Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
16 octobre 2049,
Maeline étudie les grenouilles quand Elaïn passe par là.
Maeline étudie les grenouilles quand Elaïn passe par là.
Enfin le week-end ! Ça avait beau être beaucoup plus amusant d'étudier la magie, les cours restaient les cours. Cerise sur la gâteau en ce merveilleux samedi : il pleuvait. Maeline s'était empressée d'enfiler son imperméable et de courir jusqu'au lac pour mener à bien ses projets d'études personnelles. Dans sa précipitation, elle en avait même oublié de saluer certains de ses portraits préférés lors de sa course effrénée. Essoufflée quand elle arriva à sa destination, elle profita de la pause nécessaire afin de calmer sa respiration pour cogiter sur la façon d'aborder ses observations.
Le premier point problématique s'imposa immédiatement : elle avait complètement oublié de prendre quoi que ce soit pour noter. Cela dit, en regardant autour d'elle, la fillette ne voyait pas comment elle s'y serait prise pour écrire sans que son parchemin finisse de toute façon détrempé. Son principal outil de travail allait donc être sa mémoire. Ensuite il lui fallait trouver son sujet. Comme elle avait pris la peine de se renseigner à la bibliothèque, Maeline savait que lorsque la température commençait à trop chuter, les grenouilles hivernaient sous terre ou sous l'eau. Ce qui ne convenait pas à la Poufsouffle puisqu'elle était précisément là pour observer ces batraciens. Hélas, elle ne savait pas vraiment ce que ces animaux considéraient comme un temps trop froid et elle ne pouvait qu'espérer qu'il n'était pas trop tard dans l'année pour les voir vaquer à leurs occupations d'amphibiens. Sa seule certitude à ce stade était que grâce à la pluie, les grenouilles seraient plus actives. Une histoire d'insectes plus faciles à chasser qu'elle n'avait qu'à moitié retenu.
Une fois son souffle récupéré, l'apprentie batrachologue se mit à plat ventre sans rechigner dans la boue et se faufila en rampant jusqu'à la rive du Lac Noir. Elle en arpenta ainsi une bonne longueur avant d'enfin trouver ce qu'elle cherchait. L'expérience se révéla un peu décevante au début : les grenouilles ne chantaient pas puisque leur période de reproduction était depuis longtemps passée et dans l'ensemble elles semblaient généralement se contenter de rester immobiles ou de se cacher sous l'eau à la moindre alerte. Il fallut que Maeline fasse preuve d'une patience qui ne lui était guère coutumière pour avoir l'occasion de voir les batraciens chasser leurs proies et s'égayer à leur façon.
Consciencieuse, la tête blonde grava autant que possible les détails du comportement et de la façon de se déplacer de son sujet d'étude ainsi que tout ce dont elle estimait avoir l'utilité plus tard. Cependant, après un long moment à patauger, elle n'était pas plus avancée sur la question principale qui l'avait amenée à tellement s'intéresser aux batraciens. Elle n'avait rien relevé chez eux qui relève de la magie ou d'une quelconque affinité avec la sorcellerie. Le mystère de l'implication des grenouilles et crapauds dans la culture et les contes à propos des sorcières demeurait entier.
Lassée de se tenir aussi silencieuse et immobile que possible, Maeline décida qu'il était temps de passer à l'étape suivante de sa rencontre avec le monde des amphibiens. Elle se campa sur ses talons, accroupie à la façon des grenouilles, les deux mains à plat entre ses pieds. D'un bond, elle s'élança en coassant bruyamment et atterrit les pieds dans l'eau du lac non loin de l'endroit où se tenait l'instant d'avant un batracien qui avait promptement détalé. La jeune fille se gratta le nez en réfléchissant, se demandant ce qu'elle n'avait pas fait correctement pour se faire passer pour une de leurs congénères. Après tout, si la magie existait, il devait forcément aussi y avoir un moyen de communiquer avec les animaux. Et quelle meilleure méthode que de les imiter ? Hélas le résultat laissait à désirer. Peut-être ne s'était-elle pas encore suffisamment imprégnée des mœurs amphibiens pour se faire accepter parmi eux.
La déception de Maeline fut rapidement oubliée quand elle aperçut une de ses condisciples non loin. C'était là une surprise plutôt bienvenue car elle ne s'attendait pas à croiser beaucoup d'autres élèves à l'extérieur par temps mouillé et elle avait une occasion en or de partager ses impressions à chaud sur son expérience avec les grenouilles. Sans hésiter, elle courut rejoindre la silhouette indistincte sous la pluie et la héla. En s'approchant, elle reconnut un peu mieux une comparse de sa maison. Elle n'arrivait pas à remettre un nom sur son visage mais elle se souvenait qu'elle avait de très beaux cheveux foncés et ondulés dont elle enviait la longueur. Pour ne pas commettre d'impair et paraître malpolie, Maeline ne se risqua pas à l'appeler par un nom approximatif qui ne serait de toute façon sans doute pas le bon.
— Hé ! mais je te reconnais toi ! T'es dans la même classe que moi. T'es venue pour regarder les grenouilles aussi ? C'est pas si amusant que ça. Ça ne bouge pas beaucoup une grenouille. En plus elles s'enfuient dès qu'on s'approche un peu trop, même si on essaie de les imiter. Mais peut-être que je fais mal la grenouille aussi, c'est la première fois que j'essaie. D'après-toi, est-ce qu'on a le pouvoir de parler avec des animaux puisqu'on est des sorcières ? J'aimerais bien leur demander pourquoi il y a toujours des grenouilles et des crapauds dans les histoires de magie. Je t'ai dit que j'avais essayé d'en embrasser une pour voir si elle se transformait en prince charmant ? Je ne sais pas si ça peut fonctionner mais la mienne était pas la bonne en tout cas. Ho je sais ! Je devrais demander à notre prof de métamorphose, non ? Tu saurais pas où est son bureau par hasard ? Moi j'ai encore du mal à m'y retrouver dans certaines parties du château. J'essaie de me repérer aux tableaux mais il y en a tellement et puis leurs occupants ont tendance à se promener loin de leur cadre aussi. Au fait, c'est quoi ton nom déjà ? Je sais pas si tu sais mais moi c'est Maeline.
La petite survoltée adressa à sa camarade son plus grand sourire pour marquer sa présentation. Elle était déjà prête à reprendre cette conversation très intéressante malgré le silence qu'entretenait son interlocutrice pour le moment. Après tout, la plus grande qualité que se trouvait la demoiselle était de ne jamais tomber à cours de choses à raconter !
@Elain Jackalope
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Dernière modification par Maeline Cairne le 5 janv. 2025, 13:51, modifié 1 fois.
"Pour ma défense, j'ai été laissée sans surveillance."
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il fasse grand soleil, Elaïn avait toujours aimé passer du temps dehors. Le fait qu’elle ne soit plus chez elle, à la ferme, ne signifiait pas que ses habitudes devaient changer pour autant.
Ce matin-là, alors qu’elle prenait son petit-déjeuner, le bruit significatif des gouttes de pluie s’écrasant contre les carreaux de la Grande Salle ne l’avaient pas dissuadée de faire une balade au grand air. Il lui suffisait simplement d’être correctement équipée.
Ainsi, après avoir dévoré avec gourmandise sa copieuse tartine de marmelade, elle s’était empressée de retourner à son dortoir, non sans glisser quelques morceaux de pain dans une serviette avant. Une fois dans son alcôve, elle avait fouillé dans sa malle pour y retrouver les bottes de pluie et l’imperméable qu’elle avait soigneusement rangés. La petite brune se souvenait encore du moment où elle avait dû vider la valise à son arrivée et avait fait la découverte de ces affaires. Elle n’avait pu retenir un sourire et avait intérieurement remercié sa maman d’avoir vraiment pensé à tout avant la rentrée. Elaïn pensa alors qu’il fallait qu’elle écrive une lettre à ses parents.
Mais pas tout de suite. Repoussant à plus tard la correspondance parentale, elle s’assura qu’elle n’avait pas oublié la petite serviette qui contenait le pain. Elle se dirigea ensuite d’un pas léger vers le lac, dans l’espoir d’y trouver l’un ou l’autre canard qu’elle pourrait nourrir.
Sur le chemin, elle se perdit dans ses pensées, se mettant à compter des détails futiles comme le nombre de sorcier dans les tableaux qui portaient un chapeau. A la fin d’un couloir, elle en vint d’ailleurs à la conclusion qu’il aurait été plus facile de compter ceux qui n’en portaient pas. Les couvre-chefs étaient visiblement très à la mode chez les sorciers en peinture.
