Serment de larmes et de sang
2 janvier 2050
Matin,
Avec @Nyxis Calderon
Matin,
Avec @Nyxis Calderon
Merinda avait passé la nuit à réfléchir. Effectivement, les événements de la veille, et même plus généralement ceux des mois précédents, ne cessaient de remuer ses pensées et de faire bouillonner son cerveau. Qu'allait-il se passer la prochaine fois qu'elle verrait Redose ? Et sa prochaine entrevue avec O'Lake, quand il allait constater que son comportement avait empiré ?
L'adolescente était perdue.
Mais surtout, elle devait parler avec Nyxis. Elle savait qu'elle avait déçue son amie, et elle se sentait mal sans son amour porteur. Elle l'avait négligée pendant son couple avec Orlaith, avait ensuite profité de ses bras pour y pleurer sa rupture, mais avait finalement ignoré ses avis sur Redose et sur son plan pour reconquérir Orlaith. Depuis, elle lui avait envoyé une lettre pour savoir si elle serait présente au Bal du Nouvel-An, mais la réponse avait été négative.
Nyxis lui manquait tellement. Elle devait lui prouver qu'elle ne la délaisserait plus jamais et qu'elle lui faisait confiance.
Alors au lieu de passer la nuit à chercher comment améliorer ses relations avec ses parents, Merinda avait réfléchi à une grande entreprise pour concilier son amie d'enfance, leurs combats et son besoin particulièrement actuel de canaliser sa colère.
Arrivés sur le quai 9 3/4, les Swart étaient particulièrement silencieux. Les événements récents avaient particulièrement choqué la famille. Seuls Tom et Carrie étaient assez inconscients face à ce qui s'était passé : elle leur avait laissé un mot et était revenue, il était où le problème ? Mais leur naïveté ne les empêchaient pas de sentir la froideur de leurs relations ce matin-là, et de comprendre que le silence était anormal et signifiait beaucoup.
Merinda se tourna vers ses parents en se demandant comment dire au revoir dans ce contexte-là. Elle se contenta donc d'un :
"Au revoir." les lèvres pincées, regrettant l'époque où tout était si facile entre eux.
Elle embrassa ensuite Tom et Carrie, et se tourna une dernière fois vers Talya et Jack, en espérant peut-être quelque chose de leur part qui détenderait l'atmosphère. Mais le regard de sa mère avait encore l'étincelle de la déception, et celui de son père le feu de la colère. Ils se contentèrent à leur tour d'un au revoir. Talya entama un geste comme pour aller caresser la joue de sa fille, mais elle avorta son mouvement presque dès qu'elle le commença.
Merinda ébouriffa les cheveux de Carrie une dernière fois, puis se détourna pour monter dans le train, laissant Octavius câliner ses parents malgré l'ambiance. Elle ne vérifia pas s'il était derrière elle lorsqu'elle monta dans le train, de toute manière elle voulait juste être seule avec Nyxis.
Elle trouva son amie alors qu'elles cherchaient toutes les deux un endroit où s'installer, et fut contente de la voir seule. Elle lui sourit, avec une énorme envie de la prendre dans ses bras.
"Salut !"
Elle ouvrit la porte d'un compartiment vide.
"Tu veux te mettre avec moi ?"
Dernière modification par Merinda Swart le 14 juil. 2025, 22:56, modifié 1 fois.
