Le pot de colle
21 août 2049
Avec @Aelle Bristyle
(et Arianna Sgaeyl)
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J'accélère le pas en voyant Maman s'éloigner avec ses copines. J'aurais préféré rentrer à la maison, surtout si c'est pour écouter leurs gloussements et leurs commentaires sur les tenues des passantes. Xan et Rhys sont au Manoir pour quelques jours avec Seanmhair et Seanair. Alors je suis coincée avec Maman, à me faire pincer la joue par des personnes "qui m'ont vues alors que je savais pas encore marcher". Formidable. N'empêche, ils sont suffisamment intéressants pour que mon cerveau les aient complètement effacés.
Mes pensées sont bien vites remplacées par l'odeur de viennoiseries typique de ce café. Je vais en prendre plein en dédommagement. La petite troupe prend une dizaine de minutes à trouver la table parfaite puis encore vingt à choisir la commande sans sucres et qui ne leur fera pas prendre trop de poids. « Adeline prendra un jus d'orange et... qu'est-ce que tu veux ma chérie ? » J'essaye de ne pas faire d'arrêt cardiaque à l'entente du surnom et me tourne vers la serveuse. « Un pain au chocolat et des madeleines, s'il vous plaît. »
Maman caresse mes cheveux en souriant à ses amies. « Cette petite se dépense à longueur de journée, elle a tellement d'énergie. » La discussion dévie sur un sujet ennuyeux et je croise les bras sur la table pour poser mon menton dessus. Dans onze jours je serai à Poudlard avec Xan et je pourrai m'amuser avec des gens de mon âge. Maman aime bien m'amener avec elle seulement pour attendrir ses amies, je crois. Tout le monde sais qu'elle a trois enfants alors ce serait bizarre qu'elle ne s'en occupe pas.
C'est le cas mais ça ne doit pas se savoir.
Rhys me l'a dit une fois et depuis je n'arrête pas de comparer l'attitude de Maman en privé et en public. On pourrait croire qu'il y a deux personnes à l'intérieur d'elle. Les minutes passent et je n'arrive pas à tenir en place. Je regarde autour de moi, détaille les personnes dans le café pour m'occuper. Peut-être qu'ils m'inspireront une manière de m'occuper.
Dis-moi s'il y a quoi que ce soit à changer !
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Arianna Sgaeyl (mère)
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Donner une raison à Adeline de se rendre au Café du Rosier.
Dernière modification par Adeline Sgaeyl le 8 mars 2025, 23:39, modifié 1 fois.
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Le pot de colle
Samedi 21 août 2049
Café du Rosier — Godric's Hollow
J'ai sorti le carnet de moleskine noire du coffre dans lequel il est enfermé avec ses camarades depuis plus d'un an. Après avoir creusé la terre, j'ai fait léviter le coffre, je l'en ai débarrassé de la terre et des insectes qui le recouvraient, j'ai dégagé le verrou des racines qui s'y étaient entortillées et j'ai enlevé un à un les sortilèges de protection qui empêchaient quiconque n'étant pas moi de l'ouvrir — de l'ouvrir sans ressentir une souffrance atroce. Plusieurs dizaines de carnets reposaient là, des grimoires très précieux, très abimés, très sombres, des objets qui ne me sont pas familiers pour la plupart, des tas de coupures de journaux rassemblées en paquets et là, tout au fond, une boite contenant l'un des objets les plus précieux du monde. La seule chose qui m'intéressait, c'était le carnet portant la date la plus ancienne. Celle qui m'en apprend le plus et le moins à la fois. Je l'ai rangé dans la poche intérieure de ma cape en me demandant si Kristen Loewy les rangeait là, elle aussi, puis j'ai transplané, quittant la vieille et humide Écosse pour Godric's Hollow et sa météo plus clémente.
Les grands immeubles de la capitale sorcière se dressent désormais autour de moi comme autant de barrières infranchissables. Je n'ai aucune envie de rentrer chez mon frère. De toute façon, Zikomo n'est pas là puisqu'il a voulu aller chasser lorsque je l'ai quitté pour mon « plateau secret », comme il l'appelle. C'est donc naturellement que je traverse la ville aux pavés brûlant en prenant soin d'éviter la place Armand Malfoy et sa foule constante, lui préférant les ruelles plus sombres et plus calmes. J'arrive sans me presser au Café du Rosier. Moins fréquenté que le Chaudron Baveur, cet établissement me plait pour les pâtisseries gourmandes qu'il propose et son thé parfumé. Zikomo a insisté à plusieurs reprises pour que nous venions ces dernières semaines, quand bien même il ne boit pas de thé et ne mange pas de sucre. Il pense que je ne sais rien de sa stratégie qui consiste à faire croire qu'il a envie de tout découvrir pour me pousser à sortir. Je sais tout, mais je me plie tout de même à son jeu.
Aujourd'hui, c'est seule que je pénètre dans le café et je reste désarçonnée devant le monde qui occupe les tables. Je me presse de trouver la plus éloignée de la porte, la plus tranquille, la plus solitaire, et me glisse derrière la chaise qui fait face au reste de la pièce. Après avoir passé commande auprès de la serveuse, je croise les bras sur la table et attends patiemment mes gourmandises, tout en me demandant pourquoi je n'attrape pas le carnet dans la poche intérieure de ma cape pour le lire comme j'en avais l'intention au départ.
