5 oct. 2024, 17:10
Parlez-moi de plantes  PV 
Samedi 2 octobre 2049, un peu après 13h


Le premier match de la saison allait démarrer dans moins d'une heure. Un match important, attendu par les élèves de Poudlard : un match qui redémarrait l'activité quidditchienne au château après l'arrêt brutal de la saison précédente. Et aussi, détail important, le premier match d'Alma en tant qu'arbitre.

Oh, elle avait en réalité déjà arbitré des matchs ; mais il y avait toujours quelqu'un avec elle pour la seconder. Même à la fin, lorsque cette présence était devenue anecdotique, elle s'était toujours sentie un peu rassurée de savoir qu'en cas de problème, on viendrait l'aider. Aujourd'hui, elle était seule responsable. Et les joueurs qu'elle arbitrait, des adolescents, étaient bien éloignés des joueurs dont elle avait l'habitude.
*Reprends-toi, ce ne sont que des gosses...*
Gosses ou pas gosses, le stress montait progressivement depuis son réveil, le matin-même. Elle avait dormi dans sa chambre du stade – mal – et s'était réveillée aux aurores en pensant que, quand même, on pourrait fournir des lieux de vie un peu plus spacieux aux salariés de l'école... Puis elle avait fait les cent pas, pris son balai (un comète 360 qui lui permettrait de se tourner très rapidement vers une action sur le terrain), tenté de voler un peu pour se détendre, abandonné, tenté de manger dans la Grande Salle, abandonné, tenté de courir, abandonné... Non, rien ne chassait vraiment son angoisse, qu'elle n'avait pas ressentie aussi forte depuis ses premiers matchs de Quidditch en tant que joueuse de l'équipe nationale en Bolivie. Jusqu'à ce qu'elle aperçoive les serres. S'il y avait bien quelque chose qui pouvait l'apaiser, c'était les plantes, sa madeleine de Proust à elle, qui avait grandi entourée de végétaux.

Alma avançait le long des serres. L'une d'elle la retint, pour son climat chaud et humide. De la chaleur moite, c'était parfait. Elle y entra, regarda les premiers arbres visibles, pas spécialement magiques, puis se dirigea plus loin, vers ce qui avait l'air d'être des plantes carnivores.
*Inspire, expire, inspire, expire.*
Mais rien à faire, le stress était toujours là.

#b10743

27 nov. 2024, 19:46
Parlez-moi de plantes  PV 
Dominic avait l'esprit encombré en se réveillant ce matin-là. Les bribes de la conversation de la veille au soir avec Sigmund lui étaient revenus en mémoire. Même s'il savait que son mentor avait ses défauts – l'interview transformée qu'il avait publié à son sujet lui restait toujours en travers de la gorge – il était profondément peiné que la passation pour la direction de Poufsouffle eusse été un moment aussi difficile à vivre pour Sigmund.

Malgré cette discussion, l'Anglo-soudanais avait toujours une désagréable impression qu'ils ne s'étaient pas tout dit. Cette impression persista quand il s'habilla, quand il traversa la salle commune et quand il prit son petit-déjeuner. Il ne savait pas s'il s'agissait d'une coïncidence ou non, mais le très visible bonhomme moustachu ne se trouva pas une seule fois sur son chemin ce matin-là – en règle générale, c'était l'inverse qui se produisait.

Après une matinée passée à corriger des copies et à donner quelques conseils à la capitaine des Hel's qu'il avait croisée incidemment, Dominic laissa ses pas le porter jusqu'aux serres de Botanique. Il avait envie d'échanger quelques paroles avec son mentor avant le match de l'après-midi, d'abord pour s'ôter cette désagréable impression de ne pas être allé au bout des choses, ensuite parce que rien ne pouvait remplacer à ses yeux l'effet thérapeutique des plantes sur un mental troublé : il huma le parfum des fleurs qui parsemaient le parterre ici et là. De bourgeons en arbustes, il se laissa guider par son intuition et arriva au beau milieu de la serre tropicale. Mais visiblement, il n'était pas le seul à avoir souhaité la compagnie des plantes.

« Oh, bonjour. » Il salua la jeune femme d'un petit hochement de tête. Se rendant compte qu'un brin de conversation était plus courtois qu'une simple salutation, il poursuivit en désignant l'espace de la serre : « Vous êtes la nouvelle arbitre n'est-ce pas ? Vous aussi, vous êtes venue vous ressourcer avec les végétaux avant le match ? » Dominic ponctua sa remarque d'un sourire affable.

339 mots


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@Sigmund Charleston et @Kate Hunter pour les mentions, n'hésitez pas à me dire si je dois modifier quoique ce soit.

