nuit E.S Nuit noire, nuit blanche

Le jour de la rentrée,
Quelque part dans l'école
Et dans le vent qui chemine,
C'est la nuit blanche des pleurs,
Dont la lumière orpheline,
A vu le jour dans le coeur.
Joë Bousquet


Quand j'ai entendu pour la première fois parler de la grandeur de Poudlard, je me suis jurée d'aller tout explorer. Je voulais, avant la fin de ma première semaine, connaitre tous les coins et recoins de l'école. Je me doutais bien que je n'en serai pas capable. Le chemin de l'entrée, à la Grande Salle, puis de la Grande Salle aux dortoirs m'avaient tout deux parus interminables, et je n'avais traversé qu'un seul et unique étage. Une fois mes affaires rangées, et mes camarades endormies, j'ai quitté la chambre, et rejoins la Salle Commune. Je n'ai pas pu m'empêcher de l'admirer. J'aurai pu y passer la nuit entière, mais ma mission m'attendait. Une fois sortie, je suis immédiatement montée au rez-de-chaussée, puis au premier étage. Du moins, c'est ce que je croyais. Les escaliers montaient, et descendaient, sans s'arrêter une seconde à un étage. Quand enfin celui sur lequel j'étais se stabilisa, je ne me fis pas prier pour en descendre.

Je n'avais aucune idée de là où j'étais. Et j'adorais ça. Je fis rapidement le tour du couloir, avant de voir, au croisement, une personne. Elle devait faire ma taille, mais de loin, et dans la précipitation, je ne l'ai pas bien vu. Je décida quand même de rester derrière le mur de mon couloir, un oeil sur le croisement. Je ne pouvais pas me faire attraper par un préfet, ou pire, un enseignant, le jour de la rentrée.

@Eleanora Sywell

everyone remembers the girl with red hair
#B30092

nuit E.S Nuit noire, nuit blanche
Le château était plongé dans un sommeil profond. Les tableaux sur ses murs, habituellement si moqueurs, somnolaient dans leur cadre. Les éternelles torches de l'école projetaient un faible éclairage sur le couloir que longeait Rhea. Aujourd'hui, c'était sa première nuit à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie. Et déjà, ses escapades forestières lui manquaient. Ses discussions avec Aven lui semblaient si lointaines. Pourtant, c'était il y a moins d'un jour.

Prise d'une soudaine insomnie, Rhea avait attrapé sa veste et, toujours vêtue de son pyjama, s'était exfiltrée de son dortoir afin de rejoindre les allées sinueuses du château médiéval.

Les couloirs s'entremêlaient, se dissociaient pour mieux se retrouver. Les minutes s'écoulaient et Rhea traçait sa route, perdue dans le labyrinthe nocturne. Elle enchaînait les virages. D'abord à droite, puis à gauche. Elle passa devant une multitude de pièces, de vieilles salles de cours. Elle était comme dans un rêve, sur son nouveau terrain de jeu nocturne.

Le château était si vaste. Elle avait hâte d'en découvrir les secrets. De résoudre ses mystères. Son cœur se gonfla d'envie. Elle esquissa un sourire joyeux.

Un escalier se présenta face à elle. Elle était dans la tour Ouest. Au plus haut. Elle se mordit la lèvre d'excitation. Il y avait d'innombrables étages inexplorés sous elle. Des pièces à découvrir. Des passages secrets à percer. Elle prit une grande inspiration et, impatiente, posa un premier pied sur l'escalier que l'on décrivait comme fou. Son second pied suivit, sans hésitation. Elle reprit sa marche, dévalant les marches d'une traite. Elle ne comptait plus les étages, grisée par l'excitation, le cœur battant.

Les marches butées finirent par la déposer sur un palier de pierre. Le couloir qui s'offrait à elle semblait plus large que les autres. Il l'appelait. Elle laissa son instinct la guider vers une nouvelle allée. Indifférente au fait qu'elle ne savait plus où elle était.

Un bruit retentit.

Rhea plissa les yeux. Elle ne voyait rien. Son cœur s'emballa. C'était peut-être un préfet, ou bien un professeur. Elle s'arrêta. Sa tête lui disait de fuir, mais elle n'en avait pas envie. Et si c'était un des nombreux mystères qui entouraient Poudlard ? Elle fit un premier pas. Puis un second. Elle s'approcha d'un embranchement. Elle inspira. Et tourna le regard. Son cœur rata un battement et elle fit un bond en arrière. Surprise.

La chose devant elle n'avait rien d'un mystère ou d'un préfet. C'était une fille qui semblait avoir son âge. Encore sous le choc, Rhea lâcha une phrase :

Par Merlin, tu m'as fait peur ! Qu'est-ce que tu fabriques ?

431 mots
@Beatrice Belinsky

"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
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