Les Maux qui Nous Séparent PNJ Solo

Reducio
PNJ ACTIF
- Votre PJ est présent ? non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Talya Mistérya - Mère, Auriana Blaze - Grand-Mère
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Hospitalisation d'Auriana, apaisement des tensions entre Auriana et Talya. Si Lylas n'est pas au courant de l'hospitalisation de sa grand-mère, elle remarque sans difficulté le changement de relation entre sa mère et sa grand-mère. Elle est un peu moins en colère contre sa mère.
Reducio
Image postée par le membre
Talya Mistérya
40 ans - PNJ validé
#05611c


Mai 2049


Tu l'avais retrouvé étendu au sol dans un coin du jardin de la résidence. Ton cœur avait loupé un battement. Tu te souvenais avoir crié son nom. Aucune réponse n'était parvenue à tes oreilles. Tes jambes s'étaient mises en marche toutes seules. A leur bon vouloir, tu avais commencé à marcher puis tu t'étais mise à courir vers elle.

Paniquée, tu l'étais. Elle était là, allongée au sol, inerte. Depuis combien de temps ? Tu n'en avais aucune idée. Tout ce que tu savais c'était qu'elle devait vivre. Personne d'autre ne le méritait plus qu'elle. Peut-être qu'il y avait bien quelqu'un qui le méritait plus. Ta fille. Mais tu savais qu'elle ne serait plus que l'ombre d'elle-même si elle devait ne jamais se réveiller.

Tu avais appelé les secours mécaniquement mais rapidement. La regarder inerte dans le jardin te brisait le cœur. Tu avais peur. Comme tu n'avais jamais eu peur. Les secours arrivèrent. Ta vision était brouillée, quelques larmes coulaient le long de tes joues. Tu n'avais pas versé une larme depuis ce jour. Celui où tu avais découvert sa lettre. Inconsciemment, tu ne voulais pas qu'elle t'abandonne à son tour. Pas elle. Elle n'avait pas le droit.

Elle fut transférée à la Nouvelle Sainte-Mangouste. Toi, tu étais là. Dans un couloir, à faire les cent pas. A revivre les milliards de souvenirs que tu partageais avec elle. A te dire qu'elle ne méritait pas cela. A espérer qu'elle se réveille pour que tu puisses t'excuser. Te faire pardonner pour toutes ces années remplit de conflits.

Tes membres tremblaient tous plus les uns que les autres. Tes larmes ne s'étaient pas arrêtées depuis que tu avais pris conscience que tu risquais de la perdre. Ton cerveau s'amusait à imaginer des scénarios, tous plus tristes que ce que tu pourrais accepter. Elle devait vivre. A n'importe quel prix. Tu n'envisageais aucunement une vie sans elle. Pourtant... Pourtant tu l'avais fait souffrir. Tu lui avais mené la vie tellement dure.

Plus jeune, tu avais fait tout ton possible pour fuir le manoir le plus longtemps possible. Tes voyages avaient toujours été l'excuse idéale pour ne jamais rester plus de trois mois avec elle. Tu avais passé ta vie à fuir. Fuir son souvenir. Fuir tes souvenirs. Fuir ce qui te restait de famille. La fuir. Tu ne supportais pas son regard. Tu ne supportais pas le fait qu'elle avait fait son deuil. Tu ne la supportais pas parce qu'elle l'aimait encore. Elle l'avait toujours aimé alors qu'il vous avait abandonné sans aucun regret.

Et aujourd'hui tu étais là. A la Nouvelle Sainte-Mangouste. A présent assise, puisque tes jambes en avaient décidé ainsi. A attendre qu'un médecin daigne enfin te donner de ses nouvelles. Elle allait vivre. Il le fallait. Pour qu'elle tienne la promesse qu'elle t'avait faite enfant. Pour que tu puisses lui dire à quel point tu la détestais d'avoir réussi à lui pardonner. Pour avoir l'occasion de la serrer dans tes bras, chose que tu n'avais pas faite depuis bien longtemps. Pour pouvoir reconnaître et réparer tes torts. Elle devait vivre parce que tu étais égoïste lorsqu'il s'agissait d'elle.

