L’héritage d’un père
Tinworth, maison de famille des Davis
Samedi 17 avril 2049, vers 19h30
avec Suzy Davis (tante) & Larris McAdams (oncle)
Reducio
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Aki avait la boule au ventre, plantée là, devant la demeure qui concentrait tant de souvenirs de famille. Elle n’y avait pas remis les pieds depuis quatre ans, depuis le décès de sa grand-mère Lillian. Pourtant elle savait bien que sa tante et son oncle y vivaient désormais, mais elle n’avait jamais ressenti le besoin ou l’envie d’y retourner depuis. La balafrée avait toujours été emprunte au silence, au mutisme quand ça n’allait pas. Cela faisait des mois qu’elle souffrait, seule, parfois accompagnée d’une bouteille de whisky ou de tequila. Mais depuis ce moment suspendu avec Erwin sur la plage d’Hastings, l’eurasienne sentait dans ses tripes qu’il était temps de s’ouvrir un peu aux autres, et à elle-même.
Quand elle eut envoyé un hibou à sa tante lundi, après n’avoir échangé que quelques mots avec elle à l’enterrement de son père, elle fut surprise d’obtenir une réponse seulement deux jours plus tard, l’invitant à dîner le samedi qui venait.
C’était le jour J, il était temps pour la trentenaire d’ouvrir la porte des souvenirs, peu importe leur nature. Son coeur battait terriblement vite, quelques minutes de plus et il quitterait probablement sa poitrine. Les jambes tremblantes, Aki se dirigeait doucement vers la porte de la veille maison noircie par les années. Elle s’arrêta un instant, balayant du regard le porche où elle avait tant jouée enfant, avec Nifty et Diana. Les images défilaient dans sa tête, et un léger sourire se dessinait sur son visage, accompagné d’une larme qui coula doucement le long de sa joue. La noiraude se ressaisit rapidement, prenant une grande inspiration avant de taper à la porte à l’aide du heurtoir.
276 mots
Quand elle eut envoyé un hibou à sa tante lundi, après n’avoir échangé que quelques mots avec elle à l’enterrement de son père, elle fut surprise d’obtenir une réponse seulement deux jours plus tard, l’invitant à dîner le samedi qui venait.
C’était le jour J, il était temps pour la trentenaire d’ouvrir la porte des souvenirs, peu importe leur nature. Son coeur battait terriblement vite, quelques minutes de plus et il quitterait probablement sa poitrine. Les jambes tremblantes, Aki se dirigeait doucement vers la porte de la veille maison noircie par les années. Elle s’arrêta un instant, balayant du regard le porche où elle avait tant jouée enfant, avec Nifty et Diana. Les images défilaient dans sa tête, et un léger sourire se dessinait sur son visage, accompagné d’une larme qui coula doucement le long de sa joue. La noiraude se ressaisit rapidement, prenant une grande inspiration avant de taper à la porte à l’aide du heurtoir.
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@Nora Starks pour la mention d’Erwin
L’héritage d’un père
Reducio
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La porte s’ouvrit doucement, laissant apparaître le visage triste et fatigué de Suzy, perdre son frère était une des pires épreuves qu’elle eut à supporter, elle portait toute sa douleur sur son visage. Lorsqu’elle vit Aki, son visage sembla s’adoucir légèrement et sans un mot elle s’avança, puis elle serra sa nièce dans ses bras. Au début la balafrée ne bougea pas, elle sentait la pression de l’étreinte se faire de plus en plus fort mais elle demeurait figée, fidèle à sa froideur invétérée. Mais au bout de quelques secondes, la métisse sentit tout son corps se relâcher, se détendre. Et c’est alors qu’elle entoura ses bras autour de sa tante, sans un mot.
