Dommage pour les biscuits à l'avoine OS

Samedi 1er mai, table de Poufsouffle
@Alexander Joyce Jr


Argentella allait petit déjeuner étonnement heureuse. C’était aujourd’hui Beltaine, et elle avait des choses prévues pour la journée. Elle voulait offrir un cadeau à son amie Aoife, et elle avait prévu cela avec son grand-frère, le garde-chasse. Elle devait passer dans la matinée à sa cabane pour préparer des biscuits. Sa mère lui avait expédié par hibou les ingrédients nécessaires, et elle était sensée les recevoir ce matin. Aoife, comme le reste de sa famille, fêtait Beltaine et les autres fêtes sorcières d’origine celtique, et les biscuits à la farine d’avoine étaient une tradition de cette fête. Elle supposait qu’il y en aurait dans la grande salle, mais des biscuits fabriqués spécialement pour l’autre n’avaient pas la même valeur. Elle n’était peut-être pas adepte d’une quelconque religion, mais c’était une notion qui ne dépendait pas de ça.

Elle s’installa donc à la table de Poufsouffle assez tôt, et attendit le courrier en mangeant son habituel scone à la crème et à la confiture avec du thé bien chaud. Elle ne comprenait pas comment les gens pouvaient boire du jus de citrouille le matin. Une fois son petit déjeuné fini, elle sortit un livre de runes de son sac et se plongea dans sa lecture en buvant son thé. Soudain, les hiboux firent irruption dans la grande salle dans un concert de hululement. Habituellement, elle venait exprès à un horaire qui lui permettait d’éviter les hiboux, mais elle était pour une fois contente de les voir arriver malgré le bruit. Elle ferma son livre en prévision, mémorisant le numéro de la page, et quelques instants plus tard un gros hibou brun lâcha un panier emballé dans du tissu blanc devant elle.

Elle allait ouvrir le tissu quand une autre chouette, une effraie qu’elle ne reconnaissait que trop bien, lâcha une lettre dans un papier luxueux sur le dessus du panier. Argentella grimaça en reconnaissant la lettre comme envoyée par sa grand-mère, d’autant plus avec le sceau de cire vert sombre et l’écriture italique et pointue. Elle prit la lettre, la glissa dans son sac entre ses livres et se reconcentra sur le panier. Elle souleva le tissu et découvrit à l’intérieur, bien stables dans d’autres morceaux de tissus, des bocaux de farines (dont de l’avoine, si sa mère avait respecté sa demande), de poudre à lever, ainsi qu’un pot de beurre agrémenté d’un glacius pour la conservation. Mr O’Dea devait lui prêter du sel, et ce serait tout bon. Elle sourit, plia le tissu, le posa sur le dessus du panier et déplaça le panier sur le banc à côté d’elle. Elle ressortit la lettre de son sac après une hésitation, décolla soigneusement le sceau et déplia le parchemin pour en lire le contenu. Ses yeux parcoururent la page rapidement, sa respiration s’accélérant au fur et à mesure qu’elle avançait sa lecture. « Rien d’absolument certain pour l’instant », « un accord », « très important », « fiançailles », « Alexander Joyce Jr », « famille noble », « cousin éloigné », « une très bonne nouvelle »… Sa vue se troublait, les mots dansaient devant ses yeux, elle ne comprenait plus. La respiration incontrôlée, elle lâcha la lettre. Il fallait qu’elle se calme. Ne pas paniquer, ne pas paniquer, ne pas paniquer. Elle paniquait complètement. Qu’est-ce que c’était que cette histoire. Sa grand-mère avait vraiment fait ça ? Est-ce que sa mère était au courant ?

Tâchant de reprendre le contrôle de ses poumons et d’empêcher les larmes d’inonder ses joues, elle replia la lettre, la fourra dans son sac, la froissant dans un mouvement qui l’aurait habituellement dérangé mais qu’elle ne remarqua même pas. Elle se leva brusquement, saisit son panier et couru hors de la Grande Salle, fonçant vers son dortoir. Elle avait besoin de Lue, elle avait besoin de Circe.

Dialogue #778899 | fourth year