Par-dessus tout, elle devait vivre pour ta fille. Elle devait vivre pour Lylas. Parce que tu le savais. Ton lien avec ta fille ne reposait que sur elle. Sans elle, tu ne saurais comment aborder Lylas. Sans elle, tu perdrais ta fille à coup sûr. Sans elle, tu l'aurais déjà perdu. C'était le pilier de votre famille. Si elle disparaissait, il n'y aurait plus de famille. Seulement des âmes brisées, ne sachant pardonner, qui détruiraient tout ce qui avait de beau dans leur monde.

Faible. Tu l'étais. Forte. Tu l'étais. L'être et le paraître, la frontière était fine. Tu savais jouer avec cette dernière. Un rien pouvait t'anéantir, mais rien ne pouvait te briser. Tu l'étais déjà. Aussi loin que tu t'en souviennes, tu l'avais toujours été. Pourtant tu étais en vie aujourd'hui. Tu avais une famille, tu avais réussi tes études, tu avais la boutique dont tu avais toujours rêvé. Mais à cet instant présent, tout ce que tu souhaitais c'était entendre le son de sa voix.

La tête envahit de souvenirs, tu n'arrivais plus à les trier. Il pouvait tout aussi bien s'agir de votre dispute d'hier que d'un jour heureux de ton enfance. Cela avait le même effet. Bientôt 2h que tu attendais et que tu n'avais aucune nouvelle. Un médecin vint te trouver. Il t'informa que les examens allaient prendre du temps. Tu ne pourrais sûrement pas la voir avant le lendemain.

Alors, tu t'étais levée. Étant à Godric's Hollow, ne voulant pas être loin d'elle, tes pas s'étaient dirigés vers ta boutique de vêtements. Tu dormirais là-bas cette nuit. Tu entras dans l'atelier et vis le placard en face de toi. Tu l'ouvris, sortis la bouteille de whisky. La boisson se retrouva rapidement dans ton verre. Tu avalas son contenu en une seule gorgée. Tu te servis un second verre, attrapas ton paquet de cigarettes, en alluma une et ouvris la fenêtre. Les anciennes habitudes avaient la vie dure. Surtout les mauvaises. Tu ne dormirais sûrement pas. Tes démons étaient là.
Dernière modification par Lylas Mistérya le 1 mars 2025, 16:14, modifié 1 fois.

7 année RP, #800080, L'Atelier Mode
~ aka Lyl's ~ aka Lys ~

Les Maux qui Nous Séparent PNJ Solo
Vide. Ton verre. Éteinte. Ta cigarette. Torturées. Tes pensées. Perdue. Ton âme. Pourtant personne n’aurait pu deviner le drame qui te traversait. Si pour toi l’être et le paraître étaient complémentaires, aujourd’hui plus que jamais tu accordais de l’importance aux apparences. Tu avais le droit d’être triste, d’avoir peur, d’être en colère. C’est ce que la société attendait des personnes se rendant dans un hôpital. Surtout lorsqu’un proche était concerné. Néanmoins, tu avais déjà respecté les attentes sociétales la veille. Aujourd’hui serait différent. Et cela commençait par l’apparence. Si ton âme était détruite, tu te faisais un devoir de ne pas montrer cette faiblesse.

C’était l’un des avantages de posséder une boutique de vêtements. La nuit avait été chaotique et plutôt longue. Aucune trace de tes démons ne devait être visible. Aucune mauvaise habitude ne devait te trahir. Choisir une tenue à la hauteur de l'évènement avait pris plus de temps que d’ordinaire. Tu devais allier élégance et discrétion. L’objectif, se fondre dans la masse sans pour autant avoir l’air d’une personne ordinaire. Tu passas ensuite à la coiffure. Tu reformas rapidement tes boucles et ajoutas l’une des nombreuses pinces se trouvant sur le plan de travail. Attrapant ensuite la trousse à maquillage présente dans un tiroir, tu redonnas un peu d’éclat à ton teint ainsi qu’à ton regard. Une seconde plus tard, une vague de parfum entra en contact avec ta peau. Fin prête pour affronter ce qui s’annonçait comme l’une des journées les plus importantes de l’année, tu sortis de l’atelier puis du magasin.

