26 juil. 2024, 19:23
 Ukraine   Solo+  Carnets de voyage Tome 7 : Village
14 Décembre 2021
Krymka, Oblast de Zaporijia



Je n'ai pas pu supporter d'y passer une seule journée de plus. Je n'ai pas pu supporter d'y passer une journée de plus, seul. Dans cette grande maison, au milieu de ces vêtements où flottaient encore son odeur et ses rires moqueurs, là où, partout, mon corps se souvenait de ses ardeurs. Je les ais réunies, toutes nos affaires, toutes mes affaires et, avec elles, tous nos souvenirs, où plutôt ceux qui n'étaient pas encore entachés des larmes de notre avenir. Sans un regard en arrière, je quittais notre foyer parti dans les flammes, où seul mon cœur avait brûlé, rejoignant les cendres des Décembre passés.

Nous y avions eu parfois l'occasion de nous y aventurer, mais c'était seul cette fois que j'avais parcouru les rues éclatantes et bondées de Varsovie, au milieu des ruines, vacillantes érodées, de ma vie. Au milieu de ces milles visages sans âmes ni âge, je m'étais repéré, sachant vaguement, à peine, où le destin allait m'égarer. Le premier portoloin venu pour l'Ukraine, un endroit, quelque part où accrocher mes chaînes, les enlever, peut-être m'envoler. N'importe où mais pas aujourd'hui, plus ici. Il n'y avait là qu'un seul choix, et je m'en émouvais à peine. Ce serait donc Zaporijia. Un instant, j'ouvris la bouche, et ma voix ne me fit elle pas défaut. Suivre le destin peut-être, mais je n'en étais pas non plus sa girouette, et je tenais à ne pas égarer au vent mes dernières paroles, nos dernières promesses, ce dernier je t'aime. On me répondit du nom d'un village, abritant sorciers issus de sans-magie et leurs parents, sang-mêlé et leurs enfants, sans rejeter leur sang. Ce serait donc Krymka.

Il me fallut quelques secondes, arrivé à Bediansk, pour évacuer ma nausée, et une demie journée, ensuite, pour que le village soit à ma portée. La marche diurne s'était achevée en nocturne et, emmitouflé dans mon deuil des jours passés, le froid ne m'avait pas attaqué. Arrivé aux portes de cet inconnu bâti de briques et de chair, de tuiles et de sueur, je me fis la réflexion qu'encore une fois, mon absence de maîtrise de la langue allait me faire pêcher. Ma douce pomme allègrement fatiguée, je me contentais d'aligner quelques mots en Allemand, puis en Anglais, à qui gardait l'entrée. D'un accent encore plus tranché que le mien, on m'indiqua sans heurts la direction d'une maison d'hôte - et non pas d'une maison d'ouest, comme j'eu initialement compris - où je pourrais m'installer pour la nuit. Après...

- Après, quand le jour vient, tu parles à Maxim.

Je hochais la tête, pas vraiment certain de ce que cela augurait pour mon séjour ici. Pas vraiment certain non plus de savoir si cela m'importait vraiment. Qu'est-ce qui importait aujourd'hui ? Du haut de leur nuit, aucun Dieu ne me répondit.

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21 nov. 2024, 22:06
 Ukraine   Solo+  Carnets de voyage Tome 7 : Village
31 Décembre 2021


Béante, ouverte, saignante et purulente, la plaie que Jenna n'avait qu'une année encore tenté de faire cicatriser s'étalait là, sur la table, au même titre que mon désespoir, que mon cœur meurtri et la liqueur artisanale que je tenais de mon autre main. Je n'étais venu ici ni pour trouver l'espoir, ni pour sceller un pacte avec les mêmes démons que mon père. Je n'avais tout simplement rien d'autre qu'eux pour célébrer une nouvelle fois ma peine hivernale. En écho, la caresse des vents glacés de la steppe vint m'envelopper une nouvelle fois de ses bras secs et insistants.

