Bibury À petits pas

Son plan était calculé au millimètre près et rien ne pouvait le contrecarrer après tout le temps que le garçon avait pu y consacrer. Cela faisait maintenant plus de 2 semaines qu'il le préparait et il était enfin temps de le mettre en marche, et ce le soir même. Allongé sur son lit, les yeux fermés dirigés vers le plafond, le petit récitait en boucle le schéma pour être sûr de ne rien rater.

21h30.
Le repas venait de se terminer et toute la petite famille avait quitté la table de la salle à manger. L'homme de la maison s'était de nouveau dirigé vers son bureau pour continuer son travail pour environ quelques longues minutes, comme habituellement. La femme, elle, qui s'attelait le plus souvent à faire la vaisselle ou un peu de rangement dans la maison ne faisait pas encore partie du plan.

22h30.
Deux des trois membres avaient déjà prit le soin de passer sous la douche pour ensuite rejoindre leur lit et il ne restait plus qu'au paternel de le faire. Normalement, il ne restait pas plus d'une heure dans sa pièce, sauf lors de cas rare où le travail allait le conduire à veiller plus longtemps dans la nuit. L'oreille collée à la porte de sa chambre, Percy attendait patiemment qu'un certain bruit bien significatif se produise pour passer à la première étape de son plan. Et il ne patienta pas bien longtemps pour que le fameux claquement de porte, suivit de quelques secondes de silence, et les bruits de pas de son père dans les vieux escaliers en bois ne se rapprochent. L'excitation grimpait petit à petit et il sentait son cœur battre à travers sa poitrine, l'impression que ce dernier allait en sortir.

Qui suis-je ?

Bibury À petits pas
L'ombre de mon père s'agrandit sous la porte de ma chambre avant de disparaître puis, à nouveau, je calme ma respiration pour essayer d'entendre la deuxième partie du plan se manifester. Je patiente une nouvelle fois quelques secondes et enfin, le son de l'eau provenant de la salle de bain parvient à mes oreilles. Intérieurement, je me lance un top départ qui signifie que le temps était venu de m'éclipser de ma chambre. D'un pas rapide, mais tout en essayant de faire le moins de bruit possible sur les planches en bois, je descends les marches une à une avec pour objectif de me rendre dans la pièce qui m'est habituellement interdite d'accès. Les seules fois où j'ai pu ne serait-ce que passer la tête à l'intérieur doivent certainement se compter sur les doigts d'une main.

À présent devant la porte, je fais une petite pause et tends l'oreille pour savoir si quelqu'un m'a entendu, ce qui n'était pas le cas. Je souffle alors un bon coup pour faire ressortir toute mon anxiété et pose la main sur la poignée de la porte. À partir de ce moment-là, je commence à prier tous les dieux que je connaissais pour que ce ne soit pas fermé à clé. Je n'avais jamais essayé d'entrer en douce dans le bureau c'est pourquoi j'en avais aucune idée, mais connaissant mon père il y avait grave moyen qu'il l'ait verrouillée pour que personne ne rentre dans son dos.

Je profite de ce solo pour faire un petit test à la première personne,
on verra ce que ça donne.

Qui suis-je ?

Bibury À petits pas
Je sais de source sûr, c'est à dire moi-même, qu'il ne reste jamais plus de trente minutes sous la douche. J'ai passé les trois derniers jours à calculer son temps sur un morceau de parchemin, j'espère donc qu'il ne faillira pas ce soir. J'actionne la poignée et un sourire se dessine instinctivement sur mon visage. Sans attendre, je me glisse à l'intérieur et referme doucement derrière moi.

22h37.
Adossé contre la porte, je jette directement un coup d'œil à l'horloge sur le mur. Je retire au moins trois ou quatre minutes le temps que je descende et arrive dans la pièce, ça devait me laisser une bonne vingtaine de minutes pour trouver sa baguette magique. Car oui, le but de tout ça était de trouver sa baguette pour... tester.

Sans patienter plus longtemps, je démarre en trombe et jette mon dévolu sur les tiroirs du bureau en premier lieu. Les deux du haut sont rapidement fouillés mais ne contiennent que des parchemin sans doute importants ainsi que des objets qui ne m'intéressaient pas là tout de suite. Le tiroir en bas à gauche s'avère également être inutile mais celui de droite est fermé, ce qui est bien étrange. Je force un peu mais rien n'y fait, il ne bouge pas d'un poil. J'abandonne la piste rapidement étant donné que la clé ne devait probablement pas se trouver à deux mètres de sa serrure mais en permanence sur lui, et me dirige vers un autre meuble de l'autre côté de la pièce. Dos à la porte d'entrée, je m'attelle sur les nouveaux tiroirs, mais en vain puisqu'eux aussi ne contenaient que des papiers, factures, etc.

Prêt à abandonner pour cette fois, quelque chose me poussait à continuer en me répétant que j'étais tout proche. C'est alors qu'instinctivement, mes yeux se levèrent et tombèrent sur une boite pas très banale en hauteur derrière une vitre. Ça y est, je l'ai trouvée j'en suis sûr.

Qui suis-je ?

Bibury À petits pas
Je me décide à déplacer la chaise pour me permettre de l'atteindre avec mes petits bras et après quelques secondes de galère, sur la pointe des pieds, je l'atteins enfin du bout des doigts. J'essaye ensuite de la bouger de gauche à droite pour qu'elle recule et ainsi l'attraper mais c'est plus facile à dire qu'à faire. C'est alors qu'un bruit suspect me parvint aux oreilles et comme si j'avais été touché par un sortilège de pétrification, je pris la pose d'une statue. Je ne sais pas vraiment pourquoi étant donné que ça n'allait pas me rendre invisible pour autant si quelqu'un rentrait mais bon, c'était comme ça. Je me dis alors que ce n'était que mon imagination et d'un bond, je mets mes cinq doigts sur le bout de la boite rectangulaire en faisant presque basculer la chaise lorsque je retomba dessus.

Pour ne pas changer, je souffle un bon coup et fait le choix de m'asseoir pour la suite. L'excitation est à son paroxysme tandis que j'ouvre la mystérieuse boite qui dévoile au grand jour... du vide. Elle était vide. Il n'y avait que deux bandeaux de tissus et l'emplacement où devrait se situer la baguette. Cette découverte était un véritable déchirement pour moi, alors que la suite allait être bien pire.

Un toussotement derrière moi me fit sursauter, ayant pour conséquence l'envol de l'emballage dans les airs. Sans me retourner directement, je me questionna sur les possibilités de n'avoir rien entendu au niveau de la porte. L'agitation m'avait-elle rendu sourd le temps d'un instant ? Je me retourna à la vitesse d'un musard et mon regard ne tomba étonnement pas sur le visage moustachu de mon père mais sur le radieux - mais fatigué - visage de ma mère.

- Va te coucher maintenant.

Seulement quatre mots, prononcés d'une voix douce, mais j'avais compris le message et tandis que je quittais l'assise la mine gênée, je ne pu m'empêcher de lâcher une petite phrase.

- Ne dis rien à papa s'il te plait...

Elle ne m'adressa qu'un joli sourire, suivit d'un geste de la tête pour me dire de remonter, mais je compris aussitôt qu'elle allait garder la bouche cousue. Et pendant que je grimpais les escaliers un à un pour regagner ma chambre, je préparais déjà dans ma tête la prochaine escapade pour mettre la main sur la précieuse baguette.

Bon, je pense rester sur la troisième personne qui m'était venue naturellement au tout début,
ayant un peu de mal avec les temps à utiliser :disguise:

Qui suis-je ?