Tu étais, de nouveau, devant la Nouvelle Sainte Mangouste. Ton regard était posé sur le bâtiment. Tu t’étais arrêtée cinq minutes afin de recentrer tes pensées. Le regard décidé, la démarche élégante et assurée, tu entras. Tout comme hier, l’agitation était palpable. Tu pouvais sentir que l’angoisse régnait en maîtresse de maison. Le personnel médical s’agitait pour prendre en charge les patients. Les familles laissaient leur désarroi prendre le dessus. Et toi, tu étais là, te dirigeant vers le service où elle avait été admise.

Les souvenirs de la veille se manifestèrent dès que tu eus atteint ledit service. Tu secouas vivement la tête comme pour tenter de chasser tes démons. Tu penserais à tout cela plus tard. Pour le moment, la seule chose qui t’importait, c’était elle. Seulement elle.

Tu l’avais relayé au second plan bien trop longtemps. Tu t’en rendais compte aujourd’hui. Alors que tu n’avais aucune nouvelle d’elle. Au détour d’un couloir, tu croisas une infirmière. Rapidement, tu pris des nouvelles. Elle t’annonça, avec un sourire de convenance, ne pas être en charge de la personne qui t’intéressait. Néanmoins, elle t’indiqua qu’un médecin devrait venir à ta rencontre dans la journée.

En partant ce matin, tu avais glissé, dans ton sac à main, ton carnet d’inspiration ainsi que ton carnet de croquis. Si tu doutais fortement de trouver dans cet endroit une quelconque source d’inspiration, tu savais que ton âme d’artiste voudrait s’exprimer dans de telles circonstances.

Assise dans l’espace de détente, après avoir payé un encas, tu avais déposé sur la table tes deux carnets. Feuilletant le premier, tu espérais trouver à l'intérieur une source d’inspiration. Une infime chose réveillant ta fibre artistique et te permettant d’oublier tes soucis l’espace d’un instant. Rien. C’était assez rare. Aucune couleur, aucune ligne, aucune attitude ne réveillait la créatrice en toi. Tu détestais te retrouver face au syndrome de la page blanche. Tu détestais encore plus cela aujourd’hui. Ton âme d’artiste n’avait aucunement le droit de t’abandonner à son tour. Ni aujourd’hui, ni jamais.

Tu finis par ouvrir ton second carnet. Un crayon dans les mains, tu observais la page blanche se trouvant devant toi. Sa voix résonna dans ta tête. Ta main se crispa légèrement. Tes yeux se fermèrent. Quand tu les rouvris plus rien ne comptait. Tu avais basculé. La mine du crayon rencontra aisément le papier blanc du carnet. D’un geste vif, une élégante ligne fut le produit de cette rencontre. Une autre fit son apparition, bientôt suivie d’une dizaine puis d’une centaine de nouvelles lignes.

Trop absorbée dans ton processus de création, tu n’entendis pas approcher le médecin. Ce dernier se racla la gorge afin d'attirer ton attention. Cela ne fut pas suffisant pour récupérer ton attention, il posa alors une main sur ton épaule. Prise de court et surprise, la mine de ton crayon se brisa. Tu sursautas au contact, serrant rapidement ta baguette se trouvant dans ta poche. En relevant le regard, tu aperçus la personne à tes côtés. Totalement reconnectée à la réalité, ta main lâcha ta baguette et rangea tes carnets.

Tu ne t’excusas pas. Tu ne le faisais jamais et tu ne commencerais pas avec un inconnu. Elle serait la première à en avoir. Tu l’avais décidé au moment même où tu l’avais vu, étendue dans le jardin. Le médecin ayant à présent ton attention complète, s’assit en face de toi et te fit part du résultat de certains examens.

Elle était en vie. Aucune maladie grave. Voilà les premiers mots qui restèrent gravés dans ton esprit. Tu n’étais pas croyante, pourtant, à ce moment précis, tu remerciais intérieurement les divinités. Tu allais la revoir. Tu pourrais lui parler. La prendre dans tes bras. Entendre sa voix. Observer son sourire. Faire briller l’étincelle qui illuminait son regard. Et bien plus encore.

Le médecin t’apprit qu’ils avaient néanmoins rencontré des difficultés à identifier la cause de ses malaises ainsi que de ses faiblesses physiques. Tu entendis vaguement qu’ils souhaitaient la garder encore un petit peu en observation le temps d'investiguer et d’être certains qu’elle ne fasse pas de rechute. Tu opinas du chef sans vraiment t’en rendre compte. Après t’avoir indiqué le numéro de sa chambre, il se retira.

