5 mai 2025, 23:04
Ouvrir les secrets
28 Avril 2050
Salle d’études – Poudlard
3ème année


Cela fait déjà quelques jours que j’ai emprunté la boîte à secrets de Miss Priddy, et pourtant je n’y ai pas encore touché. Pas que je n’en ai pas envie, au contraire. Je suis même impatiente de pouvoir m’exercer sur un sort que je ne vois pas beaucoup en cours. Mais, avant cela, j’ai préféré me renseigner sur ce sortilège, l’étudier avec sérieux, le connaître dans ses moindres détails. Ainsi, cela fait plusieurs jours que je suis en possession de la boîte, mais que je passe mon temps libre à la bibliothèque pour tout retenir des boîtes à secrets et, surtout, pour tout noter sur Dissendium, autant au niveau théorique que pratique.

Assise à une table de la salle d’étude, qui est relativement vide à cette heure de la journée, je fixe la boîte posée devant moi, entourée de parchemins. Ces parchemins sont remplis de notes que j’ai prises au fur et à mesure de mes recherches sur le sort. Certains sont de grossières répliques du manuel ou des cours de Natanaël, d’autres sont des recherches un peu plus personnelles, voire des déductions écrites à la va-vite lors de réflexions plus ou moins poussées sur l’étude de Dissendium. J’ai tout en ma possession pour lancer – et probablement réussir – ce sort. Et pourtant, au fond de moi, le doute persiste. Et si mes recherches ne suffisent pas ? Et si l’absence du savoir de Miss Priddy mène à mon échec ? Car apprendre ce sortilège presque toute seule m’est également un moyen de savoir si je suis capable, ou non, d’être indépendante de l’aide d’un professeur. De savoir si tout se trouve dans les livres et dans ma tête, dans la réflexion qu’est capable d’effectuer mon cerveau. De savoir si je peux apprendre seule des choses que les autres apprennent accompagnés. De savoir si je suis capable de plus de choses que les autres élèves. De savoir si je peux à nouveau avoir confiance en mes capacités en sortilèges.

Car depuis l’examen de l’année dernière, où je n’ai pas eu la note que j’aurais aimé avoir, je doute. Certes, un Effort Exceptionnel, ce n’est pas si mal. Natanaël me l’a dit, Papa aussi. Mais je ne peux effacer de ma mémoire la déception en voyant la note sur mon bulletin, le pincement au cœur ressenti et la sensation d’étouffement procurée par cet échec. Je ne peux pas non plus (et le peux sûrement encore moins) effacer le souvenir du regard de Maman lorsqu’elle a vu l’énorme « EE » sur la feuille de parchemin. Un regard de reproches, emprunt de pitié, mais surtout déçu. Et décevoir ma mère, c’est décevoir le monde entier.

Alors, aujourd’hui, il faut absolument que je réussisse. Cela me montrera que je suis encore capable de faire quelque chose de ma baguette, et que Maman avait tort en me lançant ce regard. Et si je rate, il n’y a aucun moyen de revenir en arrière. Si je rate, je saurai que ma place n’est pas là où je l’ai toujours crue.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

7 mai 2025, 02:31
Ouvrir les secrets
Sur ses premières années d'étude, il était assez rare qu'Astrid s'aventure hors de sa salle commune pour travailler. Elle y avait toujours trouvé l'ambiance propice à la réflexion, une luminosité et une décoration agréable, et la proximité de ses affaires "au cas où" était un vrai plus. Mais depuis la rentrée, elle avait de plus en plus commencé à la déserter. Il y avait trop de changements qui ne lui plaisaient pas vraiment. Elle avait besoin d'air. Elle ne pouvait plus juste continuer comme avant.

Voilà pourquoi elle se retrouvait ce jeudi à passer la porte d'une des salles d'étude de l'école, où elle n'avait probablement jamais mis les pieds avant. Son manuel d'étude des runes et quelques parchemins sous le bras, elle parcourut la salle du regard. Il n'y avait pas énormément de monde, c'était bien. Elle allait pouvoir avancer tranquillement. La rousse s'avança dans la salle, se laissant porter par le hasard pour trouver une table où s'installer. Elle n'avait pas d'habitudes, puisqu'elle découvrait les lieux. Plutôt contre le mur? Côté couloir? Dans le rayon de lumière? Ou peut-être...