Une fois dehors, la pluie légère lui rappela que l’automne était bien arrivé. Elle resserra sur elle l’imperméable qui la protégeait de l’humidité et pressa le pas pour aller vers le lac.
Elle n’était pas là depuis très longtemps quand elle se sentit hélée.
— Hé ! mais je te reconnais toi !
Elaïn reconnut alors une jeune fille qui partageait son dortoir, mais avec qui elle n’avait jamais vraiment eu l’occasion de faire connaissance. Il lui sembla se rappeler qu’elle s’appelait Maeline. Une camarade assez extravertie, en total contraste avec sa propre personnalité. La brunette la trouvait fort amusante, mais n’avait jamais osé le lui dire. Elle s'approcha donc de celle qui venait de l'appeler.
S’ensuivit alors un monologue auquel elle ne s’était pas attendue. Elle ignorait jusque là qu’il était humainement possible de penser et de parler aussi vite. La jeune fille, timide, tenta bien une ou deux fois de répondre aux interrogations de sa comparse, mais elle était systématiquement interrompue par la demande suivante.
Cela devait être assez comique d’un point de vue externe, car Elaïn eut la sensation qu’elle ressemblait à un petit poisson rouge coincé dans son bocal, à force d’ouvrir la bouche et de la refermer aussi vite.
— Au fait, c'est quoi ton nom déjà ? Je sais pas si tu sais mais moi c'est Maeline. dit enfin cette dernière, en s'interrompant.
Elaïn ne jugea pas nécessaire de préciser qu’elle connaissait déjà son prénom. Cela aurait juste été désagréable, et elle ne tenait absolument pas à mettre mal à l’aise les autres.
Constatant le silence étonnant qui s’ensuivit, la brunette en conclut donc qu’une réponse était vraiment attendue de sa part cette fois. Aussi, elle fit un petit sourire timide et répondit :
— Moi, c'est Elaïn. On est dans la même classe. se sentit-elle obliger de préciser, comme pour aider sa camarade à la resituer.
Elle n’avait pas retenu toutes les questions que lui avait posées la jeune Poufsouffle. Aussi, elle se contenta d’ajouter :
— J’aime bien aussi les grenouilles.
Comme pour changer de sujet et détourner l’attention de cette remarque fort peu constructive, Elaïn sortit alors de sa poche la nourriture qu’elle avait apporté de la Grande Salle.
— Euh… je.. je voulais donner du pain aux canards. Tu veux venir avec moi ? demanda-t-elle en baissant les yeux, incertaine.
Elle constata alors que la boue qui semblait maculer la tenue de Maeline, mais ne fit toutefois aucun commentaire sur le sujet.
Ce matin-là, alors qu’elle prenait son petit-déjeuner, le bruit significatif des gouttes de pluie s’écrasant contre les carreaux de la Grande Salle ne l’avaient pas dissuadée de faire une balade au grand air. Il lui suffisait simplement d’être correctement équipée.
Ainsi, après avoir dévoré avec gourmandise sa copieuse tartine de marmelade, elle s’était empressée de retourner à son dortoir, non sans glisser quelques morceaux de pain dans une serviette avant. Une fois dans son alcôve, elle avait fouillé dans sa malle pour y retrouver les bottes de pluie et l’imperméable qu’elle avait soigneusement rangés. La petite brune se souvenait encore du moment où elle avait dû vider la valise à son arrivée et avait fait la découverte de ces affaires. Elle n’avait pu retenir un sourire et avait intérieurement remercié sa maman d’avoir vraiment pensé à tout avant la rentrée. Elaïn pensa alors qu’il fallait qu’elle écrive une lettre à ses parents.
Mais pas tout de suite. Repoussant à plus tard la correspondance parentale, elle s’assura qu’elle n’avait pas oublié la petite serviette qui contenait le pain. Elle se dirigea ensuite d’un pas léger vers le lac, dans l’espoir d’y trouver l’un ou l’autre canard qu’elle pourrait nourrir.
Sur le chemin, elle se perdit dans ses pensées, se mettant à compter des détails futiles comme le nombre de sorcier dans les tableaux qui portaient un chapeau. A la fin d’un couloir, elle en vint d’ailleurs à la conclusion qu’il aurait été plus facile de compter ceux qui n’en portaient pas. Les couvre-chefs étaient visiblement très à la mode chez les sorciers en peinture.
Une fois dehors, la pluie légère lui rappela que l’automne était bien arrivé. Elle resserra sur elle l’imperméable qui la protégeait de l’humidité et pressa le pas pour aller vers le lac.
Elle n’était pas là depuis très longtemps quand elle se sentit hélée.
— Hé ! mais je te reconnais toi !
Elaïn reconnut alors une jeune fille qui partageait son dortoir, mais avec qui elle n’avait jamais vraiment eu l’occasion de faire connaissance. Il lui sembla se rappeler qu’elle s’appelait Maeline. Une camarade assez extravertie, en total contraste avec sa propre personnalité. La brunette la trouvait fort amusante, mais n’avait jamais osé le lui dire. Elle s'approcha donc de celle qui venait de l'appeler.
S’ensuivit alors un monologue auquel elle ne s’était pas attendue. Elle ignorait jusque là qu’il était humainement possible de penser et de parler aussi vite. La jeune fille, timide, tenta bien une ou deux fois de répondre aux interrogations de sa comparse, mais elle était systématiquement interrompue par la demande suivante.
Cela devait être assez comique d’un point de vue externe, car Elaïn eut la sensation qu’elle ressemblait à un petit poisson rouge coincé dans son bocal, à force d’ouvrir la bouche et de la refermer aussi vite.
— Au fait, c'est quoi ton nom déjà ? Je sais pas si tu sais mais moi c'est Maeline. dit enfin cette dernière, en s'interrompant.
Elaïn ne jugea pas nécessaire de préciser qu’elle connaissait déjà son prénom. Cela aurait juste été désagréable, et elle ne tenait absolument pas à mettre mal à l’aise les autres.
Constatant le silence étonnant qui s’ensuivit, la brunette en conclut donc qu’une réponse était vraiment attendue de sa part cette fois. Aussi, elle fit un petit sourire timide et répondit :
— Moi, c'est Elaïn. On est dans la même classe. se sentit-elle obliger de préciser, comme pour aider sa camarade à la resituer.
Elle n’avait pas retenu toutes les questions que lui avait posées la jeune Poufsouffle. Aussi, elle se contenta d’ajouter :
— J’aime bien aussi les grenouilles.
Comme pour changer de sujet et détourner l’attention de cette remarque fort peu constructive, Elaïn sortit alors de sa poche la nourriture qu’elle avait apporté de la Grande Salle.
— Euh… je.. je voulais donner du pain aux canards. Tu veux venir avec moi ? demanda-t-elle en baissant les yeux, incertaine.
Elle constata alors que la boue qui semblait maculer la tenue de Maeline, mais ne fit toutefois aucun commentaire sur le sujet.
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
Une fois les présentations faites dans les règles, Maeline situait mieux son interlocutrice. Évidemment, elle la connaissait un peu comme on apprend forcément à connaître quelqu'un avec qui on partage des cours, des repas et même un dortoir. Il semblait à l'enfant terrible que sa camarade était une personne calme et discrète mais très gentille. Cela dit, tout le monde lui paraissait gentil dans sa salle commune. Mais bon, désormais elle pouvait associer son nom au visage doux de sa colocataire avec certitude. Maeline n'était peut-être pas douée pour retenir rapidement les prénoms mais elle savait faire des efforts par politesse. Et puis, c'était plus facile après avoir eu une bonne conversation avec quelqu'un.
— Ha oui, c'est toi Elaïn ! Désolée, je n'ai pas une très bonne mémoire. Mais j'aime beaucoup ton prénom et tes cheveux. C'est bien toi qui a les cheveux très longs dans notre classe ? Ça donne tellement envie de les coiffer ! Tu serais d'accord pour que je te fasse des tresses un jour ?
Maeline s'interrompit juste un instant en regardant le pain qui lui rappela la question qu'on venait de lui poser.