Elle allait bien. Les visites étaient autorisées. Une vague de stress te frappa. Et si tu ne trouvais pas les mots ? Si tu ne trouvais rien à lui dire ? Qu'est-ce qui pouvait excuser ton comportement ? Mille et une questions tourbillonnaient dans ton esprit. Cela ne serait simple, c'était une évidence.

7 année RP, #800080, L'Atelier Mode
~ aka Lyl's ~ aka Lys ~

Les Maux qui Nous Séparent PNJ Solo
Tu étais toujours assise à l’endroit même où le médecin était venu te trouver. Cela faisait maintenant plus d’une heure qu’il était parti et pourtant, tu n’avais pas bougé. Étonnant pour quelqu’un qui avait reçu l’autorisation de visite. Le fait est que tu ne voulais pas y aller sans avoir trouvé quoi lui dire. Elle ne méritait pas ton silence. Elle l’avait déjà endurée bien trop longtemps.

Tu avais beau chercher, rien ne venait. Pourtant, il y avait des choses à dire. Peut-être plus que ce que tu pensais. Tu devais lui présenter des excuses. Mais par où commencer ? Cela faisait plus de 15 ans que le dialogue était coupé. Que pouvais-tu dire ? Quels mots effaceraient ses maux ? Vos maux. Aucun. Ici, se trouvait le problème. La fracture entre vos deux âmes était tellement profonde et grande que tu ne savais pas si elle était réparable. La vérité, tu finis par te l’avouer. Tu avais peur. Peur que malgré tous tes efforts, tu l’aies déjà perdu.

Tu te levas, presque inconsciemment, et te dirigeas, d’un pas plus lourd que d’ordinaire, vers la fameuse chambre. Tu ne savais pas ce que tu trouverais derrière la porte. Habituellement, tu aurais utilisé de multiples stratagèmes pour ne pas avoir cette discussion. Mais aujourd’hui, tu savais que le moment était venu. Pensant à la petite fille que tu étais autrefois, un élan de courage te traversa et tu poussas la porte.

Elle était là. Affaiblie, mais vivante. Allongée, mais rayonnante. Une légère mélodie flottait dans l’air. Tu réprimas une grimace. Elle te connaissait. Alors elle prit sa baguette et la musique se coupa instantanément. Le silence. Lourd et pesant. À présent, tu t’en voulais presque de détester la musique. Un instant de flottement. Ton regard croisa le sien. Une larme n’attendit pas ta permission pour quitter ton œil gauche.

Un sourire étira ses lèvres. Elle se redressa et ouvrit grand ses bras. Comme n’importe quelle mère le ferait face au chagrin de son enfant. Tes jambes se mirent en marche. En deux secondes, tu t’étais engouffrée dans ses bras réconfortants. Cela faisait si longtemps que tu avais oublié les sensations que cela procurait. L’apaisement instantané.

Tu ne savais toujours pas quoi dire, mais cela te paraissait dérisoire à présent. Tu étais là, dans ses bras, comme avant. Avant qu’il ne parte. Qu’il vous abandonne et que ta vie devienne compliquée. Si, pour toi, il était la source de tous vos problèmes, tu ne minimisais pas tes erreurs. Tu l’avais laissée seule. Tu l’avais repoussé sans aucun état d’âme et ce pendant plusieurs années. Tu étais brisée et jeune. Tu es toujours brisée, mais les années se sont écoulées. Aujourd’hui, tu ne vois plus les choses de la même manière. Aujourd’hui, tu la vois. La seule personne qui a toujours été là pour toi. La femme qui t’a donné la vie.

Ta mère.

Tu relevas la tête. Tes yeux, remplis de larmes, croisèrent les siens. De simples mots franchirent tes lèvres.


" Je suis désolée, Mère. "

Tu savais qu’elle avait compris. Tu n’avais pas besoin d’en dire plus. Pour le moment, cela suffisait amplement. Votre discussion viendrait plus tard. Lorsque ton dernier mot fut prononcé, tu aperçus une larme rouler sur la joue de la femme présente face à toi. Cela faisait des années que tu ne l’avais plus appelé ainsi. Tu peinais même à te souvenir de la dernière fois que tu avais prononcé ce mot à son intention. Ces dernières années, cela avait été 'Auriana'. Rien de plus, rien de moins.