Café du Rosier — Godric's Hollow
J'ai sorti le carnet de moleskine noire du coffre dans lequel il est enfermé avec ses camarades depuis plus d'un an. Après avoir creusé la terre, j'ai fait léviter le coffre, je l'en ai débarrassé de la terre et des insectes qui le recouvraient, j'ai dégagé le verrou des racines qui s'y étaient entortillées et j'ai enlevé un à un les sortilèges de protection qui empêchaient quiconque n'étant pas moi de l'ouvrir — de l'ouvrir sans ressentir une souffrance atroce. Plusieurs dizaines de carnets reposaient là, des grimoires très précieux, très abimés, très sombres, des objets qui ne me sont pas familiers pour la plupart, des tas de coupures de journaux rassemblées en paquets et là, tout au fond, une boite contenant l'un des objets les plus précieux du monde. La seule chose qui m'intéressait, c'était le carnet portant la date la plus ancienne. Celle qui m'en apprend le plus et le moins à la fois. Je l'ai rangé dans la poche intérieure de ma cape en me demandant si Kristen Loewy les rangeait là, elle aussi, puis j'ai transplané, quittant la vieille et humide Écosse pour Godric's Hollow et sa météo plus clémente.
Les grands immeubles de la capitale sorcière se dressent désormais autour de moi comme autant de barrières infranchissables. Je n'ai aucune envie de rentrer chez mon frère. De toute façon, Zikomo n'est pas là puisqu'il a voulu aller chasser lorsque je l'ai quitté pour mon « plateau secret », comme il l'appelle. C'est donc naturellement que je traverse la ville aux pavés brûlant en prenant soin d'éviter la place Armand Malfoy et sa foule constante, lui préférant les ruelles plus sombres et plus calmes. J'arrive sans me presser au Café du Rosier. Moins fréquenté que le Chaudron Baveur, cet établissement me plait pour les pâtisseries gourmandes qu'il propose et son thé parfumé. Zikomo a insisté à plusieurs reprises pour que nous venions ces dernières semaines, quand bien même il ne boit pas de thé et ne mange pas de sucre. Il pense que je ne sais rien de sa stratégie qui consiste à faire croire qu'il a envie de tout découvrir pour me pousser à sortir. Je sais tout, mais je me plie tout de même à son jeu.
Aujourd'hui, c'est seule que je pénètre dans le café et je reste désarçonnée devant le monde qui occupe les tables. Je me presse de trouver la plus éloignée de la porte, la plus tranquille, la plus solitaire, et me glisse derrière la chaise qui fait face au reste de la pièce. Après avoir passé commande auprès de la serveuse, je croise les bras sur la table et attends patiemment mes gourmandises, tout en me demandant pourquoi je n'attrape pas le carnet dans la poche intérieure de ma cape pour le lire comme j'en avais l'intention au départ.
Le pot de colle
Nos commandes sont arrivées depuis un moment mais je garde les yeux fixés sur mon verre, sans rien manger. D'une main je triture le viffet d'argent que Rhys m'a offert pour mon anniversaire. Je le retourne encore et encore, entre mes doigts, sans lui laisser la possibilité de déployer ses ailes. J'y vois là la solution pour canaliser mon besoin de bouger et ne pas sautiller partout dans le café. Ça ne marche qu'à moitié. Mes pieds se balancent tous seuls sous ma chaise.
La porte s'ouvre encore une fois mais cette fois je suis des yeux la dame. Sa démarche attire ma curiosité et je me redresse légèrement pour l'observer en douce. Elle m'intrigue. J'attends un moment de voir si quelqu'un la rejoint, détaillant sa posture et son visage, au loin. La grande doit avoir plus ou moins l'âge de Rhys. Je glisse doucement de ma chaise et prenant mes viennoiseries et mon verre de jus, posé en équilibre sur l'assiette. Maman ne fait pas attention à ce que je fais, alors je traverse le café à petits pas. Pourquoi s'être installée aussi loin ?
Arrivée à un mètre de son espace, je lève les yeux de mon goûter, le sachant en sécurité de tout accident. « Je peux me mettre à côté de toi ? » Je survole rapidement sa table vide. « J'ai des madeleines, on peut les partager si t'en veux. » Je parviens à moitié à réfréner le sourire qui apparaît sur mon visage. Ce sera ma bonne action de la journée. Elle ne sera plus obligée de rester seule dans un coin, je lui tiens compagnie, maintenant.
La porte s'ouvre encore une fois mais cette fois je suis des yeux la dame. Sa démarche attire ma curiosité et je me redresse légèrement pour l'observer en douce. Elle m'intrigue. J'attends un moment de voir si quelqu'un la rejoint, détaillant sa posture et son visage, au loin. La grande doit avoir plus ou moins l'âge de Rhys. Je glisse doucement de ma chaise et prenant mes viennoiseries et mon verre de jus, posé en équilibre sur l'assiette. Maman ne fait pas attention à ce que je fais, alors je traverse le café à petits pas. Pourquoi s'être installée aussi loin ?
Arrivée à un mètre de son espace, je lève les yeux de mon goûter, le sachant en sécurité de tout accident. « Je peux me mettre à côté de toi ? » Je survole rapidement sa table vide. « J'ai des madeleines, on peut les partager si t'en veux. » Je parviens à moitié à réfréner le sourire qui apparaît sur mon visage. Ce sera ma bonne action de la journée. Elle ne sera plus obligée de rester seule dans un coin, je lui tiens compagnie, maintenant.
