Malahide Fracture

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ᯓ★ Fracture du cœur qui toujours fut présenté comme vital, mais qui soudain s'effrite à mon contact ★ᯓ

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2047, Voltigeuses réminiscences vagabondes que sont les pensées âcres d'Adélaïde, lorsqu'enfin corde effilée fut définitivement rompue avec Antonn.
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| “I could watch forever while you shine on everyone”

Pour les autres, c'est un détail. Pour moi, l'espérance vient de s'effondrer. Ou peut-être est-elle encore en train de tomber ? À leurs yeux, tu n'étais qu'une infime part du monde, sans réelle importance. Depuis les miens, je voyais ta précieuse poésie. J'admirais, de l'autre côté du mur qui nous sépare, le soleil sur tes lèvres, la tempête de tes yeux, l'amour de tes joues, la grâce de ta silhouette bénie par Venus. Malgré le manque, même sans ton attention, ma poitrine se déchirait de la passion que je te portais. Les rares regards qu'étaient les tiens rejoignaient mon coffre à souvenir, casés entre la pierre de lune et les croquis d'Hécate. Tes faibles sourires répandaient leur lumière tout autour de mon corps, le nourrissaient de sa puissance, comme une plante grandissante, de sa brillance. J'étais ta fleur, tu étais ma bénédiction. La fragrance de tes mots me touchait, m'amadouait, me mettait à nu. Prise au dépourvu, je ne pouvais résister à ta beauté. J'étais animée par l'aveugle confiance que je te léguais, sans jamais douter de sa sincérité. Je me suis laissée engloutir, tomber petit à petit, assez lentement pour ne pas en souffrir. Pourtant, je continuais. Comment pouvais-je comprendre ta trahison sans ma vision ? J'ai fini par réussir. Depuis le temps que je ne vois plus rien, j'improvise. J'observe avec mes méninges, j'admire avec mon cœur. Tu m'as appris à ne jamais surestimer quelqu'un, mais t'en remercier ne ferait que renforcer ton ego, alors je n'en ferai rien. Je m'en veux autant que je t'en veux, bien qu'aucun réel lien ne pourrait être établi. Je regrette mon impulsivité, mon incompréhension, peut-être que, d'une certaine façon, je n'étais pas celle que tu souhaitais, celle que tu cherchais. Je n'ose penser à ce que nous serions devenus si j'avais pris le temps de t'expliquer, tout. Je t'aurais arrêté un instant, un bref moment, tout simple. Une nouvelle ère serait née. Tout est de ma faute. Si j'avais été meilleure, si je ne t'avais pas fait si peur, je ne serais pas repartie à zéro. Mais, il est dingue de penser que j'ai pu t'aimer, te fréquenter, sans jamais douter. Je ne prétends pas avoir changé, être devenue une meilleure personne par ce bref écart, rien ne pourrait le justifier, pas même de véritables paroles de ma part. Aucun changement, aucune prétention à l'être. Sottise. Je n'ai pas bougé d'un poil, et je ne le souhaite nullement. J'ai continué de vivre, avec une passion en moins. Je me rabats donc sur le ciel et les dieux, où l'amour n'est plus qu'un éclat saillant dans l'univers, un éclat, qui me tranche froidement. Je ne succomberai pas à l'envie de retrouver ta chaleur, je résisterai au besoin de contempler à nouveau ton visage, je retiendrai mes jambes avant qu'elles ne fuissent à tes côtés une seconde fois. Peu m'importe le temps, je finirai par contrôler mon esprit, je réussirai. Et tu disparaîtras. Pour toujours. Pour l'éternité.


Et alors que je marchais au bord de la falaise, une voix étrange m'a rappelée à la vie. Je me suis retournée, j'ai souri, attendrie, avant d'être violemment poussée dans le vide.


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Directrice de l'Astronarium since Octobre 49 • Αδελαΐδα Μπρένεν
PNJs • Demande de relations •
Impératrice-Sirène des Contrées Germaniques, Célestes et Maritimes • Idole d'Elam • Adézheimer

Malahide Fracture
| “And I'll be in denial for at least a little while.”