Tu séchas à ton tour la larme présente sur la joue de ta mère. Le silence était de retour pourtant, cette fois-ci, il n’avait plus rien de pesant. Néanmoins, si d’un accord commun le sujet des excuses et du changement serait abordé bien plus tard, un sujet important était encore en suspens.


" Que s'est-il passé ? "

Voilà, tu avais demandé. Ta mère t’apprit rapidement qu’elle s’était simplement sentie très faible et qu’elle s’était écroulée au milieu du jardin. Elle te relata ensuite ses multiples discussions avec les médecins. Rien de bien grave à première vue. Le problème, c’était qu’ils n’avaient pas la moindre idée sur l’origine du malaise.

Une infirmière arriva pour t’informer que les heures de visite étaient terminées. Tu enlaças ta mère une dernière fois, lui promettant de revenir rapidement. En quittant l’hôpital, tu gagnas la boutique. Si ta mère était hospitalisée, la vie ne s’arrêtait pas pour autant. Liam et Isabella avaient tenu la boutique en ton absence. Si tu avais toute confiance en eux, tu souhaitais tout de même de passer les voir avant de rentrer à la résidence, simplement par acquit de conscience.

7 année RP, #800080, L'Atelier Mode
~ aka Lyl's ~ aka Lys ~

Les Maux qui Nous Séparent PNJ Solo
Tu lui avais promis de revenir rapidement. Pourtant, cela faisait déjà 3 jours que tu n’y étais pas allé. La raison ? Tu t’étais replongée dans le travail aux côtés d’Isabella et de Lyam. C’était plus fort que toi. Tu avais besoin d’être présente à la boutique. Tu avais besoin de travailler pour ne plus penser. Tu avais besoin de créer pour t'échapper.

3 jours durant lesquels tu avais pensé à elle chaque seconde. Il y avait bien longtemps que cela ne t’était pas arrivé. Cela te désarçonnait. Tu étais perdue. Tu savais pertinemment que tu devais y retourner, mais le courage te manquait. C’est une phrase prononcée par Lyam qui avait fini par te motiver. Il avait simplement parlé de ta fille et du fait que la boutique était un petit peu plus terne sans son aura. Isa avait confirmé, bien entendu. Lylas avait cette particularité, qu’elle tenait de ta mère, de mettre les gens à l’aise, et ce, assez rapidement.

Ta fille avait fait un réel travail d’experte cet été, et tu savais que ce serait encore le cas l’été prochain. Cependant, c’était en écoutant la conversation de tes employés à son sujet que le courage avait retrouvé sa place dans ton âme. Tu te devais d’aller rendre visite à Auriana. Tu le devais à ta fille. Pour elle, tu essayerais de bien faire les choses. Juste une fois.

C’est ainsi qu’après le déjeuner, tu avais annoncé rendre visite à ta mère. Isa et Lyam se débrouilleraient sans toi. Ils étaient aussi doués l’un que l’autre. Et, chose plutôt rare, ils avaient ton entière confiance.

Sur le trajet, tu t’étais arrêtée afin d’acheter des fleurs. Tu avais pris des lilas. Une des espèces de fleurs que ta mère préférait. Une manière pour toi de t’excuser. De lui rappeler les fleurs de la résidence dont elle aimait tant s’occuper. Et puis il y avait la signification. Le lilas représentait la mémoire, la nostalgie, mais aussi l’amour. C’était une plante qui racontait votre histoire. D’autant plus que c’était le prénom de ta fille. Choisi, notamment pour sa signification.

Avant d'entrer dans la chambre où se trouvait ta mère, tu toquas afin de signaler ta présence. Elle t'accueillit avec un grand sourire et s’empressa de couper la musique. Tu déposas ton sac, dans lequel se trouvait tes carnets, sur le meuble près du lit. Tu lui montras les fleurs et, d’un commun accord, tu les plaças dans le vase à côté de ton sac.