La petite bâtisse offerte par Maxim et sa femme, Ana, contre seulement un peu de monnaie - et ma promesse d'un séjour tranquille - n'était pas du luxe mais elle avait un toit, quatre mur et une porte. C'était largement suffisant pour moi qui n'abritait pour toute ambition que celle de souffler un peu. Ma maigre bourse, elle, souffre autant que moi, mais il sera toujours temps d'y penser plus tard, lorsque mon esprit aurait rejoint mon corps. L'année prochaine. Ces derniers jours, l'attention née de la curiosité des villageois s'était elle aussi essoufflée, sans que cela ne me gène plus qu'autre chose. Une fois encore, c'est la barrière de la langue qui me tient elle aussi hors de portée. Qualifier l'anglais de Maxim et Grigory de mauvais serait une insulte pour la médiocrité et, mon ukrainien se résumant à quelques noms de villes et villages mal prononcés, je pouvais oublier n'importe quel type de conversation qui ne se résumait pas à demander une direction. Une jeune femme d'à peu près mon âge maîtrisait elle les bases de l'allemand, et si je pouvais bien remercier cette Anna d'une chose, c'était du poison liquide qui parcourait mes veines ce soir.

Car, que me restait-il d'autre que ce fleuve à suivre, que de plonger dans ce Léthé malodorant après toutes ces années ? Une fois encore, les Dieux restaient sourds et aveugles face à mes prières muettes aussi bien qu'hurlées à la face du Destin dont ils m'avaient affligé. Ici, je n'étais rien. Rien d'autre que le souvenir d'un homme d'ailleurs, bientôt oublié par les siens, jamais retenu par les leurs. Un homme que bientôt moi-même oublierait autant que les cieux. Un homme qui, alors qu'il plongeait au cœur de ces flots noirs, ressenti une nouvelle caresse, une nouvelle odeur, une nouvelle bise inconnue. Fronçant les sourcils, essayant de me souvenir qui était le grand corbeau noir qui me poursuivait, qui était la femme qui me consolait.

- Chht, chht. Doucement, mon tout petit. Maman est là.

Et quand je me retournais voir le visage de l'horreur, je ne vis que mon reflet au dessus de l'eau glacée. Cette vision suffit à m'éveiller en sursaut, les mains vides. Trop fatigué pour me questionner davantage, je marchais d'un pas titubant vers mon lit où m'attendait pour seul oubli celui des ces derniers instants oniriques embrumés. Et, lorsque les premiers rayons de soleil frappèrent à ma porte, ne me restait déjà plus que quelques notes lointaines de cette vieille balade irlandaise que chantait quelqu'un que je voulais oublier.

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1 févr. 2025, 19:28
 Ukraine   Solo+  Carnets de voyage Tome 7 : Village
1er Janvier 2022


Le soleil était déjà bien haut dans le ciel, à moitié caché par des nuages lourds grisonnants, lorsque je finis par m'extirper de mon lit le visage grimaçant. Dans ma tête battait en cet instant plus que les dernières notes maudites d'un alcool un peu trop épais. Une litanie sourde et muette qui échappait déjà à mes mains tremblantes et mon esprit pas si exténué que je ne l'aurais cru. Ou peut-être souhaité. Une autre grimace plus tard et je me retrouvais debout en train de me préparer un petit-déjeuner rudimentaire, le strict minimum pour garder mon cerveau en l'état.

Une fois ces besoins élémentaires qui me maintenaient en vie derrière moi, je pris mon manteau, et ma porte s'ouvrit sur l'hiver ukrainien. Les vents intérieurs et externes me poussaient vers une seule direction. L'unique épicerie de Krymka, qui servait aussi de bar et plus rarement d'apothicaire, serait une destination suffisante pour aujourd'hui. Encore. Même au début de l'année, le village poursuivait sa vie tranquille et silencieuse. Les passants se saluaient simplement de la tête, et nul ne semblait se refermer à l'idée de ne pas s'arrêter cinq minutes pour échanger des banalités, bien au contraire. Et ce n'était pas pour me déplaire. De la sorte, je croisais d'abord Maxim en solitaire, puis une mère dont l'enfant qu'elle traînait s'était les premiers temps parfois caché derrière à la vue de ma silhouette. Cette fois, sans comprendre tout à fait, je marquais un temps d'arrêt. Avant de comprendre. L'enfant m'avait souri, salué de la main. Et.. je crois que je lui avais répondu.

