L’art d’enflammer la musique
Reducio
- Votre PJ est présent ? OUI
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") :
• Gibbson Alfred, grand-père paternel - Actif
• Holden Ruth, petite soeur - Active
- Lien vers la fiche du PNJ : Ici
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Il s'agit de l'histoire de la première manifestation de magie d'Apryll, c'est sa séance de chant animée par son grand-père qui déclenche l'évènement. La scène est suivie d'un moment familial. Ici, on a une petite vision de la dynamique familiale.
On était mardi, l’après-midi était déjà bien entamée et le vent se levait sur la côte de la Southey Creek. La pluie avait cessé de tomber pour cette journée, alors que la veille il pleuvait encore à torrent, il n’empêche que les rafales faisaient chuter la température. Pourtant, dans la serre où Mary Holden s’occupait de faire pousser les légumes et fruits qui sustentaient la petite famille, régnait une chaleur agréable. Un charme d’extension avait permis de créer une salle supplémentaire où Apryll pouvait prendre ses cours de danse classique avec une professeure sorcière mais aussi chanter, c’est son grand-père qui lui donnait des leçons, et c’est précisément ce à quoi ils s’adonnaient en cet instant.
Ce jour-là Ruth, la petite sœur d’Apryll était malade, ainsi l’enfant bénéficiait d’un cours particulier qui l’avait enchantée au premier abord mais après mûre réflexion il était exceptionnellement éreintant. Au programme Ellens dritter Gesang plus connue sous le nom de Ave Maria de Schubert, un choix fait par Alfred - son grand-père - pour l’obliger à apprendre une chanson dans une langue étrangère. La tâche était difficile, d’autant plus que les notes montaient dans les aigus. Après des exercices pour échauffer sa voix et mieux comprendre comment monter haut sans s’abîmer les cordes vocales, la petite blonde répétait encore et encore accompagnée d’Alfred au piano.
« Allez Apryll, recommence. », et l’enfant s’exécutait mais reproduisait toujours la même erreur : une fausse note en plus de la prononciation douteuse. « On réessaye. » Encore. Et encore. Et encore. Finalement, l’enfant avait demandé une pause, après avoir bu quelques gorgées d’eau elle alla se placer à la barre - elle faisait souvent ça, face au miroir et pratiquait quelques mouvements de danse. Ainsi, son esprit s’évadait et elle s’imaginait être danseuse dans une troupe de ballet, qu’elle voyageait à travers le monde, elle s’inventait des scènes, des chorégraphies, elle brillait de mille feux dans des costumes élégants…l’espace d’un instant elle se perdait dans son imagination dont la créativité n’avait aucune limite.
Revenue à la réalité et à la pratique du chant l’enfant se donnait à fond, elle puisait dans ses réserves car elle voulait à tout prix réussir le défi que lui avait proposé son grand-père. Elle adorait chanter, des fois elle s’imaginait sur scène, seule face à la foule et son chant cristallin emportait son public dans des contrées lointaines, elle les en-chant-ait littéralement. Ou alors de l’opéra, peut-être bien qu’elle pourrait danser et chanter en même temps ?
Mais pour l’heure la tête blonde se confrontait à un morceau de taille…et plus elle échouait, plus elle se frustrait. La tension était tellement montée qu’elle piqua une colère fulgurante : pourquoi était-elle aussi nulle ? Et pourquoi était-ce aussi dur d’abord ? Papy avait vu trop grand, ou alors il le faisait exprés juste pour l’énerver ! Elle serra les poings, crispa ses traits en une grimace furieuse, ça bouillonnait de rage en son intérieur. Stop! Elle n’allait pas en supporter d’avantage.
« Arrête ! » cria-t-elle fulminante.
Et quelques touches du piano volèrent en éclat dans un fracas retentissant. Son grand-père qui avait à peine eu le temps de se protéger le visage en resta bouche-bée. Il abaissa lentement ses avants-bras et se tourna vers sa petite-fille, les yeux écarquillés. Aussitôt l’enfant changea d’attitude, elle se mordait maintenant les lèvres inquiète avant de fondre en larmes et de répéter frénétiquement à quel point elle était désolée.
Alfred se leva et se dirigea vers Apryll qui s’attendait à être punie pour ce qu’elle avait fait. Elle sanglotait toujours et elle avait peur. Pas de la punition, elle savait bien qu’elle n’aurait pas de sévices corporelles mais parce qu’elle avait été incapable de se contrôler et qu’elle avait fait quelque chose qui dépassait son entendement, en conclusion : elle avait peur d’elle-même.
L’homme posa une main rassurante sur le crâne de la petite sorcière. Avant de s’accroupir pour se mettre à sa hauteur, la prendre par l’épaule et ensuite relever son menton noyé de pleurs, il finit par lui dire d’un ton doux et avenant « Tout va bien Poupette. Ne t’en fais pas, je t’assure que tout va bien. » L’enfant se jeta contre son aïeul, tendrement, celui-ci l’entoura de ses bras dans un câlin apaisant. L’anglaise continua encore un moment à larmoyer animée par quelques soubresauts avant d’arrêter complètement de pleurer.
Alfred se dégagea délicatement de l’étreinte d’Apryll afin de se relever, l’enfant était calme à présent. Son premier acte de magie avait été de faire partir en morceaux le clavier du piano, mais elle n’avait pas fait trop de dégâts, après tout ce n’avait qu’à peine 9 ans. « Regarde Apryll. », dit son grand-père avec un petit clin d’œil, « Reparo » et la magie fit son œuvre, le clavier était comme avant. La tête blonde afficha un sourire radieux avant d’essuyer la morve qui coulait de son nez.
Le cours particulier s’était arrêté sur cet événement. En traversant le jardin, Alfred donnait maintenant des conseils à sa petite-fille pour essayer de contrôler ses émotions et éviter ce genre d’incidents. En entrant dans le salon, Mary faisait la lecture à Ruth, cette dernière assise sur les genoux de leur mère. Alfred invita sa fille à le rejoindre à la cuisine pour parler de ce qui s’était produit.
Les deux sœurs étaient toutes seules maintenant, la cadette demanda comment s’était déroulé le cours, « Difficile » répondit l’aînée les yeux encore bouffis, ce qui intriga la petite brune « T’as pleuré ou quoi? Gros bébé. » Ruth est du genre brute de décoffrage. « Pfff, j’ai fait de la magie face de Strangulot ! »Des dialogues très développés - mais elle refusa d’en dire plus malgré la curiosité de sa petite sœur, et tout ça rien que pour l’embêter et toc!
Plus tard ce soir là, Mary organisa un repas festif pour réunir la petite famille en incluant les grands-parents. Tout le monde était très contents qu’Apryll soit officiellement une sorcière, de son côté l’intéressée était des plus fières. Ruth, quant à elle, boudait de ne pas être le centre de l’attention. De toute façon, elle fera mieux que sa grande sœur le jour elle fera de la magie à son tour, pensait-elle.
Et voilà comment Apryll fit exploser un clavier de piano pendant sa séance de chant.