— C'est une super idée d'aller nourrir les canards ! Il n'y en pas beaucoup près de chez moi mais qu'est-ce qu'on a comme mouettes ! J'adore leur donner à manger. En plus c'est drôle les mouettes, quand elles crient on dirait qu'elle rigolent. J'ai déjà essayé de leur raconter des blagues mais je ne suis pas sûre qu'elle comprennent. Pourtant c'est très intelligent une mouette, enfin je crois. Mais on parlait des canards. J'en ai vu un peu plus loin, je vais te les montrer. Et si tu vois des grenouilles, dis-le moi parce que je dois continuer à les étudier. Tiens, tu m'as dit que tu aimais bien les grenouilles aussi, non ? Est-ce que tu penses qu'on pourrait leur donner un peu de pain ? Peut-être que si on fait ça elles arrêteront de s'enfuir. Il y en avait ici mais je crois qu'elles ont eu peur. Allez, on a assez traîné. Allons voir les canards. Dis, on pourrait en profiter si tu veux bien m'aider. Je dois encore m'entraîner à faire la grenouille donc je vais y aller en bondissant et tu voudras bien me dire si je le fais bien ?
Ravie de s'être trouvée une amie pour l'aider dans sa quête de réponses concernant les batraciens, Maeline se remit dans sa position accroupie et s'élança vers le côté du lac où elle était certaine d'avoir vu des canards. À moins que ce ne fussent des oies ? Elle ne savait plus très bien ce qu'elle avait pu voir comme oiseaux exactement. Après tout, elle était là pour s'intéresser aux amphibiens, pas pour faire de l'ornithologie. Par contre, l'occasion de faire plus ample connaissance avec une élève de sa classe seyait parfaitement à la blondinette bien décidée à exploiter cette belle opportunité.
— Au fait, tu es quel genre de sorcière toi ? Tu savais que t'en es une depuis longtemps ? Parce que moi je l'ai appris y a pas longtemps. Le problème c'est que je suis un peu nulle en magie parce que j'en ai jamais fait avant. Et puis je me demande si ma baguette fonctionne bien. Quand je veux lancer un sortilège, elle fait plus de bruit qu'autre chose.
L'intarissable demoiselle marque un pause très brève dans son flot incessant de paroles, comme si elle venait de réaliser quelque chose qui lui échappait jusque là.
— On m'a déjà dit que j'étais bruyante aussi et je sais que parfois je parle trop. Il faut que tu me le dises si ça t'embête parce que j'aimerais bien qu'on soit copines et ça ne se fait pas d'embêter ses copines. Moi tu peux me parler autant que tu veux, j'adore ça.
Pour s'assurer qu'elle n'avait pas rebuté sa condisciple, la petite Galloise s'arrêta et se tourna vers celle-ci, réitérant un sourire radieux. Il y avait beaucoup de chose derrière la commissure retroussée de ses lèvres : de la joie à n'en savoir que faire, des espoirs d'amitié, le désir d'être avenante... mais aussi, cachée quelque part au fond du cœur de la fillette, une peur indicible. Celle d'être encore une fois la fille bizarre que tout le monde rejette.
"Pour ma défense, j'ai été laissée sans surveillance."
Code couleur = #5b5b00
— Ha oui, c'est toi Elaïn ! Désolée, je n'ai pas une très bonne mémoire. Mais j'aime beaucoup ton prénom et tes cheveux. C'est bien toi qui a les cheveux très longs dans notre classe ? Ça donne tellement envie de les coiffer ! Tu serais d'accord pour que je te fasse des tresses un jour ?
Maeline s'interrompit juste un instant en regardant le pain qui lui rappela la question qu'on venait de lui poser.
— C'est une super idée d'aller nourrir les canards ! Il n'y en pas beaucoup près de chez moi mais qu'est-ce qu'on a comme mouettes ! J'adore leur donner à manger. En plus c'est drôle les mouettes, quand elles crient on dirait qu'elle rigolent. J'ai déjà essayé de leur raconter des blagues mais je ne suis pas sûre qu'elle comprennent. Pourtant c'est très intelligent une mouette, enfin je crois. Mais on parlait des canards. J'en ai vu un peu plus loin, je vais te les montrer. Et si tu vois des grenouilles, dis-le moi parce que je dois continuer à les étudier. Tiens, tu m'as dit que tu aimais bien les grenouilles aussi, non ? Est-ce que tu penses qu'on pourrait leur donner un peu de pain ? Peut-être que si on fait ça elles arrêteront de s'enfuir. Il y en avait ici mais je crois qu'elles ont eu peur. Allez, on a assez traîné. Allons voir les canards. Dis, on pourrait en profiter si tu veux bien m'aider. Je dois encore m'entraîner à faire la grenouille donc je vais y aller en bondissant et tu voudras bien me dire si je le fais bien ?
Ravie de s'être trouvée une amie pour l'aider dans sa quête de réponses concernant les batraciens, Maeline se remit dans sa position accroupie et s'élança vers le côté du lac où elle était certaine d'avoir vu des canards. À moins que ce ne fussent des oies ? Elle ne savait plus très bien ce qu'elle avait pu voir comme oiseaux exactement. Après tout, elle était là pour s'intéresser aux amphibiens, pas pour faire de l'ornithologie. Par contre, l'occasion de faire plus ample connaissance avec une élève de sa classe seyait parfaitement à la blondinette bien décidée à exploiter cette belle opportunité.
— Au fait, tu es quel genre de sorcière toi ? Tu savais que t'en es une depuis longtemps ? Parce que moi je l'ai appris y a pas longtemps. Le problème c'est que je suis un peu nulle en magie parce que j'en ai jamais fait avant. Et puis je me demande si ma baguette fonctionne bien. Quand je veux lancer un sortilège, elle fait plus de bruit qu'autre chose.
L'intarissable demoiselle marque un pause très brève dans son flot incessant de paroles, comme si elle venait de réaliser quelque chose qui lui échappait jusque là.
— On m'a déjà dit que j'étais bruyante aussi et je sais que parfois je parle trop. Il faut que tu me le dises si ça t'embête parce que j'aimerais bien qu'on soit copines et ça ne se fait pas d'embêter ses copines. Moi tu peux me parler autant que tu veux, j'adore ça.
Pour s'assurer qu'elle n'avait pas rebuté sa condisciple, la petite Galloise s'arrêta et se tourna vers celle-ci, réitérant un sourire radieux. Il y avait beaucoup de chose derrière la commissure retroussée de ses lèvres : de la joie à n'en savoir que faire, des espoirs d'amitié, le désir d'être avenante... mais aussi, cachée quelque part au fond du cœur de la fillette, une peur indicible. Celle d'être encore une fois la fille bizarre que tout le monde rejette.
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Maeline était fascinante. En l’écoutant parler, Elaïn devinait des rouages sous le front de sa comparse qui ne devaient jamais s’arrêter de tourner. La jeune fille passait d’un sujet à un autre avec une facilité déconcertante. La brunette rougit lorsqu’elle reçut un compliment sur sa chevelure, et tenta un « Merci » alors que sa voisine continuait de parler.
Elaïn enfonça ses mains dans ses poches car la pluie mêlée au vent commençait à lui refroidir les doigts. Elle s’était naturellement mise à suivre Maeline, tout en la regardant s’accroupir pour avancer, à la façon des grenouilles. Elle comprenait un peu mieux la présence de la boue sur le manteau de la blondinette, et ne put cacher un petit sourire d’amusement. Comme elle le lui avait demandé, elle observa la technique qu’elle utilisait pour avancer. Elle laissa échapper un petit rire doux.
— Je suis pas sûre qu’elles voudront du pain. Tu devrais peut-être leur apporter des mouches… dit-elle en réfléchissant tout haut.
Elle fut particulièrement touchée de l’entendre dire qu’elle aimerait devenir sa copine. C’était tout ce qu’avait voulu la petite Poufsouffle lorsqu’elle avait mis les pieds à Poudlard : se faire des amis.
En revanche, Elaïn trouvait que sa camarade était dure envers elle-même. Si elle venait de découvrir qu’elle était une sorcière, c’était normal que la magie lui semble compliquée et ce nouvel univers moins facile à appréhender. Tout comme sa propre baguette l’avait choisie, elle n’était pas étonnée d’apprendre que la baguette qui avait jeté son dévolu sur la blonde était du genre bruyante. Cela correspondait bien à l’amatrice de batraciens, car elle était du genre haute en couleur. Une qualité que la jeune sorcière appréciait déjà chez elle, du peu qu’elle la connaissait. Elle tenta tout de même de la rassurer, lui souriant gentiment :
— Ne sois pas si dure avec toi-même. C’est pas facile la magie.