Quel âge avait-il ? Cinq ans, six ? Fatalement, mes pensées me quittèrent pour filer entre des mains qui ne m'étaient que trop familières. Sous un autre ciel, avec d'autres mots échangés, aurais-je pu moi aussi être père des enfants de Jenna ? De nos enfants ? La réponse était pourtant évidente. Ma plus récente blessure, mon plus beau chagrin ne souhaitait ni une union, ni une descendance. Et Sixtine ? Sixtine dont, depuis si longtemps déjà, j'avais accepté de ne plus rien caresser d'autre que ces mots sous ma plume, ces parchemins échangés qui se faisaient de plus en plus rares, de plus en plus épars ? Cette fois, je n'avais pas besoin d'autres mains pour me faire souffrir, puisque je me frappais mentalement, en seul coupable. Après la tragédie qui l'avait frappé, imaginer des enfants n'aurait pu être plus éloigné de la réalité.

Et moi, est-ce que j'en avais voulu ? Et moi, qu'est-ce que j'avais voulu ? La réalité de la question me frappa une seconde fois, à moins que ce ne soit là le souvenir de mes abus du jour précédent. Pourquoi ne m'étais-je jamais posé la question ? Et surtout, pourquoi ne pouvais-je y formuler de réponse ? Je m'étais contenté de vivre, mais pas pour moi, avec au fond de ma cœur des choses que je ne savais même pas éprouver. Des éléments que Jenna semblait avoir mieux compris que je ne le ferais jamais. Quelles vérités encore me cachais-je à moi-même ? Venir ici, seul, était peut-être la meilleure idée que je n'eusse jamais eu. Ou peut-être pas. Mais pourtant, ce n'était pas comme cela que j'allais comprendre ce que j'étais. Je ne pouvais pas devenir ce père que j'avais fuis, et à peine pardonné. Je ne pouvais pas devenir ce que je lui avais reproché. J'étais Suileabhan Kohler, et je devais le devenir.

Au fil de la discussion, mes pas m'avaient conduit jusqu'à l'établissement de la famille Fomenko, où Anna aurait alors pu refaire ma réserve de boisson. Je secouais la tête, essayant de reprendre mes esprits. De tous les habitants de ce village, c'était elle qui m'agacait le plus. Aucun d'eux n'était du genre à juger son prochain, mais elle assortissait toujours sa neutralité de façade de notes d'inquiétude que je ne voulais lire chez personne. Car celles-ci n'étaient pas adressées à son subconscient, mais au mien. Mais cette fois encore, ce ne serait pas bien difficile. Il me suffisait de lui demander la même chose que la dernière fois. De ne pas trop y penser.. de ne pas trop penser.

- Est-il possible de vous commander du bois de taille ?

Et je crois bien que je fus aussi surpris qu'elle.

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31 déc. 2025, 20:44
 Ukraine   Solo+  Carnets de voyage Tome 7 : Village
16 Février 2022


- Combien je te dois ?

- Non Grigor, tu ne.. pas d'argent.

Je pouvais presque sentir le regard d'Anna, à mes côtés, ce qui pouvait se traduire par de nouvelles leçons en perspective. Mais, peu importe le temps que j'y consacrais, mon russe demeurait toujours aussi peu.. russe.

- Vous serez des nôtres au moins pour ce soir ?

- Évidemment ! Évitons la colère de Mariya.

