24 mars 2024, 22:33
 PV  De longues pauses donnent de la solennité
« ... Alors je suis le roi le plus solennel qui soit. »
Le Discours d'un roi, Tom Hooper (2010)


Début mars
Année indéterminée


Dominic aimait plus que tout rendre ses cours vivants. Il supportait difficilement l'idée que les élèves puissent s'ennuyer pendant son cours, même s'il savait pertinemment que c'était inévitable. Aussi employait-il son énergie à les faire participer, que ce soit par les séances d'étirement qui, la plupart du temps, étaient plutôt appréciées, ou bien encore par ses séances de questions-réponses où les plus rapides étaient récompensés.

Mais ce que ses élèves ne savaient pas, c'est que Dominic, en les interrogeant, s'évaluait en fait lui-même. Le professeur mettait en effet un point d'honneur à apprendre rapidement le nom de tous ses élèves. D'aucuns pourraient penser que c'était un projet tout bonnement impossible, et Dominic leur donnait volontiers raison. Cela ne l'empêchait pas de persévérer en direction de cet idéal vers lequel il tendait afin de prendre en compte le plus d'élèves possible pour qu'ils ne se sentent pas délaissés, même si leur niveau laissait parfois à désirer.

C'est pourquoi, quand Dominic prononça la phrase : « Monsieur Winter, pouvez-vous nous rappeler l'étymologie de ce sort je vous prie ? », c'était moins une véritable question qu'une petite interrogation surprise dont il était le seul à connaître les critères : il devait se souvenir immédiatement du nom du premier élève sur lequel il poserait les yeux. Dominic vérifia discrètement l'information en parcourant du regard le trombinoscope posé sur son bureau, la main droite qui lui avait servi à cacher la réponse se décalant légèrement. Il eut un petit sourire en constatant qu'il ne s'était pas trompé.

@Nore Winter, en espérant que ce début te plaise !

#4c4b16 - Baleine gracieuse

4 avr. 2024, 11:57
 PV  De longues pauses donnent de la solennité
5 Mars


Aujourd’hui fait partie des jours que je regrette qu’ils aient jamais existé. Cette journée a déjà très mal commencé. Après un affreux cauchemar, je me suis rendu compte que je me suis réveillé totalement en retard, en plus d’être à l’ouest. Aucun de mes camarades n’a prit la peine de me réveiller et c’est donc avec une vitesse acharnée que je me suis habillé et que j’ai englouti les quelques miettes restantes sur la table des Serpentard. Eh oui… Forcément une mauvaise journée ne commence pas avec un petit-déjeuner abondant ! C’est avec presque un quart d’heure de retard que je me pointe à mon cours de Métamorphoses. La professeur n’est vraiment pas contente et, devant être également dans une mauvaise journée, ne réfléchit pas plus avant de retirer un point à ma maison. Les regards noirs de mes camarades se mêlent aux rires moqueurs de ceux des autres maisons et c’est avec une honte non dissimulée que je m’assois à ma place. J’ai beaucoup de mal à me concentrer et je sens que le devoir sur ce sujet va être très compliqué à réaliser.

Je mange seul le midi, apparemment les autres n’ont clairement pas apprécié que j’arrive en retard… Mais n’auraient-ils pas pu me réveiller à temps pour nous éviter à tous ce genre de problème ? Je ne les comprendrai jamais… Heureusement qu’il fait beau, cela me permet de faire un tour assez apaisant dans le parc.

Apprenant de mes erreurs, me voilà devant la salle de Défense contre les forces du mal avec plus de quinze minutes d’avance. Au moins, rien ne pourra m’être reproché cette fois. Du moins, pas à propos d’un retard… Je sens que ma mauvaise et courte nuit commence à se répercuter sur mon moral et je me rends compte que faire une sieste n’aurait pas été de refus.

Le cours commence et je lutte contre ma déconcentration assez facile aujourd’hui. J’avais déjà lu le sortilège du jour, comme la plupart du temps. Je préfère en savoir plus avant le cours pour être capable de bien le suivre. Le sortilège de crache-limaces n’est pas des plus compliqué, en plus d’être assez amusant. On avait déjà commencé à en parler durant le cours précédent. Les quelques questions du professeur s’enchaînent à la volée et je note les informations les plus importantes sur mon parchemin.

Monsieur Winter, pouvez-vous nous rappeler l’étymologie de ce sort je vous prie ?