Faisant attention de ne pas mettre les pieds n’importe où, elle fixait à présent le sol afin d’éviter les galets glissants qui se trouvaient au bord de l’eau.
— Maman m’avait dit que j’aurais peut-être des pouvoirs comme elle un jour. Elle était élève ici quand elle avait notre âge. Mais pas chez Poufsouffle.expliqua-t-elle.
Reportant à nouveau son attention sur sa voisine, elle hésita un instant puis dit :
— Tu devrais peut-être demander à un professeur de vérifier si ta baguette n’est pas abîmée ?
Elaïn doutait que ce soit le cas. On lui avait bien dit qu’il faudrait du temps et de la patience avant de pouvoir faire de la magie correctement. Ce qui constituait de manière générale un exercice assez complexe pour une jeune fille de 11 ans.
— Ça m’étonnerait qu’elle soit cassée. Mais au moins tu seras sûre. dit-elle, avant de reprendre : En tout cas, tu fais super bien la grenouille.
Elle le pensait sincèrement. Compte tenu de ses jambes plus courtes que celles d’une grenouille en terme de proportion, Maeline se déplaçait étonnamment bien en sautillant.
Elaïn enfonça ses mains dans ses poches car la pluie mêlée au vent commençait à lui refroidir les doigts. Elle s’était naturellement mise à suivre Maeline, tout en la regardant s’accroupir pour avancer, à la façon des grenouilles. Elle comprenait un peu mieux la présence de la boue sur le manteau de la blondinette, et ne put cacher un petit sourire d’amusement. Comme elle le lui avait demandé, elle observa la technique qu’elle utilisait pour avancer. Elle laissa échapper un petit rire doux.
— Je suis pas sûre qu’elles voudront du pain. Tu devrais peut-être leur apporter des mouches… dit-elle en réfléchissant tout haut.
Elle fut particulièrement touchée de l’entendre dire qu’elle aimerait devenir sa copine. C’était tout ce qu’avait voulu la petite Poufsouffle lorsqu’elle avait mis les pieds à Poudlard : se faire des amis.
En revanche, Elaïn trouvait que sa camarade était dure envers elle-même. Si elle venait de découvrir qu’elle était une sorcière, c’était normal que la magie lui semble compliquée et ce nouvel univers moins facile à appréhender. Tout comme sa propre baguette l’avait choisie, elle n’était pas étonnée d’apprendre que la baguette qui avait jeté son dévolu sur la blonde était du genre bruyante. Cela correspondait bien à l’amatrice de batraciens, car elle était du genre haute en couleur. Une qualité que la jeune sorcière appréciait déjà chez elle, du peu qu’elle la connaissait. Elle tenta tout de même de la rassurer, lui souriant gentiment :
— Ne sois pas si dure avec toi-même. C’est pas facile la magie.
Faisant attention de ne pas mettre les pieds n’importe où, elle fixait à présent le sol afin d’éviter les galets glissants qui se trouvaient au bord de l’eau.
— Maman m’avait dit que j’aurais peut-être des pouvoirs comme elle un jour. Elle était élève ici quand elle avait notre âge. Mais pas chez Poufsouffle.expliqua-t-elle.
Reportant à nouveau son attention sur sa voisine, elle hésita un instant puis dit :
— Tu devrais peut-être demander à un professeur de vérifier si ta baguette n’est pas abîmée ?
Elaïn doutait que ce soit le cas. On lui avait bien dit qu’il faudrait du temps et de la patience avant de pouvoir faire de la magie correctement. Ce qui constituait de manière générale un exercice assez complexe pour une jeune fille de 11 ans.
— Ça m’étonnerait qu’elle soit cassée. Mais au moins tu seras sûre. dit-elle, avant de reprendre : En tout cas, tu fais super bien la grenouille.
Elle le pensait sincèrement. Compte tenu de ses jambes plus courtes que celles d’une grenouille en terme de proportion, Maeline se déplaçait étonnamment bien en sautillant.
496 mots - @Maeline Cairne
2ème année RP Promo 49-50 |
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
Elaïn n'en savait probablement rien au moment de recommander à Maeline d'apporter des mouches aux grenouilles mais elle venait peut-être de provoquer une catastrophe. Il en fallait peu, vraiment très peu, pour donner à son imagination fertile l'impulsion vers d'invraisemblables projets qui faisaient bien souvent fi de toute raison ainsi que de la moindre modération.
— Mais il n'y a plus beaucoup de mouches pour le moment. Il va falloir qu'on les attire avec des trucs qui puent. Je me demande ce qu'on pourrait utiliser pour avoir le plus de mouches possible.
Évidemment, Maeline n'envisageait pas l'éventualité de mener ce nouveau projet de nourrir ses chers batraciens sans impliquer sa nouvelle amie. D'autant plus qu'elle avait l'air de s'y connaître en nourriture pour animaux : elle saurait donc probablement avec quoi attirer les insectes. Mais pour l'heure la conversation dérivait sur le sujet de la magie et quoi de plus fascinant que d'en parler avec quelqu'un que Maeline considérait davantage comme une vraie sorcière qu'elle-même.
— Donc on a des pouvoirs en plus en grandissant ? Tant mieux parce que je ne pense pas que mes pouvoirs soient très utiles pour le moment. Je crois qu'un jour j'ai cassé des fenêtres juste en riant. Ce n'est pas un pouvoir très intéressant alors j'aimerais bien en avoir d'autres.
L'hypothèse de la baguette abîmée n'inquiéta pas la jeune fille turbulente outre mesure. Trop jeune et néophyte qu'elle était en matière de magie, elle ne comprenait pas encore l'ampleur de l'importance du lien entre une sorcière et sa baguette. Pour le moment, elle ne le considérait encore que comme un ustensile éventuellement remplaçable s'il venait à se casser.
— Pourtant j'ai essayé de faire attention à ma baguette. Mais tu as raison, je demanderai à un adulte de vérifier. Mais si elle est cassée, ça veut dire que je ne pourrai pas faire de magie avant de demander à mes parents de m'en racheter une autre ? Ça va être difficile en cours...
Ce petit tracas ne bouleversa pas Maeline bien longtemps. Elle était plus que ravie d'entendre Elaïn lui assurer que sa façon d'imiter les grenouilles était sur la bonne voie. Puisque le déplacement était convaincant, elle vocalisa quelques coassements pour s'entraîner à la communication. Bon, apprendre à parler le langage des amphibiens était une chose, le comprendre devait en être une autre mais cette question-là serait réglée plus tard. Après avoir tenté différentes tonalités, la blondinette leva des yeux interrogateurs vers sa camarade pour recueillir ses impressions.
— Tu sais où on peut trouver des dictionnaires pour apprendre le langage des animaux ? Il doit bien y en avoir, dans les histoires et les dessins animés, les sorcières parlent presque toujours avec les animaux. Quelle langue tu voudrais apprendre, toi ? Le canard ?
Soudain, les yeux de Maeline s'écarquillèrent et son sourire s'élargit encore, aussi improbable que cela pût paraître.
— J'ai une idée ! On va se poser des questions chacune son tour pour apprendre à se connaître. Comme quelle est ta couleur préférée, c'est important ça. Moi je suis en pleine période bleue pour le moment mais quand j'aurai fini de peindre des trucs bleus j'essaierai le jaune parce que c'est la couleur de notre maison. Ou alors, quel est ton animal préféré ? J'aime bien les singes, c'est rigolo. Mais je devrais peut-être avoir un animal préféré qui fait un peu plus sorcière, comme les grenouilles. Ou alors le blaireau bien sûr. Le blaireau doit forcément être un de mes animaux préférés. Ou je sais pas moi... si ! C'est quoi ton parfum de glace préféré ? La meilleure c'est celle à la pistache. Allez à toi, tu dois répondre à la question et puis en poser une autre.
Il semblait à Maeline qu'elles se rapprochaient de l'endroit où elle avait vu des oiseaux. Et puisque Elaïn était là pour donner à manger aux canards, la demoiselle blonde espérait vraiment qu'il y en aurait pour faire plaisir à sa condisciple. Elle était déjà prête à faire tout le tour du lac s'il le fallait.
"Pour ma défense, j'ai été laissée sans surveillance."
Code couleur = #5b5b00
— Mais il n'y a plus beaucoup de mouches pour le moment. Il va falloir qu'on les attire avec des trucs qui puent. Je me demande ce qu'on pourrait utiliser pour avoir le plus de mouches possible.
