Fanfiction Narcisse Brando - L'espace n'est pas sorcier

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PROLOGUE
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Et si jamais les fusées n’existent pas chez les sorciers, construits-en une, deviens le premier sorcier à aller dans l’espace, si les maths c’est pas ton fort, associe toi à quelqu’un qui l’est, et restez complémentaires.
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Elfie Chassin, Nos étoiles contraires
Honor n'avait pas laissé Narcisse conduire, cette fois-ci. Et ce, malgré les nombreuses protestations du jeune adulte, qui, malgré sa détestation du pilotage, tenait à ce que sa mère ne fasse pas le trajet elle-même.

Il fallait dire que personne ne prenait n'aurait pris plaisir à devoir faire presque huit cents kilomètres en plein mois de décembre, à quelques jours de Noël. Narcisse avait même fêté ses vingt ans, avril passé, et il avait supplié ses parents d'arrêter de lui offrir des cadeaux, préférant attendre cette fête enneigée pour avoir la possibilité de leur rendre le moindre présent. Et malgré la lutte, croix et bannière sorties, pour tenter d'obtenir gain de cause, il s'était retrouvé bienheureux propriétaire d'une voiture flambante neuve choisie par Honor elle-même...

Il aurait voulu mourir de honte. Il n'allait presque jamais la conduire, leur avait-il dit, les joues empourprées, le regard mouillé de larmes de reconnaissance, alors qu'il étreignait ses parents de toutes ses forces. Un sourire se peignit sur ses traits, son cœur s'allégea à ce souvenir, tandis qu'il laissait les rues blanches de Londres dévaler sous ses yeux à travers la fenêtre. Le bruit du moteur ronronnait avec une régularité des plus délicates. Conduite par une main de maître, la Camaro d'Honor avait dévoré les kilomètres à une vitesse impressionnante. Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle n'avait pas voulu laisser Narcisse conduire...

Le bruit mécanique du levier de vitesse qu'on enclenche tira le jeune adulte de ses contemplations. De nos jours, plus personne n'avait de voiture manuelle. Mais Honor y avait tenu. Elle trouvait ce genre de mécanique plus fiable, et l'expérience lui avait souvent donné raison.

Personne ne voulait parcourir huit cents kilomètres à quelques jours de Noël, et pourtant, en aucune façon Honor et son fils n'auraient pas pu s'imaginer ailleurs en cet instant.

« On arrive. »

La voix de ténor de la militaire poussa Narcisse à regarder droit devant lui. L'angoisse commençait à monter. L'appréhension aussi. Et Honor le sentait bien. En revanche, ce qu'elle ne sentait pas, c'était l'impatience de son fils. L'excitation, le frisson, l'attrait de ce qu'il faudrait, en temps normal, avec un esprit sain, fuir.

Les pneus crissèrent sur le trottoir de la rue de Whitehall, la voiture s'arrêta aussi souplement qu'elle avait démarré, une dizaine d'heures plus tôt. Narcisse s'empressa de détacher sa ceinture, impatient d'enfin rencontrer la personne qui les avait tous deux convoqué, lui, et sa mère. Mais dans un brusque mouvement, cette dernière l'empoigna par le bras, fixant la rue qui s'étendait droit devant elle, dont les flocons tombant délicatement recouvrait de plus en plus le béton. Il s'immobilisa, se mordant l'intérieur de la joue, s'efforçant de ne pas protester, malgré son cœur qui battait la chamade.

Honor gonfla la poitrine, la rendant encore plus imposante que d'habitude. Même ce geste simple laissait transparaître toute la puissance de son corps, de ses muscles souples et solides, dissimulés derrière son épaisse veste d'hiver. Un léger nuage de brume s'échappa de ses lèvres, elle rajusta une mèche de ses cheveux noirs derrière son oreille.

« Je déteste te demander ça, mais je t'en supplie, quand il nous parlera... »

Un silence, un tic de ses doigts contre le bras de Narcisse, qui enfin réussit à tourner le regard vers elle.

« Ne dis rien. Pas un mot. »

À son tour, la militaire fixa son fils. Il connaissait suffisamment bien ce visage pour pertinemment savoir qu'elle ne le lâcherait pas sans sa réponse. Sa lèvre inférieure se retrouva dissimulée derrière la supérieure, à la merci de ses incisives. Un claquement de langue, un soupir. Ses épaules se voûtèrent, il secoua la tête.

« Je sais même pas pourquoi on est là, j'risque pas d'avoir envie de commenter c'qu'il va nous dire. »

Ses sourcils se froncèrent doucement, alors qu'il remontait le visage vers sa mère. Il sourit, ses yeux s'adoucirent, et il déposa sa main sur celle d'Honor, qui tenait son bras. Elle tressaillit brusquement.

« Mais ça va aller, ok ? Franchement, qu'est-ce que ça peut être de si terrible héhé ? »

Sans attendre le moindre commentaire, il se dégagea avec souplesse et aisance de la poigne de sa mère, avant d'ouvrir la portière, laissant une grande vague de froid pénétrer la voiture. Il ne frissonna même pas, se contenta de rajuster sa veste, vérifier que son écharpe épaisse était bien en place, et attendit que sa mère le suive, après avoir refermé la porte. Il s'était appuyé sur le toit de la voiture, admirant les grands jardins enneigés du gouvernement britannique.

Honor ne le suivit pas immédiatement. Elle contemplait sa main vide, entrouverte. Malgré elle, un sourire se dessina sur ses lèvres. Depuis quand son gamin pouvait-il échapper aussi facilement à la prise de ses doigts ?

« Mph. »

Elle pouffa d'un rire discret, fermant les yeux, souriant doucement, avant d'à son tour se dégager de sa ceinture pour s'extirper de son véhicule. Un pied encore à l'intérieur, elle pointa Narcisse du doigt, amusée.

« Ôte tes coudes de ma voiture, Callaghan.
Pardoooon ! »

D'un grand geste exagéré, il tapota la marque que ses bras avaient creusée dans la neige du toit, avant d'éclater de rire pour contourner la voiture d'un pas assuré et dépourvu d'hésitation. Son visage était détendu, léger, souriant, ses yeux pétillaient de malice. Il contemplait le monde de toute sa taille, dont il pouvait enfin profiter, après des années où sa croissance s'était fait attendre. Certes, il n'atteindrait jamais le mètre quatre-vingt-cinq de sa mère, mais il n'en était pas loin, et il se sentait grand. Il aimait ça, c'était grisant.

Sa mère sourit en l'entendant rire tout seul, avant de le gratifier d'une douce tape à l'arrière de la tête en le devançant, cliquant sa clé de l'autre main pour verrouiller sa voiture.

« Un peu de tenue, jeune homme. »

Elle ignora l'exclamation de son fils, qui se retint de lui rendre la pareille, et fixait désormais l'entrée du grand palais. L'uniforme ridicule des gardes royaux n'avait toujours pas changé d'un pouce, elle en trouva un certain réconfort.

Et du réconfort, qui n'en aurait pas besoin, quand elle et son fils étaient convoqués par le Premier ministre en personne, par une lettre officielle revêtue du sceau tout aussi officiel de la royauté ? Elle avait retourné toutes les idées qu'elle avait durant les longues heures de trajet, mais aucune explication ne lui était apparue comme satisfaisante. Elle jeta un regard en coin à son fils, qui profitait du décor, totalement insouciant.

Ses dents grincèrent lorsqu'elle fit un pas de plus. Jeter son enfant en pâture dans l'arène des lions n'était pas vraiment compensé par le fait qu'on autorise sa mère à venir avec lui...

@Elfie Chassin pour la citation

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