À l’aube de la liberté
Rhea courait. Elle le sentait, le temps la rattrapait. Elle était en retard. Elle serra les dents, le visage couvert de sueur. Ils n'allaient pas laisser passer celui-là. Ses pieds frappaient le sol dur de la forêt, rapides, précipités. Le bruissement des feuilles sous ses pas résonnait entre les arbres, dégageant une forte odeur terreuse qui imprégnait l'humidité des sous-bois.
Stupide Aven.
Il lui avait dit qu'elle aurait le temps. Résultat des courses : elle allait rater sa rentrée. Elle le savait, ses parents allaient en faire tout un plat. Elle lâcha un gémissement plaintif. Déjà que ses escapades les mettaient dans une humeur monstrueuse...
Son souffle s'accéléra. Ses jambes s'engourdissaient. Elle fatiguait. Le manoir n'était plus qu'à une centaine de mètres, elle y était presque. Elle entendait déjà son père et ses reproches. Elle eut envie de ralentir, mais ne céda pas. Ça ne ferait qu'aggraver les choses.
Arrivée sur le pas de la porte, elle fut accueillie par la solide silhouette de son père. Son visage était tiré et sa mâchoire crispée. Ses cheveux blonds impeccables faisaient tache à côté des boucles noires de Rhea, couvertes de boue et parsemées de feuillages. La jeune fille esquissa un sourire désolé, qui le laissa de marbre.
— Tu es en retard.
Sa voix rauque résonna comme une sentence dans l'entrée du manoir.
— Je suis désolée- balbutia Rhea, qui commençait à regretter.
— Je ne veux pas de tes excuses, la coupa-t-il. Va te changer et te laver.
Il lui lança un regard de dégoût avant de tourner les talons. Il n'avait pas besoin d'en dire plus : son regard parlait pour lui.
— Oui, père, répondit Rhea, une émotion indescriptible dans ses prunelles saphir.
Elle baissa la tête, serra les poings. Elle sentit le regard de sa mère sur elle, mais il était aussi vide qu'un reflet sur une vitre. Sans un mot, elle grimpa les marches quatre à quatre, comme si elle pouvait fuir l'écho du jugement paternel.
Elle se lava rapidement, enfila une robe de sorcier en soie d'accromentule et s'arrêta, le regard posé sur son épaisse valise. Les elfes de maison l'avaient préparée plus tôt dans la journée. Ils n'avaient pas dû mettre ça.
Elle se précipita vers son lit, l'allongea à ses côtés et attrapa une boîte poussiéreuse. Elle l'ouvrit et révéla une veste. Pas n'importe quelle veste. Une veste en cuir. Typiquement moldue. Celle qu'Aven lui avait offerte lors de leur rencontre.
Elle la fit glisser entre ses doigts, caressant le cuir usé. Aven lui avait dit qu'un vêtement pouvait être plus qu'un simple habit. Une armure. Un manifeste. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Ils allaient être choqués. Et elle, enfin, existerait.
Elle la glissa précieusement dans sa valise, enjouée à l'idée de l'enfiler enfin. Avant de refermer son bagage, son regard se posa sur une vieille montre à gousset qu'elle avait bricolée des années plus tôt. Une montre qui ne donnait plus l'heure, mais qui cachait un petit compartiment secret qu'elle avait ajouté en cachette.
Un sourire amusé lui échappa. On ne sait jamais. Elle glissa l'objet dans sa poche.
Enfin, elle se dirigea vers son armoire. Son violon l'attendait. Elle le prit délicatement et le plaça sur son épaule avant de traîner sa valise jusqu'aux escaliers. Elle descendit en vitesse et rejoignit son père, qui l'attendait, impatient. Il jetait sans cesse des coups d'œil à sa montre.
Rhea se racla la gorge pour signaler sa présence. Son père se tourna vers elle, le visage impassible.
— Tu es enfin là. Nous pouvons partir.
Il se tourna vers son épouse en ordonnant à Rhea :
— Eleanora, prends le bras de ton frère.
— Rhea... siffla-t-elle entre ses dents. Son père ne sembla pas l'entendre.
Son petit frère la regarda, les yeux grands ouverts, pleins d'admiration. Un sourire doux échappa à Rhea. Il était encore si jeune. Si innocent.
Il la voyait comme une héroïne, elle qui se rendait dans la plus prestigieuse école de magie du monde : Poudlard.
Elle aussi avait hâte. Là-bas, elle serait enfin elle-même. Juste Rhea.
