Un mercredi matin
Un mercredi matin de printemps 2049
Comme tous les mercredis, John n'avait pas cours. D'un genre plutôt matinal, il s'était levé tôt et était sorti dans le parc dès que la fin du couvre-feu était arrivée. Il avait pris l'entrée principale, il était passé par le hall d'entrée où il avait traversé la Grande Porte pour arriver dans la Cour de la Tour de l'Horloge. De là, il avait pris le pont couvert pour arriver au Cromlech. Le soleil n'était pas encore levé. Du haut de la petite colline sur laquelle il se trouvait, John pouvait encore apercevoir quelques étoiles dans le ciel matinal. John commença à descendre la petite colline en empruntant le sentier. Un léger vent lui soufflait dans les cheveux. Il était libre. Il était seul, il n'avait rien à faire. Juste profiter. Il continua à marcher les yeux fermés, s'imaginant s'envoler tout doucement rejoindre les étoiles qui faisaient briller leur faible éclat dans le ciel. Il se sentait léger. En sortant du sentier, John sentit les herbes lui chatouiller les chevilles. Il marcha encore un petit moment puis il se dirigea vers un arbre qui trônait, seul dominant l'herbe tout autour. Une fois arrivé, John se mit debout devant et leva la tête. Il se sentait petit, face à ce géant de la nature. Puis, John s'installa confortablement, assis le dos appuyé contre le tronc de l'arbre.
Dernière modification par John Esperaza le 1 mai 2025, 19:24, modifié 1 fois.
Un mercredi matin
L'écorce de l'arbre lui appuyait sur le dos, le grattait. Mais cela lui faisait du bien, de se sentir vivant. John était d'un naturel solitaire, ou alors être en présence d'autres personnes, mais sans parler. Mais il adorait la compagnie des plantes. Elles lui procuraient un intense bonheur, qui venait peut-être combler celui que les autres avaient en présence de personnes chères. Il sentait un lien se tisser entre lui et l'arbre sur lequel il était reposé. Une connexion naissait et John se sentait plus humain après cela. Bercé par le bruissement des feuilles dans le vent, John sentit ses paupières s'alourdirent et il s'endormit. Il rêva qu'il était en train de courir dans un champ et qu'il n'atteignait jamais le bout. À chaque fois qu'il avançait, le fond reculait. Une lumière qui filtrait à travers ses paupières le réveilla. Le soleil était en train de se lever. De magnifiques nuages empreints d'une couleur d'un jaune chaud décoraient joliment le ciel. Quelques traînées rosées rajoutaient à ce spectacle une petite touche de beauté en plus. Voilà pourquoi presque tous les matins, John se rendait dans le parc dès l'ouverture. Pour avoir le droit d'assister à un magnifique spectacle donné par la nature à tous ceux qui en ont envie. Pour pouvoir être en admiration devant quelque chose. Pour pouvoir se sentir mieux.
Un mercredi matin
John soupira un grand coup. Qu'est-ce que c'était beau ! Le soleil apparaissait peu à peu, sortant comme par magie de l'horizon. Une grosse boule jaune qui s'élevait dans le ciel pour donner de la lumière. John resta un bon moment comme ça puis se leva d'un coup. Il avait besoin de bouger. À la lumière du soleil naissant, John se mit à courir. Il courait au milieu de cette étendue d'herbe qui s'étalait à perte de vue. Quand il fut arrivé à un point presque à l'opposé d'où il s'était assis avant, ses joues commencèrent à piquer comme le frottement de feuilles d'orties. La chaleur montait le long de son visage qui devenait rouge. Il s'arrêta, épuisé et haletant. Devant lui s'étendait la masse d'eau sombre du Lac Noir. John s'approcha prudemment de la berge, s'y agenouilla et trempa ses mains dans l'eau. Il les ressortit peu après pour les appliquer sur son front. Il recommença cette opération plusieurs fois jusqu'à ce qu'il ne ressente plus de sensation de chaleur sur son visage. Ce petit bain de tête matinal lui fit un grand bien. Cela lui avait remis les idées en place et il était à présent plus tranquille. Il secoua la tête pour enlever l'eau qui restait sur son visage, tel un chien qui s'ébroue. Puis, il décida de se promener le long du lac.
Un mercredi matin
La surface de l’eau était calme. Seuls quelques vaguelettes venaient briser cette harmonie. Sur la berge, John observait le Lac tout en marchant. Seul le doux bruit de l’eau, pareil à un bercement venait déranger l’atmosphère calme du parc. John continuait de marcher, dans ses pensées, tout en faisant attention à ne pas faire un pas de travers, de glisser puis de se retrouver dans l’eau. John continua sa petite balade encore un petit moment puis quitta le bord de l’eau pour se diriger de nouveau vers l’intérieur du parc. Sur son chemin, il arriva à un joli endroit rempli de fleurs. Le Parterre de L’Amitié. Il aimait bien se retrouver à cet endroit et se promener à l’intérieur. Cela l’apaisait et le rendait heureux. Il sentait cette amitié présente dans l’air autour de lui à cet endroit. Une fois le tour du parterre fait, John reprit le sentier qui traversait le parc afin de retourner au château. Quand il arriva à une première intersection, John décida de prendre à gauche. Il continua de marcher encore un peu puis arriva sous l'Arbre Géant. L'arbre le plus majestueux et le plus impressionnant que John n'avait jamais vu de sa vie. Se disant qu'il aurait largement le temps d'encore l'admirer une prochaine fois, John tourna à droite vers les serres de botanique, mais prit une entrée du château juste avant d'y arriver.