Fanfiction Réflexions

J'ouvre un simple recueil sur mes réflexions, il n'y a aucune borne chronologique ni repère géographique. Prenez cet écrit comme un poème en prose, bon ou médiocre, c'est à vous d'en juger.

Écrire, mais écrire pour qui ? Écrire pour quoi ? Faut-il un but pour écrire ou n'en avoir justement aucun et se laisser porter par la douceur du papier ? Pour ma part, j'en ai un : une ode à la vie. C'est tout ce dont j'ai envie d'écrire et c'est pour cela que je suis ici, face à ma feuille vierge. Sans avoir une seule fois tenu un stylo pour autre chose que pour mes cours, ai-je le droit de m'avancer sur un sujet aussi complexe ? Je n'ai pas de réponses à ces questions, mais pourtant je vais écrire. Car je sens dans mon cœur un besoin irrépressible de le faire, cette envie a envahi mon corps alors que j'y réfléchissais durant des journées entière et depuis, ne me quitte plus. Je dois écrire, il faut que j'écrive.

Je me saisis de mes écouteurs, branchais le jack à mon téléphone et appuyais sur Play. Installée confortablement à mon bureau, une tasse de thé posée à mes côtés, je me plonge dans mes réflexions, envahie par la mélodie qui résonne à mes oreilles.
Pour parler de la vie et de sa beauté... ne faudrait-il pas parler de la mort et de sa laideur ? Il est connu de tous qu'on apprécie réellement une chose seulement lorsqu'on la perd. C'est d'ailleurs pour cela qu'une grande partie des artistes abordent la question de l'éclat de la vie par le biais d'un personnage sur le point de mourir. Pourtant, cela peut paraître niais mais je ne veux pas parler de la mort, je veux simplement célébrer la vie en écrivant sur la vie et non sur quelque chose de plus sombre. Je souhaite toucher les gens sans avoir à les choquer, les émouvoir sans les faire pleurer. C'est à croire que je me prends pour Tom Cruise...

Au fil de mes pensées, mes sourcils se froncent, mon stylo tournoie dans ma main et joue de manière espiègle avec mes doigts fins. Enfin, j'appose mes premiers mots sur le papier. Mes raisonnements défilent lentement sur les lignes noires des pages de mon carnet neuf. Je sens le grain du papier caresser agréablement la tranche de ma main au fur et à mesure de mes mouvements. Des oiseaux... des fleurs ? Je tente d'abord de trouver la plus belle métaphore qui retranscrirait ma vision du sujet. Après plusieurs longues minutes d'intense méditation et seulement un petit paragraphe d'écrit, je coupe ma musique et arrache mes écouteurs de mes oreilles d'un coup sec et fulminant. Il n'y a rien à faire, rien ne fait l'affaire : j'ai beau chercher, je ne rencontre que le néant.

Je rejette ma tête en arrière, mes cheveux blonds et bouclés cascadant sur le dossier noir de ma chaise. Mon stylo rejoint mon bureau en même temps que mes écouteurs en un bruit brusque et cristallin de plastique transparent de Bic. Les doigts de ma main droite caresse doucement le faux bois de chêne blanc du meuble tandis que ceux de ma main gauche passent rageusement dans mes boucles. Je ne vais jamais y arriver ! Je ne suis ni Zola ni Baudelaire, je ne suis pas capable de décrire les émotions que je souhaite faire ressentir à travers des lettres.

Mon pied tape encore le rythme de la musique d'Oasis que j'écoutais tandis que mes yeux sont fixés sur la peinture écaillée de mon plafond. L'odeur de papier neuf et de pâtes à la bolo qui flotte dans mon studio et à laquelle je suis habituée me saute soudainement aux narines. Je suis toujours occupée à courir partout à droit et à gauche, je n'y avais jamais fait attention. Un sourire s'esquisse sur mes lèvres fines alors que le tambourinement de la pluie résonne derrière la paroi vitrée. Ploc, ploc, une gouttière fuit peut-être chez mes voisins pour qu'un son régulier retentisse autant dans les murs. Le seul studio que j'ai les moyens de me payer se trouve dans une vieille bâtisse miteuse d'un quartier de banlieue dans la capitale. Mais bon, je ne m'en plains pas, j'ai mon coin à moi, mon autonomie, mes livres, mon chat, c'est tout ce dont j'ai besoin.

Soudain, je me relève brusquement sur ma chaise, mais oui ! Je m'approche de ma vitre et observe les gouttes d'eau rouler lentement sur le verre. Comment pourrais-je parler de la vie autrement qu'en une goutte de pluie ? Un parcours prenant plusieurs détours, la possibilité d'observer le monde durant son voyage, une goutte d'eau perdue parmi tant d'autre mais qui emprunte un chemin unique qui lui est propre. Je pourrai même ajouter le fait qu'il n'y a que les enfants, porteurs de joie de vivre et d'inconscience, qui ne s'intéressent à elle. Rare sont les gamins qui ne regardent pas la course des gouttelettes sur la vitre de la voiture de leurs parents durant un voyage interminable.