Lorsque les deux femmes se séparèrent l’une de l’autre, un sourire se dessina sur leurs deux visages. Aki et sa tante étaient très proches par le passé, et si le temps les a éloignées, elles n’en demeuraient pas moins tendres pour autant. Suzy avait été ce qui se rapprochait le plus d’une mère dans l’enfance de la métisse, sa propre mère étant si froide que la chaleur qu’elle pouvait recevoir venait toujours de sa famille paternelle. Et alors que la directrice de la Réserve s’apprêtait à dire quelques mots, une voix familière retentit depuis l’intérieur de la maison, se rapprochant petit à petit. « C’est qui ? Aki est arrivée ? On avait pourtant dit 19h non ? Elle est en retard. »
Lorsque les deux femmes se séparèrent l’une de l’autre, un sourire se dessina sur leurs deux visages. Aki et sa tante étaient très proches par le passé, et si le temps les a éloignées, elles n’en demeuraient pas moins tendres pour autant. Suzy avait été ce qui se rapprochait le plus d’une mère dans l’enfance de la métisse, sa propre mère étant si froide que la chaleur qu’elle pouvait recevoir venait toujours de sa famille paternelle. Et alors que la directrice de la Réserve s’apprêtait à dire quelques mots, une voix familière retentit depuis l’intérieur de la maison, se rapprochant petit à petit. « C’est qui ? Aki est arrivée ? On avait pourtant dit 19h non ? Elle est en retard. »
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L’héritage d’un père
Aki se figea un instant. Cette voix, c’était celle de Larris, son oncle, le conjoint de Suzy. Rien qu’entendre son ton suffisait à faire remonter en elle une bouffée d’irritation. Ce moment avec sa tant lui avait presque fait oublier la présence de cet homme avec qui la balafrée n’avait jamais vraiment partagé quoique ce soit. Larris avait le don de se faire remarquer avec des petites phrases acerbes et son caractère autoritaire avait toujours eu le don de mettre mal à l’aise l’eurasienne. Il était tout l’inverse de sa tante, Aki ne comprenait pas vraiment ce que ces gens faisaient ensemble au fond.
Lorsqu’il arriva enfin au niveau de l’entrée, sa silhouette imposante dominant l’espace, Aki se redressa. Sa chemise froissée et son verre de whisky en main donnaient l’impression qu’il avait été arraché à sa tranquillité et qu’il n’était pas franchement ravi de l’interruption.
« Bon vous comptez rester plantées là longtemps ? Il fait froid bon sang, entrez nom d’une baguette ! », dit-il finalement de sa voix grave et autoritaire. Ses yeux parcoururent sa nièce, et une expression indéchiffrable s’installa sur son visage tandis qu’il laissait les deux femmes entrer dans le vestibule de la maison.
Aki entra en silence, n’adressant qu’un bref regard à son oncle, ses épaules tendues et sa mâchoire serrée. Elle leva la tête, jetant un oeil au lustre au-dessus de sa tête, puis aux tableaux décorant ce hall. Rien n’avait vraiment bougé depuis le décès de sa grand-mère, Suzy et Larris avaient simplement ajouté quelques décorations de leur ancien logement. Tandis que Suzy invita sa nièce à se découvrir, le sorcier se dirigea vers la salle à manger où il s’installa en attendant que les deux femmes ne le rejoignent.
290 mots
Lorsqu’il arriva enfin au niveau de l’entrée, sa silhouette imposante dominant l’espace, Aki se redressa. Sa chemise froissée et son verre de whisky en main donnaient l’impression qu’il avait été arraché à sa tranquillité et qu’il n’était pas franchement ravi de l’interruption.
« Bon vous comptez rester plantées là longtemps ? Il fait froid bon sang, entrez nom d’une baguette ! », dit-il finalement de sa voix grave et autoritaire. Ses yeux parcoururent sa nièce, et une expression indéchiffrable s’installa sur son visage tandis qu’il laissait les deux femmes entrer dans le vestibule de la maison.