Évidemment, Maeline n'envisageait pas l'éventualité de mener ce nouveau projet de nourrir ses chers batraciens sans impliquer sa nouvelle amie. D'autant plus qu'elle avait l'air de s'y connaître en nourriture pour animaux : elle saurait donc probablement avec quoi attirer les insectes. Mais pour l'heure la conversation dérivait sur le sujet de la magie et quoi de plus fascinant que d'en parler avec quelqu'un que Maeline considérait davantage comme une vraie sorcière qu'elle-même.
— Donc on a des pouvoirs en plus en grandissant ? Tant mieux parce que je ne pense pas que mes pouvoirs soient très utiles pour le moment. Je crois qu'un jour j'ai cassé des fenêtres juste en riant. Ce n'est pas un pouvoir très intéressant alors j'aimerais bien en avoir d'autres.
L'hypothèse de la baguette abîmée n'inquiéta pas la jeune fille turbulente outre mesure. Trop jeune et néophyte qu'elle était en matière de magie, elle ne comprenait pas encore l'ampleur de l'importance du lien entre une sorcière et sa baguette. Pour le moment, elle ne le considérait encore que comme un ustensile éventuellement remplaçable s'il venait à se casser.
— Pourtant j'ai essayé de faire attention à ma baguette. Mais tu as raison, je demanderai à un adulte de vérifier. Mais si elle est cassée, ça veut dire que je ne pourrai pas faire de magie avant de demander à mes parents de m'en racheter une autre ? Ça va être difficile en cours...
Ce petit tracas ne bouleversa pas Maeline bien longtemps. Elle était plus que ravie d'entendre Elaïn lui assurer que sa façon d'imiter les grenouilles était sur la bonne voie. Puisque le déplacement était convaincant, elle vocalisa quelques coassements pour s'entraîner à la communication. Bon, apprendre à parler le langage des amphibiens était une chose, le comprendre devait en être une autre mais cette question-là serait réglée plus tard. Après avoir tenté différentes tonalités, la blondinette leva des yeux interrogateurs vers sa camarade pour recueillir ses impressions.
— Tu sais où on peut trouver des dictionnaires pour apprendre le langage des animaux ? Il doit bien y en avoir, dans les histoires et les dessins animés, les sorcières parlent presque toujours avec les animaux. Quelle langue tu voudrais apprendre, toi ? Le canard ?
Soudain, les yeux de Maeline s'écarquillèrent et son sourire s'élargit encore, aussi improbable que cela pût paraître.
— J'ai une idée ! On va se poser des questions chacune son tour pour apprendre à se connaître. Comme quelle est ta couleur préférée, c'est important ça. Moi je suis en pleine période bleue pour le moment mais quand j'aurai fini de peindre des trucs bleus j'essaierai le jaune parce que c'est la couleur de notre maison. Ou alors, quel est ton animal préféré ? J'aime bien les singes, c'est rigolo. Mais je devrais peut-être avoir un animal préféré qui fait un peu plus sorcière, comme les grenouilles. Ou alors le blaireau bien sûr. Le blaireau doit forcément être un de mes animaux préférés. Ou je sais pas moi... si ! C'est quoi ton parfum de glace préféré ? La meilleure c'est celle à la pistache. Allez à toi, tu dois répondre à la question et puis en poser une autre.
Il semblait à Maeline qu'elles se rapprochaient de l'endroit où elle avait vu des oiseaux. Et puisque Elaïn était là pour donner à manger aux canards, la demoiselle blonde espérait vraiment qu'il y en aurait pour faire plaisir à sa condisciple. Elle était déjà prête à faire tout le tour du lac s'il le fallait.
677 mots
"Pour ma défense, j'ai été laissée sans surveillance."
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
Elle n'avait jamais réellement réfléchi à ce qui pouvait attirer des mouches. Là où elle vivait, il n'y avait pas besoin de les attirer, elles s'invitaient d'elles-même et passaient généralement leur temps à embêter les vaches de son père dans les champs. Elle ne doutait pas que sa voisine trouverait une solution pour attirer les insectes afin de nourrir les batraciens.
Maeline avait réussi à briser une fenêtre juste en riant ? Cela impressionna Elaïn qui ne put le dissimuler. Sa camarade était décidément bien humble vis-à-vis de l’efficacité de ses pouvoirs si elle avait été en mesure de casser le verre juste au son de son éclat de rire. La brunette ne fit toutefois pas de commentaire, trop occupée à tenter de suivre le flux rapide de pensée de sa camarade.
Une chose était sûre, elle ne manquait pas d’énergie. La jeune anglaise trouvait d’ailleurs cela très revigorant.
Elle resta un instant interdite lorsque la blonde lui demanda de répondre à la question qu’elle venait de poser, car il y en avait en réalité eu trois depuis qu’elle avait repris la parole. Et Elaïn ne savait pas à laquelle répondre.
Fronçant légèrement les sourcils, elle réfléchit alors un moment. Dans le doute, elle allait répondre à chacune d’entre elles, mais cela méritait réflexion. Encore hésitante, elle répondit :
— Mmh… Ma couleur préféré, c’est la couleur lavande. Je trouve ça très joli. Ou le vert pastel… J’hésite. Impossible de faire un choix pour les animaux, il y en a trop et ils sont tous géniaux… Ah et la meilleure glace, c’est celle avec des morceaux de cookies dedans.
Finalement satisfaite de sa réponse, elle afficha un sourire qui en témoignait en regardant sa nouvelle amie. Faire connaissance en se posant des questions à tour de rôle était décidément une très bonne idée.
La Poufsouffle réfléchit un instant, puis interrogea à son tour la passionnée de grenouilles :
— Si tu étais un plat, qu’est-ce que tu serais ? demanda-t-elle.
Elle avait entendu parler du portrait chinois et avait toujours trouvé le principe amusant. Elle espéra cependant que sa comparse ne trouverait pas cela étrange.
Maeline avait réussi à briser une fenêtre juste en riant ? Cela impressionna Elaïn qui ne put le dissimuler. Sa camarade était décidément bien humble vis-à-vis de l’efficacité de ses pouvoirs si elle avait été en mesure de casser le verre juste au son de son éclat de rire. La brunette ne fit toutefois pas de commentaire, trop occupée à tenter de suivre le flux rapide de pensée de sa camarade.
Une chose était sûre, elle ne manquait pas d’énergie. La jeune anglaise trouvait d’ailleurs cela très revigorant.
Elle resta un instant interdite lorsque la blonde lui demanda de répondre à la question qu’elle venait de poser, car il y en avait en réalité eu trois depuis qu’elle avait repris la parole. Et Elaïn ne savait pas à laquelle répondre.
Fronçant légèrement les sourcils, elle réfléchit alors un moment. Dans le doute, elle allait répondre à chacune d’entre elles, mais cela méritait réflexion. Encore hésitante, elle répondit :
— Mmh… Ma couleur préféré, c’est la couleur lavande. Je trouve ça très joli. Ou le vert pastel… J’hésite. Impossible de faire un choix pour les animaux, il y en a trop et ils sont tous géniaux… Ah et la meilleure glace, c’est celle avec des morceaux de cookies dedans.
Finalement satisfaite de sa réponse, elle afficha un sourire qui en témoignait en regardant sa nouvelle amie. Faire connaissance en se posant des questions à tour de rôle était décidément une très bonne idée.
La Poufsouffle réfléchit un instant, puis interrogea à son tour la passionnée de grenouilles :
— Si tu étais un plat, qu’est-ce que tu serais ? demanda-t-elle.
Elle avait entendu parler du portrait chinois et avait toujours trouvé le principe amusant. Elle espéra cependant que sa comparse ne trouverait pas cela étrange.
@Maeline Cairne, désolée pour l'attente
t'm
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
C'était une véritable aubaine pour la Galloise que d'entendre Elaïn lui poser une telle question. Elle qui préférait les conversations amusantes et les idées originales trouvait le concept du portrait chinois bien plus intéressant que d'autres moyens de parler de soi et d'apprendre à se connaître.
— Un portrait chinois, génial ! Le jour de la rentrée j'ai dit à quelqu'un que ce serait tellement plus amusant de se présenter en faisant quelque chose comme ça plutôt que de faire comme font la plupart des gens quand il faut se présenter à un groupe. Attends, c'était quoi la question ? Ha oui, un plat. Alors heu...