L'ukrainien éclata de rire avant de nous laisser repartir de notre côté. Anna me suivit à ma hauteur, toute en silence et sourire. C'était un sourire léger et profond, qui fit ressortir ses dents blanches lorsqu'elle glissa son bras sous le mien pour continuer de marcher un peu plus auprès de moi. L'une de ses incisives était toujours de travers, ce qui lui donnait un petit air espiègle qui tranchait avec le reste de son identité.

- Tu n'es pas assez concentré sur nos leçons.

L'affirmation me laissait la mine un peu boudeuse, d'autant plus qu'elle était prononcée dans un allemand bien meilleur que mon russe.

- Je fais de mon mieux, tu sais.

- Hm hm. Je suis trop gentille avec toi.

Je lui répondis en souriant.

- C'est vrai. C'est ce que j'aime chez toi.

- Tu triches.

Pas vexée la moins du monde, la jeune sorcière se reposa davantage contre moi, alors que nous nous rapprochions de notre terminus. Depuis quelques semaines, Anna avait pris l'habitude de rester de plus en plus souvent à la maison, quand ce n'était pas elle qui me faisait rester à l'étage de son établissement. La sang-mêlée avait été la première habitante de Krymka à s'enraciner dans ma vie et, au fil des mois passés, Grigor avait suivi, apportant ainsi avec eux l'ensemble des résidents du village, ou presque. À l'œil étranger, Krymka avait tout de la petite bourgade sans intérêt. Au regard de ses habitants, il s'agissait d'une famille grande et solidaire, alors même que nombre d'entre eux naissaient et mourraient en temps que moldus. Moldus.

Un terme bien étrange désormais, que je m'étais rapidement habitué à ne plus employer. Il n'y avait pas vraiment d'équivalent ici, de toute manière. On parlait de sans-magie d'un ton désinvolte, où on ne parlait pas, tout simplement. Et, au milieu de ce village de sang-mêlés, Anna incarnait autant l'âme que le coeur de ses habitants. À tout instant, elle irradiait d'une paix solaire qui avait de quoi apaiser les esprits les plus meurtris. Son calme et sa douceur ne faisaient pas pour autant d'elle une femme effacée, mais plutôt une sorcière fiable qui savait gérer poivrots autant que patrouilles.

À peine arrivés, la jeune blonde quitta mon bras, y laissant le manteau que je déposais à sa place à côté du mien, tandis qu'elle s'occupait à faire siéger sur la table le déjeuner confié par sa mère. L'ironie de la vie avait voulu que les premiers morceaux de bois que j'avais pu lui commander servaient désormais à un confort commun. Nous passâmes à table, délaissant cette fois un silence complice pour tout un tas de discussions aussi banales que pleines de vie.

Le reste de la journée se peignit des mêmes tons de zénith jusqu'au cœur de la nuit, où les battements de nos pas synchrones nous menèrent à nouveau aux portes des heureux parents. Cette fois, ce fut au tour de Mariya de nous accueillir et de nous faire entrer dans leur salon. Loin des couleurs, des voix rugueuses et des mots que je ne comprenais pas encore, mes yeux furent inévitablement attirés par le berceau qui trônait presque, dans un coin de la large salle. Le berceau que j'avais ouvragé de mes mains, ces dernières semaines, durant les moments où Anna ne me les tenaient pas. Le berceau qui accueillait désormais la vie pour la première fois, en la personne d'un petit être béat. Oui, il était temps que la vie reprenne son cours. Et, quand la sorcière vint glisser sa main dans la mienne avant de poser sa tête contre mon épaule, je souris.

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31 déc. 2025, 23:55
 Ukraine   Solo+  Carnets de voyage Tome 7 : Village
24 Février 2022

TW : mention de la guerre

Un bruit. Un cri. Un grondement. Celui de cœurs battants à l'unisson. Et, peut-être, en toile de fond, l'écho du destin galopant. Ces derniers jours, les occasions de sortir au grand air glacé s'étaient faites aussi rares que les possibilités avaient fleurit à l'intérieur, avant le printemps. Nos foies mis à rude épreuve, ce fut au tour de la foi d'Anna en la rédemption de mon saint apprentissage linguistique de briller. Entre deux leçons, je traçais de mes mains, d'une vigueur retrouvée, les contours du prochain ouvrage boisé au cœur tendre qui finirait par demeurer quelque part en ce nouveau foyer. En attendant, ce que nous dessinions à deux, elle et moi, savait se satisfaire d'une couche trop étroite ornée de draps trop grands.