Aki entra en silence, n’adressant qu’un bref regard à son oncle, ses épaules tendues et sa mâchoire serrée. Elle leva la tête, jetant un oeil au lustre au-dessus de sa tête, puis aux tableaux décorant ce hall. Rien n’avait vraiment bougé depuis le décès de sa grand-mère, Suzy et Larris avaient simplement ajouté quelques décorations de leur ancien logement. Tandis que Suzy invita sa nièce à se découvrir, le sorcier se dirigea vers la salle à manger où il s’installa en attendant que les deux femmes ne le rejoignent.
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L’héritage d’un père
Aki ôta lentement de son manteau, le suspendant à un vieux porte-manteau en bois accroché au mur qu’elle reconnaissait. Elle se souvenait des jours d’hiver où sa grand-mère y accrochait les écharpes tricotées à la main pour ses deux petites filles, elles étaient toujours imprégnées de cette odeur de cannelle et de feu de cheminée. Ces souvenirs chaleureux contrastaient brutalement avec l’atmosphère tendue qui régnait désormais dans la maison.
Suzy, fidèle à sa douceur habituelle, posa une main légère sur l’épaule de sa nièce et lui adressa un regard tendre. L’eurasienne prit une profonde inspiration et suivit sa tante dans la salle à manger. À chaque pas, son regard glissait sur les détails de la maison. Les rideaux usés par le temps, les petites fissures dans les murs… Elle remarqua un cadre photo posé sur une étagère. Dedans, une image d’elle, enfant, riant aux éclats dans les bras de son père. La balafrée sentit son coeur se serrer légèrement, mais elle ne s’arrêta pas, craignant que l’émotion ne la saisisse soudainement.
Quand elles arrivèrent dans la salle à manger, Larris était déjà installé à une extrémité de la longue table en chêne, son verre de whisky à la main. Il ne releva même pas la tête quand elles entrèrent, son attention fixée sur la gazette du sorcier dépliée devant lui.
« Tu veux boire quelque chose Aki ? » demanda Suzy, brisant le silence avec son sourire habituel. « Non merci, de l’eau sera très bien. », répondit simplement la noiraude. « Comme tu veux. Je vais aller chercher le plat en cuisine, je reviens. »
Suzy, fidèle à sa douceur habituelle, posa une main légère sur l’épaule de sa nièce et lui adressa un regard tendre. L’eurasienne prit une profonde inspiration et suivit sa tante dans la salle à manger. À chaque pas, son regard glissait sur les détails de la maison. Les rideaux usés par le temps, les petites fissures dans les murs… Elle remarqua un cadre photo posé sur une étagère. Dedans, une image d’elle, enfant, riant aux éclats dans les bras de son père. La balafrée sentit son coeur se serrer légèrement, mais elle ne s’arrêta pas, craignant que l’émotion ne la saisisse soudainement.
Quand elles arrivèrent dans la salle à manger, Larris était déjà installé à une extrémité de la longue table en chêne, son verre de whisky à la main. Il ne releva même pas la tête quand elles entrèrent, son attention fixée sur la gazette du sorcier dépliée devant lui.
« Tu veux boire quelque chose Aki ? » demanda Suzy, brisant le silence avec son sourire habituel. « Non merci, de l’eau sera très bien. », répondit simplement la noiraude. « Comme tu veux. Je vais aller chercher le plat en cuisine, je reviens. »
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L’héritage d’un père
Suzy quitta la pièce, laissant Aki seule face à son oncle. Larris quant à lui, continuait de fixer son journal, feignant une indifférence qui agaça immédiatement l’eurasienne. Le silence entre eux était lourd, seul le bruit du papier lorsqu’il tournait une page se faisait entendre. La directrice de la Réserve s’installa sur une chaise, à bonne distance de lui, les bras croisés sur la table. Elle observait ses gestes, chaque mouvement trahissait une certaine nonchalance qui pouvait même sembler calculée, une nonchalance que la balafrée avait toujours trouvée irritante.
Finalement, le sorcier brisa le silence, sans lever les yeux de son journal. « Alors, qu’est-ce qui t’a poussé à revenir ? ». Aki le regarda, les mâchoires serrées et le port de tête bien haut, elle ne comptait pas se laisser impressionner comme elle avait pu le faire plus jeune. « J’ai pensé que c’était le moment, puis l’occasion s’est présentée. », répondit-elle froidement.
