15 sept. 2024, 19:33
De la fuite à aujourd'hui
D E C E M B R E :

Allongée sur son lit, les yeux fixant le plafond, je ne trouve pas le sommeil. Mes quartiers me semblent soudain trop petit, je m''efforce à prendre de grandes et longues inspirations afin de ne pas sombrer dans la peur. Depuis j'ai découvert la raison de mon manque d'énergie et la raison de mon épuisement magique, je ne parviens plus à trouver le sommeil. Milles questions tournoient dans mon esprit mais aucune solution ne se propose jamais. Je tourne la tête en direction de la porte d'entrée et si fuir était la meilleure solution ? Suis-je capable de pardonner un jour à Suileabhan les mensonges ? Non. Puis-je vivre dans le même château que lui, lui confier mon enfant ? Impossible. Une larme ruissèle le long de ma joue, ma décision est prise. Je vais fuir et je ne vais pas attendre la nuit prochaine. Je me lève discrètement comme pour ne pas réveiller mon cœur qui me dicterait de ne pas partir, de ne pas abandonner les personnes qui comptent sur moi. Mais je reste une Valerion et mon propre intérêt passe toujours avant les autres. D'un mouvement du poignet je fais mes valises. Je prends place une dernière fois sur son bureau, je griffonne quelques mots sur un parchemin que je dépose ensuite en salle sur demande puis, dans un silence de plomb, je quitte l'école de magie.

J'ai beau avoir agit sans prendre le temps de la réflexion, mes idées sont très claires. Je sais que je ne peux pas partir seule, j'ai besoin d'une personne pouvant s'occuper de moi et de mon futur enfant. Une personne capable de me supporter et ayant assez de connaissance pour m'aider à mettre au monde un enfant : Lilith. C'est ainsi, qu'en pleine nuit, je me retrouve à frapper à sa porte. Je ne lui donne aucune explication, je lui ordonne simplement de faire ses valises et de me suivre ce qu'elle fait sans poser la moindre question, à mon plus grand soulagement.

Après un trajet plus ou moins long, nous arrivons ensemble au milieu de montagnes. Ici, la nature semble encore intacte, préservée de toute vanité humaine. Une dernière fois avant d'arriver, j'attrape la main de la rousse et je transplane jusqu'à notre nouvelle demeure. Il s'agit d'un manoir perché sur l'une des montagnes ayant une vue plongeante sur le lac en contre bas. En arrivant, je dépose les bagages et j'explique en quelques mots la situation. Je lui explique que le manoir appartenait à mon défunt oncle et, qu'il me la légué. Je lui explique également la raison de notre venue ici. Je prends soin d'éviter quelques détails, je ne lui parle pas de la magie noire de Suileabhan, je lui indique simplement que pour ma sécurité et celle de l'enfant, je suis mieux ici que là bas. Je ne parviens à tenir plus longtemps, mes forces me quittent rapidement et je m'excuse auprès de la rouquine avant de monter jusqu'à ma chambre pour laisser le sommeil m'emporter. Ma main caresse la rondeur de mon ventre et une nouvelle larme se permet de glisser avant que mes yeux ne se ferment.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

17 sept. 2024, 14:25
De la fuite à aujourd'hui
M A R S


Cette fois-ci s'en est trop, je ne supporte plus son visage, mon visage. Je ne supporte plus ce manoir, ce paysage, ce silence lorsque nous nous croisons. Mes nuits sont ses journées et ses journées sont mes nuits. Je ne la vois plus et c'est très bien ainsi. Quand mes yeux s'ouvrent, je sais qu'elle ne dort pas encore, elle patiente dans le salon et elle patientera ici jusqu'à me voir. Je sais qu'elle attend pour s'assurer que je me porte bien. Je sais qu'elle fait ça pour moi, par loyauté et je la déteste de faire ça. Je la déteste, car elle me rend faible en faisant ainsi. Elle me fait me sentir comme une non mage. Une personne incapable de s'en sortir seule alors que j'ai vécu bien des épreuves.

Je me lève difficilement de mon lit. Plus les jours passent, plus les mouvements sont compliqués à effectuer et la magie ne m'aide pas. J'ai pourtant essayé de réunir mes forces pour utiliser ma magie à mon propre avantage, mais je n'y parviens pas. Les sorts que je lance sont si faibles qu'ils ne durent pas plus de 30 secondes. J'en suis réduite au même niveau que les élèves de deuxième année. Aussi lamentable qu'eux. Aussi faible.