Serment de larmes et de sang
Nyxis traînait des pieds. Ses semelles frottaient le goudron avec exagération, glissaient sur le sol d'un pas répétitivement sec et agressif, simplement pour le plaisir de bénir les oreilles de père et mère de cette douce et divine musique urbaine. Ils devaient déjà s'estimer heureux de ne pas subir un long monologue agrémenté de cris suraigus sur la honte intersidérale que grand-père lui avait mis en lui donnant l'interdiction de se rendre au bal du Nouvel An. Maintenant, tout le monde saurait qu'elle avait été punie, et beaucoup ne manqueraient certainement pas d'en profiter pour lui rire au nez en guise de vengeance. Mais en réalité, ils avaient tous tort ! Elle n'avait rien fait ! Quel genre d'horreur aurait-elle pu commettre au point d'être privée de sortie pendant les vacances de Noël ! C'est pas comme si elle avait enlevé des gosses quoi... Enfin, c'était pas du tout le même chose ! Pas du tout ! Certainement... Peut-être ! M'enfin allez quoi, leur idée était bien plus amusante et beaucoup moins horrible ! Et puis c'était il y a longtemps ! Faut savoir passer à autre chose... Grand-père est presque vieux maintenant, il est censé perdre la mémoire, pas en gagner !
Sur le quai de la voie 9 3/4, le blond presque blanc de ses cheveux contrastait à merveille avec le rouge qui tintait progressivement son visage -honte peut-être, ou colère ? c'était bien trop lui demander. Elle avait, par trois fois déjà, violemment retiré la main de mère posée sur son épaule -nan mais la honte, en marmonnant on ne savait trop quelles injures que reprenait père d'un ton sévère, mais peu crédible. Bon, il fallait se l'avouer, l'autorité n'avait jamais vraiment été son fort, et chaque fois qu'il optait pour un discours appuyé par l'intransigeance, son allure prêtait plus à rire devant l'assemblée qu'à trembler de crainte. Les bras croisés sur sa poitrine, elle soupirait une énième fois en serrant de toute ses forces les flans de sa chemise déjà froissée. Vivement qu'elle puisse monter dans le train...
Lorsqu'enfin vint le moment saint, ses jambes la menèrent toutes seules à l'intérieur sans un bref au revoir, si ce n'est un rapide regard dédaigneux à l'encontre de mère qui faisait semblant de s'inquiéter pour elle. Bah faut être réaliste, ça se voit bien qu'elle en a rien à cirer non ? Comme d'habitude ! Mais peut-être que les propos de Michael l'avait réveillée un peu et que depuis, elle fait faussement attention à son comportement envers sa fille. Nyxis n'y voyait que ça. De toute façon, elle n'avait aucune envie d'y prêter son intérêt. Et puis, comment auraient-ils réagi si elle les avaient salués d'un sourire enchanteur, les yeux pétillants et le corps sautillant comme un enfant si heureux d'exister sur cette Terre sacrée ? C'était bien pire de simuler que tout allait bien, de faire comme si rien ne s'était passé, comme si ce n'était aucunement de sa faute qu'eux trois devaient déménager à côté de chez Michael ! Mais oui, voilons-nous la face et apprécions le doux chant des oiseaux en cette chaude journée glaciale ! Au moins, ils ne pourraient pas lui reprocher d'être hypocrite. Il ne pouvait y avoir plus sincère que les insultes qu'elle retenait dans son palais, et rien de plus réel que le poids qui enlaçait amèrement sa poitrine.
Alors elle s'engagea dans un wagon, traînant derrière elle sa valise en grimaçant comme si elle y transportait tout le poids de son existence. Elle erra un instant dans le couloir avant de croiser le regard de Merinda. En une seconde, peut-être deux, ses épaules se relâchèrent et tombèrent tranquillement alors qu'un faible sourire se dessinait sur ses lèvres.
- Hey !
Toutes les angoisses, les pensées entremêlées par centaine qui tournoyaient dans son esprit se dissipèrent, lâchèrent leur emprise de son mental, comme remises à plus tard, et elle pu alors souffler. Tout, reviendrait un jour ou l'autre, mais pour le moment rien ne comptait apparemment plus que la simple présence de la Galloise.
- Ouais... Ouais, carrément !