Larris esquissa un sourire moqueur et reposa soudainement son verre de whisky avec un bruit sec. « Le moment… ». Il plia lentement son journal et plongea enfin son regard dans celui de sa nièce. « T’as pris ton temps, non ? »
Aki ne répondit pas immédiatement, laissant planer le silence quelques instants. Elle ne supportait plus les sous-entendus de cet homme qui ne l’avait jamais vraiment considéré. Comment une femme aussi tendre que sa tante pouvait avoir fait sa vie avec cet homme condescendant et si dur.
« J’ai eu mes raisons. », dit finalement la métisse sans sourciller. « Ah, tes fameuses raisons… Toujours les mêmes excuses. », répondit Larris en laissant échapper un ricanement sec avant de reprendre une gorgée de whisky.
Finalement, le sorcier brisa le silence, sans lever les yeux de son journal. « Alors, qu’est-ce qui t’a poussé à revenir ? ». Aki le regarda, les mâchoires serrées et le port de tête bien haut, elle ne comptait pas se laisser impressionner comme elle avait pu le faire plus jeune. « J’ai pensé que c’était le moment, puis l’occasion s’est présentée. », répondit-elle froidement.
Larris esquissa un sourire moqueur et reposa soudainement son verre de whisky avec un bruit sec. « Le moment… ». Il plia lentement son journal et plongea enfin son regard dans celui de sa nièce. « T’as pris ton temps, non ? »
Aki ne répondit pas immédiatement, laissant planer le silence quelques instants. Elle ne supportait plus les sous-entendus de cet homme qui ne l’avait jamais vraiment considéré. Comment une femme aussi tendre que sa tante pouvait avoir fait sa vie avec cet homme condescendant et si dur.
« J’ai eu mes raisons. », dit finalement la métisse sans sourciller. « Ah, tes fameuses raisons… Toujours les mêmes excuses. », répondit Larris en laissant échapper un ricanement sec avant de reprendre une gorgée de whisky.
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L’héritage d’un père
Aki ne répondit pas immédiatement aux paroles provocatrices de son oncle. Elle le regardait toujours avec ce calme désarmant qu’elle savait maîtriser à la perfection, un calme qui n’était pas une fuite mais un choix. « Si tu as quelque chose à dire n’hésite pas Larris. », finit-elle par répondre, sa voix toujours posée, mais son regard perçant comme la lame d’une dague aiguisée.
Le sorcier la fixa un moment, ses traits tendus, avant de s'adosser de tout son poids sur sa chaise avec un ricanement sec. « Disons juste que tu ne changes pas beaucoup. Toujours la grande silencieuse, toujours à te tenir au-dessus des autres. »
La balafrée inclina légèrement la tête sur le côté, sans ciller. Elle aurait pu réagir, mais elle connaissait cet homme. Elle savait que toute confrontation directe serait une invitation à une joute verbale stérile. Alors, elle choisit une autre voie d’approche. « C’est intéressant de voir que tu as pris le temps de m’observer toutes ces années. », dit-elle simplement, une pointe d’ironie dans sa voix.
Larris plissa les yeux et fronça les sourcils, l’air visiblement agacé, mais avant qu’il ne puisse répondre, le bruit d’un plat posé sur la table attira leur attention. Suzy venait de revenir, son sourire doux masquant mal la tension qui flottait dans l’air.
« Et si on mangeait maintenant ? », dit-elle en s’installant à sa place. Aki hocha la tête, sans ajouter un mot. Elle n’allait pas gâcher ce repas pour sa tante, mais elle sentait que cette conversation n’était pas terminée.