Et cette pensée lui donnait enfin envie de respirer.
Elle attrapa doucement la main de son frère, puis sentit la lourde paume de son père sur son épaule.
Le monde se tordit.
Ils transplanèrent.
Stupide Aven.
Il lui avait dit qu'elle aurait le temps. Résultat des courses : elle allait rater sa rentrée. Elle le savait, ses parents allaient en faire tout un plat. Elle lâcha un gémissement plaintif. Déjà que ses escapades les mettaient dans une humeur monstrueuse...
Son souffle s'accéléra. Ses jambes s'engourdissaient. Elle fatiguait. Le manoir n'était plus qu'à une centaine de mètres, elle y était presque. Elle entendait déjà son père et ses reproches. Elle eut envie de ralentir, mais ne céda pas. Ça ne ferait qu'aggraver les choses.
Arrivée sur le pas de la porte, elle fut accueillie par la solide silhouette de son père. Son visage était tiré et sa mâchoire crispée. Ses cheveux blonds impeccables faisaient tache à côté des boucles noires de Rhea, couvertes de boue et parsemées de feuillages. La jeune fille esquissa un sourire désolé, qui le laissa de marbre.
— Tu es en retard.
Sa voix rauque résonna comme une sentence dans l'entrée du manoir.
— Je suis désolée- balbutia Rhea, qui commençait à regretter.
— Je ne veux pas de tes excuses, la coupa-t-il. Va te changer et te laver.
Il lui lança un regard de dégoût avant de tourner les talons. Il n'avait pas besoin d'en dire plus : son regard parlait pour lui.
— Oui, père, répondit Rhea, une émotion indescriptible dans ses prunelles saphir.
Elle baissa la tête, serra les poings. Elle sentit le regard de sa mère sur elle, mais il était aussi vide qu'un reflet sur une vitre. Sans un mot, elle grimpa les marches quatre à quatre, comme si elle pouvait fuir l'écho du jugement paternel.
Elle se lava rapidement, enfila une robe de sorcier en soie d'accromentule et s'arrêta, le regard posé sur son épaisse valise. Les elfes de maison l'avaient préparée plus tôt dans la journée. Ils n'avaient pas dû mettre ça.
Elle se précipita vers son lit, l'allongea à ses côtés et attrapa une boîte poussiéreuse. Elle l'ouvrit et révéla une veste. Pas n'importe quelle veste. Une veste en cuir. Typiquement moldue. Celle qu'Aven lui avait offerte lors de leur rencontre.
Elle la fit glisser entre ses doigts, caressant le cuir usé. Aven lui avait dit qu'un vêtement pouvait être plus qu'un simple habit. Une armure. Un manifeste. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Ils allaient être choqués. Et elle, enfin, existerait.
Elle la glissa précieusement dans sa valise, enjouée à l'idée de l'enfiler enfin. Avant de refermer son bagage, son regard se posa sur une vieille montre à gousset qu'elle avait bricolée des années plus tôt. Une montre qui ne donnait plus l'heure, mais qui cachait un petit compartiment secret qu'elle avait ajouté en cachette.
Un sourire amusé lui échappa. On ne sait jamais. Elle glissa l'objet dans sa poche.
Enfin, elle se dirigea vers son armoire. Son violon l'attendait. Elle le prit délicatement et le plaça sur son épaule avant de traîner sa valise jusqu'aux escaliers. Elle descendit en vitesse et rejoignit son père, qui l'attendait, impatient. Il jetait sans cesse des coups d'œil à sa montre.
Rhea se racla la gorge pour signaler sa présence. Son père se tourna vers elle, le visage impassible.
— Tu es enfin là. Nous pouvons partir.
Il se tourna vers son épouse en ordonnant à Rhea :
— Eleanora, prends le bras de ton frère.
— Rhea... siffla-t-elle entre ses dents. Son père ne sembla pas l'entendre.
Son petit frère la regarda, les yeux grands ouverts, pleins d'admiration. Un sourire doux échappa à Rhea. Il était encore si jeune. Si innocent.
Il la voyait comme une héroïne, elle qui se rendait dans la plus prestigieuse école de magie du monde : Poudlard.
Elle aussi avait hâte. Là-bas, elle serait enfin elle-même. Juste Rhea.
Et cette pensée lui donnait enfin envie de respirer.
Elle attrapa doucement la main de son frère, puis sentit la lourde paume de son père sur son épaule.
Le monde se tordit.
Ils transplanèrent.
"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
Couleur RP : #4d5f84