Pour la brise estivale, ce n'est que le souffle d'une éperdue véhémence. La simplicité des syllabes glissant le long de ton palais, la ténacité de chaque consonne, portée avec attention contre le cœur d'une autre. Les mille et une vibration de ta voix, inondant le plus haut point de ma conscience d'une solide irrationalité, les flots d'un sens dont je ne maîtrise pas l'art, submergeant ma poitrine d'une incompréhension qui, en vérité, n'est plus. Une sincérité accrue, que j'assimilerais à la violence pure et injustifiée - mais qu'est ce qu'une violence justifiée-, une mélodie que je capte, que j'emprisonne, et que je nie jusqu'à ce qu'elle explose. Non, je refuse d'ouvrir mon esprit, de laisser la raison pénétrer ma conscience, bien assez fragilisée pour recevoir une nouvelle attaque. J'attrape tes paroles, je les enferme dans une jarre, comme la plus haute blessure de l'humanité. Je n'en peux retirer le couvercle, de peur que cette brutalité ne s'attaque à sa cible d'origine. Je ne serai pas Adélaïde, la successeure de Pandore, je ne serai pas lâche, curieuse, rien. Mais peut-être est-ce aussi ma raison qui me guide, m'affirme que le mal réside en cet objet. Je sais. En sachant, que peut-il m'arriver ? Je sais ce qui s'y cache, j'en connais la destruction. Elle, n'était que la victime de la férocité divine. Cette bande d'individus accrus dont l'existence n'a jamais été prouvée, commanditaires d'une fin, d'une terreur que seul un démon pourrait s'amuser à contempler. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me sentir reliée à cette Pandore. Je peux contester autant que je le souhaite, je peux repousser, rejeter, autant de fois qu'il me le sera permis, mais ce n'est pas pour autant cela qui me tiendra éternellement à l'écart de ce fil, ce lien. J'ai été façonné par celui en qui je portais toute mon admiration, ma confiance. Au milieu d'un océan tumultueux, il était mon compas. Emportée dans la tornade, il était mon oiseau. Brûlée par les flammes, il était mon sauveteur. Entremêlée dans les lianes, il était mon couteau. Mais, ce couteau, jadis utilisé à me libérer, désormais demeurait l'arme de mon emprisonnement, celle qu'il porte à mon cou, menace de sa rage. Plaquée contre la paroi d'une pente que je ne peux affronter, je me dois de rester à cette étape, risquant ma vie un peu plus, jour après jour, à mesure que la lame tranche l'once d'espoir que demeure ma sincérité. Que fais-je ? Qu'est-il en train de se produire ? Qu'en sais-je ! Je ne suis que l'actrice d'un court-métrage improvisé : je n'en connais ni les dialogues, ni le scénario, ni la fin, aussi fatidique puisse t'elle être. Aussi blessante qu'elle serait, aussi langoureuse qu'elle se montrerait. Mais j'avance. Je poursuis, la motivation, l'achèvement, l'acheminement m'appelle au loin, m'amène à lui, phare d'une tempête nocturne, au large d'une côte méditerranéenne. Elle m'oriente alors que je progresse à tâtons dans ce labyrinthe obscur, auquel je n'ai jamais connu que l'entrée, et jamais la sortie. Cependant, plus j'avance et plus le commencement me semble irréalisable, irréaliste, inventé de toute pièce. Y suis-je tombée un jour, ou en ai-je toujours fait partie ? Serais-tu ces méandres, ou me l'attribues-tu ? Évidemment, que tu le ferais. Repose toutes tes craintes sur mon dos, je serai ton épaule, ton appui, ta confiance. Je t'écouterai, je te conseillerai, te préviendrai, et lorsqu'au creux d'un instant dépourvu de sens, tu douteras, tu te caleras contre ma poitrine, je te murmurerai quelques paroles d'amour à mi-voix, de mon habituel ton consolant, chaleureux. Qu'attendais-tu de moi ? Étais-je le fantasme d'un individu vers qui revenir lorsque tous lâchent, abandonnent ? Combien de temps ai-je été ta roue de secours, combien jours ai-je passé à m'émouvoir de tes absences, combien d'heures ai-je gâché à m'arracher à ma fougue, dans l'espoir de rentrer dans la boîte, cette case me définissant, dans laquelle je devais rentrer, marionnette de tes exigences depuis notre rencontre ? Qui as-tu respecté ? Que n'as tu pas entravé ? Qu'as-tu donné, qu'as-tu fait de bien ? Dis-le moi. Qui es-tu ? Qui suis-je. Je ne sais pas, je ne sais plus. Plus rien, du tout. Je lévite, couleur de l'orage, victime de la brume, je m'enfonce dans le plat inconnu, qu'en sortirais-je ? Seules les étoiles le savent, mais je n'ai plus foi aux cieux, je n'ai plus foi en ce qui me rappelle à toi. Je ne tiens qu'à un fil donc, pourtant il me semble bien trop ferme pour se dénommer ainsi. Le cordage écrouant ma vivacité, brûlant de sa fermeté, j'en endure encore les blessures. Ton emprise volatile n'a que trop duré, elle n'a trop qu'attaqué, et n'a trop qu'étouffé. Comment osais-tu te présenter sur le seuil, la courbe d'un sourire se dessinant sur un visage qu'une autre contemplait les secondes précédentes ? Comment pouvais-tu à ce point contrôler ta propre bataille, ta propre voix, celle qui tentait de te raisonner, de te ramener à la réalité, la dure et vile réalité ? Comment te hasardais-tu à me laisser seule face à cet affront, lorsque mon corps lui-même, jonché d'une pression morale notable, gisait au sol à la façon d'une âme abattue, et accablée de l'évidence ? Tu n'en sais rien, tu ne sais rien. Tu t'évertues à répandre ton ego, à l'embaumer d'une chaleur que l'infidélité te fait apparemment ressentir. C'est tout, et malheureusement, c'est déjà trop. Tu es trop, tu n'es qu'un fardeau, tu t'accroches à ceux qui t'apporteront gloire et succès, tu n'as aucune morale, aucun jugement. Tu n'es animé que par la haine, mais ton cœur, sous tous ces angles, n'est que le portait de la pierre brute et glaciale que tu t'amuses à me jeter. Alors, oui, pour la brise estivale, ce n'est qu'un murmure anodin mêlé aux rires cristallins des enfants insouciants au bord des vagues, certes. Pour moi, ce n'est plus que la torture de sa consonance, de sa lâcheté. Pour moi, ce n'est plus que l'écho de tes mots.

