Les démones corporelles

25 août 2049,
En après-midi,
Avec @Fabio Dermott

La fin des vacances approchait déjà, et tout était passé si vite ! La veille déjà, les Swart avaient été faire les courses sur le Chemin de Traverse, et Octavius sautait partout, excité à l'idée de sa première rentrée. Il passait son temps plongé dans les manuels, il remplissait des parchemins alors même qu'il n'était pas encore à l'école, et il n'arrêtait pas de caresser sa très récente baguette magique. L'engouement de son petit frère pour la rentrée exaspérait Merinda tout en la faisant rire intérieurement. S'il savait ce qu'elle avait prévu avec une partie de sa promo pour les nouveaux premières années...

La Serpentard était partagée entre l'envie de rester en vacances et de reculer le plus longtemps possible la reprise des cours de Botanique et de Potions, et la hâte grandissante de retrouver ses amis et de commencer l'année en beauté avec le bizutage. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas vu Orlaith ! Et Nyxis ! Et elle rêvait déjà de l'adrénaline ressentie pendant leur tour de force le premier soir de septembre.

La jeune fille métisse avait décidé d'aller passer quelques jours chez ses grands-parents à Godric's Hollow avant la rentrée, SEULE OU AVEC CARRIE, comme elle l'avait bien précisé en leur envoyant un hibou quelques jours plus tôt. Elle verrait son frère toute l'année à Poudlard, elle avait le droit de prendre quelques jours de repos avant. Ses grands-parents avaient bien évidemment accepté sa venue avec joie, et elle avait décidé d'amener Carrie avec elle. Sa petite sœur lui était précieuse, et elle apprécierait ces moments seules sans les parents et leurs frères.

Seulement, cet après-midi, elle avait un trou dans le ventre. Ses menstruations, encore. Chaque mois, elles l'assaillaient. Elles avaient commencé un an plus tôt, et si elles n'étaient pas douloureuses les premières fois, il n'avait suffi que de quelques mois pour qu'elles se transforment en démones corporelles. La douleur était lancinante, et Merinda détestait ne pas pouvoir bouger comme elle le voulait à cause d'un foutu mal de ventre.

Pourquoi les règles commencent-elles si tôt ? Personne veut avoir de gamin à 13 ans ! se répétait-elle, en colère contre le mal qui lui poignardait le ventre.

Au lieu de rester allongée comme une malade sur un canapé en regardant Carrie jouer avec leurs grands-parents, la Serpentard avait donc décider de sortir faire un tour dans le centre-ville. Comme chaque fois qu'elle se promenait ici, elle s'arrêta devant le Café du Rosier et y entra. Le Café était plein - en même temps, les Quadriennales de la Magie ramenait beaucoup de monde. Il n'y avait aucune table vide, mais une d'entre elles n'étais occupée que par un adulte.

Merinda commanda un croissant et un jus, paya de sa poche, et alla s'asseoir à côté de l'inconnu. Elle ne put se retenir de grimacer en s'asseyant - les règles ne faisaient pas seulement mal au ventre, elles faisaient mal partout et rendaient toute position assise désagréable.

"Bonjour !"

Elle sourit, faisant fi de son monde intérieur qui explosait sans cesse dans son ventre. On lui répétait sans arrêt qu'elle était insupportable pendant qu'elle avait ses règles, alors l'homme qu'elle forçait à partager sa table n'avait pas intérêt à la rejeter, sinon il se retrouverait face à face avec sa mauvaise humeur menstruelle.

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

Les démones corporelles
C’était bondé. Autant Fabio savait savourer le délicat parfum de succès qu'était celui d'une salle de spectacle pleine à craquer, autant, lorsque lui-même était client d’un établissement tel que le Café du Rosier, il aurait bien plus volontiers trouvé autour de lui un environnement paisible et aéré. Parce que bondé voulait également dire bruyant. Voulait également dire pressé, de passage, en constant mouvement. Voulait, somme toute, surtout dire : moins détendu et moins détendant.

Le sorcier nota mentalement pour lui-même qu’il allait à l’avenir éviter le Café du Rosier en milieu d'après-midi durant ce qui devait être l’une des dernières semaines de vacances scolaires dont bénéficiaient les élèves de Poudlard. Cela dit, maintenant qu’il y était, il allait y rester, il allait éclipser les autres clients de sa focalisation, les faire fondre en un fond sonore confus et indistinct et se concentrer sur sa table et lui même. Sa table, la tasse de thé qui y trônait sur la soucoupe fleurie, ainsi que la petite sélection de macarons qu'il avait choisi comme accompagnement – habituellement, son choix se portait plutôt vers un très classique croissant, mais peut-être qu'inconsciemment, le brouhaha autour de lui lui avait inspiré le goût de quelque chose de plus coloré, aujourd'hui. Lui-même et les aiguilles à tricoter qu'il tenait entre les doigts, la fil et la pelote de laine anthracite qui y étaient reliés, ceux-là-même qu’il projetait transformer progressivement un un enchevêtrement de nœuds qui en feraient un pull d’hiver. Absorbé par son travail, Fabio n’aurait pas su dire depuis combien de temps il était déjà là (on pouvait cependant noter qu’il en était déjà à sa deuxième de thé et que les gorgées qu’il prenait étaient plutôt espacées) lorsqu’une voix le tira de ses pensées.

Un simple bonjour et une adolescente souriante qui s’installa à sa table, à ses côtés. Sa tasse de thé et ses macarons se virent offert la compagnie d’un jus de fruit et d’un croissant. Les doigts de Fabio s’immobilisèrent dans leur mouvement, baguettes en suspension. Il les abaissa sur ses cuisses, tourna lentement la tête, releva le regard vers la jeune fille, un sourcil haussé :

Bonjour ?

Un simple mot, salutation interrogatrice mais qui en réalité, dissimulait toute une série d’autres questions ainsi que la demande d’explications.

Fab’ulous
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