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Le pot de colle
Ma main ne m'obéit pas. Ne devrait-elle pas quitter la table sur laquelle elle repose, se faufiler par les pans de ma cape et plonger tout au fond de la poche pour en ressortir le précieux carnet qui a appartenu à l'une des plus grandes sorcières de Grande-Bretagne ? Pourquoi ne le fait-elle pas ? Plus j'y pense, plus le rythme de mon cœur s'affole ; je me rends compte que j'ai une douleur au fond du ventre qui n'a rien à voir avec la faim ou un quelconque problème de transit. Et ma main reste toujours immobile sur la table, incapable de m'autoriser à me plonger dans les sombres pensées et les recherches secrètes d'une grande dame que je hais plus que tout au monde. Je la hais tellement fort que parfois je me dis que je ne pourrais pas me retenir si mon manque d'elle explosait hors de moi ; je frapperais tout ce qui m'entoure, je détruirais tout, et cela me ferait un bien fou.
Une silhouette approche de ma table et m'arrache à mes pensées torturées. La serveuse ! pensé-je en relevant mon visage qui, à défaut d'être amène, est d'une parfaite neutralité. Mais cette dernière dégringole dès que je baisse les yeux pour les mettre à hauteur du visage de celle qui est apparue devant moi. Ce n'est pas la serveuse, pas avec une taille aussi petite, un corps aussi frêle et ce visage de l'enfance ; je cligne bêtement des yeux en observant l'enfant — parce que c'en est une.
Elle parle. J'ouvre la bouche puis la referme. Mon visage scanne les alentours. Alors c'est vrai qu'il y a peu de places libres, mais est-ce une raison pour venir me demander de partager ma table ? Et puis à son âge, me baladais-je seule sans ma famille ? À laquelle des fratries installées dans le café appartient-elle ? Celle avec les deux bambins bavassant qui saisissent à pleines mains leur pâtisserie pour se barbouiller les joues de pomme que fait aussitôt disparaître magiquement celui qui doit être leur père ? Où à celle-ci, dont l'âge de l'unique femme installée ne doit pas dépasser le mien, faisant de la gamine qui l'accompagne son éventuelle petite sœur ? Ce n'est pas toute seule que je trouverais la réponse donc c'est avec réticence que je me tourne de nouveau vers mon étonnante interlocutrice.
« J'en ai commandé aussi, » je réponds en guise de refus, le ton bas et à mi-voix, tout en posant un regard surmonté de sourcils froncés sur ses madeleines.
La serveuse ne pourrait-elle pas arriver maintenant ? songé-je en jetant un regard en direction du comptoir. Ainsi, je pourrais lui demander de retrouver la famille de cette fille perdue.
« T'as pas déjà une table ? » la questionné-je avec réticence en carrant les épaules, prête à la recaler ou à lui faire comprendre que si j'ai choisi une table seule, ce n'est pas pour me coltiner sa présence.
Une silhouette approche de ma table et m'arrache à mes pensées torturées. La serveuse ! pensé-je en relevant mon visage qui, à défaut d'être amène, est d'une parfaite neutralité. Mais cette dernière dégringole dès que je baisse les yeux pour les mettre à hauteur du visage de celle qui est apparue devant moi. Ce n'est pas la serveuse, pas avec une taille aussi petite, un corps aussi frêle et ce visage de l'enfance ; je cligne bêtement des yeux en observant l'enfant — parce que c'en est une.
Elle parle. J'ouvre la bouche puis la referme. Mon visage scanne les alentours. Alors c'est vrai qu'il y a peu de places libres, mais est-ce une raison pour venir me demander de partager ma table ? Et puis à son âge, me baladais-je seule sans ma famille ? À laquelle des fratries installées dans le café appartient-elle ? Celle avec les deux bambins bavassant qui saisissent à pleines mains leur pâtisserie pour se barbouiller les joues de pomme que fait aussitôt disparaître magiquement celui qui doit être leur père ? Où à celle-ci, dont l'âge de l'unique femme installée ne doit pas dépasser le mien, faisant de la gamine qui l'accompagne son éventuelle petite sœur ? Ce n'est pas toute seule que je trouverais la réponse donc c'est avec réticence que je me tourne de nouveau vers mon étonnante interlocutrice.
« J'en ai commandé aussi, » je réponds en guise de refus, le ton bas et à mi-voix, tout en posant un regard surmonté de sourcils froncés sur ses madeleines.
La serveuse ne pourrait-elle pas arriver maintenant ? songé-je en jetant un regard en direction du comptoir. Ainsi, je pourrais lui demander de retrouver la famille de cette fille perdue.
« T'as pas déjà une table ? » la questionné-je avec réticence en carrant les épaules, prête à la recaler ou à lui faire comprendre que si j'ai choisi une table seule, ce n'est pas pour me coltiner sa présence.
Le pot de colle
La grande a l'air surprise de me voir. Peut-être qu'elle attend vraiment quelqu'un. Ou alors elle ne veut pas me déranger. Moi ça me va, de rester ici avec elle. Même si elle est timide. C'est triste de rester seule, et avec les amies de Maman, j'ai l'impression d'être invisible. Alors je veux bien qu'on soit l'une avec l'autre, juste un petit moment, si elle est d'accord.
