PNJ T'as réveillé les papillons qui dormaient dans mon abdomen


#808000 Shay Sloan, ami d'enfance, pnj validé

Dimanche 29 aout 2049, vers 1h du matin
Queen's Park Court, Edimbourg


Ce soir-là, Renn était encore de sortie. Après avoir passé l'après-midi en tête à tête avec shay, ce-dernier l'avait embarqué pour passer la soirée à la plage avec ses potes, pour leur dernier soir ensemble. Ils avaient passé la quasi totalité du mois d'aout tous les deux, à se voir presque tous les jours. Certes, Renn avait passé une semaine à Glasgow, et réussissait aussi à voir ses autres amies, mais elle avait passé beaucoup de temps avec le blond. Entre les sorties au parc, au cinéma, à la plage ou les quelques soirées qu'ils avaient fait ensemble, elle avait passé beaucoup de temps avec son ami.

Enfin, ami n'était plus le bon mot. Auparavant oui, peut-être, maintenant elle ne savait plus trop. Ils avaient grandi, changé tous les deux, et même après plusieurs années sans se parler, ils s'étaient rapproché de nouveau à une vitesse faramineuse. Si vite que le rapprochement en été différent de quand ils étaient enfants. Renn ne savait pas trop ce qu'il se passait entre eux, du moins ne voulait-elle pas mettre de mot dessus pour rester sourde à tout ce qu'il se passait. Mais elle sentait bien ses joues qui rougissaient, les frissons qui parcourraient son corps dès qu'elle sentait Shay un peu trop proche d'elle, les fourmillement qui se réveillaient au creux de son ventre quand elle pensait à lui, qu'elle le voyait arriver, et surtout, elle sentait bien qu'il voulait toujours la voir, lui parler. Mais elle faisait mine de ne pas le remarquer, de faire comme si de rien n'était, c'était bien plus simple que voir la vérité en face. L'un comme l'autre savaient qu'ils ne pourraient pas se revoir avant l'été prochain, alors à quoi bon se prendre la tête ?

La nuit était tombée depuis un bon moment déjà quand Renn rentra chez elle. Sa mère lui avait dit d'être rentrée à une heure dernier carat, et à une heure pétante, elle se trouvait au pied de l'immeuble. Shay et ses amis l'avaient raccompagnés ensemble, puisqu'ils partaient ensuite chez l'un d'eux pour dormir. Renn était la seule à ne pas y aller, pour la simple et bonne raison que d'ici quelques heures, elle repartait pour l'Angleterre. Et sa mère n'aurait de toute façon jamais accepté qu'elle aille dormir chez un garçon qu'elle ne connaissait pas, même en sachant que Shay, qu'elle connaissait, était présent. Ce-dernier, d'ailleurs, avait tenu à l'accompagner jusqu'à l'entrée de son bâtiment, laissant son groupe de potes attendre devant la résidence.

« Je te rends ton sweat. annonça Renn d'une voix un peu détâchée, en commençant d'ors-et-déjà à enlever le pull. »

Ils avaient passé l'après-midi, la soirée et le début de la nuit ensemble ensemble, et Renn, n'ayant pas pu repasser chez elle pour récupérer une veste avant de partir à Portobello, avait récupéré le sweat bleu du garçon. Il était trop grand pour elle, évidemment, mais elle ne pouvait pas dire que cela l'avait foncièrement dérangé, ç'aurait été un parfait mensonge. Non seulement, elle n'avait plus froid, mais en plus elle respirait le parfim de Shay à plein nez.

« Non garde-le, j'en ai d'autres, répondit-il en lui attrapant les mains. Renn fronça les sourcils.
Mais tu vas avoir froid là le temps de rentrer, protesta-t-elle.
T'inquiète, c'est pas très loin d'ici.
Justement t'as les mains glacées là, donc...
Renn. Il la coupa, resserrant ses doigts autours des siens. Arrête. »

Elle lui lança un regard noir qui le fit éclater de rire, d'un rire si comunicatif que Renn se surprit à sourire à son tour. A moins que l'alcool qu'elle avait bu pendant la soirée fasse encore bien effet, alors qu'elle avait l'impression que c'était déjà bien redescendu depuis.

« Bref, tu devrais y aller, les autres vont râler. »

Shay acquiesça d'un signe de tête. Sans surprise, il lâcha ses mains pour passer les siennes autours de ses épaules, et la serrer contre lui. Elle avait beau s'y attendre, les battements de son coeur s'accélérèrent d'un coup, la chaleur traversa son corps jusqu'à ses joues d'un seul trait, tandis qu'elle essayait de camoufler son trouble en entourant maladroitement le torse du blond de ses bras. Et le pire, c'était qu'elle était bien là, la tête contre son coeur. Renn finit, au bout d'un petit moment et un peu à contre-coeur, par lentement se détâcher de l'étreinte de Shay, sans y parvenir complètement, les mains de ce-dernier descendant dans le creux de son dos comme pour la garder plus longtemps contre lui.

Puis elle plongea les yeux dans les siens, s'y noyait presque. Le temps semblait se suspendre autour d'elle, les entourant tous les deux d'une bulle qui les coupait du reste du monde. Le souffle court, Renn avait l'impression d'être dans un film. Elle avait l'impression que c'était elle l'héroïne principale des fictions qu'elle regardait. Et elle avait l'impression que Shay allait l'embrasser à tout moment. Comme dans les films. Parce qu'elle en avait envie, finalement...

Mais il ne se passa rien. Du moins, Shay ne bougea pas d'un cil. C'était Renn qui s'était hissée sur la pointe des pieds pour déposer un simple baiser sur la joue du garçon, comme elle l'avait déjà fait plus tôt dans la soirée. Elle s'éloigna une bonne fois pour toute, rompant le contact des mains du garçon sur sa taille, de ses mains à elle sur les épaules de Shay.

« Envoie-moi un message quand vous arrivez
Promis. Rentre bien chez ton père !
Merci ! répondit-elle dans un sourire. »

Désormais seule dans la cage d'escalier, Renn s'appuya contre le mur du rez de chaussée, les yeux fermés, pour souffler. Elle ne savait même plus si elle regrettait qu'il ne se soit rien passé de plus que des câlins, des doigts entremêlés et des bisous sur la joue, ou si elle était soulagée de ne pas avoir à mettre les choses au clair en quelques jours avant qu'elle retourne à Poudlard. Elle qui avait passé le mois d'aout à se dire qu'elle voulait qu'il n'y ait rien de plus, la voilà qui avait voulu pendant quelques secondes poser ses lèvres sur celles de Shay... Elle soupira, agrippant dans ses mains les manches du sweat dix fois trop grand pour elle, humant le parfum de celui qui lui avait prêté. Tout ça était bien trop compliqué pour son cerveau embrumé par les restes d'alcool et la fatigue. Mais maintenant que c'était fait, elle ne pouvait plus revenir en arrière. Qu'aurait-elle pu faire d'autre de toute façon, puisqu'elle-même était perdue ? Elle n'avait qu'à laisser le temps faire les choses jusqu'à l'été suivant, et aviser ensuite. Elle avait le temps pour ça, un an.

- FIN -

रेन #241431 — 7ème année, 18 ans
« elle viendra un jour de pluie dessiner le soleil »