Et les deux jeunes filles s'engouffrèrent dans le compartiment vide. Nyxis baissait la tête. Elle ne voulait trop rencontrer les iris de son amie qui devait certainement être déçue d'elle. Elle, qui n'avait été que jalouse d'Orlaith qui accaparait tout le temps de Merine, elle qui n'avait su l'empêcher de trop fréquenter Redose, elle, qui n'avait pu faire l'effort de se faufiler au bal pour la voir. Elle avait enchaîné déception sur déception, et redoutait de devoir faire face au discours de la brune qui lui reprocherait certainement tous ces manquements. Comment pouvait-elle s'imaginer de telles choses ? Aucune idée, elle le sentait, c'est tout. Quelque chose dans son attitude qui clochait, par-delà son sourire pimpant peut-être faux, et, par principe, elle considérait que c'était de sa faute. Alors, elle inspira une grande bouffée d'air et demanda :
- Merine, j'ai fait quelque chose de mal ?
Hein ? Mais ? Nyxis, tu étais censée t'excuser, pas faire comme si tu ne savais rien de ce qu'elle s'apprêtait à te reprocher ! Bon, tant pis, maintenant, penche un peu la tête sur le côté pour montrer que tu es inquiète, histoire d'aller au bout de ta connerie. Nan mais franchement...
Sur le quai de la voie 9 3/4, le blond presque blanc de ses cheveux contrastait à merveille avec le rouge qui tintait progressivement son visage -honte peut-être, ou colère ? c'était bien trop lui demander. Elle avait, par trois fois déjà, violemment retiré la main de mère posée sur son épaule -nan mais la honte, en marmonnant on ne savait trop quelles injures que reprenait père d'un ton sévère, mais peu crédible. Bon, il fallait se l'avouer, l'autorité n'avait jamais vraiment été son fort, et chaque fois qu'il optait pour un discours appuyé par l'intransigeance, son allure prêtait plus à rire devant l'assemblée qu'à trembler de crainte. Les bras croisés sur sa poitrine, elle soupirait une énième fois en serrant de toute ses forces les flans de sa chemise déjà froissée. Vivement qu'elle puisse monter dans le train...
Lorsqu'enfin vint le moment saint, ses jambes la menèrent toutes seules à l'intérieur sans un bref au revoir, si ce n'est un rapide regard dédaigneux à l'encontre de mère qui faisait semblant de s'inquiéter pour elle. Bah faut être réaliste, ça se voit bien qu'elle en a rien à cirer non ? Comme d'habitude ! Mais peut-être que les propos de Michael l'avait réveillée un peu et que depuis, elle fait faussement attention à son comportement envers sa fille. Nyxis n'y voyait que ça. De toute façon, elle n'avait aucune envie d'y prêter son intérêt. Et puis, comment auraient-ils réagi si elle les avaient salués d'un sourire enchanteur, les yeux pétillants et le corps sautillant comme un enfant si heureux d'exister sur cette Terre sacrée ? C'était bien pire de simuler que tout allait bien, de faire comme si rien ne s'était passé, comme si ce n'était aucunement de sa faute qu'eux trois devaient déménager à côté de chez Michael ! Mais oui, voilons-nous la face et apprécions le doux chant des oiseaux en cette chaude journée glaciale ! Au moins, ils ne pourraient pas lui reprocher d'être hypocrite. Il ne pouvait y avoir plus sincère que les insultes qu'elle retenait dans son palais, et rien de plus réel que le poids qui enlaçait amèrement sa poitrine.
Alors elle s'engagea dans un wagon, traînant derrière elle sa valise en grimaçant comme si elle y transportait tout le poids de son existence. Elle erra un instant dans le couloir avant de croiser le regard de Merinda. En une seconde, peut-être deux, ses épaules se relâchèrent et tombèrent tranquillement alors qu'un faible sourire se dessinait sur ses lèvres.
- Hey !
Toutes les angoisses, les pensées entremêlées par centaine qui tournoyaient dans son esprit se dissipèrent, lâchèrent leur emprise de son mental, comme remises à plus tard, et elle pu alors souffler. Tout, reviendrait un jour ou l'autre, mais pour le moment rien ne comptait apparemment plus que la simple présence de la Galloise.
- Ouais... Ouais, carrément !