Ses yeux se posèrent sur une fille de sa promotion qui semblait obnubilée par une boîte. Au point d'avoir probablement écrit une dissertation complète à son sujet, si on se fiait aux parchemins étalés sur sa table. Astrid fronça les sourcils, perplexe. Qu'est-ce qui pouvait bien réclamer autant l'attention de la Pousouffle? Eh mais... Elle avait déjà vu cette boîte, non? Elle ne ressemblait pas à celle que possédait Miss Priddy dans sa ludothèque? Celle qu'ils pouvaient emprunter pour s'entraîner? Pourquoi Ashley se contentait-elle de la fixer?

Ses pensées runiques soudain reléguées au second plan, la Serdaigle s'avança vers sa camarade. A voix basse pour ne pas déranger les quelques présents, comme elle aurait pu le faire dans une bibliothèque, elle s'adressa à la Jaune:

-Salut. C'est pas la boîte de Miss Priddy? Tu fais quoi avec?

Son regard se porta sur les parchemins, avec une curiosité non dissimulée. Une chose était sûre: qu’elle le veuille ou non, la Poufsouffle avait capté toute son attention.

Quatrième année RP - Ex-Préfète RP (01.09.2049 - 01.03.2050)
#873636 | | | | Marraine-origami

13 mai 2025, 18:05
Ouvrir les secrets
Les yeux fixés sur la boîte à secret, je me perds peu à peu dans mes pensées. Si elles restent tournées vers l'objet de mes récentes recherches, elles le tordent peu à peu dans un non-sens total, imaginant un sort que je n'aurais pas étudié – et qui n'existe probablement pas – qu'il aurait fallu apprendre, et que mon savoir actuel emmènerait vers mon échec total. Ou encore, que ce que renferme la boîte n'est pas une friandise ou un petit objet laissé par un précédent utilisateur, mais quelque chose d'horrible, de répugnant et de repoussant. Que ce soit l'un ou autre, les deux vont de pair ; ce qui est répugnant et repoussant est horrible, et inversement. Ces pensées se font de plus en plus intrusives et tandis que je balance mon pied compulsivement, dans un rythme effréné et soutenu, je plante mes ongles dans mes paumes de mains pour m'empêcher de ranger subitement toutes mes affaires et de m'enfuir à la bibliothèque, à la recherche vaine d'un sort qui n'a été créé ni par Merlin, ni par Morgane.

Je suis tirée de mes sombres pensées par une voix chuchotée, assez claire cependant pour que j'entende l'entièreté des paroles prononcées. Dans un léger sursaut, je me tourne et plonge mon regard étonné dans celui d'Astrid, que je n'ai pas l'habitude de croiser en salle d'études. De croiser tout court, en fait. Nos rares interactions se résument à un atelier de sculpture de citrouilles en début d'année, et à de discrètes politesses. Une simple connaissance, donc, avec qui je n'ai jamais vraiment eu envie de tisser de liens plus profonds et d'approfondir ma relation. Cependant, la voir ici me surprend. De ce que je sais, et je le sais car je passe beaucoup de temps en salle d'études, elle ne vient jamais ici. Ou, en tout cas, c'est très rare, car si elle est venue ici, c'est que je n'y étais pas, et si je n'y étais pas, c'est parce que j'étais à la bibliothèque, car je passe aussi beaucoup de temps là-bas. Et je la croise bien plus souvent au milieu des livres qu'au milieu des tables et des élèves qui font semblant de travailler, comme moi actuellement.

« Euh... ouais, » balbutié-je en guise de réponse, encore sonnée par son apparition soudaine.

J'espère que ce n'est pas une habitude qu'elle a prise ou compte prendre, car ce n'est pas très agréable de se faire surprendre de la sorte. Je ne pense pas qu'elle aimerait qu'on le lui fasse. Je suis son regard et le pose sur mes parchemins éparpillés avec peu d'ordre, auxquels je n'ai pas touché depuis que je suis assise ici, perdue dans mes doutes, mes peurs et mes envies. Je les rassemble d'un geste vif et sec, puis les décale sur le côté opposé à la Serdaigle, autant par pudeur que pour la laisser s'asseoir si elle le souhaite. Je n'aime pas particulièrement qu'on scrute avec autant d'intérêt mes notes, que je trouve, au-delà d'académiques, assez personnelles (surtout lorsqu'il s'agit de mes propres déductions), alors ce mouvement est autant un prétexte pour les éloigner d'elle que pour l'inviter à s'installer.