Maeline se gratta la tête tout en réfléchissant à voix haute pour fournir sa réponse. Ce n'était pas si simple que cela comme question car elle requérait de penser à des choses auxquelles on n'a jamais réfléchi tout en sachant adopter un point de vue plutôt neutre. S'il était tentant de répondre quelque chose qu'on appréciait, ce n'était pas là le but de l'exercice et donner une explication juste demandait de faire preuve d'un peu d'introspection et d'être honnête envers soi-même. Il ne s'agissait pas d'évoquer un plat qui plaise à l'apprentie sorcière mais de trouver celui qui la reflétait, qui correspondait à sa personnalité et à la perception que les gens avaient d'elle. Maeline saisissait intuitivement cette nuance et cela se traduisait par sa façon enfantine d'exprimer ce processus de raisonnement en tâtonnant un peu, en abordant une piste pour faire marche arrière et revoir le jugement qu'elle avait à propos de sa propre personne.
— J'aimerais bien être un épi de maïs grillé parce que j'adore ça, c'est trop bon. Recouvert de beurre et d'assaisonnement. Mais en vrai je ne pense pas que je serais ça. Ce qui est sûr c'est que j'aimerais être un truc bon que tout le monde aime bien. Du genre... un fish and chips. Ça me plairait bien ça, mais maman m'a dit qu'on ne pouvait jamais plaire à tout le monde alors je pense que ce n'est pas possible. Je crois que j'ai une idée. Quand j'étais à l'école, mon ancienne école je veux dire, au début les autres élèves m'aimaient bien mais après plus du tout. Donc si j'étais un plat je serais quelque chose qui est d'abord bon puis qui devient mauvais. Comme des roulades de jambon aux asperges par exemple. Parce qu'on a d'abord le goût du jambon et puis on sent les asperges dedans. C'est ça, je suis une roulade de jambon aux asperges !
Pendant un instant, la petite blonde considéra le fruit de sa réflexion. S'il y avait quelque chose d'un peu décevant au fait de définir comme un plat qu'elle n'aimait pas, le formuler avait aussi un aspect satisfaisant. Un peu comme si elle se comprenait mieux elle-même, elle pouvait dès lors envisager de remédier à cela et prendre la résolution de devenir une personne qui pourrait se targuer d'être un bien meilleur plat qu'une roulade de jambon aux asperges et que les gens appréciaient. Maeline prit ensuite le temps de bien réfléchir à ce qu'elle allait demander. Si elle avait l'intention de retourner la question à Elaïn, elle voulait aussi lui en poser une autre. Le tout était de trouver une bonne question, quelque chose d'un peu original qui parlerait à sa camarade. Mais sans la connaître, difficile de deviner ce qu'elle avait comme centres d'intérêts. La nourriture était une bonne piste, estima-t-elle. Qu'on aime manger ou pas, ça concernait tout le monde. Il lui fallait donc aussi un sujet assez universel pour poursuivre l'échange.
— Et toi alors, tu serais quoi comme plat ? Pour la question suivante, quelle chanson ou musique serais-tu ?
Toujours parée d'un immense sourire, elle dévisageait avidement Elaïn en attendant d'obtenir sa réponse. Si elle résistait à l'impulsion de répondre tout de suite à sa propre question, c'est parce qu'elle avait remarqué que sa nouvelle amie était beaucoup plus posée qu'elle et ne demandait qu'une chose à la fois. Bien que cela constituât un défi pour Maeline, elle essayait de s'obliger à faire l'effort d'adopter le rythme de son interlocutrice. Ou du moins, à défaut, de s'en approcher.
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— Un portrait chinois, génial ! Le jour de la rentrée j'ai dit à quelqu'un que ce serait tellement plus amusant de se présenter en faisant quelque chose comme ça plutôt que de faire comme font la plupart des gens quand il faut se présenter à un groupe. Attends, c'était quoi la question ? Ha oui, un plat. Alors heu...
Maeline se gratta la tête tout en réfléchissant à voix haute pour fournir sa réponse. Ce n'était pas si simple que cela comme question car elle requérait de penser à des choses auxquelles on n'a jamais réfléchi tout en sachant adopter un point de vue plutôt neutre. S'il était tentant de répondre quelque chose qu'on appréciait, ce n'était pas là le but de l'exercice et donner une explication juste demandait de faire preuve d'un peu d'introspection et d'être honnête envers soi-même. Il ne s'agissait pas d'évoquer un plat qui plaise à l'apprentie sorcière mais de trouver celui qui la reflétait, qui correspondait à sa personnalité et à la perception que les gens avaient d'elle. Maeline saisissait intuitivement cette nuance et cela se traduisait par sa façon enfantine d'exprimer ce processus de raisonnement en tâtonnant un peu, en abordant une piste pour faire marche arrière et revoir le jugement qu'elle avait à propos de sa propre personne.
— J'aimerais bien être un épi de maïs grillé parce que j'adore ça, c'est trop bon. Recouvert de beurre et d'assaisonnement. Mais en vrai je ne pense pas que je serais ça. Ce qui est sûr c'est que j'aimerais être un truc bon que tout le monde aime bien. Du genre... un fish and chips. Ça me plairait bien ça, mais maman m'a dit qu'on ne pouvait jamais plaire à tout le monde alors je pense que ce n'est pas possible. Je crois que j'ai une idée. Quand j'étais à l'école, mon ancienne école je veux dire, au début les autres élèves m'aimaient bien mais après plus du tout. Donc si j'étais un plat je serais quelque chose qui est d'abord bon puis qui devient mauvais. Comme des roulades de jambon aux asperges par exemple. Parce qu'on a d'abord le goût du jambon et puis on sent les asperges dedans. C'est ça, je suis une roulade de jambon aux asperges !
Pendant un instant, la petite blonde considéra le fruit de sa réflexion. S'il y avait quelque chose d'un peu décevant au fait de définir comme un plat qu'elle n'aimait pas, le formuler avait aussi un aspect satisfaisant. Un peu comme si elle se comprenait mieux elle-même, elle pouvait dès lors envisager de remédier à cela et prendre la résolution de devenir une personne qui pourrait se targuer d'être un bien meilleur plat qu'une roulade de jambon aux asperges et que les gens appréciaient. Maeline prit ensuite le temps de bien réfléchir à ce qu'elle allait demander. Si elle avait l'intention de retourner la question à Elaïn, elle voulait aussi lui en poser une autre. Le tout était de trouver une bonne question, quelque chose d'un peu original qui parlerait à sa camarade. Mais sans la connaître, difficile de deviner ce qu'elle avait comme centres d'intérêts. La nourriture était une bonne piste, estima-t-elle. Qu'on aime manger ou pas, ça concernait tout le monde. Il lui fallait donc aussi un sujet assez universel pour poursuivre l'échange.
— Et toi alors, tu serais quoi comme plat ? Pour la question suivante, quelle chanson ou musique serais-tu ?
Toujours parée d'un immense sourire, elle dévisageait avidement Elaïn en attendant d'obtenir sa réponse. Si elle résistait à l'impulsion de répondre tout de suite à sa propre question, c'est parce qu'elle avait remarqué que sa nouvelle amie était beaucoup plus posée qu'elle et ne demandait qu'une chose à la fois. Bien que cela constituât un défi pour Maeline, elle essayait de s'obliger à faire l'effort d'adopter le rythme de son interlocutrice. Ou du moins, à défaut, de s'en approcher.
696 mots.
"Pour ma défense, j'ai été laissée sans surveillance."
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
Elaïn écouta attentivement la réflexion de sa camarade sur le plat qu’elle pourrait être. Elle ne put dissimuler son étonnement lorsque cette dernière évoqua d’anciens camarades qui l’aimaient bien et puis plus du tout. Elle était curieuse de savoir ce qui avait bien pu se passer dans l’ancienne école de la blonde pour que tout à coup les enfants ne l’apprécient plus. Maeline semblait tellement amicale, elle peinait à lui prêter de mauvaises intentions. Une grimace apparut sur le visage de la brunette lorsque la roulade de jambon aux asperges fut mentionnée. Non, vraiment, sa nouvelle amie était bien mieux que cet affreux plat. Elle osa timidement :
— Ah bon ? Tu aimes les asperges ? J’aurais dit un autre plat pour toi… Quelque chose de plus chouette comme... Une chocogrenouille.
Elle s'interrompit un instant, fronçant légèrement les sourcils, avant de reprendre:
— Enfin, c'est pas vraiment un plat. Mais c'est une grenouille et c'est sucré, alors...