Et les deux jeunes filles s'engouffrèrent dans le compartiment vide. Nyxis baissait la tête. Elle ne voulait trop rencontrer les iris de son amie qui devait certainement être déçue d'elle. Elle, qui n'avait été que jalouse d'Orlaith qui accaparait tout le temps de Merine, elle qui n'avait su l'empêcher de trop fréquenter Redose, elle, qui n'avait pu faire l'effort de se faufiler au bal pour la voir. Elle avait enchaîné déception sur déception, et redoutait de devoir faire face au discours de la brune qui lui reprocherait certainement tous ces manquements. Comment pouvait-elle s'imaginer de telles choses ? Aucune idée, elle le sentait, c'est tout. Quelque chose dans son attitude qui clochait, par-delà son sourire pimpant peut-être faux, et, par principe, elle considérait que c'était de sa faute. Alors, elle inspira une grande bouffée d'air et demanda :
- Merine, j'ai fait quelque chose de mal ?
Hein ? Mais ? Nyxis, tu étais censée t'excuser, pas faire comme si tu ne savais rien de ce qu'elle s'apprêtait à te reprocher ! Bon, tant pis, maintenant, penche un peu la tête sur le côté pour montrer que tu es inquiète, histoire d'aller au bout de ta connerie. Nan mais franchement...
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Serment de larmes et de sang
La voix de Nyxis avait retenti dans un simple "hey" et les oreilles de Merinda avaient l'impression de ne pas avoir entendu ce son depuis une éternité. C'était comme redécouvrir le goût d'un plat adoré après longtemps. Trop longtemps. La répétition de l'affirmation de l'anglaise fit cependant douter Merinda. Nyxis hésitait-elle à s'assoir avec elle ? Préférait-elle rejoindre quelqu'un d'autre ? Et si, pendant les dernières semaines, trouvant Merinda trop distante, Nyxis s'était rapprochée de quelqu'un d'autre ? Pire, si elle était en couple et ne voulait pas le lui dire ? L'imagination de la métisse ne pouvait s'empêcher d'imaginer toujours pire, montant les échelons à vitesse grand V.
Merinda essaya de chercher du regard les yeux vert pâle de son amie, mais cette dernière ne faisait que baisser la tête, comme pour confirmer les peurs de la galloise. Rentrée dans le compartiment vide, sa malle serrée contre elle, comme hésitant à bouger pour la ranger au-dessus d'elle, Merinda sentait très clairement que Nyxis n'était pas dans son état normal. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour s'excuser, la blonde la devança.
"Merine, j'ai fait quelque chose de mal ?"
Décontenancée, Merinda ne put cacher son étonnement face à la question. Pourquoi Nyxis aurait-elle fait quelque chose de mal ? Au contraire, c'était elle qui avait fait n'importe quoi !
"Hein ? Mais pas du tout, au contraire c'est moi qui t'ai abandonnée ! Je suis vraiment trop désolée Nyx, j'ai fais n'importe quoi je t'ai même pas écoutée... J'voulais pas qu'tu t'sentes délaissée quand j'étais avec elle, j'me rendais pas compte que je te parlais moins, ou alors que je te parlais que d'elle, mais vraiment je t'ai toujours aimé autant et puis après j'ai été stupide de revenir pleurer vers toi quand elle est partie, j'ai dû te faire sentir comme un pauv' mouchoir qu'on prend que quand y'en a besoin, c'est horrible ! Et après, avec Redose, j'ai pas réussi à t'écouter, et j'me suis enlisée, j'ai plus su comment faire..."
Sous le coup de l'émotion, Merinda avait parlé vite, et elle du s'arrêter pour reprendre son souffle.
"Là j'te cherchais pour m'excuser justement, j'ai même eu une idée de truc à faire ensemble, parce que j'avais trop peur d'avoir tout cassé alors que toi justement t'étais ce qui me paraissait le plus incassable, fin c'que j'veux dire c'est que t'as toujours été là et pour moi tu seras toujours là, alors j'ai eu peur d'avoir tout gâché..."
