PNJ OS TW Un vernis sucré.

Reducio
Votre PJ est présent ? Oui
Nom et prénom du PNJ (+ lien avec le PJ) : Varanus, soutien émotionnel et confident
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Intérêt de ce RP pour votre PJ : Développer la première rencontre entre le PJ et le PNJ (plus de détails ici)

Légendes :
*Pensées*
Gestes / Narration
Souvenirs
Paroles
Paroles Varanus

Samedi 05 Février
Dans l'après-midi, 15:30


TW : Mention de brûlures et de sang


C’était une journée comme une autre, une de celles qui s’effacent facilement dans le quotidien. Rien d’exceptionnel, et pourtant, mon esprit bourdonnait, agité de pensées insistantes, certaines plus envahissantes que d’autres. Depuis cette nuit dans la tour d’astronomie, une étrange sensation me collait à la peau. Cette rencontre avec cet inconnu m’avait laissé un goût de gourmandise sur la langue, d’interdit, m’éveillant parfois en pleine nuit avec une envie soudaine d’y retourner. Comme si cet instant avait calmé quantité de mes démons. Comment, et surtout, qui et pourquoi ? Moi-même n’ayant jamais réussi à faire taire mon esprit, comment un garçon sortant de je ne sais où pouvait-il, en quelques mots échangés dans l’obscurité, y parvenir ? Une simple réaction chimique ? Mon cerveau avait-il déclenché un afflux incontrôlé de dopamine et d’ocytocine à cause du mystère qui l’entourait ? Son anonymat, son parfum, l’absence de visage sur lequel projeter des attentes… Mon amygdale s’était apaisée, ça, j’en étais certain.
*Est-ce que je pourrais le retrouver ? Se retrouvera-t-on ? Est-ce que ça occupe son esprit à lui aussi ? Non, je ne suis pas assez marquant pour ça…*
Je secoue la tête, agacé. Mon esprit s’emballe trop vite. À force de vouloir comprendre, je vais finir par disséquer cette rencontre jusqu’à en extraire toute les possibilités, alors que je devrais simplement en profiter comme un beau souvenir. Avec un soupir, je m’efforce d’ignorer le bruit incessant de mes pensées. Je sors du château pour l’extérieur afin de profiter d’une certaine tranquillité pendant que je tente de me concentrer sur mon livre en main. Traversant la cour de l’horloge, je marche d’un pas léger, le regard fixé sur les pavés où dansent les ombres de mes cheveux dorés sous le soleil. Le murmure de l’eau de la fontaine effleure mes oreilles, un son à la fois hypnotique et apaisant. Seulement, un bruit me fait relever la tête de la vision incroyablement passionnante de mes pas sur le sol. Un reniflement. Puis deux.
Quelqu'un était en train de pleurer.
Ma marche ralentit, mon regard perçant glissant vers la fontaine. Une silhouette au dos voûtée, recroquevillée, se reflète à la surface de celle-ci. Je fais le tour, avant de discrètement passer ma tête sur le côté, et qu'elle ne fut pas ma surprise de voir un elfe de maison, habillé d'un torchon de cuisine mal ajusté et de deux chaussettes dépareillées en guise de mitaines. Avec de grands yeux ronds, profond comme l'océan, de grosses larmes de crocodile coulent sur ses joues rondes et ridées. Ses oreilles tremblent légèrement avec ses mouvements, encore trop loin pour m'être visible.
*Oh. Ça faisait... assez longtemps, que je n'en avais pas vu d'aussi près.*
Je déglutis, mon ventre se retournant aux souvenirs faisant surface à nouveau dans ma tête, accompagné d’un frisson le long de mon dos. A cet instant précis, mon esprit me ramène brutalement à un autre temps, une autre vie.
Une odeur de poussière.
Une lueur de bougie dans le noir.
Le goût métallique du sang séché sur les touches d’ivoire d’un piano désaccordé.
Trois elfes de maison, réticents, jetant un regard hésitant à une pièce qu’ils refusaient d’entretenir, persuadés qu’elle était vide.
Mais non. Il y avait bien quelqu’un.
Un petit garçon tapi dans l’ombre, effrayé, serrant et couvrant une bougie trop près de ses petits doigts maigres et abîmés au point de s’en brûler la peau. Pour ne pas être vu, ni trouvé, ni emmené loin de ce havre de paix, ce refuge qu'il s'était créer. Ses dessins à la craie, au sol et sur les murs, vestiges de ses souvenirs disparaissant peu à peu au fil du temps, alors qu'il tente de s'y accrocher, la peur d'oublier le prenant au tripes.

Je cligne des yeux, la lumière du soleil m’éblouissant soudainement, l’odeur renfermée de cette pièce cauchemardesque se faisant remplacer par celles des fruits de l’elfe et de l’herbe. Je soupire, chassant momentanément les spectres de mon passé d’un souffle, avant de passer une main dans mes cheveux, hésitant. Je pourrais partir, continuer ma journée comme si de rien n’était. Mais une étrange sensation noue mon estomac.
*Après tout, je n'est rien à y perdre, si ce n'est un peu de mon temps.*
Alors, je m’avance, assez pour voir les doigts crochues de la créature équeuter à répétition les mêmes fruits : des fraises. Je lève un sourcil, intrigué, avant de dire d'un voix posée, portée par la brise.


"Tu es perdu ? Non pas que je pense que tu le sois, mais pour qu’un elfe de cuisine se retrouve dehors à démembrer des fraises, je me demande bien ce qui ce passe."