«Va t'en.»

Alors, j'ouvre les yeux. Du haut de la falaise, ton regard dédaigneux, ton sourire hasardeux. Cette infamie, tout, me terrifies. Et comme c'est étrange d'être hantée par quelqu'un qui est encore en vie ?

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Malahide Fracture
| “Does it keep you in control for you to keep her in a cage”

Pour un rayon de soleil, ce n'est qu'une passe, comme les autres. Une passe simple, longue certes, mais une passe tout de même. Une passe qui, comme tout instant adepte de l'impatience l'aurait fait, s'accroche, refuse de s'en aller, de disparaître. Alors, elle projette sa lumière, vivace, lueur de mes paupières. Tous me disent alors qu'il faut en profiter, en prendre soin, car si certaines choses sont éternelles, rien n'est plus éphémère que le sourire las auquel j'avais droit, parfois. Mais comment puis-je profiter d'une telle calomnie puisqu'en réalité, elle n'existe tout simplement pas ? Elle n'est là que pour prétendre une vérité qu'elle ne soutient pas, qu'elle ne mérite pas. Que fait-elle ? Pourquoi me la donnes-tu, pourquoi moi ? Qu'ai je fait pour en subir l'anarchie ? Je ne suis que la marionnette de ton plan, celle qui, folle d'une passion inepte, individuelle, répondrait à tous les désirs que sont les tiens, sans rechigner, animée par un feu ardent au creux de ma tempe, relié à ma démence enfouie au plus profond de ma poitrine. Je suis aveugle. Je ne sais pas, je ne vois pas. Mais le suis-je de naissance, n'ai-je tout simplement jamais remarqué un tel manque de considération ? Ou ce handicap est-il né au creux de tes bras, un soir d'été alors que tu m'enlaçais à la mélodie d'une valse éthique ? Je peux me remettre en question, je sais plus que quiconque comment régler une telle chose, mais, s'il persiste bien un facteur que je ne peux contrôler, c'est toi. Toi, l'homme à la carrure protectrice, l'homme à la voix calice, au sourire enjoliveur et au raisonnement teneur ? Résonnent encore dans mes veines l'écho de mes murmures nocturnes, de mes aveux honteux, des paroles adoucies d'une confidence périlleuse ; tu es mon soleil. Oui, tu l'es. Tu l'as été, tu le fus, tu l'es, et tu le demeureras. On ne change la nature d'un individu que par des mots, car la parole, l'écrit et la poésie d'une cursive ne vaut toute action irréfléchie. Les mots se déforment, s'assemblent et ensemble, tournent n'importe qui en l'objet de leur contrôle. Auparavant, qu tout premier instant, tu étais le soleil d'une épopée amoureuse, celui qui tape tendrement contre le vitrage d'une verrière fleurie, encadrant l'incarnation de toute une volonté au centre des rosiers. Puis, tu t'es métamorphosé. Tu as pris la forme de l'étoile chaleureuse, à la douceur réchauffant et réconfortante sur laquelle je me reposais, noire soit ma pensée, troublée soit mon esprit. Désormais, tu n'es plus que le soleil, regrettablement, vicieux, obstruant ma vision, colmatant mes iris comme pour me tenir à l'écart de tout. Une protection ? M'égares-tu des atrocités, ou les créer tu ? Me guides-tu vers la beauté d'un monde qui m'est inconnu, ou me pousses-tu plus près du gouffre ? Comment savoir ? Comment voir ? Je ne peux pas. Mais je ne suis pas aveugle. Tu m'aveugles. Je ne vois pas comme je le pouvais, comme tu le peux, comme vous le pouvez, lecteurs. Je perçois d'une façon bien plus subtile, mais en qui je prête une passion inopinée. Je semble me laisser porter par ce que je comprends, ce que j'entends, sous mon voile sombre, déposé de lui-même aux ordres d'Antonn. Je m'en sers de bouclier, désormais. Profiter de la véritable étoile n'est plus qu'un rêve qui m'est interdit, dont jamais je ne m'octroierai le droit. À vrai dire, je ne sais pas ce que je raconte. J'hallucine, je me perds, je fabule. Je vacille, je bascule, je chute. J'atterris, je me relève, mais je retombe. J'ose distinguer une source d'aide, une main à saisir, à serrer, alors je la tends, mais l'illusion s'évapore. Tu me terrifies. Comment puis-je continuer ainsi ? Comment ? Je ne sais pas, je ne sais plus. J'ai peur, Antonn.

Une paume levée au ciel qu'est la mienne, un rayon de lumière, tendue derrière la barrière, je le capture de mon poing, mais il a déjà disparu, tu es dans bien loin. Je pensais t'avoir pour l'éternité, mais tu n'as cessé de m'échapper, fervente erreur.


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