Merinda était à deux doigts de lâcher que tout ce qu'elle attendait depuis deux minutes c'était de la prendre dans ses bras, mais elle se tue. N'exagérons rien, elle reste Merinda.
Merinda essaya de chercher du regard les yeux vert pâle de son amie, mais cette dernière ne faisait que baisser la tête, comme pour confirmer les peurs de la galloise. Rentrée dans le compartiment vide, sa malle serrée contre elle, comme hésitant à bouger pour la ranger au-dessus d'elle, Merinda sentait très clairement que Nyxis n'était pas dans son état normal. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour s'excuser, la blonde la devança.
"Merine, j'ai fait quelque chose de mal ?"
Décontenancée, Merinda ne put cacher son étonnement face à la question. Pourquoi Nyxis aurait-elle fait quelque chose de mal ? Au contraire, c'était elle qui avait fait n'importe quoi !
"Hein ? Mais pas du tout, au contraire c'est moi qui t'ai abandonnée ! Je suis vraiment trop désolée Nyx, j'ai fais n'importe quoi je t'ai même pas écoutée... J'voulais pas qu'tu t'sentes délaissée quand j'étais avec elle, j'me rendais pas compte que je te parlais moins, ou alors que je te parlais que d'elle, mais vraiment je t'ai toujours aimé autant et puis après j'ai été stupide de revenir pleurer vers toi quand elle est partie, j'ai dû te faire sentir comme un pauv' mouchoir qu'on prend que quand y'en a besoin, c'est horrible ! Et après, avec Redose, j'ai pas réussi à t'écouter, et j'me suis enlisée, j'ai plus su comment faire..."
Sous le coup de l'émotion, Merinda avait parlé vite, et elle du s'arrêter pour reprendre son souffle.
"Là j'te cherchais pour m'excuser justement, j'ai même eu une idée de truc à faire ensemble, parce que j'avais trop peur d'avoir tout cassé alors que toi justement t'étais ce qui me paraissait le plus incassable, fin c'que j'veux dire c'est que t'as toujours été là et pour moi tu seras toujours là, alors j'ai eu peur d'avoir tout gâché..."
Merinda était à deux doigts de lâcher que tout ce qu'elle attendait depuis deux minutes c'était de la prendre dans ses bras, mais elle se tue. N'exagérons rien, elle reste Merinda.
Serment de larmes et de sang
Nyxis laissa les paroles de Merine s'écouler. C'est vrai, à travers ces mots elle revivaient ces instants où, doucereusement, son cœur se pinçait en songeant à l'écart qui se creusait langoureusement entre elle et son amie. Pourtant si la crainte de la perdre l'avait envahie bien plus d'une fois, jamais, pas même un instant, elle n'en n'eut voulu à la Galloise d'avoir agi de la sorte. C'était bien simple, elle se refusait totalement à éprouver n'importe quelle émotion négative envers elle. Il fallait dire, la plupart du temps, nul besoin de se forcer, car elle était tout bonnement géniale. Seulement parfois, rarement, comme cet hiver malheureusement, elle devait se concentrer et communiquer avec sa poitrine pour se rassurer, et justifier tous les gestes de l'autre pour contourner cette irritation qui aurait pu naître. Mais la simple et douce vérité, peu importe combien elle se forçait à l'oublier, c'était que ces excuses, aussi douces soient-elles, faisaient du bien, beaucoup de bien. En l'espace d'un instant, s'envola toute trace de remords, en quelques consonnes s'effacèrent les rancœurs d'une incompréhension passée. Alors, simplement fut-il, elle s'exprima, brièvement.