Oh non par Salazar tout mais pas ça… Je lance à Mister Khan un regard implorant sa pitié, en vain. D’habitude, je suis tellement transparent que les professeurs m’oublient et ne m’interrogent jamais. Voyant que la réponse ne vient pas, il répète sa question. Je déglutis en sentant tous les regards tournés vers moi. Je connais la réponse, évidemment, là n’est pas le problème. Je peux même l’énoncer si fort à travers mes pensées que tout le monde pourrait l’entendre : LIMACIUS QUI VEUT DIRE LIMACE, ERUCTO QUI VEUT DIRE REJETER PAR LA BOUCHE. Non ? Ça ne marche pas…

Dans un réflexe d’auto-défense, je me lève, peut-être aussi pour lui confirmer que j’ai bien entendu sa question et que j’aimerais bien lui répondre haut et fort.
Ferme les yeux, fais le vide dans ta tête, respire, 1… 2… 3… pense tes mots, fait les couler comme de l’eau dans ta gorge. Je me remémore les mots de Maman en triturant mes doigts. Oui, ce n’est pas si compliqué, je peux le faire.

Li-Li-Li…

La détresse.
Un élève ne parvient pas à retenir son rire et s’écroule entre ses bras. Je le comprends, ça doit être tout-à-fait hilarant de voir quelqu’un se pisser dessus à l’idée de parler devant une assemblée, franchement. Je lui lance un regard noir et sers les poings. Y’a pas moyen que ça se passe comme ça à chaque fois. Pas moyen.
Je soupire et reprends mon souffle, occultant les autres. Comme pour lancer un sortilège, aller.

Limmm-macius. Ça si-signifie… limace. Et… E-E-Eructo. Mmmmmh… Re-rejeter… p-p-p- Je tape du poing contre la table, impatient et en colère contre moi-même. PAR la b-b-bouche.

Je m’assois sans demander mon reste, n’écoute plus rien, même pas la réponse du professeur et ravale un sanglot de honte. Un jour je m’arracherai la langue. À quoi bon parler si personne ne peut vous écouter sans se moquer ?
Et pourquoi c’est toujours insurmontable devant plusieurs personnes…



@Dominic Khan

(732 mots)

3A RP 2049-2050 / 13 ans / Fiche / PR
#83917F

14 avr. 2024, 21:02
 PV  De longues pauses donnent de la solennité
Le regard dans le vague, passant en revue les différents visages du trombinoscope, Dominic comprit avec un peu de retard que la réponse qu'il attendait et qu'il pensait relativement simple ne venait en fait pas. Il fronça les sourcils, se demandant ce qui clochait, et releva la tête pour croiser le regard de l'élève qui s'était manifestement levé. Le professeur voulut lui signifier que ce n'était pas la peine, mais le jeune garçon commençait déjà à lui répondre, il préféra donc ne pas l'interrompre, surtout lorsqu'il comprit que l'enfant bégayait. Dominic eut un sourire compatissant et commença à hocher doucement la tête, en rythme avec les syllabes qui prenaient toutes une résonance particulière lorsqu'elles étaient ainsi articulées, presque découpées dans l'énonciation. Lorsque Winter frappa sur la table, Dominic fronça imperceptiblement les sourcils, se rendant compte à quel point la question qu'il avait pensée anodine provoquait une véritable torture.

« Merci, Monsieur Winter », dit Dominic quand l'élève eut fini. « Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle », acheva-t-il d'un ton cassant à l'attention du camarade moqueur. « Monsieur Winter a répondu à la question de manière claire et concise. Certains d'entre vous pourraient s'en inspirer. » Une fois l'incident clos, le professeur se retourna vers le tableau et enchanta une craie qui se mit à écrire sous sa dictée.

Le cours se déroula comme à l'accoutumée ou presque, Dominic prenant soin de ne plus interroger Winter après la situation embarrassante qu'il venait de lui faire endurer. Il ne faisait en général pas de traitement de faveur, mais les circonstances jouaient dans sa prise de décision.

Au moment où les élèves commençaient à ranger leurs affaires et à sortir de la salle, Dominic interpella Winter. « Monsieur Winter, un instant s'il-vous-plaît. » Il attendit d'avoir l'attention du jeune blond pour continuer : « Je suis sincèrement désolé de vous avoir mis dans l'embarras toute à l'heure. » Le professeur chercha à nouveau le regard de son élève, comme pour y lire ce qu'il pensait et ressentait – éprouvait-il de la rancoeur ? Avait-il un esprit de défi ? Restait-il de la frustration dans ses yeux, la même frustration dont il avait utilisé l'énergie pour frapper la table avec autant de force ?

