OS Le murmure de l'absence POV, Duncan McInn, PNJ

13 Octobre 2049
Portree, Ile de Skye
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Duncan McInn (PNJ)
Code couleur : #9000ff
Déjà un mois et demi que je n’avais pas parlé à Heather, que je n’avais pas demandé de nouvelles de ma sœur à mes parents. Un mois et demi qui me paraissait une éternité et pourtant je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même.

Je m’en voulais de cette jalousie sournoise qui s’insinuait en moi dès que je pensais à elle dans son monde magique, monde où je n’avais pas ma place et où je ne désirai pas avoir ma place. Je m’en voulais de ces satanés mots qui avait franchi mes lèvres cet été. Je m’en voulais pour les mots que je lui avais écrit en septembre.

J’aurai aimé dire que je m’en moquais, que je n’avais jamais vraiment attendu ces vacances, mais c’était faux. Elle me manquait, nos instants me manquaient. J’attendais avec impatience les vacances d’octobre pour tenter de m’excuser et essayer de reprendre notre relation fraternelle et fusionnelle. La période aiderait, car nous l’aimions tous les deux. Ces vacances étaient souvent synonymes de feuilles rouges et oranges tombantes, de tartes aux pommes, de soirées à discuter près du feu ou à lire des contes. Heather avait toujours été le cœur de ces moments.

Je comptais les jours qui me séparaient d’elle. Qu’elle ne fût pas ma déception lorsqu’une lettre arriva.
Athair, Màthair,


J’espère que vous allez bien, et que cette lettre vous trouvera en bonne santé vous et Duncan. L’automne est enfin arrivé et le parc de l’école à pris les teintes rouges et or que j’affectionne tant. Cela me fait rire car ce sont les couleurs qu’arborent la maison de Griffondor, celle que j’ai intégré il y a déjà plus d’un an. Je suppose que l’île a pris les mêmes teintes et que la mer en cette période est plus grise et écumeuse.

J’ai longtemps réfléchi avant de vous écrire, et je sais que mes mots risquent de vous surprendre, peut-être même de vous décevoir. Cette année, je ne rentrerai pas pour les vacances d’automne. Croyez-moi, ce n’est pas une décision que j’ai prise à la légère.

Vous me manquez horriblement. Je sais que mon absence va laisser un vide. Je le ressens moi aussi, croyez-moi. Mais je pense que c’est la meilleure solution. Duncan sera plus à l’aise si je ne rentre pas. Je ne veux pas être la source de quelconques tensions qui ne seraient agréable pour personne. De plus, mes résultats en ce début d’année ne sont pas fameux, il faut donc que je travaille et je serai plus à l’aise de le faire à la bibliothèque de l’école.

Je vais aussi écrire une lettre pour Hamish et Diana pour leur dire que je ne rentre pas comme ça vous n’aurez pas à le faire.

Tha gaol agam ort gu daor.

Heather
La lettre fut aussi violente qu’un coup de vent froid. J’avais vu la tristesse dans les yeux de ma mère et de mon père et des larmes perlaient aux yeux de màthair. Une mauvaise nouvelle ? Mon père m’informa qu’il s’agissait d'une lettre de Heather. Que pouvait-elle bien écrire pour que nos parents aient cette réaction ?

Je pris la missive des mains et la lut. Un sentiment de culpabilité m’envahit. Heather ne rentrerait pas. Il relisait cette phrase en boucle : « Je ne rentrerai pas pour les vacances d’automne ». Elle ne rentrerait pas en partie à cause de moi. Je ne doutais pas qu’elle voulait travailler mais ce n’était qu’un prétexte. Si elle ne rentrait pas c’était bien à cause de moi.

Je posais la lettre sur la table de salon, mes doigts tremblants d’une colère que je n’arrivais pas à nommer. "Ne pas rentrer." Les mots résonnaient dans sa tête, comme une porte qui se refermait trop brusquement.

Je regardais autour de moi et à cet instant chaque recoin de la pièce semblait crier son absence. Je voyais l’ombre de Heather affalée sur le canapé, un livre à la main. Dans la cuisine, j’entendais ses éclats de rire lorsqu’ils cuisinaient ensemble.

Je levai les yeux vers mes parents qui me regardèrent confus et me sentis misérable. Il n’y avait pourtant aucun reproche dans leur regard, mais je me sentais mal. Elle semblait s’éloigner de plus en plus, inatteignable.

« -Sérieux Duncan, tu es stupide. Tout ça c’est ta faute. Si tu avais eu l’intelligence de te taire, elle serait rentrée. »

Je montais dans ma chambre. J’avais besoin d’être seul. Je me sentais perdu. Une partie de moi n’était plus tout à fait complet, comme si un morceau de notre lien s’était bel et bien brisé, et que je ne savais pas comment le réparer.

Pour la première fois depuis longtemps, pour la première fois depuis longtemps je me mis à pleurer. Pleurer sur ma stupidité et sur le manque qu’elle représentait.

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Lorsque vous lui ouvrez la porte la magie est partout