« C'est pour m'entraîner à lancer Dissendium, » réponds-je finalement dans le même murmure qu'Astrid quelques instants plus tôt.

Je laisse échapper un léger soupir et hausse les épaules, lui signifiant mon impuissance et mon incapacité à tenter de lancer le sort.

« Mais on n'a qu'un essai, et je veux pas rater, alors j'ai pas encore essayé. Faudrait que je trouve quelque chose pour m'entraîner avant, sauf que j'ai rien trouvé pour l'instant. »

Lentement, je replonge mon regard dans celui de l'Aiglonne, attendant sa réponse. Peut-être qu'elle aura une meilleure idée que moi.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

30 mai 2025, 17:44
Ouvrir les secrets
Astrid fronça légèrement les sourcils en voyant Ashley rassembler tous ses parchemins à l'autre bout de la table. Mais elle ne s'attarda pas dessus, ramenant son attention sur sa camarade et la boîte devant elle. Elle pencha la tête sur le côté, avant de commencer à acquiescer à son explication. C'est vrai que ce sort n'était pas facile. Autant, l'immense curiosité nécessaire pour le lancer ne posait absolument aucun problème à la Serdaigle. Autant la visualisation détournée et imprécise, ça c'était une autre histoire. Mais, étrangement, elle se sentait tout de même plus à l'aise avec cette contrainte qu'en Métamorphoses l'année passée.

-Oh.

Ce fut tout ce qu'elle parvint à répondre quand sa camarade lui exposa ses doutes. C'est vrai qu'un seul essai, c'était chaud. Mais en même temps, comment savoir sans essayer? Pour le coup, elle comprenait le dilemme de la Poufsouffle. Il était probable qu'elle ne se serait pas posé la question, et qu'elle se serait retrouvée bête si elle avait échoué. Mais maintenant que sa camarade avait soulevé ce point, elle se retrouvait confrontée au même questionnement. Une moue pensive étira ses lèves, et elle s'assit en face d'Ashley. Elle posa distraitement son manuel et ses parchemins sur le côté, et croisa les bras sur la table pour fixer la boîte.

Ce serait pratique que les objets puissent parler. Elles auraient pu lui demander une astuce. Mais c'était juste une boîte. Et elles n'étaient pas des déesses comme Frigg. Donc ce n'était pas possible. Si elles tentaient de s'entraîner sur la boîte directement, elles risquaient de perdre le secret qu'elle contenait. Donc ce n'était pas possible. Il fallait qu'elles trouvent un autre passage secret. Mais le problème, c'était qu'ils étaient secrets, justement. Donc, par définition, elles ne pouvaient pas les trouver.

-Marcher dans tout le château en lançant le sort c'est stupide, réfléchit-elle à voix haute.

Elles ne sauraient pas si elles n'en trouvaient pas parce qu'il n'y en avait pas ou parce qu'elles avaient raté leur lancer. Il y avait bien les parcs d'attraction avec des entrées dissimulées pour l'immersion ou pour faire peur aux visiteurs, mais pour cela il aurait fallu qu'elles puissent quitter Poudlard. Ce qui n'était pas possible non plus.

Astrid posa son menton sur ses mains croisées, et commença à tapoter la table du bout de son index et de son majeur. Peut-être pouvaient-elles simuler un parc d'attraction ici? Mouais. Peu probable. Il leur faudrait du temps et des moyens qu'elles n'avaient pas. En miniature? Elle ne s'en pensait pas capable, même avec du temps.

Mais la miniature était peut-être une idée. Elle souleva brusquement sa tête de quelques centimètres, un éclat joyeux passant dans son regard.

-On peut essayer de refaire la boîte? Enfin pas la refaire complètement, mais genre...

Elle tourna la tête et attrapa un de ses parchemins, couvert de mots bizarres, de ratures et de runes. Elle le plia pour former un cylindre, qu'elle posa à la verticale sur la table, maintenant la forme de sa main gauche.