Elle se racla la gorge, comme pour changer de sujet. Elle espérait ne pas blesser les sentiments de sa comparse en la comparant aux amphibiens. Entre les observer et être comparée à eux, il y avait tout de même un pas.
C’était à présent à son tour de réfléchir au plat qui la représentait le mieux. Son nez se fronça alors que, intérieurement, le débat battait son plein. Qu’est-ce qui pouvait bien la représenter ? Elle n’avait rien de spécial, elle était trop discrète pour qu’on fasse la moindre remarque sur son comportement. Qu’est-ce qui pouvait bien lui évoquer quelque chose de similaire ? Alors elle repensa au dernier repas, dans la Grande Salle. Parmi les desserts, les plaisirs chocolatés et autres friandises bien sucrées s’étaient fait assaillir par les autres. Elle avait remarqué alors un flan laissé de côté car probablement jugé trop basique en comparaison des autres pâtisseries.
— Je serais un flan. dit-elle, sans prendre la peine de développer la réflexion derrière sa réponse.
Elle posa son regard sur Maeline, pour répondre à la question suivante.
Un peu gênée de faire cet aveu, elle marmonna :
— Une berceuse. Celle que ma maman me chante parfois avant de dormir… Et toi ?
Et pour cause, cette chanson était plus que mieux choisie pour la représenter puisque ses parents l’avaient littéralement créée pour elle. Un petit sourire apparut sur son visage rosi, empreint de nostalgie à la pensée de sa famille qui lui manquait beaucoup…
Le regard toujours posé sur la Poufsouffle, elle tenta de deviner la réponse qu’elle allait lui donner. Si Elaïn devait donner son avis, elle lui inspirait une musique forte et pleine de vie. Un peu comme celles que son papa écoutait lorsqu’il était tout seul dans la grange. Des sons très métalliques, et des chanteurs qui criaient souvent. Mais qui, pour la plupart, chantaient de très belles paroles.
Oui, Maeline lui inspirait du « bon vieux rock », comme papa disait.
Du bout des lèvres, elle posa la question suivante, tout en continuant d’avancer à côté de la batrachologue en herbe :
— Si tu étais un fruit, qu’est-ce que tu serais ?
De ses grands yeux noisette, Elaïn fixait la blonde avec bienveillance, attendant la réponse avec curiosité.
— Ah bon ? Tu aimes les asperges ? J’aurais dit un autre plat pour toi… Quelque chose de plus chouette comme... Une chocogrenouille.
Elle s'interrompit un instant, fronçant légèrement les sourcils, avant de reprendre:
— Enfin, c'est pas vraiment un plat. Mais c'est une grenouille et c'est sucré, alors...
Elle se racla la gorge, comme pour changer de sujet. Elle espérait ne pas blesser les sentiments de sa comparse en la comparant aux amphibiens. Entre les observer et être comparée à eux, il y avait tout de même un pas.
C’était à présent à son tour de réfléchir au plat qui la représentait le mieux. Son nez se fronça alors que, intérieurement, le débat battait son plein. Qu’est-ce qui pouvait bien la représenter ? Elle n’avait rien de spécial, elle était trop discrète pour qu’on fasse la moindre remarque sur son comportement. Qu’est-ce qui pouvait bien lui évoquer quelque chose de similaire ? Alors elle repensa au dernier repas, dans la Grande Salle. Parmi les desserts, les plaisirs chocolatés et autres friandises bien sucrées s’étaient fait assaillir par les autres. Elle avait remarqué alors un flan laissé de côté car probablement jugé trop basique en comparaison des autres pâtisseries.
— Je serais un flan. dit-elle, sans prendre la peine de développer la réflexion derrière sa réponse.
Elle posa son regard sur Maeline, pour répondre à la question suivante.
Un peu gênée de faire cet aveu, elle marmonna :
— Une berceuse. Celle que ma maman me chante parfois avant de dormir… Et toi ?
Et pour cause, cette chanson était plus que mieux choisie pour la représenter puisque ses parents l’avaient littéralement créée pour elle. Un petit sourire apparut sur son visage rosi, empreint de nostalgie à la pensée de sa famille qui lui manquait beaucoup…
Le regard toujours posé sur la Poufsouffle, elle tenta de deviner la réponse qu’elle allait lui donner. Si Elaïn devait donner son avis, elle lui inspirait une musique forte et pleine de vie. Un peu comme celles que son papa écoutait lorsqu’il était tout seul dans la grange. Des sons très métalliques, et des chanteurs qui criaient souvent. Mais qui, pour la plupart, chantaient de très belles paroles.
Oui, Maeline lui inspirait du « bon vieux rock », comme papa disait.
Du bout des lèvres, elle posa la question suivante, tout en continuant d’avancer à côté de la batrachologue en herbe :
— Si tu étais un fruit, qu’est-ce que tu serais ?
De ses grands yeux noisette, Elaïn fixait la blonde avec bienveillance, attendant la réponse avec curiosité.
@Maeline Cairne psssssst, c'est à toi
2ème année RP Promo 49-50 |
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
Les paroles d'Elaïn titillèrent vivement l'intérêt de Maeline. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'étaient les chocogrenouilles mais ce nom sonnait particulièrement bien au creux de ses oreilles. Avide de faire de nouvelles expériences, la petite blonde ne rechignait jamais à goûter quelque chose quitte à avoir de mauvaises surprises comme le jour de la rentrée où elle s'était essayée aux salsifis. Et elle avait beau n'avoir jamais testé les grenouilles, elle savait que ça se mangeait. Bien qu'il y avait de fortes probabilités que cela lui échappe entretemps, Maeline nota mentalement de se renseigner davantage au sujet de ces fameuses chocogrenouilles plus tard pour ne pas interrompre le passionnant échange qu'elle entretenait avec sa nouvelle amie qui affirmait correspondre à un flan. Puis vint le moment de répondre à sa propre question avant d'enchaîner sur la suivante que lui posa Elaïn en retour.
— Maman ne me chante jamais de berceuse le soir. Elle dit qu'elle ne sait pas chanter. Mais elle me lisait des histoires pour dormir avant que je n'apprenne à lire toute seule. Par contre je sais exactement quelle musique je serais. Je connais pas le titre mais ça fait comme ça...
Maeline se mit à chanter à tue-tête, révélant que l'essentiel de son potentiel artistique résidait dans ses doigts plutôt que dans sa voix. Elle imitait approximativement l'air de l'Ouverture 1812 en moulinant furieusement des bras comme si elle était une cheffe d'orchestre. En pleine interprétation, elle s'interrompit brusquement pour faire un commentaire.
— Et là, y a des coups de canon qui font boum boum et boum ! Et à la fin il y a aussi des grosses cloches comme dans une église !
Reprenant là où elle s'était arrêtée, elle bruita les canons mais épargna à son public restreint le son des cloches pour se concentrer pleinement sur la partie plus explosive de cette composition classique qu'elle reproduisait avec enthousiasme. Ce n'était pas non plus sa musique préférée mais une mélodie qui emploie des engins de siège comme instrument, Maeline trouvait cela totalement génial. Ce n'est qu'à la fin de sa prestation qu'elle commença à réfléchir pour donner sa réponse à la question du fruit. Elaïn avait décidément le chic pour poser des colles. Selon quels critères allait-elle donc bien pouvoir s'identifier à un fruit ? La première chose qui lui traversa l'esprit était la couleur mais était-ce pertinent ?
— Un fruit donc ? Hum, pas facile celle-là. Quelque chose de jaune peut-être mais pas un citron. Je ne voudrais pas être une banane non plus parce que c'est pelant. Héhé ! pelant, tu l'as ? Non ça devrait plutôt avoir quelque chose à voir avec le goût. Je crois qu'une pomme ça m'irait bien en fait. Parce que les pommes ont presque jamais le même goût, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Parfois c'est sucré, parfois c'est acide. Oui, une pomme c'est bien. Ce serait quoi ton fruit à toi ? Et puis si tu étais un proverbe, ce serait lequel ? Ou une devise si tu préfères.
Maeline s'amusait beaucoup et trouvait très stimulant de réfléchir à des choses inhabituelles. Même si elle ne connaissait pas beaucoup de proverbes ni de devises, d'ailleurs elle n'était pas sûre de comprendre la différence entre les deux, elle savait déjà quelle serait sa réponse et il était peu probable que qui que ce soit eût déjà demandé cela à Elaïn.