La passion a ceci de mortel que toute rivière finit par tôt ou tard se tarir, déborder ou changer de cours. La nature est aussi belle qu'elle est dangereuse. L'Homme, lui, mais jamais seul, est capable de merveilles de beauté, de grandeur et de créativité. Bienveillance, Confiance et Temps sont autant de sœurs permettant de construire, une pierre après l'autre, un édifice à l'épreuve de la dernière de la sororité. Et, tandis que je caressais doucement la joue de la belle ukrainienne endormie, je ne m'étonnais plus de mes questions. Pas de leur absence, ni de leur présence. Pas des réponses que je pensais avoir - à tort ou à raison - ni de celles que ne possède toujours pas. Les possèderait-je un jour ? Cette réponse, elle aussi, importe peu. Ce qui importait, c'était que la lame de toutes ces interrogations n'était plus aiguisée. Aucune d'elle ne perçait plus mon cœur pour y faire couler mon sang aussi bien qu'y déverser un poison insidieux.

Certaines réponses restaient tout de même dignes d'intérêt. Avec Anna, nous avions décidé de prendre les choses comme elles viendraient. Pas en nous laissant porter par le fleuve de vie, mais en nous écoutant, nous laissant porter par ce que nous étions, nous. Ce que nous serions. Et ce que nous voudrions être. Il n'y avait pas des milliers de conclusions à une histoire qui commence par Il était une fois. Et s'il était tôt, bien trop tôt encore, pour ne serait-ce que parler d'une véritable vie commune, le sang de Grigor et Mariya avait eu plusieurs mérites. Celui de faire naître un premier sourire, simple, sur nos visages, par son existence. Et celui d'un second sourire, plus discret, dans nos cœurs. Celui qui concluait l'histoire par et eurent beaucoup d'enfants.

Je m'en souvenais encore parfaitement. De ce sourire. De ces émotions si calmes, et si pures. Mais ce dont je me souvenais le mieux, de ce jour radieux, c'était le visage de Maxim à la porte, venant nous tirer de la rêverie. La mienne, celle dont je me souviens. La sienne, celle auquelle je n'avais accès que quand elle plongeait dans les miens ses grands yeux bleus. Le plus parlant, je crois, c'était qu'en voyant le visage du père d'Anna, ni la sorcière ni moi n'eurent un instant de culpabilité, de gêne face au regard paternel dans un cocon encore un peu loin du familial. C'était un visage terrible, pire encore que celui qu'elle portait cette nuit-là. C'était le visage de la mort. Pas celui qui a déjà pris. Non, le pire de tous. Celui qui n'a pas encore frappé. Celui qui attent, tapit dans l'ombre, nous jurant sans un mot que plus rien ne pourrait appartenir à nos cœurs, si ce n'est le désespoir. Un désespoir fugace, presque rédempteur, face à un néant insoluble et infini.

Un bruit. Un cri. Un grondement. Celui de cœurs battants à l'unisson. Et, peut-être, en toile de fond, l'écho du destin galopant. L'Homme, lui, mais jamais seul, est capable de merveilles de beauté, de grandeur et de créativité. Mais, bien trop souvent qu'on ne voudrait ni pourrait l'admettre, l'Homme, dans toute sa grandeur, nous rappelle qu'il est le plus puissant de tous. De tous les destructeurs. Et que la guerre.. la guerre, ne meurt jamais. Cette lettre, je n'aurais pas le temps de la lui écrire.

Ma chère Sixtine..
Fin du Tome 7
Prochainement..

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