Un pied glissant devant l'autre, il me faut dix bonnes minutes avant d'arriver jusqu'au salon ou la rouquine m'attend. Malgré ce que je lui fais subir elle m'accueille avec un sourire et un café. Finalement, je ne sais plus si je la déteste et si ce sont les hormones qui parlent pour moi, car en cet instant, elle est la prunelle de mes yeux. J'accepte son café tout en prenant place sur le canapé et, lorsqu'elle se lève pour me laisser seule, ma main trouve la sienne pour l'obliger à rester avec moi. Ses yeux brillent, je crois qu'elle n'attendait que ça.

Je passe une bonne partie de la nuit à l'écouter me raconter ces journées et je suis étonnée de ne pas être au courant d'un cinquième de ce qu'elle fait. Comment ai-je pu passer à côté de tant de choses ? Je suis déçue et presque triste de ne pas m'être intéressée à elle plus tôt, mais je sais que demain, elle ne sera de nouveau que la rousse du manoir. Que la personne me servant de nounou. Je chasse cette pensée de mon esprit et l'observe s'endormir au milieu de sa phrase. Ses forces la quittent et ses paupières se ferment sans qu'elle ne puisse m'en dire davantage.

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.

30 sept. 2024, 22:14
De la fuite à aujourd'hui
A V R I L
Deux notes, trois notes, quatre notes et me voilà partie dans une mélodie qui couvrira de son tout le manoir. Je laisse mes doigts épouser la forme des touches du piano, je laisse mon cœur jouer d'une musique, je laisse mon cerveau ne penser qu'à ma souffrance encore trop grande, au mal-être que je ressens et au chagrin que j'éprouve. Il est tard et les notes résonnent, mais il est encore trop tôt pour pleurer.

Quand les notes ne viennent plus à moi, je ferme le piano et je la sens m'observer. Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir qu'elle est là, à la commissure de la porte, posant ses yeux sur moi et se demandant si elle a l'autorisation de rentrer, si elle va de nouveau être rejeté ou accueillie à bras ouverts. Je ne lui accorde pas un regard, pas une pensée, ce n'est pas à elle que je veux penser, mais à lui. J'en viens à le regretter, j'en viens à rêver qu'il est toujours là, que je suis toujours là, que je ne suis jamais partie et que c'est lui à la commissure de cette porte. Mais lui, il n'aurait pas attendu mon approbation, il serait entré dans la pièce alors même que les notes n'auraient pas cessé de résonner, il se serait installé à côté de moi et m'aurait regardé jouer comme si j'avais été la chose la plus belle et la plus précieuse à ses yeux.

Mes mains sur mon ventre, j'essaye de me souvenir des raisons qui m'ont poussé à partir, je rassemble les mensonges, je rassemble toutes les erreurs qu'il a pu commettre pour me convaincre que c'était la bonne chose à faire. J'imagine cet enfant qui un jour me demandera "mais qui est mon père ?". Armée d'une plume et d'un parchemin, je me mets à griffonner une réponse pour l'enfant qui, un jour, voudra des réponses.
Mon Cher Enfant,

Je t'ai désiré il y a des années, je t'ai oublié pendant encore plus d'années avant de te trouver. Nos retrouvailles approchent à grands pas et je sais que tu seras merveilleux. Je te vois déjà courir le long de la forêt, plonger dans les eaux du lac, apprendre à lire et à écrire. Je le sais, tu seras merveilleux, mais un jour, tu me demanderas qui est ton père, tu m'en voudras de ne rien te dire et peut-être voudras-tu te séparer de moi pour lui, pour mes silences.

Mon enfant, sache que ton père était un homme bien, il fut mon premier amour et il sera probablement mon dernier amour. Il est celui que j'ai aimé plus que ma propre vie, il est celui qui a su me sauver d'un passé douloureux, il est l'ami qui m'a soutenu durant notre enfance, il est le rival qui m'a rendu forte, il est l'amour qui m'a donné la chance de te donner la vie. Mais comme chaque Homme, il a sa part d'ombre et, mon amour pour toi était plus fort que mon amour lui. Le besoin de te protéger passait avant celui d'être avec lui.

Je te promets qu'un jour, tu le rencontras.
La plume tombe au sol, le parchemin tacheté de noir attend sa sentence. Sera t-il brulé comme les autres lettres ou aura t-il l'audace de survivre...

@Suileabhan Kohler

Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.