Cependant, la fillette aperçut du coin de l'œil un mouvement qui attira son attention et lui rappela ce qu'elle avait failli oublier dans le courant de la discussion. Elle s'immobilisa soudainement et fit de son mieux pour singer silencieusement un canard afin de faire comprendre à sa camarade qu'elle en avait vu quelques uns. Elle ne voulait surtout pas que les oiseaux prennent peur en entendant du bruit et qu'elles ne puissent pas leur donner le pain qu'Elaïn avait apporté. Tout ce que Maeline espérait, c'est que cet interlude pour nourrir les canards ne signerait pas la fin de leur jeu pour faire connaissance. Et aussi qu'elle n'oublierait pas de demander à son amie ce qu'était une chocogrenouille exactement.
"Pour ma défense, j'ai été laissée sans surveillance."
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— Maman ne me chante jamais de berceuse le soir. Elle dit qu'elle ne sait pas chanter. Mais elle me lisait des histoires pour dormir avant que je n'apprenne à lire toute seule. Par contre je sais exactement quelle musique je serais. Je connais pas le titre mais ça fait comme ça...
Maeline se mit à chanter à tue-tête, révélant que l'essentiel de son potentiel artistique résidait dans ses doigts plutôt que dans sa voix. Elle imitait approximativement l'air de l'Ouverture 1812 en moulinant furieusement des bras comme si elle était une cheffe d'orchestre. En pleine interprétation, elle s'interrompit brusquement pour faire un commentaire.
— Et là, y a des coups de canon qui font boum boum et boum ! Et à la fin il y a aussi des grosses cloches comme dans une église !
Reprenant là où elle s'était arrêtée, elle bruita les canons mais épargna à son public restreint le son des cloches pour se concentrer pleinement sur la partie plus explosive de cette composition classique qu'elle reproduisait avec enthousiasme. Ce n'était pas non plus sa musique préférée mais une mélodie qui emploie des engins de siège comme instrument, Maeline trouvait cela totalement génial. Ce n'est qu'à la fin de sa prestation qu'elle commença à réfléchir pour donner sa réponse à la question du fruit. Elaïn avait décidément le chic pour poser des colles. Selon quels critères allait-elle donc bien pouvoir s'identifier à un fruit ? La première chose qui lui traversa l'esprit était la couleur mais était-ce pertinent ?
— Un fruit donc ? Hum, pas facile celle-là. Quelque chose de jaune peut-être mais pas un citron. Je ne voudrais pas être une banane non plus parce que c'est pelant. Héhé ! pelant, tu l'as ? Non ça devrait plutôt avoir quelque chose à voir avec le goût. Je crois qu'une pomme ça m'irait bien en fait. Parce que les pommes ont presque jamais le même goût, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Parfois c'est sucré, parfois c'est acide. Oui, une pomme c'est bien. Ce serait quoi ton fruit à toi ? Et puis si tu étais un proverbe, ce serait lequel ? Ou une devise si tu préfères.
Maeline s'amusait beaucoup et trouvait très stimulant de réfléchir à des choses inhabituelles. Même si elle ne connaissait pas beaucoup de proverbes ni de devises, d'ailleurs elle n'était pas sûre de comprendre la différence entre les deux, elle savait déjà quelle serait sa réponse et il était peu probable que qui que ce soit eût déjà demandé cela à Elaïn.
Cependant, la fillette aperçut du coin de l'œil un mouvement qui attira son attention et lui rappela ce qu'elle avait failli oublier dans le courant de la discussion. Elle s'immobilisa soudainement et fit de son mieux pour singer silencieusement un canard afin de faire comprendre à sa camarade qu'elle en avait vu quelques uns. Elle ne voulait surtout pas que les oiseaux prennent peur en entendant du bruit et qu'elles ne puissent pas leur donner le pain qu'Elaïn avait apporté. Tout ce que Maeline espérait, c'est que cet interlude pour nourrir les canards ne signerait pas la fin de leur jeu pour faire connaissance. Et aussi qu'elle n'oublierait pas de demander à son amie ce qu'était une chocogrenouille exactement.
691 mots.
"Pour ma défense, j'ai été laissée sans surveillance."
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Il pleut il mouille, c'est la fête à la...
Elaïn observa attentivement sa camarade lui faire sa démonstration de l’air musical qu’elle aurait pu être. Elle n’avait jamais entendu cette musique et pourtant, elle semblait lui correspondre parfaitement. Des canons qui font boum boum et des cloches ? Oui, pas de doute, ça allait tout à fait avec la personnalité explosive de la jeune Poufsouffle.
A la blague de la banane, elle ne put retenir un petit sourire. Ce dernier ne la quitta d’ailleurs pas quand elle imagina Maeline en petite pomme. C’était clairement un fruit imprévisible souvent plein de surprises. Décidément, ce petit jeu de questions était vraiment révélateur et Elaïn était heureuse d’en apprendre ainsi beaucoup plus sur sa voisine de dortoir.
Elle avait eu le temps de réfléchir au fruit qui la représentait et c’est tout naturellement qu’elle dit :
— Moi, je pense que je serais une fraise.
Difficile de dire si c’était vraiment le fruit qui lui correspondait le plus ou simplement le souvenir gourmand de sa tartine à la confiture de ce matin qui l’avait inspirée. Si Maeline n’avait pas trouvé facile la question du fruit, la brunette trouvait encore plus compliqué de trouver un proverbe ou une devise qui lui correspondait. Elle n’y connaissait pas grand-chose en la matière. Aussi, elle tenta un incertain :
— Euh… Mon proverbe ce serait… Pierre qui moule n’amasse pas rousse… ?
La grimace sur son visage traduisait plus une question qu’une certitude absolue. En vérité, elle n'était même pas sûre de comprendre ce que cela signifiait, elle avait juste entendu son père le dire un jour et n'était même pas sûre que c'était exact. C’était vraiment compliqué.
Trop absorbée par ce jeu avec la jeune fille, la blaireautine avait presque oublié la raison qui l’avait poussée à se rendre dans le parc. Tandis qu’elles s’approchaient de l'eau, elle sortit de sa poche le pain qu’elle avait apporté et se mit à l’émietter pour en jeter aux canards. En chuchotant, pour ne pas effrayer les volatiles, elle demanda :
— Et toi ? C’est quoi ta devise ? Ah et… Si tu devais être un cours qu’on a ici, tu serais quoi ?
Elle enfouit son nez rosi par le froid dans sa veste, jetant un regard sincèrement curieux à Maeline.
A la blague de la banane, elle ne put retenir un petit sourire. Ce dernier ne la quitta d’ailleurs pas quand elle imagina Maeline en petite pomme. C’était clairement un fruit imprévisible souvent plein de surprises. Décidément, ce petit jeu de questions était vraiment révélateur et Elaïn était heureuse d’en apprendre ainsi beaucoup plus sur sa voisine de dortoir.
Elle avait eu le temps de réfléchir au fruit qui la représentait et c’est tout naturellement qu’elle dit :
— Moi, je pense que je serais une fraise.
Difficile de dire si c’était vraiment le fruit qui lui correspondait le plus ou simplement le souvenir gourmand de sa tartine à la confiture de ce matin qui l’avait inspirée. Si Maeline n’avait pas trouvé facile la question du fruit, la brunette trouvait encore plus compliqué de trouver un proverbe ou une devise qui lui correspondait. Elle n’y connaissait pas grand-chose en la matière. Aussi, elle tenta un incertain :
— Euh… Mon proverbe ce serait… Pierre qui moule n’amasse pas rousse… ?
La grimace sur son visage traduisait plus une question qu’une certitude absolue. En vérité, elle n'était même pas sûre de comprendre ce que cela signifiait, elle avait juste entendu son père le dire un jour et n'était même pas sûre que c'était exact. C’était vraiment compliqué.
Trop absorbée par ce jeu avec la jeune fille, la blaireautine avait presque oublié la raison qui l’avait poussée à se rendre dans le parc. Tandis qu’elles s’approchaient de l'eau, elle sortit de sa poche le pain qu’elle avait apporté et se mit à l’émietter pour en jeter aux canards. En chuchotant, pour ne pas effrayer les volatiles, elle demanda :
— Et toi ? C’est quoi ta devise ? Ah et… Si tu devais être un cours qu’on a ici, tu serais quoi ?
Elle enfouit son nez rosi par le froid dans sa veste, jetant un regard sincèrement curieux à Maeline.
376 - Désolée pour l'attente @Maeline Cairne 
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