#4c4b16 - Baleine gracieuse

15 déc. 2024, 18:06
Parlez-moi de plantes  PV 
Il n'y avait pas que le stress qui était là, visiblement. Quelqu'un venait de surprendre Alma dans la serre où elle avait trouvé refuge. Elle se tourna brusquement vers l'homme en question, comme prise en faute ; mais il ne lui reprochait rien. Il semblait même qu'il était venu ici dans le même but qu'elle : trouver du réconfort auprès des plantes.
Oh euh... Bonjour, le salua-t-elle avec peu d'entrain.
Elle tenta de reprendre contenance. Sa réponse suivante fut un peu plus enjouée... presque trop ?
Oui, Alma ! se présenta-t-elle en levant la main. Les plantes, ça a toujours été comme un cocon pour moi. Pour toi auss... euh, on peut se tutoyer ?
Ça lui venait d'habitude simplement, sans que la question ne se pose, mais lui-même l'avait vouvoyée, et Alma n'était clairement pas dans son état normal. Elle tourna d'ailleurs le regard vers son fameux cocon.
Elle est chouette, cette serre. Le prof de botanique a l'air bien.
Même si, du peu qu'elle avait vu, il avait aussi l'air très... vieux...
Et t... vous ? Euh, vous êtes prof aussi, je crois ?
Elle était embarrassée de reconnaître qu'elle ne savait pas de quelle matière. La prof de vol, elle connaissait, évidemment. Celui de botanique, difficile de ne pas le remarquer – et puis, c'était la botanique. Mais lui ? À part son nom, elle ne savait pas grand chose.

#b10743

26 déc. 2024, 16:57
Parlez-moi de plantes  PV 
« Enchanté, Dominic », répondit-il à la jeune femme en saisissant la main tendue avec délicatesse. « Je comprends pour l'aspect "cocon", ma mère entretient... Entretenait une serre dans la maison où j'ai grandi. » Il relâcha son bras le long de son corps et détailla le Rafflesia qui se trouvait à proximité ; ce dernier semblait par moments humer l'air de la serre qui donnait l'impression de s'appesantir sur les épaules quand on n'y était pas habitué. Dominic desserra machinalement le bas de son turban en répondant à la question d'Alma restée en suspens : « Oh, et bien sûr, on peut se tutoyer. J'ai ce réflexe de vouvoyer systématiquement mais il ne faut pas s'en encombrer. »

Le professeur regardait sa vis-à-vis avec curiosité. Il se sentait comme en décalage par rapport à elle : ses manières, son vocabulaire, son ton enjoué la rapprochaient des étudiants à qui il donnait cours, et pourtant ils n'avaient pas l'air si éloignés en âge, tous les deux. Dominic avait conscience que l'éducation que lui avait donnée ses parents le rendaient parfois un peu ampoulé, surtout avec celles et ceux qui ne faisaient pas partie de son cercle. Il prit une légère inspiration pour éviter de trop penser, ce n'était pas dans ce but que ses pas l'avaient dirigé vers les serres. Son regard suivit par mimétisme celui d'Alma.

« Oui, très. Tu l'as déjà rencontré ? C'est lui qui était mon tuteur quand je suis arrivé ici. Enfin, j'ai fini par comprendre qu'en fait, c'était un rôle qu'il s'était arrogé lui-même, mais il m'a permis de me sentir plus à l'aise au château. »

Dominic eut un petit sourire en pensant à cette première entrevue. Avaient-ils finalement pu faire cette fameuse soirée moussante dans la salle de bains des préfets dont ils avaient parlé ? « Oui, défense contre les forces du mal. Ce n'était pas le métier auquel je me destinais en sortant de l'école, mais la vie m'a réservé quelques surprises. » Le professeur se tourna vers Alma comme pour chercher son regard : « Et toi, tu te voyais revenir travailler ici ? À supposer que nous ayons tous les deux connu Poudlard... »

#4c4b16 - Baleine gracieuse

6 janv. 2025, 12:07
Parlez-moi de plantes  PV 
Alma sentit une vague de chaleur monter dans son corps quand Dominic lui parla de sa mère. Dans un moment aussi stressant, rencontrer quelqu'un qui partageait avec elle un pan similaire de sa jeunesse était extrêmement réconfortant. Comme l'impression de pouvoir être comprise sans même avoir besoin d'employer les mots. Comme l'impression d'être en famille. Même si elle n'aurait jamais la force de s'occuper elle aussi de plusieurs dizaines de plantes, vivre entourée d'elles lui manquait.

Elle n'était pas étonnée de ce que lui disait Dominic concernant son collègue. Sa première discussion avec Sigmund Charleston l'avait convaincue qu'il était une personne très singulière, et un poil envahissante. Néanmoins, avoir un tuteur, auto-attitré ou non, pouvait être un sacré soutien dans son nouveau lieu de travail.
Oh oui, je l'ai rencontré, dit-elle avec un sourire en coin. Quelqu'un de très gentil. Il connaissait ma...
Elle se stoppa, réalisant trop tard qu'elle s'engageait sur une conversation qu'elle n'avait pas du tout envie d'aborder.
Enfin bref, ça fait quelques années qu'il est prof ici. Il a sûrement plein d'astuces à partager avec les nouveaux.

Elle prit une profonde inspiration. Parler lui faisait du bien mais le stress restait encore présent, alourdissant sa poitrine. Le match commençait dans moins d'une heure et elle devait arriver en avance, bien entendu, mais elle ne se sentait pas encore tout à fait prête. Encore quelques minutes...

Oh non ! Travailler avec des ados ? Quelle horreur ! répondit-elle beaucoup trop sincèrement. J'avais surtout besoin de changement. Je n'aurais pas pu rester joueuse éternellement, de toute façon... Et puis, on m'a envoyée ici jouer l'arbitre pour les élèves. J'ai peut-être énervé un de mes tuteurs, conclut-elle avec un haussement d'épaules. Et toi, tu te destinais à quoi ?

#b10743