— Merci Merine... Vraiment. un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Nul besoin de plus, il n'y avait plus sincère. Pouvait rester enfermés les discours emplis de reproches qui n'étaient nullement vrais et qui ne se construisaient que pour le plaisir d'exister en tant que souffrance externe, et pour entailler les veines fragiles d'une personnalité qui ne le méritait aucunement, et qui devait être tenue près de Nyxis pour très, très longtemps. Elle avait besoin de l'amitié cette Swart, terriblement, plus que tout. C'était pas facile pour toi non plus, tu as fait comme tu as pu !
La suite parvint à ses oreilles et elle ne put que s'empresser de la contredire, il le fallait.
— Mais t'as pas du tout tout gâché, Merine ! C'est des choses qui arrivent, c'est pas grave ! Vraiment, ça va, y'a plus rien de mal ! T'es mon amie, Merine, et je veux qu'on continue à toujours l'être, peu importe les obstacles, hein ? Elle inspira faiblement. C'est tout ce qui compte vraiment.
Alors, chose faite, la blonde s'installa en tailleur, le regard tourné vers la brune, intrigué.
— C'était quoi ton...idée ? Interrogea-t-elle avec une pointe de malice scintillant dans ses pupilles.
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— Merci Merine... Vraiment. un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Nul besoin de plus, il n'y avait plus sincère. Pouvait rester enfermés les discours emplis de reproches qui n'étaient nullement vrais et qui ne se construisaient que pour le plaisir d'exister en tant que souffrance externe, et pour entailler les veines fragiles d'une personnalité qui ne le méritait aucunement, et qui devait être tenue près de Nyxis pour très, très longtemps. Elle avait besoin de l'amitié cette Swart, terriblement, plus que tout. C'était pas facile pour toi non plus, tu as fait comme tu as pu !
La suite parvint à ses oreilles et elle ne put que s'empresser de la contredire, il le fallait.
— Mais t'as pas du tout tout gâché, Merine ! C'est des choses qui arrivent, c'est pas grave ! Vraiment, ça va, y'a plus rien de mal ! T'es mon amie, Merine, et je veux qu'on continue à toujours l'être, peu importe les obstacles, hein ? Elle inspira faiblement. C'est tout ce qui compte vraiment.
Alors, chose faite, la blonde s'installa en tailleur, le regard tourné vers la brune, intrigué.
— C'était quoi ton...idée ? Interrogea-t-elle avec une pointe de malice scintillant dans ses pupilles.
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Serment de larmes et de sang
Le merci de Nyxis coula comme du miel dans les oreilles de Merinda, et son sourire fut contagieux, dressant les lèvres de la métisse jusqu'à dévoiler ses dents. Ces quelques mots, c'était tout ce dont elle avait besoin pour aller mieux, pour reprendre confiance en elle malgré sa situation familiale.
Les propos emballés de Nyxis qui contredisaient son impression d'avoir tout gâché et d'être clairement une mauvaise amie furent l'effet d'un baume au coeur, et Merinda sentit ses épaules se détendre et sa cage thoracique s'emplir d'une chaleur qui lui avait manqué.
Merinda hocha plusieurs fois la tête avec véhémence, un grand sourire aux lèvres.
"Oui promis Nyx, peu importe les obstacles !"
Libérée du poids qui lui pesait en rentrant dans le Poudlard Express, Merinda était contente que la vie reprenne son cours normal - du moins avec Nyxis -, et en voyant son amie s'assoir en tailleur pour l'écouter, comme elle le faisait si souvent, elle sentit son cœur se revigorer. S'emparant de sa malle, Merinda lança un sourire malicieux à l'anglaise :
"Haha, suspense le temps que je range les malles !"
Elle plaça la sienne et celle de Nyxis au-dessus d'elles, sur le porte-bagage, et installa le vivarium de Cleo sur la table du wagon, contre la fenêtre, comme elle avait prit l'habitude de le faire depuis la première fois qu'elle avait prit le train avec la vipère. Elle se mit à son tour en tailleur sur la banquette, en face de la blonde, et se lança dans l'explication de son idée :
"Alors... En gros, je me disais qu'étant donné nos situations actuelles, si tu vois ce que je veux dire..."