Avide d'écriture et réjouie d'avoir enfin trouvé une idée plausible, j'attrape vivement mon stylo et me jette sur les pages. Je n'écris que quelques phrases, résumant ma pensée avec quelques difficultés, mais c'est un début comme un autre.

La vie peut s'apparenter à une goutte de pluie...
Dernière modification par Thana N. Melione le 5 août 2025, 17:59, modifié 1 fois.

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Shine so bright that it burns their fuckin eyes

Fanfiction Réflexions
J'ai souhaité donner à cette seconde parenthèse un accent plus chantant, étant donné que j'ai eu la chance de réciter le début de ce texte face à un public. J'espère qu'il aura l'effet escompté, bonne lecture.

Seule dans le noir, je pense. Le flot de mes idées me fait dériver vers un rivage inconnu, vous savez, un de ceux où vous ne pouvez rester mais qui vous attire inexorablement en son sein. Un de ceux où, lorsqu'au petit matin, vous vous réveillez, vous avez l'impression d'avoir oublié quelque chose de primordial.
Je navigue dans les eaux troubles de mon esprit, perdue entre ici et là-bas. Voyage solitaire, sans un bruit, Morphée ne peut plus m'atteindre.

Là, sous mes draps de coton, le silence m'enveloppe et me protège. Il est ma lumière, ma plume, mon chemin. Il me transporte. Vers cette île inconnue, iceberg où tous mes souvenirs oubliés se sont échoués.
Le silence. Le silence est une évidence, il a bien plus d'importance que ce qu'on lui accorde. Le silence est tout et rien. Il est fait de non-dits, de choses tues, de choses inexplicables, inexprimables. Le silence est aussi fait d'absence.
Mon attention, attirée comme un aimant, se dirige vers ce qui m'habite. Le silence insuffle les rêves dans le sommeil. Il invite à l'irréel et l'imaginaire. Main dans la main avec le calme, je le laisse m'emporter dans ce périple sans commencement ni fin, où se mêlent chimères et réalités.

L'insomnie, à petit feu, me gagne. Elle réveille chaque partie de mon corps qui était encore engourdie par l'espoir d'un hypothétique sommeil imminent. Mes paupières, qui étaient jusqu'alors lourdes de fatigue, s'ouvrent à nouveau pleinement, comme si elles se réveillaient d'un long sommeil réparateur. Sommeil digne d'une Aurore aux cheveux de blé.
Pourtant, je suis loin d'avoir dormi comme la Belle au bois dormant.
Il faut dire que l'odeur entêtante de ma lessive Ariel et le touché râpeux de mon vieux plaid en laine participent grandement à chasser Hypnos.

Pour passer le temps, j'écoute le silence. Il m'entoure tel un cocon de sérénité. Cependant, je réalise bien trop vite à mon goût, qu'il restera muet comme une carpe koi. Évidemment, le silence ne serait plus lui-même s'il se mettait à me parler.

Vaincue, je finis par tendre la main pour tenter tant bien que mal d'attraper mon livre, seul remède que je possède contre la maladie qu'est l'ennui vide. L'ennuie vide est le nom que j'ai donné à l'absence de quoi que ce soit dans mon esprit. Cette absence qui n'est ni rassurante, ni réchauffante, cette absence qui vous angoisse et dévore votre énergie. Elle crée une sensation désagréable de vide dans votre être et rempli votre gorge d'une boule qui vous l'enserre.
Je parviens à la dompter seulement grâce à l'aide de personnages héroïques aux pouvoirs surnaturels. Plonger la tête la première dans leurs histoires fictives m'aide à remiser mon anxiété dans le grenier des mauvais souvenirs.
Malheureusement, mes doigts fins ne rencontrent que les boucles synthétiques de mon tapis IKEA. Il m'a suivie dans tous mes déboires celui-là : de ma chambre d'adolescente où je pleurais pour le beau Eden à mon appartement d'étudiante dans un quartier de la ville assez peu recommandable.

Je soupire et laisse pendre mollement mon bras dans le vide. À quoi bon ? Je ne suis plus vraiment certaine d'être intéressée par les lettres et les mots qui s'alignent militairement sur les pages de l'ouvrage. Finalement, je crois que je préfère m'évader dans mon esprit, accompagnée du silence. Mon imagination n'est pas limitée par la barrière du papier, elle.
Elle s'envole, se libérant de sa cage dorée sans que je puisse décider quand. Libre comme un oiseau de proie qui s'élèverait jusqu'aux cieux contre vents et marées. Accompagnée par Éole, elle déploie souvent ses ailes, se servant de tout ce qui l'entoure pour l'inspirer et la guider. M'emmenant dans son sillage, elle transforme chacun de nos pas en une myriade de possibilités.

Une main dans celle de mon imagination, l'autre dans celle du silence qui règne dans ma chambre, nous formons un trio inséparable. Ensemble, nous avançons pour rejoindre les Oneiroi. Enfin, je peux offrir un repos bien mérité à mon corps éreinté par une journée passée à travailler.

Le sommeil m'engloutit, faisant disparaître les dernières ombres de la cruelle Insomnie.

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