-Là tu vois pas le dos, si on en met plusieurs et qu'on fait un trou comme une porte dans l'un deux, on peut essayer de trouver lequel a cette porte?

Elle n'avait aucune idée de si ça pouvait marcher, mais là, de suite, elle n'avait pas vraiment mieux. Ou peut-être que...

-Sinon y'a les labyrinthes d'Atlas. 'Fin c'est pas des passages secrets, mais faut trouver un passage... Mais j'crois pas que ça marcherait en vrai.

Le sort cherchait les passages secrets, pas les passages vers la sortie. Son rat était donc plus doué que Dissendium. Et toc.

Quatrième année RP - Ex-Préfète RP (01.09.2049 - 01.03.2050)
#873636 | | | | Marraine-origami

8 juil. 2025, 14:20
Ouvrir les secrets
En attendant une réponse plus concrète qu'un « Oh » de la part d'Astrid, je détourne mon regard sur ma petite pile désordonnée de parchemins, hésitant à y faire du tri le temps que la Serdaigle se décide à s'installer, à répondre à mes doutes ou à tout simplement me planter là après avoir jugé que mon problème était trop compliqué à résoudre ou trop insignifiant pour qu'elle s'en mêle. C'est finalement la première option qui est choisie et, au fond de moi, j'en suis soulagée. Pas que je veuille réellement de la présence de ma camarade, au contraire, je suis très bien toute seule ; mais plutôt car cela me rassure de ne pas avoir à faire face à cette situation sans personne pour me guider, alors que mon propre manque de confiance en moi et mes doutes menacent de me submerger pour finalement me laisser incapable de lancer le moindre sort et me forcer à retourner dans mon dortoir bredouille, à bouder la boîte pour toujours scellée.

D'une main fébrile, je rassemble un peu plus proprement mes feuilles et écoute Astrid énoncer des évidences. Bien sûr que marcher dans tout le château en lançant le sort est stupide, en plus d'épuisant et parfaitement inutile. Et même si c'était la seule solution, je ne m'embêterais pas à le faire ; c'est plus épuisant qu'autre chose. À l'instant où la Serdaigle redresse la tête, je sais qu'elle a quelque chose de plus intelligent à proposer, et j'arrête mon tri pour me tourner entièrement vers elle, les oreilles à l'écoute et toute l'attention de mes yeux posée sur elle.

J'hoche la tête à sa proposition de reconstruire la boîte. Ce n'est ni compliqué, ni trop long à faire, et plutôt pratique pour s'entraîner à lancer Dissendium sans se jeter directement dans le grand bain. Légèrement frustrée de ne pas y avoir pensé plus tôt, car après tout l'idée n'est pas difficile à trouver, et même si simple que même un troll pourrait y penser, je prends quelques feuilles de parchemin et confectionne rapidement un cube, à l'image de celui de la Bleue et Argent.

« Avec Glutinamentum, on pourra les coller ensemble rapidement, ajouté-je en fabriquant un deuxième cube. Mais si on fait un trou qui s'ouvre comme une porte, est-ce qu'on risque pas de savoir où c'est ? Il faudrait que l'une de nous le sache pas. Et après, on échange. »

Parce que bon, si au final on sait toutes les deux où est le bon côté, l'idée retombe au niveau de l'inutilité... À la mention des labyrinthes d'Atlas, ou que sais-je, je fronce les sourcils. Je n'en ai jamais entendu parler, et du peu de mythologie grecque que je connais, il n'est fait mention nulle part des labyrinthes d'Atlas. Atlas, oui, mais ses labyrinthes ? À la limite, ceux de Dédale, pourquoi pas. Astrid se serait-elle trompée de nom ?

« C'est quoi les labyrinthes d'Atlas ? » finis-je par demander, car il vaut mieux apprendre quelque chose de nouveau que de rester ignorant et rempli d'incertitudes quant à son propre savoir.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

8 juil. 2025, 17:56
Ouvrir les secrets
La Serdaigle relâcha la pression sur son parchemin, qui se déroula sans se faire prier, revenant couvrir un bout de table. Elle acquiesça à la proposition de sa camarade. Glutinamentum était un des premiers sorts qu'ils avaient vu cette année, et Astrid avait donc eu le temps de s'entraîner, et d'assez bien le maîtriser. C'était une bonne idée. Ça leur faciliterait grandement la tache, et elles auraient plus de temps pour s'entraîner. Le but étant quand même de pouvoir essayer sur la vraie boîte: si elles passaient tout leur temps à en construire des répliques en parchemin, ce n'était pas gagné.