Le sorcier la fixa un moment, ses traits tendus, avant de s'adosser de tout son poids sur sa chaise avec un ricanement sec. « Disons juste que tu ne changes pas beaucoup. Toujours la grande silencieuse, toujours à te tenir au-dessus des autres. »
La balafrée inclina légèrement la tête sur le côté, sans ciller. Elle aurait pu réagir, mais elle connaissait cet homme. Elle savait que toute confrontation directe serait une invitation à une joute verbale stérile. Alors, elle choisit une autre voie d’approche. « C’est intéressant de voir que tu as pris le temps de m’observer toutes ces années. », dit-elle simplement, une pointe d’ironie dans sa voix.
Larris plissa les yeux et fronça les sourcils, l’air visiblement agacé, mais avant qu’il ne puisse répondre, le bruit d’un plat posé sur la table attira leur attention. Suzy venait de revenir, son sourire doux masquant mal la tension qui flottait dans l’air.
« Et si on mangeait maintenant ? », dit-elle en s’installant à sa place. Aki hocha la tête, sans ajouter un mot. Elle n’allait pas gâcher ce repas pour sa tante, mais elle sentait que cette conversation n’était pas terminée.
257 mots
L’héritage d’un père
Le repas s’était déroulé calmement, ponctué par des échanges cordiaux initiés par Suzy. Elle s’efforçait d’alléger l’ambiance, parlant de sujets anodins ou questionnant Aki sur son travail. La travail de la sorcière était d’ailleurs la seule chose que Larris respectait vraiment chez elle. La balafrée joua le jeu, répondant poliment, mais elle n’était pas dupe, la tension qui régnait entre elle et Larris persistait, même si ce dernier semblait s’être résolu à garder ses remarques pour lui.
Lorsque le dessert fut terminé, il se leva, emportant son verre presque vide avec lui. « Je vais lire un peu, vous vous occuperez du reste. » avait-il dit d’une manière qui n’attendait pas de réponse, puis il quitta la pièce sans un regard pour les deux femmes.
Suzy soupira légèrement, la mine fatiguée, puis elle se leva pour débarrasser et d’un simple mouvement de baguette, elle anima les assiettes et les couverts, qui s’envolèrent doucement jusqu’à l’évier de la cuisine. Elle se tourna vers sa nièce avec un sourire, « Viens avec moi, on va ranger le reste en cuisine. ».
Aki suivit sa tante, observant toujours la maison qui lui semblait à la fois familière et étrangère. Dans la cuisine, la vaisselle se nettoyait et se rangeait toute seule, créant une symphonie de sons dans la pièce. La lumière des lampes baignait l’endroit d’une lueur chaleureuse et l’odeur des plats de Suzy flottait encore dans l’air.
Une fois dans la cuisine, Suzy prit appui contre le plan de travail, observant Aki avec un sourire doux. Cette dernière, quant à elle, s’adossa contre l’encadrement de la porte, ses bras croisés et son regard posé sur les ustensiles qui dansaient dans l’évier. « Ça fait du bien d’être ici… mais c’est étrange, » dit-elle, le ton neutre mais sincère, « La maison a changé, et en même temps, pas tant que ça. »
Suzy hocha lentement la tête, sans un mot. Un silence s’installa entre elles, seul le bruit de l’eau qui éclaboussait légèrement se faisait entendre. L’eurasienne prit un instant avant d’aborder le sujet qui lui trottait dans la tête depuis son arrivée, « Le bureau de Mamie… il est toujours comme avant ? ».
Lorsque le dessert fut terminé, il se leva, emportant son verre presque vide avec lui. « Je vais lire un peu, vous vous occuperez du reste. » avait-il dit d’une manière qui n’attendait pas de réponse, puis il quitta la pièce sans un regard pour les deux femmes.
Suzy soupira légèrement, la mine fatiguée, puis elle se leva pour débarrasser et d’un simple mouvement de baguette, elle anima les assiettes et les couverts, qui s’envolèrent doucement jusqu’à l’évier de la cuisine. Elle se tourna vers sa nièce avec un sourire, « Viens avec moi, on va ranger le reste en cuisine. ».