Toutes ces actions, tu les réalisas avec une lenteur extrême. Auriana en avait conscience, elle te remercia pour les fleurs. T’asseyant à ses côtes, tu finis par lui dire que si tu n’étais pas revenu plus tôt, c’était parce que Lyam et Isabella avaient besoin de toi à la boutique. C’était faux. Elle le savait. Tu savais qu’elle savait. Pourtant, elle ne fit aucun commentaire. C'était ainsi qu'elle fonctionnait. Ou plutôt que vous fonctionniez. Éviter toute remarque permettait d'éviter les disputes.

Une discussion sans réel fondement commença. N’importe qui aurait trouvé cela très étrange. La discussion ne menait nulle part et vous évitiez tout sujet pouvant créer une dispute. Aucune de vous deux ne souhaitait aborder les sujets importants. Tant qu’Auriana ne sortait pas de l’hôpital, votre vraie discussion n’aurait pas lieu.

Elle te demanda si tu avais des nouvelles de Lylas. Dans un premier temps, tu ne répondis pas. Elle ne t’envoyait de ses nouvelles que lors d’occasions spéciales comme un anniversaire par exemple. Ta mère le savait. Alors pourquoi diable mettait-elle en lumière ce point noir dans votre relation ? Lylas n’envoyait des lettres qu’à sa grand-mère. C’est à ce moment que tu compris. Auriana se doutait que sa petite fille avait essayé de la joindre.


" Accio lettre de Lylas. "

Tu lui tendis la lettre arrivée quelques jours auparavant. Tu ne l’avais pas ouverte. Si la curiosité s'était emparée un moment de ton âme, tu avais rapidement abandonné l’idée d’ouvrir cette lettre. Ta fille t’écrirait quand elle en aurait envie. Et si tu doutais que ce jour arrive, tu ne pouvais en aucun cas le lui reprocher. C'était en partie de ta faute.

Auriana ouvrit la lettre. Tu observas un sourire franc se dessiner sur son visage. Si tu n’avais jamais réussi à créer de vrais liens, ta fille, elle, y arrivait. Tu étais fière d’elle pour cela. Plus que cela, tu l’admirais de réussir alors que tu ne lui facilitais pas la tâche.

Tu surpris le regard de ta mère vers le gramophone. Une lueur de nostalgie empreinte de tristesse traversa ses prunelles. Tu ne supportais pas de la voir dans cet état. Habituellement, tu t’arrangeais pour quitter la pièce dans laquelle elle se trouvait. Néanmoins, à cet instant précis, tu n'avais pas envie de partir. Si la discussion devait attendre, tu t’étais promis de faire des efforts. Alors, si entendre de la musique pouvait rendre le sourire à ta mère, tu mettrais de côté tes sentiments. Juste pour cette fois-ci. Tu apprendrais à faire des compromis.

Ta baguette en main, tu l’agitas en direction du gramophone. Une légère mélodie remplit l’air. Tu fermas les yeux un instant. Prenant sur toi pour ne pas éteindre la musique immédiatement. Lorsque tu les rouvris, tes yeux rencontrèrent ceux de ta mère. Elle était pleine de reconnaissance.

Tandis qu’elle répondait à la lettre de Lylas, tu avais sorti ton carnet de croquis et tes crayons. Certains attendaient d’être mis en couleurs. C’était une étape tout aussi fastidieuse que de dessiner le vêtement. Pourtant, aujourd’hui, tu te laissas porter par l’ambiance de la pièce. Tu n’avais même plus conscience des notes de musique qui résonnaient dans la pièce. Tu voyais seulement une multitude de couleur et de rendus possible. Si tu étais physiquement présente, toute ton âme avait voyagé. Tu étais dans ton monde imaginaire. Celui qui tu rejoignais chaque fois que tu créais. Celui qui t'apaisait.

Après plusieurs heures, tu pris congé de ta mère. Lui promettant d’envoyer sa lettre au plus vite. Tu l’informas ne pas revenir le lendemain. Tu l’aimais et souhaitais faire évoluer votre relation, mais il ne fallait pas aller trop vite. Elle le savait et le comprenait sans doute mieux que quiconque. C'est ainsi que tu quittas l'hôpital prenant la direction de la résidence.

7 année RP, #800080, L'Atelier Mode
~ aka Lyl's ~ aka Lys ~

Les Maux qui Nous Séparent PNJ Solo
Le jour J était enfin arrivé. La veille, les médecins t’avaient averti qu’elle allait pouvoir sortir. Tu l’attendais patiemment dans sa chambre. Il lui restait quelques examens à passer et quelques papiers à signer avant de pouvoir rentrer à la résidence. Rien de très important. Seulement des contrôles préventifs.

