Protégeons nos erreurs du passé
Jeudi 27 Mai 2049- Birmingham
En début d'après-midi
En début d'après-midi
Jon observait un peu désespéré les lignes de codes qui s'accumulait sous ses yeux. Matthew était à la crèche, Claire au taff. La maison lui semblait toujours si vide quand il télétravaillait. Ses pensées dérivait sur sa famille si particulière. Si soudée, mais séparée. Noémie. Celle qui détonait. Celle qui faisait que Claire et lui se disputait. Au début la femme avait tout fait pour que l'adolescente se sente chez elle. Mais le poids des secrets pesait. Une sorcière parmi les moldus. Et quid de la relation qu'elle aura avec son demi-frère ? Elle toujours fourrée à Poudlard. Ils ne partageront ni souvenirs d'enfance, ni références communes. La sonnette de la porte retentit. Sûrement un livreur. Soupirant il se leva, se disant qu'il devenait vieux. Le programmeur alla ouvrir la porte. Mais c'était pas un livreur. C'était Cora. C'était étrange. Elle, ici. Il lui avait semblé que la femme ait toujours fait un effort pour ignorer cette partie là de la vie de sa fille. Pas comme si elle avait eu son mot à dire à vrai dire. La petite sorcière l'avait mit devant le fait accompli.
"Hey, on peut discuter ?"
Comme privé de mot, Jon hocha la tête, et s'effaça. "Je te sers un café ?" La femme répondit par l'affirmative. Et les voila maintenant tout deux assis à table, observant leurs cafés. Si banal.
"Je... Pourquoi ?" L'homme leva la tête face à la question. Pourquoi quoi ? Et il tomba dans les yeux de Cora. Et il replongea dedans comme seize auparavant. Il y reconnut toutes les teintes de bleus et de gris qu'il avait identifié à cette époque. Les mêmes que Noémie. Mais... pas totalement non plus.
" Pourquoi quoi ? C'est plutôt à moi de te poser des questions. Pourquoi t'as disparu ? Pourquoi t'as laissé...
-J'ai laissé Noémie ? Celle là c'est la meilleure !" Cora se leva prise sous les émotions, un rire triste sortant de ses lèvres.
-Tu ne m'a laissé aucun choix. Sur aucun sujet. Tu es parti. Sans rien dire ! Tu m'as laissé oui. Aucun mot, aucune information sur mon enfant. Et tu aurais continué comme ca longtemps si Noémie t'avais pas forcé la main. Tu m'as empêché de la connaitre, et tu lui as inderdis un père. À moins que tu ne veuilles qu'on parle du défilé d'inconnus dans ton appart dont Noémie m'a parlé ? Alors me joue pas les mères responsables. J'ai été absent douze ans car tu me l'as imposé ! J'ai raté l'enfance de ma fille à cause de toi. Je n'ai pas pu la protéger à cause de toi. Aujourd'hui ma famille est brisé et reconstruite à coup de scotch à cause de toi. Toi et tes choix égoistes. Tu ne m'as même pas donné l'occasion de m'exprimer. | X | - Tu n'en voulais pas d'elle. T'as pas été là pendant douze ans. Et aujourd'hui tu joues les pères parfaits ? Franchement, regarde toi dans un miroir Jon. C'est trop facile ! Laisse moi te rafraichir la mémoire. "C’est ta décision, l’enfant ou moi" c'était tes mots ! J'ai choisi. J'ai fais le choix adulte. Toi tu voulais quoi hein ? Continuer à vivre ta vie de jeune adulte sans gérer les conséquences. Un enfant ça se fait à deux pour rappel. Mais non. C'est moi qui ai tout fais seule. Je l'ai porté, l'ai mise au monde, l'ai éduqué. Sous le regard moqueur de l'entourage de mes parents ! Tu sais de quoi ils m'ont traités ? Je te laisse deviner. Revenir avec une batarde au sang moldu c'était pas glorieux. J'ai pas été parfaite ouais, mais on aurait pu être deux. Éviter ça à Noémie. Mais non. Tu n'en voulais pas. |
"Six heures. C'est l'heure où j'ai toqué chez toi ce jour là. Le lendemain de la dispute. Je voulais cette enfant avec toi. J'avais un plan. J'étais prêt à abandonner mes études pour subvenir à nos besoins. Et puis... le silence. Alors j'ai tambouriné, et je t'ai supplié d'ouvrir. " Voilà, c'était dit.
-"Six heure, du mat ?" Quelle question étrange. Le moldu hocha la tête. Et contre toute attente, Cora explosa d'un rire triste, incontrolable. Quand enfin elle put aligner trois mots, elle dit: "Je suis parti de mon appart pour Londres à 5h40", avant de repartir de plus belle, cette fois suivi de Jon.
Vingt minutes. Leurs vies, et celle de Noémie s'était joué à vingt minutes. Un cruel tour du destin. Vingt minutes plus tôt ou plus tard, ils auraient fondés une famille ensemble. Alors il fallait rire. Il fallait rire car c'était bien la seule chose à faire face à ça. Les deux partageant la vision d'une vie sans ces foutus vingt minutes. Une partagée. Il aurait dû se décider vingt minutes plus tôt. Elle aurait dû prendre vingt minutes de plus pour préparer son sac. Peut-être même moins. Ils auraient pu se croiser dans la rue ce matin là. C'était cruel.
Quand les esprits se furent calmés, de longues minutes plus tard, ils étaient de retour dans leurs positions initiales. Assis à table.
"Faut qu'on soit une équipe maintenant.
-Pour elle oui. Tu dois la protéger de ton monde. Je ne peux rien faire moi.
-T'en fais pas, je suis sur le coup."
Un éclair de compréhension passe devant les yeux de Jon. L'affiche ? Une question silencieuse, auquel Cora répond d'un hochement de tête. Il comprit qu'elle ne dira rien de plus à ce sujet. Ils partagèrent le silence appaisé, s'observant, se parlant sans mots. Il sut qu'elle l'avait aimé. N'avait jamais vraiment cessé. Qu'une part d'elle l'aimera toujours. Et inversement pour lui. Qu'aujourd'hui, cet amour n'était plus qu'un relan d'une époque révolue, mais qu'il subsistait un éclat, une preuve. Quelque chose à protéger et chérir. Et qu'à deux ils seront plus efficaces que l'un contre l'autre. Alors ils commencèrent à discuter ensemble du planning des vacances.
3a88fe-Marrainage
6ème année RP- préfète INRP de Septembre 2047 à Février 2048 et de nouveau à partir du 17 Avril 2051