Aki suivit sa tante, observant toujours la maison qui lui semblait à la fois familière et étrangère. Dans la cuisine, la vaisselle se nettoyait et se rangeait toute seule, créant une symphonie de sons dans la pièce. La lumière des lampes baignait l’endroit d’une lueur chaleureuse et l’odeur des plats de Suzy flottait encore dans l’air.
Une fois dans la cuisine, Suzy prit appui contre le plan de travail, observant Aki avec un sourire doux. Cette dernière, quant à elle, s’adossa contre l’encadrement de la porte, ses bras croisés et son regard posé sur les ustensiles qui dansaient dans l’évier. « Ça fait du bien d’être ici… mais c’est étrange, » dit-elle, le ton neutre mais sincère, « La maison a changé, et en même temps, pas tant que ça. »
Suzy hocha lentement la tête, sans un mot. Un silence s’installa entre elles, seul le bruit de l’eau qui éclaboussait légèrement se faisait entendre. L’eurasienne prit un instant avant d’aborder le sujet qui lui trottait dans la tête depuis son arrivée, « Le bureau de Mamie… il est toujours comme avant ? ».
363 mots
L’héritage d’un père
La sorcière semblait s’attendre à cette question, elle redressa doucement la tête et regarda sa nièce avec une certaine émotion, peut-être était-ce la mention de sa mère. « Oui, il n’a pas bougé. », dit-elle avant de marquer une pause, cherchant visiblement ses mots. « On n’a jamais vraiment eu le cœur de le changer. Larris voulait le vider une fois, mais je lui ai fait comprendre que certaines choses méritaient de rester comme elles sont, je pense que c’était ce que Maman voulait. »
Aki hocha la tête lentement, son regard se perdant un instant sur la vaisselle qui dansait encore dans l’évier. La mention de Larris n’éveilla en elle qu’un agacement fugace, vite balayé par le vrai sujet de la conversation.
« Et… la pensine ? » demanda la dragonologiste, sa voix presque murmurée, comme si elle redoutait la réponse. Suzy soupira doucement, son sourire s’effaçant pour laisser place à une expression plus difficile à déchiffrer. « Toujours là. Intacte... Ta grand-mère tenait beaucoup à ce que rien ne lui arrive. Elle disait toujours que les souvenirs sont précieux, mais qu’ils pouvaient devenir une prison si on n’y prenait pas garde. »
À ces mots, la balafrée baissa légèrement la tête, regardant ses pieds un court instant. Elle n’eut pas le temps de répondre avant que sa tante ne reprenne la parole, scrutant le visage de sa nièce avec attention, « Tu veux voir des souvenirs de ton père, n’est-ce pas ? »
246 mots
Aki hocha la tête lentement, son regard se perdant un instant sur la vaisselle qui dansait encore dans l’évier. La mention de Larris n’éveilla en elle qu’un agacement fugace, vite balayé par le vrai sujet de la conversation.
« Et… la pensine ? » demanda la dragonologiste, sa voix presque murmurée, comme si elle redoutait la réponse. Suzy soupira doucement, son sourire s’effaçant pour laisser place à une expression plus difficile à déchiffrer. « Toujours là. Intacte... Ta grand-mère tenait beaucoup à ce que rien ne lui arrive. Elle disait toujours que les souvenirs sont précieux, mais qu’ils pouvaient devenir une prison si on n’y prenait pas garde. »
À ces mots, la balafrée baissa légèrement la tête, regardant ses pieds un court instant. Elle n’eut pas le temps de répondre avant que sa tante ne reprenne la parole, scrutant le visage de sa nièce avec attention, « Tu veux voir des souvenirs de ton père, n’est-ce pas ? »
246 mots
L’héritage d’un père
Aki ne répondit pas immédiatement à la question de sa tante, elle se contenta de croiser les bras et de planter son regard dans celui de cette dernière, avec l’intensité dont elle faisait souvent preuve. « Peut-être. », dit-elle enfin d’une voix neutre, comme toujours, mais elle ne niait rien.