« Vraiment ? » réponds-je quand elle prend la parole. « Je sais pas si t'es déjà venue ici, mais elles sont trop bonnes, t'as fait le bon choix ! » Est-ce que c'est un oui, pour que je m'asseye avec elle ? Dans le doute, j'attends encore un peu, je n'aimerais pas la brusquer. Il ne me semble pas l'avoir déjà vue dans le quartier avant, ou je n'ai pas fait attention. Mais je détaille avec curiosité son visage, avec l'espoir qu'elle ne connaisse pas Maman et me dise de retourner là-bas. Alors quand elle me demande si j'ai déjà une table, je secoue la tête et pose mon goûter sur la table, avant de m'asseoir en face d'elle. « Non, t'inquiète pas, ça me va ici ! » lui souris-je. « Sauf si tu veux qu'on change de place ? » Il n'en reste que quelques unes de libres mais on peut toujours se rapprocher de la fenêtre, si elle veut. Je préfère tout de même éviter d'entrer dans le champ de vision des quatre femmes posées près de l'entrée.
Cette fois-ci mes jambes, quand elles se balancent, c'est de joie. Elle veut bien que je reste avec elle. J'enlève mon verre de mon assiette et dispose joliment mes pâtisseries. Si elle a commandé quelque chose, je vais l'attendre pour commencer à manger. « Tu t'appelles comment ? » Chaque chose en son temps, alors j'essaye de mettre en attente toutes les questions que j'aimerais lui poser. Elle est beaucoup trop mystérieuse, ma curiosité n'y survivra pas.
« Vraiment ? » réponds-je quand elle prend la parole. « Je sais pas si t'es déjà venue ici, mais elles sont trop bonnes, t'as fait le bon choix ! » Est-ce que c'est un oui, pour que je m'asseye avec elle ? Dans le doute, j'attends encore un peu, je n'aimerais pas la brusquer. Il ne me semble pas l'avoir déjà vue dans le quartier avant, ou je n'ai pas fait attention. Mais je détaille avec curiosité son visage, avec l'espoir qu'elle ne connaisse pas Maman et me dise de retourner là-bas. Alors quand elle me demande si j'ai déjà une table, je secoue la tête et pose mon goûter sur la table, avant de m'asseoir en face d'elle. « Non, t'inquiète pas, ça me va ici ! » lui souris-je. « Sauf si tu veux qu'on change de place ? » Il n'en reste que quelques unes de libres mais on peut toujours se rapprocher de la fenêtre, si elle veut. Je préfère tout de même éviter d'entrer dans le champ de vision des quatre femmes posées près de l'entrée.
Cette fois-ci mes jambes, quand elles se balancent, c'est de joie. Elle veut bien que je reste avec elle. J'enlève mon verre de mon assiette et dispose joliment mes pâtisseries. Si elle a commandé quelque chose, je vais l'attendre pour commencer à manger. « Tu t'appelles comment ? » Chaque chose en son temps, alors j'essaye de mettre en attente toutes les questions que j'aimerais lui poser. Elle est beaucoup trop mystérieuse, ma curiosité n'y survivra pas.
NaNoWriMo : 326 mots.
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Le pot de colle
Je détaille du regard les jolies madeleines « trop bonnes » qui habillent son assiette. J'ai du mal à savoir si elle a délibérément évité ma question ou si elle n'a pas compris que c'était une façon de prendre congé d'elle. Aussi, quand elle prend place en face de moi, c'est tout mon visage qui dégringole vers le bas. Quelle terrible sensation que celle de ne pas être écoutée, de ne pas être entendue ! D'être l'idiote non respectée par une gamine ! Mon visage a beau s'affaisser, cela ne change rien aux événements : l'enfant s'assied et s'installe à son aise. Ses paroles m'indiquent qu'elle n'a pas compris ce que j'ai essayé de lui dire. Pire : elle se pense la bienvenue.
Automatiquement, je rassemble mes affaires autour de moi. C'est rapide car je n'ai pas grand chose sur la table si ce ne sont mes mains et mon sac. J'attrape ce dernier pour le placer à côté de mes pieds et ramène mes mains vers mon buste, les mâchoires crispées pour m'empêcher d'être malpolie et de hausser la voix pour forcer l'enfant à quitter ma table. Mais lorsqu'elle me demande comment je m'appelle, je prends conscience que mon comportement pourrait passer pour une invitation à rester : c'est comme si je lui laissais davantage de place. Furibonde, j'écarte les bras pour récupérer mon espace, mais que puis-je faire maintenant qu'elle est bien installée, avec son verre, son assiette et ses madeleines ?
Mon injustice et moi-même n'avons guère le temps de réagir. Voilà que la serveuse revient tout sourire. Derrière elle, ma commande la suit gentiment en lévitant. Elle dépose mon thé à la rose devant moi et l'assiette de madeleines sur le côté. L'agréable senteur de la boisson monte jusqu'à mes narines — quel dommage que je ne puisse pas en profiter dans le calme ! En me quittant, la serveuse regarde toutes les occupantes de la table avec un sourire et dit : « Bonne dégustation, Mesdames. » Mesdames ! En un mot, elle me rappelle avec une brutalité inouïe que je ne suis plus un je ; je suis un nous.