L'elfe sursaute et se tourne vers moi, son visage rond couvert de larmes. Il lâche le fruit qu'il tenait, celui-ci retombant mollement dans le panier avec les autres. Il essuie rapidement son visage, avant de me faire un sourire solaire, ses yeux pétillants comme des milliers d’étincelles. Contre toutes attentes, une sensation de calme me traverse en voyant son expression maintenant plus sereine.

"Oh non non, tout va bien ! Seulement, il s’est disputé avec ses collègues. Alors le voilà assis ici, à s'occuper des fraises pour les futurs desserts de la semaine."

Sa voix est douce. Un peu aigüe, mais pas désagréable. Je lève un sourcil, intrigué, avant de m’approcher. Je tends la main et attrape une fraise, que je fais tourner entres mes doigts. A travers mes cils, je lève mon regard grisâtre vers l’elfe, avant de dire avec calme, un certain intérêt dans la voix.

"Tu ne finiras jamais d’équeuter toutes ses fraises à toi tout seul avant minuit ce soir. Si je t’aide, tu m’en devras quelques unes-"

Avant même que je ne finisse ma phrase, les yeux bleus électrique de la créature, plutôt grande d’ailleurs, s’illuminèrent avec un entrain que je ne soupçonnais pas. Je sens mes oreilles chauffées de part cet chaleur nouvelle pour moi que dégage l’elfe. J’essaie de reprendre contenance en cachant le bas de mon visage, mes oreilles déjà rouges de gêne et mon regard fuyant les iris expressives de la personne devant moi.
*Il est étonnamment doué pour me surprendre.*


"C’est vrai ?! Tu m’aiderais ? Comme c’est gentil de t’as part ! Varanus est l’un des cuistots du château ! Il est ravi de rencontrer le jeune Serpentard, il fera en sorte que tu ai les fraises les plus sucrées en échange !"

Avant même que je puisse répondre, il se décale légèrement, m’invitant à m’asseoir, avant de reprendre sa tâche avec joie et beaucoup plus d’énergies que tout à l’heure. Je soupire intérieurement, mais il dégage une chaleur que je ne parviens pas à ignorer. Je range mon ouvrage, pose mon sac, m’installe à ses côtés et attrape une fraise, répétant le geste mécanique, presque apaisant, de les équeuter. Au fur et à mesure que les fruits passent entres mes mains, le jus de ceux-ci coule un peu entre mes doigts, créant un joli contraste avec le liquide rosé, ma peau pâle et mes ongles maintenant couvert d’un rouge clair. Le silence se fait lourd, mais pas dérangeant pour moi. En revanche Varanus, c’est une autre histoire.

"….du coup, Varanus lui a dit que ça ne fonctionnait pas comme ça du tout. Mais dans les cuisines, comme partout d’ailleurs, personne n’écoute Varanus, alors ils m’ont mis dehors, avec la tâche la plus ingrate ! Tout seul !! Tu te rends compte ?!"

*Et bien, un vrai moulin à paroles.*
J’écoute d’une oreille distraite, et pourtant la bienveillance évidente de cet elfe à chacune de ses paroles ne peux que m’arracher un léger sourire. Pour une journée qui commençait mal en étant banalisée par un garçon des ombres, me voilà à m’occuper des futurs desserts de la semaine avec une créature bien plus que pipelette.
Puis Varanus sort une absurdité, et voilà qu’un petit ricanement m’échappe. Léger, imperceptible. Instinctivement je couvre ma bouche, mais trop tard, l’elfe est déjà debout sur le bord de la fontaine, à sautiller et crier de joie.


"Tu as rigolé ! Varanus sait reconnaître un vrai rire, même tout petit petit !"

"Non."

"Oh que si, je t’es entendu, oui !!"

"J’ai ricané, ce n’est pas la même chose."

"Tu devrais le faire plus souvent, un si joli sourire, il ne faut pas le cacher !"

Varanus manque de trébucher en bondissant de son perchoir, mais se rattrape avec succès. Avec un rire léger, il reprend sa tâche sans problèmes. Moi, je reste figé. Montrer mes émotions n’est pas dans mes habitudes. Je lève ma main vers mes lèvres fines, caressant celles-ci comme si j’allais les briser à la moindre occasion. Je baisse la tête, essayant de comprendre.
*Je ne me trouve pas "joli". Alors en quoi mon sourire, qui plus est douloureux, ferait-il une différence ?*
Je mords l’intérieur de ma joue, ma réflexion partant bien trop loin pour une remarque pleine de bonne intention. Mais Varanus le remarque. Je sens une main aux doigts crochues contre mon avant-bras, l’elfe me faisant un grand sourire, ses dents rondes renforçant cette sincérité évidente.


"Ne réfléchis pas trop, ça fatigue le cœur et l’esprit. Avec Varanus, tu peux juste être toi et personne d’autre, sans avoir peur. Je serais toujours là, fais confiance !"

Je tourne ma tête vers lui. Moi qui est si réticent aux contacts, voilà que je le laisse m’approcher. Mais ce n’est qu’une sérénité légère qui en résulte, comme un voile doux qui me recouvre. Je fais un sourire fugace, une lueur de calme traversant mes iris d’argent. Je tapote gentiment la main de Varanus, ma voix devenant un murmure, comme ceux des fées, discrets et invisibles pour ceux qui n’écoutent et ne cherchent pas.

"Artamiel. Artamiel Saul. C’est mon nom."

1624 mots

"I don’t belong in the world.
That’s what it is."