#4c4b16 - Baleine gracieuse

24 avr. 2024, 10:35
 PV  De longues pauses donnent de la solennité

Le reste du cours se déroule assez chaotiquement. Je ne cesse de me répéter que j’ai mal agis, que j’aurais pu faire mieux, que j’ai apporté la honte sur la famille Winter et que ces quelques minutes me suivront pour le restant de mes années à Poudlard. J’ai juste envie de m’enterrer vivant, de devenir un meuble ou pire, d’éclater en sanglot. Je rêve de mon lit, celui de chez moi. Et des bras réconfortants de maman.
Je ne suis aucun autre mot du restant du cours, perdu dans mes pensées culpabilisatrices. Je ne prends même plus mes notes et je ne pense même pas aux répercussions que cela va avoir sur le devoir de ce cours.

Finalement le cours s’achève et je tente de faire au plus vite. Tout ce que je veux c’est me fondre dans le décor. Mais mon destin en a apparemment décidé autrement : le professeur m’interpelle à nouveau, ce qui alourdit ma boule à l’estomac déjà bien trop lourde pour cette journée. J’expire longuement en fermant les paupières, tenant mes affaires comme si ma vie en dépendait. Puis je me retourne vers lui, m’attendant à me faire sermonner pour mon comportement.
Pourtant, ce sont des excuses qui parviennent à mes oreilles. J’ouvre la bouche, bloquée dans une onomatopée de surprise. Je hausse les épaules, plus soulagé qu’autre chose.

C’est rien… P-P-Professeur. J’ai l’hab-bitude.

À vrai dire, je m’en sortais plutôt bien généralement. Je réussi à me faire tellement discret que très rares sont les fois où je me fais interroger en classe. Et puis, quand c’est le cas, il m’arrive de feinter l’ignorance pour ne pas répondre. Ou une quinte de toux, ça m’est déjà arrivé aussi. Mais là, j’avais déjà fait perdre des points à ma maison avec mon retard. Il était hors de question que j’en fasse perdre davantage. Alors je me suis mis un coup de pied aux fesses et voilà ce qui en a découlé.
Voilà ce que j’aurais aimé lui faire savoir. Mais c’est beaucoup trop long pour une langue de bois et je n’ai vraiment pas envie de m’engager là-dedans.

Je me suis é-énervé contre mmmoi-même. E-Excusez-moi… p-pour la table.

Il devait remarquer d’ailleurs que mon élocution était dix fois meilleure que tout à l’heure et la raison est simple : seul lui m’écoute actuellement. Et je sens qu’il ne se moquera pas de moi.



@Dominic Khan

(399 mots)

3A RP 2049-2050 / 13 ans / Fiche / PR
#83917F

31 juil. 2024, 19:58
 PV  De longues pauses donnent de la solennité
Les deux mains posées sur le dossier de la chaise de son bureau, Dominic attendait patiemment la réponse de Winter, qui ne tarda d'ailleurs pas à s'échapper des lèvres de son élève. Les mots s'enchaînaient de manière plus fluide que la réponse académique qu'il avait demandée pendant le cours.

« Vous avez l'habitude des moqueries, ou bien vous avez l'habitude de bégayer devant vos camarades ? Ou un peu des deux ? » La question du professeur était très sérieuse, et ses traits tendus par l'attention qu'il portait à son vis-à-vis le montraient bien. De manière quasi spontanée, il avait commencé à analyser le langage corporel de Winter : la prise sur ses affaires personnelles qui aurait pu faire blanchir ses articulations, les épaules qui se détendaient au fur et à mesure que les secondes s'égrenaient...

« Ne vous en faites pas pour la table », dit-il avec un sourire. « Je suis sûr qu'elle en a vu d'autres. Je dois vous avouer que je m'en fais plutôt pour vous, monsieur Winter. » Le professeur chercha à nouveau le regard du jeune Serpentard avant de continuer. « Dans l'apprentissage de la magie, il n'est jamais bon d'être en guerre contre soi-même. Le monde vous réserve déjà bien assez d'obstacles pour que vous n'ayez besoin de semer des embûches supplémentaires sur votre propre route. Or, il m'a semblé aujourd'hui que vous n'acceptiez pas ce bégaiement, ce qui est tout à fait compréhensible. Mais vous le rejetez au point de vous faire mal, et c'est cela qui m'a interpellé. »

Dominic fit une pause pour observer la réaction de Winter. Il ne savait pas lui-même s'il avait vu juste, peut-être que l'élève allait tout simplement l'envoyer paître.