Je braque mes yeux sur l'autre partie du nous qui me fait face avec son visage d'enfant et sa joie évidente. Mes mâchoires sont encore crispées et désormais je n'essaie plus de retenir mes sourcils de se froncer. Mes doigts se referment sur la hanse de ma tasse.
« J'ai pas envie de changer de place, non, lancé-je d'une voix bourrue, par contre j'avais pas rendez-vous aujourd'hui, surtout pas avec une enfant que je ne connais pas. »
Je la regarde avec un sourcil levé sur le front, si bien qu'elle ne pourra certainement pas ignorer que c'est d'elle dont je parle.
Il m'est impossible d'oublier le poids du carnet dans la poche intérieure de ma cape. J'ai l'impression qu'il pèse lourd sur mes épaules, mais je déteste l'idée d'enlever le vêtement. Comme si quelqu'un pouvait surgir à tout instant pour l'attraper sur le dossier et s'enfuir en courant avec — il serait alors en détention d'informations inestimables. Enfin... Qu'est-ce que j'en sais, moi qui n'ai pas eu le courage d'ouvrir ces carnets depuis un an et qui suis incapable de pouvoir dire avec exactitude ce que Kristen Loewy y a écrit ?
Automatiquement, je rassemble mes affaires autour de moi. C'est rapide car je n'ai pas grand chose sur la table si ce ne sont mes mains et mon sac. J'attrape ce dernier pour le placer à côté de mes pieds et ramène mes mains vers mon buste, les mâchoires crispées pour m'empêcher d'être malpolie et de hausser la voix pour forcer l'enfant à quitter ma table. Mais lorsqu'elle me demande comment je m'appelle, je prends conscience que mon comportement pourrait passer pour une invitation à rester : c'est comme si je lui laissais davantage de place. Furibonde, j'écarte les bras pour récupérer mon espace, mais que puis-je faire maintenant qu'elle est bien installée, avec son verre, son assiette et ses madeleines ?
Mon injustice et moi-même n'avons guère le temps de réagir. Voilà que la serveuse revient tout sourire. Derrière elle, ma commande la suit gentiment en lévitant. Elle dépose mon thé à la rose devant moi et l'assiette de madeleines sur le côté. L'agréable senteur de la boisson monte jusqu'à mes narines — quel dommage que je ne puisse pas en profiter dans le calme ! En me quittant, la serveuse regarde toutes les occupantes de la table avec un sourire et dit : « Bonne dégustation, Mesdames. » Mesdames ! En un mot, elle me rappelle avec une brutalité inouïe que je ne suis plus un je ; je suis un nous.
Je braque mes yeux sur l'autre partie du nous qui me fait face avec son visage d'enfant et sa joie évidente. Mes mâchoires sont encore crispées et désormais je n'essaie plus de retenir mes sourcils de se froncer. Mes doigts se referment sur la hanse de ma tasse.
« J'ai pas envie de changer de place, non, lancé-je d'une voix bourrue, par contre j'avais pas rendez-vous aujourd'hui, surtout pas avec une enfant que je ne connais pas. »
Je la regarde avec un sourcil levé sur le front, si bien qu'elle ne pourra certainement pas ignorer que c'est d'elle dont je parle.
Il m'est impossible d'oublier le poids du carnet dans la poche intérieure de ma cape. J'ai l'impression qu'il pèse lourd sur mes épaules, mais je déteste l'idée d'enlever le vêtement. Comme si quelqu'un pouvait surgir à tout instant pour l'attraper sur le dossier et s'enfuir en courant avec — il serait alors en détention d'informations inestimables. Enfin... Qu'est-ce que j'en sais, moi qui n'ai pas eu le courage d'ouvrir ces carnets depuis un an et qui suis incapable de pouvoir dire avec exactitude ce que Kristen Loewy y a écrit ?
Le pot de colle
Je l'observe avec curiosité ramener ses affaires vers elle et mon sourire s'agrandit. Je veux lui dire qu'elle n'a pas besoin de me faire plus de place, je n'ai que mon assiette et mon verre, mais elle se met à l'aise sur la table. C'est bon signe, ça veut dire que ma présence ne la dérange pas. Je fais un croc dans mon pain au chocolat et attends qu'elle me dise qui elle est mais la réponse ne vient pas. Zut, je ne voulais pas la gêner. Elle est décidément timide. C'est pas grave, ça ne me dérange pas. On passera aux présentations quand on aura mieux fait connaissance. Ou alors elle travaille pour une organisation ultra secrète et elle ne peut pas révéler son identité ? Ça expliquerait pourquoi elle s'est installée tout a fond du café...
Sa commande arrive enfin, avec ses madeleines identiques aux miennes. « Merci, Madame », réponds-je à la serveuse quand elle nous souhaite une bonne dégustation. Je ne dois probablement pas avoir l'âge d'une madame, encore moins avec le jus d'orange en face de moi. La grande a pris un thé, comme Maman. Je trouve qu'il fait trop chaud, mais peut-être que plus tard j'en boirai aussi en été. Je m'apprête à lui souhaiter bon appétit, mais elle reprend la parole. Je suis confuse un moment... une enfant que je ne connais pas ? « Mais... du coup c'est bien si t'as pas rendez vous, non ? Avec cette fille, je veux dire. Ça veut dire que personne ne viendra nous embêter ! »
Je bois quelques gorgées de mon jus, m'essuie la bouche avec ma serviette et m'avance un peu sur la table, dans sa direction. « Donc tu peux pas me dire ton prénom, c'est dommage... Moi je m'appelle Adeline. T'as quel âge ? » Ce n'est pas une information trop confidentielle, si ? Je me retourne discrètement, dans le doute, pour vérifier que personne ne peut nous entendre. Non, elle a choisi la table à des milliers de kilomètres de toute autre personne.