La Serpentard fit un geste de la main comme pour englober un peu tout, puis reprit :
"On pourrait faire quelque chose ensemble pour vraiment s'affirmer. Ce que je veux dire, c'est qu'on n'est plus des gamines qui planifions une escapade nocturne au lac le dernier jour de notre première année - même si c'était trop cool ! Je crois qu'on devrait passer à autre chose, quelque chose de vraiment gros, mais qui ait un sens. Par exemple, le bizutage c'était quelque chose de gros, donc on peut voir qu'on s'est améliorées depuis le lac, mais on s'est quand même fait prendre par Kohler-le-détestable. Et puis, le sens de cette bêtise c'était de s'amuser contre Octavius et la p'tite soeur de Lyam, mais au final y'avait pas de portée vraiment significative, tu vois ? Mon idée, c'est de faire un coup énorme qui résonne dans le château sans qu'on se fasse prendre. Mais vraiment, pas le droit à l'erreur, faut tout planifier. Faut réfléchir parfaitement à notre action pour qu'il y ait zéro risque d'être prises. Et il ne faut donc pas non plus que ça soit une trop grosse connerie parce que sinon la direction et Kohler vont chercher les coupables pendant 100 ans et on se fera choper."
La métisse reprit son souffle, des étoiles dans les yeux en expliquant son projet :
"Il y a plusieurs buts à tout ça. Premièrement, puisque c'est pour ça que j'y ai réfléchi, sceller notre amitié de manière irréversible : on a entière confiance en l'autre, en nous deux, et on sait qu'ensemble on peut déplacer des montagnes. Et puis si on fait tout ça, c'est pour s'affirmer, se rebeller contre nos familles qui restent de marbre ou, pire, qui sont anti-Nés-Moldus et qui laissent sur nous un héritage de mondanité et de conservatisme dont on ne veut absolument pas. On doit être des vraies combattantes maintenant, Nyx, faut qu'on fasse quelque chose pour qu'Elena, Narcisse et tous les autres Nés-Moldus aient le droit de faire ce qu'ils veulent et ne soient plus discriminés."
La métisse s'arrêta subitement, réalisant soudain que son amie allait peut-être croire qu'elle cherchait à la forcer à se révolter, alors que Nyxis avait dû déjà se faire fortement réprimandée par ses parents suite au bizutage. Déjà que ses propres parents lui avaient reproché d'avoir une mauvaise influence sur son amie d'enfance et de l'avoir embarquée contre son gré dans le bizutage... La Serpentard se reprit donc :
"Enfin, si ça t'intéresse... Je veux pas te forcer, si tu as pas envie de continuer sur le chemin de la rébellion... Après tout, je sais pas comment ont réagit tes parents pendant ces vacances, ils ont sûrement dû te dire de t'éloigner un peu de moi parce que j'ai une mauvaise influence."
Jamais ô grand jamais Merinda n'aurait dit à quelqu'un qu'il pouvait arrêter de se battre contre les inégalités, mais là il s'agissait de Nyxis, c'était différent, rien ne s'appliquait pareil à elle. Cependant, Merinda rajouta, en espérant de tout son cœur que son amie la suive :
"Même si j'aimerais vraiment faire ça avec toi. Tu sais à quel point cette cause me tient à cœur."
Les propos emballés de Nyxis qui contredisaient son impression d'avoir tout gâché et d'être clairement une mauvaise amie furent l'effet d'un baume au coeur, et Merinda sentit ses épaules se détendre et sa cage thoracique s'emplir d'une chaleur qui lui avait manqué.
Merinda hocha plusieurs fois la tête avec véhémence, un grand sourire aux lèvres.
"Oui promis Nyx, peu importe les obstacles !"
Libérée du poids qui lui pesait en rentrant dans le Poudlard Express, Merinda était contente que la vie reprenne son cours normal - du moins avec Nyxis -, et en voyant son amie s'assoir en tailleur pour l'écouter, comme elle le faisait si souvent, elle sentit son cœur se revigorer. S'emparant de sa malle, Merinda lança un sourire malicieux à l'anglaise :
"Haha, suspense le temps que je range les malles !"
