OS Chante, bel oiseau

Un samedi, courant octobre 2048


Enfin.

La semaine avait été éprouvante. Autant sur le plan physique que mental. Le cours de vol avait reduit à l'état de compote les muscles de la fillette, l'histoire de la magie décomposé en de tout petits morceaux son cerveau, et le vacarme assourdissant de la salle commune détruit tout espoir de tranquillité.
Depuis mardi, elle n'attendait que ça. Se rendre aux toilettes des filles n'avait jamais été aussi difficile, tout simplement car il fallait passer devant la salle de répétition.
Et par Salazar, qu'est ce qu'elle l'attirait !
Pourtant, elle devait se contrôler. Avec tous les devoirs, elle n'avait en aucun cas le temps pour ce genre de distraction.

Cela faisait si longtemps que Nyxis n'avait pas eu l'occasion de chanter. Oui. Chanter. Récemment, elle s'était seulement exercée au violon. Certes, c'est un passe-temps formidable, mais ce n'est pas aussi bouleversant que de se servir de ses cordes vocales.

Depuis ce jour, il y a 6 ans, où elle a entendu cette chanson dans un café de Londres, le chant fait parti de sa vie. Au début, c'était une horreur, je ne vous le fait pas dire. Un mélange entre un cri de lutin et de rugissement de dragon. Insupportable.
Mais grâce à l'aide -comme toujours- de livre d'apprentissage de cet art, qu'elle avait pris le soin d'emprunter à la bibliothèque, elle a fait des progrès. Remarquables même.

En creusant un peu, la blondinette a découvert qu'elle était mezzo-soprano. Une voix entre le grave et l'aigu. Entre l'alto et le soprano. Une tessiture splendide qui lui permet d'interpréter des titres exceptionnels, ce qui n'est pas pour lui déplaire.

Donc, en poussant la porte de la salle de répétition, la jeune fille soupira de soulagement. Enfin donc, elle pouvait se retrouver seule avec elle-même et profiter pleinement de ce moment.
L'excitation de chanter de nouveau mêlée à la peur d'avoir perdu sa voix lui faisait ressentir un drôle de chatouilli dans le ventre. Elle pris une grande bouffée d'air dans ses poumons, qui sentait bon le vieux bois d'un piano, des douces pierres du château. La sensation lui avait manqué.

Elle prit le temps de faire un tour de la pièce, posant sa main contre ces murs tapissés, les paupières légèrement fermées. Incroyable.
Ce sentiment, si singulier, si familier, lui était tellement étrange mais pourtant, s'avérait réconfortant. Peut être lui rappelle t'il la salle de chant, dans le manoir Calderon. Ou la pièce dans laquelle grand père Micheal range son piano... Aucune idée.

Après avoir doucement apaisé sa conscience, elle revint au milieu de la pièce, écarta légèrement les jambes pour avoir un meilleur appui, plus stable, et ferma les yeux. Puis, calmement, doucement, la Serpentard laissa échapper quelques notes, toutes basses, presque silencieusemement, comme un murmure.
Puis, au fur et à mesure que la chanson avançait, sa voix devint de plus en plus audible, puissante. Les séries de notes, de paroles qui s'enchaînaient habilement dans la bouche de Nyxis embaumaient symboliquement la pièce, qui, il y a quelques minutes seulement, était vide.

À la fin de son interprétation, elle se laissa tomber lourdement sur le sol, la tête contre le plancher, souriante. Une larme de joie coula lentement le long de sa joue, avant à son tour, de toucher le bois ferme de la salle de répétition.

#614444 • IVe année 49-50
PR • Fiche Perso • Parrainage