Sa commande arrive enfin, avec ses madeleines identiques aux miennes. « Merci, Madame », réponds-je à la serveuse quand elle nous souhaite une bonne dégustation. Je ne dois probablement pas avoir l'âge d'une madame, encore moins avec le jus d'orange en face de moi. La grande a pris un thé, comme Maman. Je trouve qu'il fait trop chaud, mais peut-être que plus tard j'en boirai aussi en été. Je m'apprête à lui souhaiter bon appétit, mais elle reprend la parole. Je suis confuse un moment... une enfant que je ne connais pas ? « Mais... du coup c'est bien si t'as pas rendez vous, non ? Avec cette fille, je veux dire. Ça veut dire que personne ne viendra nous embêter ! »
Je bois quelques gorgées de mon jus, m'essuie la bouche avec ma serviette et m'avance un peu sur la table, dans sa direction. « Donc tu peux pas me dire ton prénom, c'est dommage... Moi je m'appelle Adeline. T'as quel âge ? » Ce n'est pas une information trop confidentielle, si ? Je me retourne discrètement, dans le doute, pour vérifier que personne ne peut nous entendre. Non, elle a choisi la table à des milliers de kilomètres de toute autre personne.
NaNoWriMo : 343 mots.
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Le pot de colle
Je la regarde un instant sans réagir, le regard fixe, l'expression figé. Est-elle en train de se moquer de moi ? Son visage est lisse, son regard franc, ses yeux brillent de ce que j'imagine être l'innocence de l'enfance. Et sa façon de mordre dans sa pâtisserie, d'agir sans avoir l'air de l'avoir prévu, ses questions qui paraissent presque à-côté... Non, je dois me rendre à l'évidence : elle ne se moque pas de moi. Ce n'est même pas de la bêtise à ce niveau-là. C'est l'irrespect mêlé à une certaine forme de naïveté. Elle est ce genre d'enfants que je n'aime pas beaucoup, mais qui me déplait toujours moins que ceux qui se rient des autres et qui crachent sur la moindre forme de respect. Peut-être que si je lui dis clairement les choses, elle comprendra son erreur et la rectifiera ? Peut-être partira-t-elle en s'excusant, gênée de m'avoir dérangé ?
Je dédaigne une nouvelle fois sa question à propos de mon prénom. Adeline — puisque c'est ainsi qu'elle se prénomme — a la curiosité mal placé. Qui est-elle pour croire que je lui donnerai mon identité ? Ce n'est qu'une enfant qui croit qu'elle peut occuper son temps en venant questionner les gens qu'elle voit sur son horizon. Mon regard continue de scanner les alentours : laquelle de ces familles est la sienne ? Elle ne peut décidément pas être venue seule, n'est-ce pas ?
D'un soupir, je mets un terme à mes pensées agitées et me rencogne contre le dossier de ma chaise. Mon regard froncé et sombre comme la nuit s'en va à la rencontre de la petite fille. J'espère qu'il la percutera autant que je l'espère. Je fais régner sur elle des yeux sévères et quand je prends la parole tout en croisant les jambes sous la table, je le fais d'une voix qui ne contient aucune chaleur.
« J'ai l'âge de choisir avec qui je veux prendre le thé. »
Et surtout avec qui je ne souhaite pas le prendre.
« Ce n'était pas une invitation à rester, expliqué-je à l'enfant en choisissant soigneusement mes mots pour qu'elle me comprenne bien. Mais plutôt à t'en aller. »
D'un geste du menton, je désigne le reste de la pièce dans laquelle discutent des couples, des familles. La pièce est remplie ; des tables de trois, de deux, de quatre et même de six, là-bas près de la fenêtre. Les odeurs se mélangent, celles des différents thés, très exotiques, et celles des pâtisseries. De la cuisine s'échappent des effluves plus gourmandes encore, provenant des biscuits toutes chauds qui seront bientôt servis. Mes madeleines auxquelles je n'ai pas envie de toucher tant que je ne serais pas tranquille m'appellent impatiemment ; je ne savais pas que j'en avais tant envie avant de me retrouver à les lorgner sans pouvoir tendre la main afin de les savourer.
« Va retrouver ta famille, » dis-je en guise de conclusion.
Sur ses mots, je détourne les yeux, comme si l'enfant Adeline n'existait désormais plus dans ma réalité. Pour parfaire le tableau, je force mes doigts à se déplier pour mieux s'enrouler autour de la porcelaine de ma tasse. Une douce chaleur se répand dans mon corps lorsque je trempe mes lèvres dans le liquide à l'agréable et subtil goût de rose.
Je dédaigne une nouvelle fois sa question à propos de mon prénom. Adeline — puisque c'est ainsi qu'elle se prénomme — a la curiosité mal placé. Qui est-elle pour croire que je lui donnerai mon identité ? Ce n'est qu'une enfant qui croit qu'elle peut occuper son temps en venant questionner les gens qu'elle voit sur son horizon. Mon regard continue de scanner les alentours : laquelle de ces familles est la sienne ? Elle ne peut décidément pas être venue seule, n'est-ce pas ?
D'un soupir, je mets un terme à mes pensées agitées et me rencogne contre le dossier de ma chaise. Mon regard froncé et sombre comme la nuit s'en va à la rencontre de la petite fille. J'espère qu'il la percutera autant que je l'espère. Je fais régner sur elle des yeux sévères et quand je prends la parole tout en croisant les jambes sous la table, je le fais d'une voix qui ne contient aucune chaleur.
« J'ai l'âge de choisir avec qui je veux prendre le thé. »
Et surtout avec qui je ne souhaite pas le prendre.
« Ce n'était pas une invitation à rester, expliqué-je à l'enfant en choisissant soigneusement mes mots pour qu'elle me comprenne bien. Mais plutôt à t'en aller. »
D'un geste du menton, je désigne le reste de la pièce dans laquelle discutent des couples, des familles. La pièce est remplie ; des tables de trois, de deux, de quatre et même de six, là-bas près de la fenêtre. Les odeurs se mélangent, celles des différents thés, très exotiques, et celles des pâtisseries. De la cuisine s'échappent des effluves plus gourmandes encore, provenant des biscuits toutes chauds qui seront bientôt servis. Mes madeleines auxquelles je n'ai pas envie de toucher tant que je ne serais pas tranquille m'appellent impatiemment ; je ne savais pas que j'en avais tant envie avant de me retrouver à les lorgner sans pouvoir tendre la main afin de les savourer.
« Va retrouver ta famille, » dis-je en guise de conclusion.
Sur ses mots, je détourne les yeux, comme si l'enfant Adeline n'existait désormais plus dans ma réalité. Pour parfaire le tableau, je force mes doigts à se déplier pour mieux s'enrouler autour de la porcelaine de ma tasse. Une douce chaleur se répand dans mon corps lorsque je trempe mes lèvres dans le liquide à l'agréable et subtil goût de rose.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 6 déc. 2024, 09:57, modifié 1 fois.
Le pot de colle
Elle reprend finalement la parole, mettant sur pause mon mouvement pour prendre une gorgée de mon jus. J'essaye de comprendre, vraiment, mais je ne saisis pas le message qu'elle veut me faire passer. Puis les deux petits mots arrivent. T'en aller. Si je n'avais aucune dignité, je crois que je me mettrais à pleurer. J'ouvre à plusieurs reprises la bouche, pour lui demander ce qu'il y a, mais rien ne sort. Elle souffre et préfère rester seule ? Je ne veux pas retourner voir Maman, je ne l'aime plus trop en ce moment et j'ai l'impression de comprendre ce que Xander disait ; elle ne nous aime pas, pas comme une mère le devrait.
Je me retourne pour observer "ma famille", comme la grande l'appelle. Ma famille n'a pas l'air d'avoir remarquer que sa fille de onze ans avait disparu, et je l'observe douloureusement en train de rire avec ses amies. Ma famille n'est pas là, non. « Tu veux pas que je reste ? » La question est presque posée sur un ton suppliant que je ne me connaissais pas. Cette dame a l'air de me rejeter pour... pourquoi ? « C'est nul de rester seule... et j'ai personne avec qui être, à part toi. » Elle aussi, elle est seule, non ?
Je me tortille sur ma chaise, abandonnant mon goûter à plus tard. Cette grande est étrange, et je ne comprends pas pourquoi elle viendrait ici pour s'isoler dans un coin. Je la fixe malgré moi avec des yeux légèrement plissés, mais déterminée à ne pas bouger avant qu'elle ne me donne de réponses. Est-ce qu'elle a autre chose à faire ? Je n'ai pas envie de partir, les autres tables sont remplies de personnes partageant un moment joyeux et convivial. En famille. Entre amis. Je n'ai ni l'un ni l'autre ici, si elle m'abandonne.
Je me retourne pour observer "ma famille", comme la grande l'appelle. Ma famille n'a pas l'air d'avoir remarquer que sa fille de onze ans avait disparu, et je l'observe douloureusement en train de rire avec ses amies. Ma famille n'est pas là, non. « Tu veux pas que je reste ? » La question est presque posée sur un ton suppliant que je ne me connaissais pas. Cette dame a l'air de me rejeter pour... pourquoi ? « C'est nul de rester seule... et j'ai personne avec qui être, à part toi. » Elle aussi, elle est seule, non ?
Je me tortille sur ma chaise, abandonnant mon goûter à plus tard. Cette grande est étrange, et je ne comprends pas pourquoi elle viendrait ici pour s'isoler dans un coin. Je la fixe malgré moi avec des yeux légèrement plissés, mais déterminée à ne pas bouger avant qu'elle ne me donne de réponses. Est-ce qu'elle a autre chose à faire ? Je n'ai pas envie de partir, les autres tables sont remplies de personnes partageant un moment joyeux et convivial. En famille. Entre amis. Je n'ai ni l'un ni l'autre ici, si elle m'abandonne.
NaNoWriMo : 308 mots.
Mousse de l'équipage Ad2OC.