Elle plaça la sienne et celle de Nyxis au-dessus d'elles, sur le porte-bagage, et installa le vivarium de Cleo sur la table du wagon, contre la fenêtre, comme elle avait prit l'habitude de le faire depuis la première fois qu'elle avait prit le train avec la vipère. Elle se mit à son tour en tailleur sur la banquette, en face de la blonde, et se lança dans l'explication de son idée :
"Alors... En gros, je me disais qu'étant donné nos situations actuelles, si tu vois ce que je veux dire..."
La Serpentard fit un geste de la main comme pour englober un peu tout, puis reprit :
"On pourrait faire quelque chose ensemble pour vraiment s'affirmer. Ce que je veux dire, c'est qu'on n'est plus des gamines qui planifions une escapade nocturne au lac le dernier jour de notre première année - même si c'était trop cool ! Je crois qu'on devrait passer à autre chose, quelque chose de vraiment gros, mais qui ait un sens. Par exemple, le bizutage c'était quelque chose de gros, donc on peut voir qu'on s'est améliorées depuis le lac, mais on s'est quand même fait prendre par Kohler-le-détestable. Et puis, le sens de cette bêtise c'était de s'amuser contre Octavius et la p'tite soeur de Lyam, mais au final y'avait pas de portée vraiment significative, tu vois ? Mon idée, c'est de faire un coup énorme qui résonne dans le château sans qu'on se fasse prendre. Mais vraiment, pas le droit à l'erreur, faut tout planifier. Faut réfléchir parfaitement à notre action pour qu'il y ait zéro risque d'être prises. Et il ne faut donc pas non plus que ça soit une trop grosse connerie parce que sinon la direction et Kohler vont chercher les coupables pendant 100 ans et on se fera choper."
La métisse reprit son souffle, des étoiles dans les yeux en expliquant son projet :
"Il y a plusieurs buts à tout ça. Premièrement, puisque c'est pour ça que j'y ai réfléchi, sceller notre amitié de manière irréversible : on a entière confiance en l'autre, en nous deux, et on sait qu'ensemble on peut déplacer des montagnes. Et puis si on fait tout ça, c'est pour s'affirmer, se rebeller contre nos familles qui restent de marbre ou, pire, qui sont anti-Nés-Moldus et qui laissent sur nous un héritage de mondanité et de conservatisme dont on ne veut absolument pas. On doit être des vraies combattantes maintenant, Nyx, faut qu'on fasse quelque chose pour qu'Elena, Narcisse et tous les autres Nés-Moldus aient le droit de faire ce qu'ils veulent et ne soient plus discriminés."
La métisse s'arrêta subitement, réalisant soudain que son amie allait peut-être croire qu'elle cherchait à la forcer à se révolter, alors que Nyxis avait dû déjà se faire fortement réprimandée par ses parents suite au bizutage. Déjà que ses propres parents lui avaient reproché d'avoir une mauvaise influence sur son amie d'enfance et de l'avoir embarquée contre son gré dans le bizutage... La Serpentard se reprit donc :
"Enfin, si ça t'intéresse... Je veux pas te forcer, si tu as pas envie de continuer sur le chemin de la rébellion... Après tout, je sais pas comment ont réagit tes parents pendant ces vacances, ils ont sûrement dû te dire de t'éloigner un peu de moi parce que j'ai une mauvaise influence."
Jamais ô grand jamais Merinda n'aurait dit à quelqu'un qu'il pouvait arrêter de se battre contre les inégalités, mais là il s'agissait de Nyxis, c'était différent, rien ne s'appliquait pareil à elle. Cependant, Merinda rajouta, en espérant de tout son cœur que son amie la suive :
"Même si j'aimerais vraiment faire ça avec toi. Tu sais à quel point cette cause me tient à cœur."