Je te présente mes plus plates excuses pour ce retard !

#4c4b16 - Baleine gracieuse

6 sept. 2024, 17:26
 PV  De longues pauses donnent de la solennité

J’oscille entre le fait de vouloir fuir de cette salle de cours et rester pour qu’il me vienne en aide d’une quelconque manière. C’est un professeur après tout, il sait beaucoup de choses non ? Je ne peux m’empêcher de transvaser mon poids sur une jambe puis l’autre. Je ne suis pas très à l’aise, ça crève les yeux. Et pourtant, je reste, tentant de suivre la conversation du mieux que je peux, pour ne pas décevoir le professeur, sans doute.
Je hausse les épaules à sa question puis acquiesce. Les moqueries, c’est tous les jours presque, et les bégaiements, c’est mon quotidien. Alors on peut dire que j’ai l’habitude.

Oui, les d-deux.

Je penche la tête sur le côté, à la manière d’un chiot qui ne comprend pas ce qu’on lui dit. Il s’en fait pour moi ? Pour quoi faire ? Et pour quelle raison surtout ? Je fronce les sourcils, en attendant la suite qui ne traîne pas. Plus les paroles de l’adulte affluent, plus mon visage s’éclaire. Je lui lâche un petit sourire qui, je l’espère, fera l’affaire.

Oh, v-vous en faites pas pro-professeur, je m’suis p-p-pas fait mal.

À vrai dire, un peu. Mais ce n’était pas grand-chose face à la honte et à l’envie de m’enterrer à cet instant. Et puis, si ça peut me permettre de faire taire les moqueries, je ne vois pas pourquoi j’arrêterai. Cependant, il est certain qu’il a mis le doigt sur quelque chose qui m’inquiète assez ces derniers temps :

Le docteur m’a d-dit qu’il fallait que je l’acc-ccepte. Mais j’y arrive p-p-pas, ça m’énerve. Je me sens n-nul et stup-pide quand je p-p-parle, même avec vous, dis-je d’une petite voix, la mine boudeuse et triste.

J’avais réussi à m’en défaire, quelques mois auparavant, lors des vacances. Mais c’était sans doute parce que je ne voyais pas grand monde et que je ne parlais pas beaucoup. C’est un cercle vicieux finalement : plus je parle, plus je bégaie, plus les moqueries sont présentes, et moins j’accepte tout ça. Du coup je ne parle que quand c’est nécessaire, mais ma langue devient de plus en plus difficile à comprendre.
Parfois j’aimerais bien me l’arracher, cette langue pleine d’épines.



@Dominic Khan
(372 mots)

3A RP 2049-2050 / 13 ans / Fiche / PR
#83917F

31 oct. 2024, 22:45
 PV  De longues pauses donnent de la solennité
L'air compréhensif, Dominic hocha lentement la tête. Il n'était à priori pas le mieux placé pour aider son élève – après tout, il n'était ni orthophoniste, ni médecin –, mais son expérience de précepteur au Soudan l'avait familiarisé avec les difficultés langagières, notamment lorsqu'il avait donné des cours particuliers à un enfant atteint de mutisme temporaire. C'est pourquoi il avait eu le réflexe d'aider le jeune Serpentard sans trop savoir comment s'y prendre au prime abord. Dans ces cas-là, son approche était justement... De ne pas avoir d'approche, d'écouter l'élève en venir à ses propres conclusions, avant d'essayer de le guider vers une solution.

« Le docteur vous a donné un bon conseil, d'après le peu que j'en sais sur ce genre de handicap. Mais comme vous en avez déjà fait l'expérience, je présume, la frustration n'aide en rien à maîtriser votre bégaiement, si tant est que la maîtrise soit vraiment la solution... » Dominic laissa le dernier segment de sa phrase en suspens, jouant avec l'anneau talismanique qu'il portait à l'annulaire pour se donner le temps de réfléchir à la suite.

« Je ne peux pas vous garantir de faire disparaître ce bégaiement. Mais, si vous le souhaitez, nous pouvons nous donner rendez-vous ponctuellement, après les cours, pour créer des temps où vous pouvez vous exprimer en toute confiance. Vous n'aurez ainsi plus à avoir peur que je vous interroge en cours, car j'ai cru comprendre que cela créait de l'anxiété chez vous. Qu'en dites-vous ? Est-ce qu'une telle démarche vous aiderait ? »

#4c4b16 - Baleine gracieuse