« Je m’en doutais. », répondit Suzy avant de s’arrêter brusquement, choisissant soigneusement ses mots. « Tu sais, ta grand-mère l’a gardée pour des raisons bien précises… Elle pensait que certains souvenirs étaient trop précieux pour être effacés, mais aussi trop lourds pour être explorés sans réfléchir. »
Aki demeurait impassible, mais profondément attentive. Sa posture droite et fière ne lui suffisait pas présentement, elle devait céder à sa vulnérabilité. « Tu crois que c’est une erreur ? » demanda-t-elle alors.
Suzy secoua doucement la tête. « Non, je ne dirais pas ça. Mais Aki… ce que tu cherches dans cette pensine, ce ne sont que des fragments. Des images figées dans le temps. »
« Je sais. », répondit la balafrée d’une voix calme.
Suzy resta silencieuse un moment, les yeux toujours fixés sur sa nièce. Puis elle soupira à nouveau, « Je ne vais pas t’en empêcher. Tu es adulte, tu sais ce que tu fais. Mais promets-moi une chose. »
« Laquelle ? », répondit Aki avec un regard interrogateur. « Ne te perds pas là-dedans Aki. ». Suzy s’avança, puis posa une main sur l’avant-bras de l’eurasienne. « Ton père t’aimait profondément, mais les souvenirs que tu trouveras ne remplaceront jamais ce que tu aurais voulu lui dire ou ce qu’il aurait voulu te dire. Ce qu’il était pour toi ne peut pas être résumé dans une pensine. »
La noiraude baissa les yeux sur la main de sa tante, puis hocha lentement la tête. « C’est promis. » dit-elle, sa voix trahissant une pointe de vulnérabilité, plus douce que son assurance habituelle.
Suzy se recula légèrement, puis se dirigea vers le salon où elle vérifia si son mari s’était bien endormi en lisant. Lorsqu’elle revint, rassurée, elle murmura à l’oreille d’Aki, « La clé est toujours dans le tiroir du haut, là où ta grand-mère la gardait. »
« Je m’en doutais. », répondit Suzy avant de s’arrêter brusquement, choisissant soigneusement ses mots. « Tu sais, ta grand-mère l’a gardée pour des raisons bien précises… Elle pensait que certains souvenirs étaient trop précieux pour être effacés, mais aussi trop lourds pour être explorés sans réfléchir. »
Aki demeurait impassible, mais profondément attentive. Sa posture droite et fière ne lui suffisait pas présentement, elle devait céder à sa vulnérabilité. « Tu crois que c’est une erreur ? » demanda-t-elle alors.
Suzy secoua doucement la tête. « Non, je ne dirais pas ça. Mais Aki… ce que tu cherches dans cette pensine, ce ne sont que des fragments. Des images figées dans le temps. »
« Je sais. », répondit la balafrée d’une voix calme.
Suzy resta silencieuse un moment, les yeux toujours fixés sur sa nièce. Puis elle soupira à nouveau, « Je ne vais pas t’en empêcher. Tu es adulte, tu sais ce que tu fais. Mais promets-moi une chose. »
« Laquelle ? », répondit Aki avec un regard interrogateur. « Ne te perds pas là-dedans Aki. ». Suzy s’avança, puis posa une main sur l’avant-bras de l’eurasienne. « Ton père t’aimait profondément, mais les souvenirs que tu trouveras ne remplaceront jamais ce que tu aurais voulu lui dire ou ce qu’il aurait voulu te dire. Ce qu’il était pour toi ne peut pas être résumé dans une pensine. »
La noiraude baissa les yeux sur la main de sa tante, puis hocha lentement la tête. « C’est promis. » dit-elle, sa voix trahissant une pointe de vulnérabilité, plus douce que son assurance habituelle.
Suzy se recula légèrement, puis se dirigea vers le salon où elle vérifia si son mari s’était bien endormi en lisant. Lorsqu’elle revint, rassurée, elle murmura à l’oreille d’Aki, « La clé est toujours dans le tiroir du haut, là où ta grand-mère la gardait. »
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