n'y arrivais pas ? Et si je n'en avais pas les capacités ? Et si j'avais échoué ? Que pourrais-je faire ? Merlin, mes pensées s'emmêlent. Le présent est bousculé par l'avenir. La mer monte à vue d'œil. Marée haute. Les vagues sont immenses. Le futur est instable. L'ombre de la forêt me rend minuscule. Je perds brutalement confiance, là, sur le sol qui m'a vu grandir. Je ne peux pas fermer les yeux sur mes souvenirs qui reviennent, qui se jettent contre mes os, qui font trembler mon corps. Il y avait tant de monde pour passer les examens de l'IMSM ! Qui peut garantir que je serai retenue ? Qui peut me promettre que tout se passera bien ? Je n'ai aucun contrôle, aucune maîtrise. Je ne peux pas prendre soin de la graine que j'ai plantée. Peut-être restera-t-elle étouffée par la terre. J'attends, j'attends, j'attends. Et j'ai peur. Même dans cette forêt où je trouve le calme, le silence, une impression de stabilité et de contrôle, je perds l'équilibre. L'eau noie les racines et me monte jusqu'aux chevilles. Mais moi, je suis plantée là, je ne peux pas bouger, je ne peux pas fuir. Mes pensées sont si lourdes qu'elles m'enlisent dans la terre sableuse.

Je ferme les yeux, serre les doigts sur ma baguette. Les grandes inspirations que je prends me font trembler. J'ai l'étrange sensation que les arbres forment une cage autour de moi, tout en étant si loin.

À chaque expiration, j'ai peur de me casser. Je respire au même rythme que les vagues. Comme la marée, ma poitrine se soulève et redescend. Si j'ouvre les yeux, je tombe.

Avoir peur de l'avenir est stupide. Cela ne mène à rien. Laisser mes pensées prendre l'avantage n'est pas une bonne idée. Je tourne en rond, rebondis entre incertitudes et quiétude. Je ne trouve pas d'équilibre quand je suis seule avec moi-même. Je me vois contrainte de me jeter corps et âme dans une activité pour ne plus sentir mon coeur se balancer. J'en ai le mal de mer, à croire que c'est allé trop loin, que cela ne s'arrêtera jamais. Même ici, là où mes racines s'enfoncent, sous les murmures des feuilles et entre les bras des arbres, je n'arrive à rien. Je n'arrête pas de penser à demain, à plus tard, à tout ce qui pourrait se passer, et à tout ce qui ne se passera pas. Le temps libre me ronge. Quand je ne m'occupe pas le crâne, des mauvaises herbes y poussent. Et je suis fatiguée de devoir constamment faire quelque chose. Je voudrais me poser, mais je ne peux pas, mais je n'y arrive pas. Je dois attendre mais j'en suis incapable. À quoi bon venir ici ? Que puis-je y trouver ? Penser me fait trembler. Ma magie se fait filet quand je tente de l'attraper. Tout est instable.

J'ouvre les yeux sur le ciel. La lumière qui filtre entre les cimes m'éblouit. Je ne sais pas quoi faire. Si je reste ici, je vais me noyer. Alors, je me concentre, comme si j'allais de nouveau lancer un sort. À Poudlard, j'ai appris à méditer. Faire le vide, brûler les nuances qui aveuglent mon esprit. Je n'y arrive pas, mais j'essaye. Avec toute la peur qui me fait comme des ronces dans le ventre.

Enfin, je laisse mon regard tomber comme un oiseau qui s'envole. Il tombe et s'arrête presque trop tard, près de l'horizon, sur une silhouette qui m'observe. Je sursaute, perds tous les fils que je tenais. À l'intérieur, cela s'embrase. Je me sens surprise comme une proie face à un prédateur. Aurai-je le temps de fuir, de courir ? Le monde s'arrête de tanguer. Prise au piège, pour du vrai. Je suis un oiseau aux ailes clouées au sol. Je pose mes mains sur la terre humide, me relève. Sous sa cage d'os, mon cœur accélère. J'ouvre la bouche et la referme. Je ne sais pas quoi dire. Je n'ai rien à faire ici. Je devrais m'occuper de quelque chose, être utile. Ruminer et méditer ne mènent à rien.

Mais je ne suis pas un animal. Je ne peux pas partir en courant dès que je me sens mal à l'aise. Je dois me tenir droite, ne pas trembler. Être vue en position de vulnérabilité ne fera pas de moi une proie. Je suis grande, je ne dois pas avoir peur. Alors, je glisse ma baguette dans ma ceinture. Mes membres se détendent. Mes bras pendent contre mon corps. J'esquisse un petit sourire, discret, tremblant. L'épiderme trempé d'émotions, je laisse mon dos s'appuyer contre un arbre.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht