27 oct. 2024, 18:07
 Recueil OS   PNJ  Elfie et le Clan O'Landeir
Ce sujet est un recueil d'OS réservé aux événements liés à l'emploi d'Elfie Chassin auprès de Moïra Joyce, et plus largement du manoir Joyce et/ou du Clan O'Landeir. Les évènements successifs ne seront pas forcément écrits dans un ordre chronologique pour laisser plus de liberté à Elfie.

Moïra B. JoyceDernier RP du Clan

Sommaire
: Manoir — : Ronces noires — : Autre
Présentation de Maddison Nash
Dernière modification par Alexander Joyce Jr le 24 mai 2025, 23:10, modifié 1 fois.

5e année RP (2050-2051) - 15 ans inRP - 5e année Devoirs
Le fanatique des Potions - Avatar par O. Willard
Que règne la Légion Noire

9 févr. 2025, 23:40
 Recueil OS   PNJ  Elfie et le Clan O'Landeir
Octobre 2049
à la suite de Tressaillement


Ébranlement


Dents serrées, posture immobile, visage trahissant par moment la colère retenue, il avait été compliqué pour Elfie de suivre correctement son service. D'habitude efficace et droite visant le gain de temps, aujourd'hui avait été différent. La potion qu'elle avait ingurgité de force par l'homme de la libraire avait fait effet, malheureusement pas assez pour éviter le ruissèlement de colère, de violence qui vacillait à l'intérieur d'elle, au plus profond, instable et incontrôlable. L'épisode de l'après-midi avait été fort en émotion, épuisant, troublant et sans vraiment s'en préoccuper, aider par le liquide qu'elle avait porté à ses lèvres, la blonde dans un processus d'évitement complet avait tenté d'enfoncer le plus loin possible chacune des émotions qu'elle avait pu ressentir, chacun des souvenirs qu'elle avait associé à l'image d'Aelle, sa propre image perdant le contrôle... Malgré la silhouette cahoteuse du Magico Bus elle était restée immobile, les yeux fermés pour fuir la réalité, oublier qu'elle s'était laissée aller alors que l'espoir lui avait fait croire que c'était derrière elle et contradictoirement elle tentait temps bien que mal de se souvenir de la douleur infligé par les poings fluet de l'autre, de se souvenir de la sensation qu'elle aurait pu ressentir en enfonçant ses propres poings dans le visage de celle qu'elle avait mise à terre. Malheureusement elle n'y arrivait pas, elle n'avait pas ce plaisir d'avoir contrôlé les mouvements qu'elle ne regrettait pas et c'est ce qui était certainement le plus douloureux.

Tentant d'éviter de croiser la moindre personne au manoir, Elfie s'était immédiatement rendue dans sa chambre qu'elle avait fermée. Sans se changer ou se nettoyer, de son mètre quatre-vingt deux elle s'affala sur son lit, se relâchant enfin un peu. Le but était simple, fermer les yeux, dormir et oublier les moindres détails de ce qu'il s'était passé, s'endormir tout en se persuadant de se réveiller en ayant réussi à dissimuler tout ce qui pouvait trahir son manque de mental, son manque de clarté et d'altruisme. Elle ne voulait pas faire face de nouveau à ce qu'elle était vraiment, instable, fragile, sans espoir possible malgré les efforts qu'elle avait pu faire. Avant cette épisode elle avait réussi à croire ne serait-ce qu'un peu en elle, à croire à l'ISMI, à croire au contrôle, à croire à sa progression, elle n'était pas prête à faire face à ce qu'elle considérerait sans doute comme un échec de plus prouvant une nouvelle fois sa capacité à l'abandon trop fréquente.

***


Visage fermé, immobile dos face au sol, malgré les vingts minutes qui s'étaient écoulés depuis qu'elle s'était arrachée aux bras de Morphée Elfie était toujours immobile incapable de bouger. Ses yeux verts fixés sur le plafond de la pièce se remplissaient peu à peu de larmes qu'elle n'arrivait pas à arrêter. Et plus elle laissait ses joues s'humidifier, plus elle laissait place à la colère pour revenir l'envahir complètement. Elle voulait arrêter les sanglots qui l'envahissaient et plus elle essayait plus son besoin de contrôle apparaissait fort et plus sa réussite baissait. Différentes images tournaient en boucle dans son esprit, celle du visage de cette Aelle contre qui elle n'avait à priori aucune raison de la détester, aucune raison de détester la personne, par contre l'image de son visage... Elle était devenue l'une des personnifications de ses faiblesses, de ses démons, de la pourriture d'espoir qui se faisait passer pour sauveur... Elle n'avait pas frappé assez fort pour que les traits de ce visage puisse s’effacer de sa mémoire. Bouffi, humide, rouge, bleu, peu importe elle haïssait à présent ce visage qui était la faute de son incontrôle, qui définissait chaque point qu'Elfie avait voulu effacer d'elle même.

Les paupières tuméfiés par les larmes, les phalanges rougis par les coups, le visage abîmé, l'ancienne gryffondor n'avait qu'une envie boire, frapper, boire et frapper encore. Elle voulait sentir la chaleur que pouvait lui procurer un whisky ou la sensation qu'elle pouvait ressentir en explosant ses poings contre un mur. Hélas, le temps passait vite et dans moins d'une demi-heures elle devait prendre son dernier service de la journée. Les dents toujours serrées, masquant sa colère dans un effort inimaginable et pouvant s'apparenter à un robot, la jeune adulte sans vraiment se rendre compte de ses faits et gestes se prépara. Même si les cicatrices étaient assez bien vu dans la famille Joyce, la vision de ses phalanges et de son visage n'était pas une option. Après une douche efficace, l'eau trop chaude lui brûlant la peau Elfie passa au maquillage dans le seul but de cacher ses plaies fraichement ouvertes. Elle avait enfilé son uniforme pour descendre aux cuisines.

Le service avait été atroce, elle avait laissé échapper plusieurs couverts et ustensiles de ses mains pourtant si peu maladroite, elle avait confondu le sel et le poivre... La concentration n'était pas au rendez-vous et pourtant elle gardait un visage neutre, dessinant tant bien que mal un léger sourire quand elle se trouvait face à ses patrons. Le regard la plupart du temps dans le vague, Le cliquetis métallique des couverts étaient insupportable, résonnant comme une symphonie dissonante. Les bruits de mastications sonnaient comme des grincements sourds, laissant place à l'irritation, tout semblait augmenter la lenteur du temps comme si le repas avait duré une éternité. Sa tête lui semblait lourde, ses paupières, ses jambes, ses bras, finalement le reste de son corps également. Chaque bruit sonnait faux, insupportable. Bien qu'habituellement elle se fiche pas mal de l'aide apporté par le grand-père du manoir, Elfie était ce soir soulagée qu'il soit aussi efficace, et surtout aussi silencieux. Cela diminuait son temps de présence dans les lieux communs. Elle ne faisait plus attention aux personnes qui l'entouraient, aux meubles qui comblaient les pièces où elle se déplaçait, de la décoration qui les habillaient... Non elle n'avait qu'un seul but, fuir d'ici, se retrouver seule, s'endormir pour ne plus jamais se réveiller.

***


De retour dans la pièce aux murs turquoises qui lui servait d’habitat, la porte fermée derrière elle, l'ancienne gryffondor éclata en sanglots une bonne quinzaine de minutes laissant la colère, l'agacement, l'impatience et surtout l'épuisement l'envahir, prendre place dans chaque petites parties de son corps, elle n'avait plus la force de les retenir, elle n'avait plus la force de les masquer, de feindre à leurs inexistences. Elles étaient bien présente et la blonde ne savait pas comment les gérer. Peu altruiste en temps normal, sous explosion de colère elle n'était pas du style à garder son sang froid, elle était incapable de se poser pour réfléchir, réfléchir à ce qui avait pu la mettre dans un tel état, réfléchir à la colère, à la violence qui la caractérisait, à réfléchir à ses faiblesses et comment les améliorer. Non tous ce qu'elle était capable de penser dans ses états c'était seulement les points négatifs qui lui semblait la définissait. Elle voyait chaque faiblesse qu'elle était incapable de surmonter, elle voyait ses démons de Poudlard la rattraper à chaque fois qu'elle commençait à croire à un avenir possible, à se fichu espoir qui l'avait encore une fois abandonné pour la faire manger deux fois plus forts au moment où elle ne s'y était attendue le moins.

Passant des sanglots à des frappes lourdes et peu esthétiques sur le bois délicats de son lit, Elfie passa à l'étape deux de son besoin d’extérioriser, les pleurs et les larmes ne suffisant pas. Ses coups n'étaient pas représentatif de sa force ou de sa technique, ils étaient peu puissant, elle ne cherchait rien, elle ne les contrôlait pas vraiment elle avait juste besoin de se fatiguer encore plus, physiquement pour arriver en osmose avec son mental. Passant d'une position moitié sur les genoux-mi debout pour frapper dans l'essence du bois entourant son matelas et d'une position debout pour marcher de quelques pas tout en donnant des coups dans le vide. Le seul point de contrôle qu'elle avait réussi à tenir récompensait les murs et son papier peint turquoise qu'elle avait évité. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait mais dans son état elle ne savait plus vraiment si elle était capable de réparer ou non un trou dans un mur. Enlever quelques tâches de sangs n'étaient pas si compliqués mais un trou... Et puis elle n'avait pas eu le temps d'y réfléchir plus longtemps, la fatigue émotionnelle de la journée avait finalement réussi à prendre le dessus sur le besoin d’extérioriser.

Elfie s'était laissée tombée de tous son poids sur le parquet, cherchant dans sa malle un fond de bouteille qui lui restait. Elle allait bientôt devoir renouveler son stock mais au vu de son état, ce qui lui restait était bien plus que suffisant. Les joues encore humides, les yeux rougis, les phalanges encore chaudes elle n'était pas prête de se laisser aller encore plus profondément pour pouvoir dormir toute une nuit. Elle leva sa bouteille en direction de Juane sa chouette, la seule qu'elle considérait comme quelqu'un de total confiance. "A' la tienne." Les yeux rivés sur la fenêtre et le ciel qui s'assombrissait de plus en plus laissant petit à petit places aux étoiles suspendus dans l'immensité de la nuit. C'était un combo assez récurrent chez la blonde, sous les lueurs de ces boules scintillantes, elle paraissait si ridicule, si inexistante, si peu importante. Se laissant perdre dans l'immensité en parfait accords avec le contradictoire whisky, si brûlant mais pourtant si doux.

Sa colère ne s'était pas envolée non, ni ses ruminations, et pourtant elle semblait plus calme, comme si l'épuisement l'empêchait d'aller plus loin, de réfléchir plus, de se morfondre encore. Regarder le scintillement des étoiles, et lever son bras pour que ses lèvres puissent se poser sur le goulot de la bouteille qu'elle tenait de la main droite, c'était tout ce qu'elle avait à penser. Évidemment son esprit ne s'était pas totalement éteints, il continuait de tourner sans pour autant s'exprimer par la violence ou la négativité. Ce n'était pas positif non plus, c'était juste pensé. Les mots défilaient dans sa tête sans vraiment qu'elle y mette un sens, ses yeux se fermant de plus en plus à chaque nouveau passage du liquide qu'elle ingurgitait.

"Tu crois en l'espoir?" Elle pouvait sembler parler à voix haute mais ses paroles étaient destinés à sa chouette sûrement déjà endormie. Elle pouvait sembler attendre une réponse, comme si cet espoir lui donnait envie d'avoir quelqu'un à qui se confier sans qu'elle ne puisse méfier, quelqu'un avec qui elle pouvait discuter sans avoir peur de perdre le contrôle sur elle, sur ce qu'elle laissait voir. Elle ne pouvait pas laisser le pouvoir de ce contrôle qu'elle cherchait tant entre les mains d'un autre. Il y avait bien eu son frère ou ses parents quand elle était petite, avant Poudlard avant qu'elle ne commence à s'enfermer, puis il y avait eu Noah qui avait été un vrai ami lors de ses passades les plus compliquées entre les murs du château et finalement comme tous les autres il avait décidé de s'éloigner. Bien que l'envie soit présente elle n'était pas prête de se confier comme elle avait pu le faire à une autre personne, à s'ouvrir et faire l'erreur encore une fois de finir trahit ou déçue. Bien que pesante la solitude était le seul moyen de pouvoir se méfier de personne, il n'y avait pas de conflit extérieur, aucune raison de s'inquiéter d'un couteau dans le dos... C'était d'une façon plus simple bien qu'assez lâche toujours dans un processus d'évitement.

C'était sûrement l'une des raisons pour laquelle elle détestait autant le mot espoir, une des raisons qui la poussait à tant se questionner autour de ce simple mot. A' ses yeux ils sonnaient comme trahissant, fourbe et hypocrite, ils représentaient ce qu'elle avait le plus peur en devant se confier à un autre, en devant s'ouvrir en laissant une par de soi dans l'incontrôlable, entre les mains d'autrui. Il apparaissait comme positif, donnant envie de s'y jeter cœur ouvert, âme pleine. Il est vrai qu'un temps il pouvait être source de motivation, une raison d'être, une raison de se lever chaque matin mais en réalité, il donnait cette impression pour chuter plus bas ensuite, plus loin, dans un endroit où il était presque impossible de remonter. Jusqu'à ce qu'il réapparaisse faisant oublier son hypocrisie... Et ce à l'infini... Espérer ne voulait rien dire, c'était donner le contrôle à quelqu'un ou quelque chose d’extérieur et c'était une pensée insupportable pour Elfie.

"T'as de la chance d'être une chouette" Ses mots étaient presque indescriptible, marmonnée. Les yeux dans le vague se fermaient petit à petit cachant un peu plus à chaque fois le vert de ses pupilles, ses doigts lâchèrent la bouteille qu'elle tenait la laissant glisser sur le sol, heureusement fini. Il n'y restait qu'un fond mais vu son état lorsqu'elle avait commencé à le boire, il avait été suffisant pour l'endormir, encore en tenue, assise sur son parquet et le dos adossée sur le rebord de son lit c'est ainsi qu'elle avait débuté sa nuit sans se douter qu'elle finirait complètement sur le sol.

@Aelle Bristyle Pour la mention et surtout la suite de l'entrevue entre Aelle et Elfie

Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.

25 mai 2025, 00:25
 Recueil OS   PNJ  Elfie et le Clan O'Landeir
Novembre 2049

Serment

TW : Sang.

Tous les engrenages se mettaient à tourner si vite et si bien, les un après les autres, qu'une autre Moïra, à une autre époque, aurait pu grassement manifester son allégresse. D'abord, il y avait eu les nouveaux décrets du Consilium. Les bonnes nouvelles s'étaient enchaînées à partir de ce moment-là. Ophelius avait retrouvé les familles Lydon et O'Shea. Yoric avait cédé, mettant fin à l'usurpation et la discrimination matriarcale. Et là Nature avait continué de la couvrir de ses bienfaits. Ses succès aux Quadriennales, les promesses de Lugnasad. Sa nomination. Le renouveau du clan, au travers des familles Wyatt et Sangblanc. L'apothéose, avec le succès de leur campagne et la victoire d'Emerald. Désormais, tout leur était possible. Et pour finir, Rosenwald et bien sûr, Elfie.

La jeune diplômée n'avait pourtant été que l'un de ses nombreux fils jetés à la mer par la secrétaire d'état. La quantité plutôt que la qualité. Mais tous les fils avaient fait mouche, et la venue de l'ancienne Gryffondor ne faisait pas exception à la règle. Moïra avait fini par apprécier la jeune adulte, l'enfant du haut de ses quatre vingt années. Abandonnée par de nombreuses facettes de la vie, par leur gouvernement parfois étrangement aveugle aux plus riches idées, abandonnée par elle-même aussi, un peu. Elfie était le pion parfait. Et c'était autant pour cela que pour tout ce qu'elle lisait de son futur et de son individualité que Moïra, elle, ne tenait pas à l'abandonner. Elle le ferait avec force et déshonneur, oui, mais elle lui offrirait un foyer, une nouvelle vie. Une vie où la jeune sorcière aurait ce qu'elle désirait, autant qu'elle deviendrait une des clefs de la survie, et mieux, de l'hégémonie future d'Alexander. Car tout ce que la grand-mère réalisait, c'était pour son seul et unique petit-fils. Il était tout, et il était le Clan, son présent et son avenir.

Les jours étaient devenus des semaines, les semaines des mois, et une nouvelle pièce du puzzle était tombée dans les mains de Moïra tendues vers la terre. Sigrid était.. une nouvelle fleur, la plus empoisonnée qui soit, née du désespoir de la répudiée et des bénéfices inespérés de la bêtise crasse d'Yvine. C'est pourquoi, à elle aussi, elle avait tendu la main. Un objectif, une cape, un masque de bois. Un nom, un but. Ronces noires. Et aujourd'hui, un nouveau piédestal, une nouvelle arme à fournir à Elfie.

La matriarche avait longuement hésité. Il n'y aurait aucun retour en arrière possible. Géileis et Rachel l'avait formée à leur manière, même s'il lui restait tant à apprendre encore sur leur grande famille, sur la Nature. Mais elle apprenait. Moïra, elle, l'avait testé, à plusieurs reprises, et contre toute attente l'ancienne Gryffondor avait fait preuve de loyauté, et de bien plus encore. Bien sûr, la grand-mère ne pouvait pas la mettre de côté, elle se devait de se servir d'un tel outil. Mais en échange, alors, et même si le monde n'en saurait rien avant bien longtemps encore, Moïra lui offrirait ce qu'elle possédait de plus précieux. Sa famille, son sang. Une place parmis eux, une place dans le Clan.

Ainsi, cette nuit-là, et pour la première fois depuis sans doute plusieurs millénaires, des pieds étrangers foulèrent le cercle de la reconnaissance, autour du Chêne presque aussi vieux que leurs traditions. D'un côté de l'autel racinaire sur lequel siégeait un simple bol vierge et deux lumières sans flammes, dos à l'arbre titanesque, se tenait Moïra, le front cerclé de sa couronne de bois, auréolée d'un sérieux et d'une grâce qui faisait oublier son âge. Face à elle, Elfie, qu'elle avait menée en secret au cœur de la terre sacrée du Clan. Alors, l'appel de la Nature retentit, et Moïra se mit à chanter le vent, la vie, les feuilles et le bois, pendant une éternité ou quelques secondes. La vieille litanie irlandaise n'avait jamais été prononcée du vivant de tous les sorciers du pays, et, pourtant, en cet instant, elle sonnait juste, n'importe qui aurait pu en attester.

Doucement, portant son bras gauche au dessus de la vasque, Moïra entailla de son droit, du poignet au coude, laissant goutter légèrement au creux du contenant. Elle posa enfin ses yeux sur Elfie, des yeux plus bienveillants qu'à l'accoutumée.

- À ton tour, mon enfant. Ton bras, veux-tu.

La matriarche n'avait bien sûr pas été suffisamment folle pour ne pas avoir expliqué à l'avance à la jeune adulte ce qu'elles allaient faire cette nuit. Moïra entailla à son tour le bras d'Elfie, même si cette dernière remarquerait sans problème que la lame s'enfonçait bien moins profondément, caressant à peine la peau de l'employée de maison. Enfin, elle posa la lame, et fit se coller dans leur bras opposé au dessus de l'autel.

- Et notre Mère nous en soit témoin, par le sang qu'elle fit couler en nous, je fais couler ses bénédictions au creux d'un nouveau bourgeon qui s'élève vers elle. Devant Votre Univers et Vous Seule, ma famille et mon sang accueille cette nuit un nouveau membre. Non pas comme un nouvel enfant, mais un nouvel enfant, de qui j'accepte de porter la responsabilité, jusqu'à la mort ou le bannissement. Par les droits et devoirs qui me sont conférés ici-bas, je déclare Elfie Chassin membre à part entière du Clan O'Landeir.

De sa main libre, Moïra vint dessiner sur le front de l'enfant un symbole dont même elle n'avait pas les moyens d'en connaître le sens, si ce n'est qu'il clôturait officiellement leur cérémoniel. La grand-mère n'avait aucun moyen de savoir ce qui se déroulait en Elfie, mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine fierté à l'égard de la jeune femme. Mais, ce soir, le plus important restait encore à venir. Sigrid ayant joué son rôle à le perfection, Géileis arriva devant l'autel à ce moment précis. La matriarche avait tenue à ce qu'Elfie et elle-même ne se tiennent que toutes les deux pour le précédent rituel, par respect. Sortant sa baguette, la sœur de Moïra déposa le catalyseur sur les bras toujours liés des deux sorcières.

- Moi, Moïra Brassica Joyce, matriarche du Clan O'Landeir, jure sur son sang et sa vie de tout mettre en œuvre pour aider Elfie Chassin à atteindre ses objectifs de vie, tant que ceux-ci ne vont pas à l'encontre de la sécurité du Clan et de son héritier. En contrepartie, Elfie Chassin jure fidélité au Clan O'Landeir et son héritier, et devra mettre tout en œuvre pour aider à son épanouissement et à la sécurité de son héritier.

Les yeux de Moïra se tournèrent une dernière fois vers ceux de la jeune femme, comme pour lui dire que c'était à son tour. Géileis pouvait alors clôturer le sortilège. Le serment avait été juré.


Bandeau PNJ : Attention, spoiler !
Reducio
- Votre PJ est présent ? non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Moïra B. Joyce (grand-mère, active) ; Géileis K. O'Landeir (grande-tante, prétexte).
- Lien vers la fiche du PNJ : Fiche
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Ce RP retrace un évènement primordial transitionnant Elfie de simple employée du Clan à personnage participant au futur et à la sécurité d'Alexander, qui apprendra cette vérité dans quelques mois ou années. En tant que matriarche et employeure d'Elfie, Moïra est l'unique personne pouvant conduire à ces événements, et Géileis n'est qu'un prétexte à peine mentionné.

5e année RP (2050-2051) - 15 ans inRP - 5e année Devoirs
Le fanatique des Potions - Avatar par O. Willard
Que règne la Légion Noire

5 juin 2025, 09:42
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Novembre 2049

Serment - 2


TW: Sang
Cela faisait trois mois qu'Elfie était aux ordres de la famille Joyce, trois mois à vivre entre les murs de son manoir, trois mois à fouler les parterres de son jardin, trois mois à pouvoir observer chaque membre qui y habitait. Elle ne s'y déplaisait pas mais n'était pas épanoui pour autant, elle se contentait de vivre, de faire ce qu'on lui demandait pour récupérer ce qui lui appartenait, le minimum c'était tout ce qu'elle était prête à donner pour le moment. S'occuper des repas, du ménage? Elle n'y voyait aucun soucis tant qu'elle n'avait pas besoin de fausser un sourire pour paraître plus aimable qu'elle ne l'était ou de se forcer à du lantipponage qu'elle détestait tant. Elle n'était qu'une ombre qui ne faisait pas de bruit, qui était présente seulement physiquement quand elle était demandé, rien de plus. Hors de son service elle faisait attention à rester invisible bien qu'elle sache que pour Moïra rien ne pouvait être dissimulé. Lorsqu'elle ne quittait pas la demeure elle restait cloîtrer dans sa chambre, les seules raisons qui pouvait la pousser à se montrer c'était pour les entraînements, physiques et magiques, rien de plus.

Son nouveau post n'était pas que similaire à celui d'un elfe de maison, bien qu'il était évident qu'elle préférait ce dernier au plus forcé. Apprendre l'histoire du clan, connaître sur le bout des doigts ce qu'était cette famille comme si la blonde en faisait partie, c'était bien la partie pour laquelle elle était réticente, bien plus semblable à des cours ennuyeux et s'en importance. Mais elle avait signé, si elle voulait voir son salaire arriver, elle devait y passer, se forcer à ne pas s'endormir, à ne pas laisser échapper un bâillement ou un souffle qui trahirait son manque d'intérêt pour tout ce qui concernait le clan. Elle n'avait pas comprit tout de suite les raisons de l'importance de ses connaissances, jusqu'à ce que Moïra vienne lui parler de ce serment... Malgré les explications, malgré la proposition d'entrer officiellement dans le clan Elfie ne pouvait se résoudre, il n'y avait rien qui nécessitait d'apprendre une théorie qu'elle ne se voyait pas utiliser.

Elle l'avait fait, sans broncher, comme chaque tâche imposer par l'un de ses employeurs, c'était une belle somme de gallions sans que cela ne soit trop difficile. Il était certain que l'ancienne gryffondor aurait été un peu plus assidu lors de ses années à Poudlard si elle avait pu voir la couleur dorée de ces pièces. M'enfin aujourd'hui était apparemment un jour spécial, le jour du serment, le jour de son entrée dans le clan. Pour la jeune adulte c'était juste un jour de plus dans cette vie, rien de plus. Elle ne pesait pas encore le poids que représentait un tel serment, pour elle ce n'était que banalité comme une poignée de main pour conclure d'un accord, elle ne comprenait pas l'utilité certaine du mouvement, il n'y avait pas besoin d'un contrat supplémentaire pour qu'elle puisse s'activer aux tâches qui l’incombait. D'abord légèrement réticente à l'idée, par simple manque d'intérêt, à y réfléchir son avis avait changé.

En oubliant légèrement le fait qu'elle serait lié à vie avec une famille de sang-purs, élitiste et bourgeoise qu'elle détestait tant, seulement ses intérêts personnels avaient pris le dessus lors de sa décision d'acceptation. Si une famille si puissante était par les liens du sang avait la responsabilité de sa réussite, de ses besoins, cela ne pouvait qu'être utile pour chaque coup de pouce que la jeune adulte pourrait avoir besoin, à commencé par son entrée à l'ISMI. Avec ce serment, elle était certaine qu'ils ne manqueraient pas à leurs promesses, elle ne leur faisait pas confiance mais elle pouvait faire confiance à un sortilège si puissant. Si il fallait passer par là pour rendre ses objectifs plus facile, eh bien soit, elle le ferait quitte à leurs service d'Elfe de maison et jouer les baby-sitters à ce gamin.

Dans un silence qui lui était propre Elfie avait suivit Moïra jusqu'au chêne sous lequel le serment serait donné, elle ne porta pas un regard autour d'elle, elle s'en fichait pas mal. Son seul but était de lié son sang à cette femme qu'elle gardait de juger pour ensuite retourner se coucher, rien d'autre. Elle se concentrait plus sur le fait de garder les yeux bien ouverts en cette heure tardive plutôt de ce qui pouvait bien se passer autour d'elle, réagissant seulement à l'appel de la matriarche. Elle n'appréciait pas particulièrement qu'elle l'appelle "son enfant" mais si il fallait passer par là pour laver l'honneur de son père et intégrer l'ISMI, elle le supporterait. Elle s'approcha de la femme plus âgée pour lui tendre son bras, sans réagir à la légère entaille qui vint tâcher son bras de quelques gouttes. Cela piquait peut-être un peu mais ce n'était pas plus douloureux que les coups d'Honor, ce n'était pas plus douloureux que ses phalanges ouvertes à force de frapper, ce n'était pas plus douloureux que de voir sa colère prendre le dessus, ce n'était qu'une banalité qui laissa malgré tout une mâchoire légèrement serrée.

Toujours en silence, elle écouta d'une oreille peu concentrée les paroles de Moïra ou du moins elle en avait l'air, sans savoir qu'elle était en train de lier son âme au diable, sans avoir l'altruisme nécessaire pour s'imaginer les conséquences d'un tel acte, elle pensait à la bouteille qui l'attendait, à son entraînement de demain, au premier repas qu'elle allait servir, rien de plus que des banalités, c'était bien le mot, elle était trop jeune, trop manipulable, pas assez mature pour se rendre compte de l'importance de l’événement. Mise à part un léger mouvement de recule lorsque que la matriarche vint faire elle ne savait quoi sur son front, elle n'avait pas bronché, restant immobile quand aucune action ne lui était demandé. Elle avait agripper le bras de son employeur, c'était bien tout ce que représentait le moment, toujours en faisant mine de l'écouter pleinement.

Une fois que son tour fut annoncé, elle prit la parole pleinement pour la première fois, elle n'était pas du genre à en dire plus que nécéssaire, elle était venue pour un serment, elle prononcerait son serment, c'était bien suffisant. D'un ton neutre, proche de l'habituel, c'était à son tour de clore le serment, de prendre inconsciemment volontairement une place aux côtés du diable. Elle allait peut-être un jour ou l'autre éprouvé un quelconque remords mais des regrets, certainement pas. "Moi Elfie Maav Chassin je jure sur mon sang fidélité au clan O'Landeir et serait le bouclier de son héritier. En contrepartie je demande l'aide et la sécurité du clan qui est à présent le mien.". La blonde avait été bien plus concise que Moïra, cela lui ressemblait bien, il n'y avait aucune raison de blablater plus qu'il n'en était nécéssaire. La pseudo-cérémonie touchait à sa fin, c'était tout ce qu'elle attendait, pouvoir retrouver son lit et Juane.

Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.

10 juin 2025, 11:12
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Novembre 2049

Livrée au diable


TW: Sang, cicatrice

Le lit de la chambre de l'employée du manoir accommodé de draps défaits par les nuits qu'elle avait passé sans jamais le refaire au matin accueilli la grande masse qu'Elfie représentait d'une force puissante. Elle s'était jeté sur ce matelas qu'elle côtoyait à présent régulièrement. Encore habillée sans se rendre compte du bouleversement qui la traversait la blonde ne voulait qu'une chose, fermer les yeux et ne plus se réveiller du moins pas tout de suite, elle voulait ne plus exister un cour instant pour lever ses paupières un autre jour, un jour où il n'était pas question de lier son sang à une presque inconnue.

Elle avait été persuadé, depuis le moment où Moïra lui avait expliqué les évènements jusqu'à la fin de cérémonie que ce n'était qu'un passage insignifiant de sa vie, qu'elle n'y serait pas touché, qu'elle resterait de marbre sans émotions pour ce qu'elle croyait être qu'une banalité. Elle se l'était persuadé, l'ancienne gryffondor était douée dans le domaine, rester dans le déni par sa simple conscience se faire croire qu'une chose ou l'autre pouvait avoir de l'importance sur sa misérable vie. Ce qui était aussi vrai c'était que son être entier était rempli de doute et de méfiance, une fois seule, une fois que plus aucun regard n'était pointé sur sa silhouette il était évident que son esprit avait repris le dessus la ramenant sans équivoque à la réalité de manière violente, sans qu'elle ne puisse avoir le contrôle qu'elle chérissait tant sur ses pensées. Elle était piégée dans des ruminations quotidiennes, aucun évènement ne pouvait y couper, elle qui avait montré une posture sans émotions trompant chaque personnes présentes et surtout se trompant elle même, la voici rongée par les doutes, par les incompréhensions, par les remords de ses actes.

Cela lui correspondait bien, agir sans réfléchir réellement, se persuader de l'importance de l'acte et de son insignifiance pour qu'une fois passée toutes les réflexions qu'elle aurait du avoir avant ne reviennent la tourmenter mais c'était trop tard, toujours trop tard. Toujours allongée, elle n'était plus capable de suivre son plan à la lettre, elle ne pouvait s'endormir dans son état pour se réveiller comme si rien ne s'était passé. Accompagnée d'un long soufflement de désarroi, son visage ne cachant à aucun moment ses tourments et la possible erreur qu'elle venait d'accomplir volontairement elle s’assit d'abord difficilement prenant conscience du poids de chacun de ses membres pour ensuite se lever en s'appuyant sur ses poings posés en parallèle de son corps poussant sur le moelleux du lit pour s'aider à prendre une position plus verticale. Plus que quelques pas la séparait de ce qu'elle cherchait, et sans se poser la moindre question supplémentaire elle partie chercher dans sa malle une bouteille de whisky qu'elle gardait précautionneusement pour les soirs difficiles. Cette soirée était un soir difficile, elle était donc dans ses droits de venir l'ouvrir pour lui délaisser d'une première gorgée dans cette position encore à moitié plié dans la même posture qu'elle avait adopté pour récupérer son bien.

La brûlure habituelle du liquide descendant le long de sa gorge était toujours aussi agréable, toujours aussi traitre, dans un soufflement de soulagement il était là pour lui rappelait du pourquoi elle avait posé la main sur cette bouteille. A présent assise par terre sans avoir la force de se relever elle avait appuyé son dos sur le mur le plus proche, elle n'avait pas la force mentale de retrouver son lit pour l'instant encore troubler par la situation. Elle n'avait aucune idée de ce que pouvait représenter ce sortilège, lié par le sang... Ce n'était finalement pas qu'une banalité, elle connaissait son importance, elle s'était bien amusé alors encore enfant à se piquer le pouce avec une aiguille pour unir les liens d'amitié avec Finn mais il n'y avait aucune importance réelle, aucune promesse à ne pas oublier, aucun risque de fauter, aucune prison de dresser. Cette fois c'était bien différent, c'était très différent c'était certain, elle n'y connaissait rien du monde magique et de ses sortilèges, enfin elle avait les connaissances basiques mais elle ne pouvait pas s'imaginer toute l'étendue possible du pouvoir que procurait la magie, à quel point était elle lié à cette femme à présent? Elle n'en avait aucune idée.

L'acte avait été fait, il n'était à présent existant que dans les souvenirs des quelques sorciers présents, le regard de la blonde se baissa sur son bras qu'elle agrippa de son autre main pour contempler la très légère brèche sur son bras encore rouge par les quelques gouttes de sang qui s'y échappait encore. Elle n'était pas gêné par la douleur ou par le fait qu'elle garde une légère cicatrice quelques temps, non loin de là mais c'était pour le moment la seule preuve existante hors de sa tête qui la rattachait à la cérémonie à laquelle elle avait assisté, à laquelle elle avait participé de son plein gré. Enfin elle avait accepté sans vraiment se poser de questions c'était Moïra qui l'avait incité à le faire, lui avait-elle tout dit? Avait-elle été honnête entièrement sur les conséquences d'un tel acte? Elfie n'en était pas si sûre, Moïra avait eu le contrôle, elle connaissait bien plus de chose que la jeune adulte, elle était bien plus altruiste, il aurait été facile pour elle de lui présenté de telle sorte qu'elle ne puisse qu'accepter en omettant quelques informations volontairement. Sur le papier cela semblait beau, elle entrait dans le clan, elle était protégé par celui-ci, elle était aidé et en contrepartie elle devait juste protéger l'héritier et ne rien faire qui pouvait compromettre le clan, il n'y avait rien qui pouvait la mettre dans une mauvaise position mais malgré tout le doute persistait. Si elle avait refusé, aurait-elle encore son emploi? La question persistait, elle n'en était pas certaine, Moïra avait toujours eu le dessus, il était évident qu'entre perdre son emploi et faire une cérémonie stupide pour le garder son choix n'était pas difficile.

Pouvait-elle faire confiance à la matriarche du clan? La réponse était évidente, non pas qu'elle détestait particulièrement les membres qui habitaient le manoir mais par simple réflexe, elle ne pouvait pas donner sa confiance à n'importe qui, elle ne pouvait pas prendre le risque de perdre le contrôle pour avoir laisser une partie d'elle même entre les mains d'autres personnes qu'elle. Moïra n'avait rien d'une personne de confiance, elle était sang-purs, était à la tête d'une famille élitiste bourgeoise et surtout siégeais au conseil, tout ce qu'Elfie pouvait détester, il était impossible que sa confiance lui appartienne, même si pour le moment elle avait pu lui apporter son soutien à plusieurs reprises. Ainsi le serment devait-être une bonne chose pour elle, lié par la magie elle était certaine que les Joyce irait dans son sens, elle avait bien plus confiance en un serment magique que quelques mots énoncés comme des banalités et pourtant elle en était bien incapable. Même de la magie elle se méfiait, elle avait bien trop peu de connaissance pour s'assurer la fiabilité d'un tel geste, bien peu de connaissance pour être certaine que Moïra ne serait pas capable de déjouer son serment dans un but personnel qui se retournerait contre elle. Tant qu'elle n'était pas capable de prévoir toutes possibilités, elle ne pouvait pas avoir le contrôle qu'elle espérait et tant qu'elle ne l'avait pas, c'était Moïra qui le tenait, elle la tenait.

Elle devait y remédier c'était certain mais pour le moment ses yeux se fermaient, la blonde avait enchaîné les gorgées d'alcool sans les compter, elle n'avait pas abusé mais au vu de son état avant de commencer, la quantité n'était pas le point clé pour se laisser porter dans un état second, remplit de larmes qui montaient sans en dénicher la cause, qui la laissait seule face à des ruminations qu'elle ne voulait plus voir. Elle n'avait pas bu assez pour oublier, ce n'était pas l'envie qui lui avait manqué, elle devait pouvoir se lever comme si rien ne s'était passé, reprendre le service sans se soucier du fait que son avenir tenait entre les mains de cette femme, elle devait continuer d'avancer sans avoir le droit de sombrer un soir accompagné d'une bouteille à vider. Elle devait s'arrêter bien avant de voir le soulagement de ne penser à rien, bien avant de tomber dans un état tertiaire ou plus rien n'avait d'importance. Ses yeux se fermant, elle prit la direction d'un sommeil agité à même le sol encore habillée, le lendemain serait un autre jour, et dans sa position favorite de rester dans le déni de tout ce qui pouvait se passer, elle devait porter aucune importance à cette nuit, aucune et continuer, rien de plus.

Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.