— deuxième année • #222666 • discord : poowtato —
« dishonor on your cow. »
— deuxième année • #222666 • discord : poowtato —
« dishonor on your cow. »
Le pot de colle
Je suis la direction que prend son regard. Dans le coin de la pièce qu'elle observe se trouvent plusieurs familles, dont certaines en compagnie d'enfants. Aucun moyen de savoir si se trouve parmi celles-ci celle de l'enfant Adeline. Personne ne regarde les alentours en quête de sa fille, de sa nièce ou peu importe ce que représente cette gamine pour les gens qui l'ont certainement accompagnée. À moins qu'elle ne soit bel et bien seule, gamine de Godric's Hollow qui court des rues qu'elle connaît par cœur, quelques pièces dans la pièce pour pouvoir s'offrir une gourmandise. Dans ce cas, personne ne me débarrassera d'elle, à moins que je ne fasse appel à la serveuse, mais je n'en suis pas encore là.
Son regard a un quelque chose de suppliant qui me met mal à l'aise. Comme si elle pouvait se mettre d'un instant à l'autre à pleurer ; à croire que ma demande l'a blessée. Mais elle aurait dû s'y attendre, n'est-ce pas ? Même une toute petite fille comme elle sait que si elle va déranger une inconnue elle a de grandes chances de se faire sèchement renvoyer. Non je ne veux pas que tu restes, bien sûr que non ! Et pour quoi faire ? Comment vas-tu m'occuper, que pourrais-tu dire d'intéressant toi qui ne dois même pas avoir l'âge d'aller à Poudlard, qui ne connais rien de la vie et encore moins de la magie. Comment pourrais-tu combler mes exigences alors que certains qui ont deux fois ton âge n'y parviennent pas ?
Un léger soupir précède mes paroles ; ai-je donc la tête de celle qui réconforte, qui soutient, qui accompagne ? Je ne le crois pas !
« Moi j'aime être seule, la contredis-je d'une voix sèche en faisant tourner ma tasse dans son assiette en porcelaine. Et je déteste tenir compagnie aux enfants désœuvrés qui ne savent pas comment s'occuper. »
Une fois ces mots prononcés, mes lèvres se pincent. Il y a des façons de parler aux enfants et la mienne n'est peut-être pas la meilleure. Et alors ? Je ne vais pas prendre des pincettes pour une gamine que je ne connais pas. Il faut bien qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas impunément venir s'installer auprès des gens sans leur demander leur avis et sans s'attendre à ne pas être acceptée. Ce ne serait pas lui rendre service que de... Non, et puis de toute manière je me fiche de lui rendre service.
Malgré tout, je dois bien avouer que sa présence m'empêche de me pencher sur le carnet qui pèse lourd dans la poche intérieure de ma cape. Adeline l'enfant est comme un rempart qui s'ignore : elle se dresse entre moi et Kristen. J'aimerais presque l'encourager à rester pour m'empêcher d'ouvrir ce carnet, pour me donner une raison de ne pas le faire. De ne pas songer à sa belle écriture, à ses secrets, et, inévitablement, à son abandon.
Adeline me ferait presque de la peine, dis-donc ! Quel plaisir d'écrire Aelle dans cette situation.
Son regard a un quelque chose de suppliant qui me met mal à l'aise. Comme si elle pouvait se mettre d'un instant à l'autre à pleurer ; à croire que ma demande l'a blessée. Mais elle aurait dû s'y attendre, n'est-ce pas ? Même une toute petite fille comme elle sait que si elle va déranger une inconnue elle a de grandes chances de se faire sèchement renvoyer. Non je ne veux pas que tu restes, bien sûr que non ! Et pour quoi faire ? Comment vas-tu m'occuper, que pourrais-tu dire d'intéressant toi qui ne dois même pas avoir l'âge d'aller à Poudlard, qui ne connais rien de la vie et encore moins de la magie. Comment pourrais-tu combler mes exigences alors que certains qui ont deux fois ton âge n'y parviennent pas ?
Un léger soupir précède mes paroles ; ai-je donc la tête de celle qui réconforte, qui soutient, qui accompagne ? Je ne le crois pas !
« Moi j'aime être seule, la contredis-je d'une voix sèche en faisant tourner ma tasse dans son assiette en porcelaine. Et je déteste tenir compagnie aux enfants désœuvrés qui ne savent pas comment s'occuper. »
Une fois ces mots prononcés, mes lèvres se pincent. Il y a des façons de parler aux enfants et la mienne n'est peut-être pas la meilleure. Et alors ? Je ne vais pas prendre des pincettes pour une gamine que je ne connais pas. Il faut bien qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas impunément venir s'installer auprès des gens sans leur demander leur avis et sans s'attendre à ne pas être acceptée. Ce ne serait pas lui rendre service que de... Non, et puis de toute manière je me fiche de lui rendre service.
Malgré tout, je dois bien avouer que sa présence m'empêche de me pencher sur le carnet qui pèse lourd dans la poche intérieure de ma cape. Adeline l'enfant est comme un rempart qui s'ignore : elle se dresse entre moi et Kristen. J'aimerais presque l'encourager à rester pour m'empêcher d'ouvrir ce carnet, pour me donner une raison de ne pas le faire. De ne pas songer à sa belle écriture, à ses secrets, et, inévitablement, à son abandon.
Adeline me ferait presque de la peine, dis-donc ! Quel plaisir d'écrire Aelle dans cette situation.