Tu savais qu’elle avait hâte. Elle n’était pas faite pour rester enfermée dans une chambre d’hôpital. Pour rester enfermer où que ce soit d'ailleurs. C’était une femme pleine de vie et d’énergie. Elle aimait être en société et côtoyer du monde. Son métier en était la preuve. Elle avait besoin d’interaction sociale. Elle prenait plaisir à être en contact avec autrui.

Tu entendis la porte s’ouvrir. Pensant que c’était ta mère qui revenait, un sourire se dessina sur ton visage. En voyant que ce n’était pas elle, ton expression redevint neutre. C’était un médecin. Tu l’observas attendant qu’il daigne parler. Redoutant, inconsciemment, que les derniers examens soient porteurs de mauvaises nouvelles.

Heureusement, il n’en était rien. L’homme, qui se tenait face à toi, te confirma, d'un ton maussade, que ta mère était autorisée à sortir dès maintenant. Il ajouta qu’elle devrait, dans un premier temps, revenir tous les mois, afin de vérifier qu’elle n’ait rien de grave. Ensuite, disait-il, si tout se passait bien, elle n'aurait plus besoin de revenir aussi souvent.

Avant de sortir, il baissa la voix, comme pour éviter qu’une autre personne n’entende ce qu’il avait à te dire. Un petit rire t’échappa quand ses mots arrivèrent à tes oreilles. Ta mère devait réduire son rythme de vie, mais elle ne voulait rien entendre. Tu n’étais pas surprise, c’était une véritable pile électrique. Elle était toujours occupée ou attendue quelque part. Tu promis de lui en toucher deux mots sachant pertinemment qu’elle n’en ferait rien.

Quelques minutes plus tard, la porte se rouvrit. Cette fois-ci, il s'agissait bel et bien de ta mère. Tu l'accueillis avec un grand sourire. Après un bref échange sur son état de santé et le fait qu’elle devait ralentir son rythme de vie, tu lui tendis un sac. Toute contente, tu l'observas découvrir son contenu.

Tu crus entendre un "Talya, tu es incorrigible." et un petit rire moqueur t’échappa. Tu n’aurais jamais quitté cet hôpital avec quelqu’un qui avait l’air de porter les mêmes vêtements depuis une semaine. Encore moins si cette personne était ta mère. Tu avais donc prit le temps, et la liberté, de lui choisir quelques vêtements en quittant la boutique.

Pendant qu’elle se préparait, tu rangeais la pièce. Il n'y avait pas grand chose à faire, mais il était hors de question d'entacher le nom des Mistérya pour une chambre en désordre. Elle ressortit changée, coiffée et maquillée. Tu retrouvais enfin la femme que tu connaissais. Elle te remercia pour le goût certain avec lequel tu avais composé sa tenue.

Ton ego flatté, un sourire de satisfaction étira tes lèvres. Tu étais douée et tu le savais. Pour autant, tout compliment était bon à prendre. Idem pour les critiques.

La suite du programme était bien simple. Retour à la résidence. Tu te retournas afin de voir si ta mère était prête à partir. À la place de cela, tu captas une lueur de malice dans les yeux d’Auriana. Qu’avait-elle en tête ? Cette question trouva rapidement une réponse. Ta mère n’avait aucunement prévu de regagner immédiatement la résidence. Le salon de thé lui paraissait être une bien meilleure option.

Le médecin ne serait certainement pas d’accord avec cette idée, cependant, tu n’avais pas le cœur à lui refuser cela. Et puis, depuis quand respectais-tu les règles ? Tu n’avais pas été à Serpentard pour rien. Les règles, c’était toi qui les faisais et si ça ne plaisait pas, cela t’étais bien égal.

Tu te retournas, hochas la tête et indiquas la sortie à ta mère.


" Après toi, Mère. Direction le salon de thé. Nous rentrons directement après par contre. "

Un compromis ne signifiait pas qu'elle aurait le dernier mot sur tous les sujets. Mais c'était déjà un bon début. Enfin, c'est ce que tu pensais.


FIN.

7 année RP, #800080, L'Atelier Mode
~ aka Lyl's ~ aka Lys ~