- Oui, voilà. Si c'est plus secret, ça servirait à rien. Mais tant que l'un de nous sait pas, ça devrait marcher je pense. Au pire si ça marche pas on cherchera autre chose. Mais faudra savoir que ça marche pas parce que l'idée marche pas, et pas parce qu'on a raté...

Bah. La rousse haussa les épaules comme pour balayer sa propre remarque. Elles verraient bien. Si tout marchait bien, elles n'auraient pas à se poser cette question, de toute façon.

Elle récupéra ses quelques parchemins qu'elle tria rapidement. Les vierges et raturés devant elle, ceux qui lui semblaient avoir encore une utilité sur son manuel. Elle n'en aurait sans doute pas assez pour faire beaucoup de boîtes, mais elle commença à en plier un premier pour essayer d'obtenir un semblant de cube.

Entendant la nouvelle question d'Ashley, elle releva la tête, appuyant sur son pli du bout du doigt dans le même temps.

-Atlas? Oh. C'est mon rat. Il adore les labyrinthes, du coup j'essaye de lui en faire souvent. C'est pas forcément des trop durs ou trop bien faits, parce que après il faut que je les range quand même, mais ça va. Tu sais, genre avec des livres ou des trucs comme ça pour faire des obstacles.

Et avant qu'un bibliophile ne fasse un malaise: la rédaction assure qu'aucun livre n'avait jamais été maltraité par ses créations, elle se contentait de les place à la verticale pour cacher la vue de son compagnon à poils.

Quatrième année RP - Ex-Préfète RP (01.09.2049 - 01.03.2050)
#873636 | | | | Marraine-origami

2 oct. 2025, 22:49
Ouvrir les secrets
J'acquiesce aux mots d'Astrid, posant mon deuxième cube formé à côté du premier. Non contente que nous soyons d'accord sur les mêmes choses, je tente de montrer un peu plus d'énergie dans mes actions, sentant le souvenir de mes échecs et de mes peurs disparaître au fur et à mesure que la rousse me surprend par ses idées, ses réflexions et son assurance. Elle a l'air si sûre d'elle, lorsqu'elle hausse les épaules avec négligence comme pour balayer ses propres remarques, et si ce n'est pas le cas, elle le cache très bien. Ou peut-être qu'elle n'y prête pas vraiment attention, ce qui est sûrement la meilleure chose à faire – et je devrais prendre exemple. Cogiter et retourner en boucle ma crainte de ne plus réussir à lancer un sort, ou en tout cas de ne plus être aussi douée que je le souhaiterais (et que j'ai cru l'être) ne sert à rien, et il faut que je pense à aller de l'avant. L'apprentissage d'un sort ne se fait pas tout seul, et il faut forcément passer par des échecs.

Je chasse l'image de Gwennaëlle souriante de fierté qui s'impose à moi, repoussant la représentation de tout ce qu'elle est et que je ne suis pas dans un coin éloigné de mon esprit. Je ne suis plus seule, alors ce n'est plus le moment de me remémorer avec dépit la déception que je peux ressentir envers moi-même lorsque je ne réussis pas à être comme elle. Astrid est là, et il est temps pour moi de passer à autre chose et de me concentrer tout entière à ma tâche.

« On s'en rendra forcément compte à un moment. »

C'est avec une certaine surprise que j'apprends qu'Atlas n'a rien à voir avec les labyrinthes, comme je le soupçonnais, et qu'il est en réalité le rat de la Serdaigle. Je ne savais pas qu'elle avait un rat. Ceci-dit, je m'en fiche complètement, et cette information survole mon esprit, rejoignant brièvement un passé désagréable et rempli de rancune, avant de se noyer dans la rivière d'informations inutiles de mes pensées. Bon, il est quand même question de labyrinthes, mais pas de Dédale, puisque c'est elle qui fabrique ses propres labyrinthes d'Atlas. Un instant, je m'amuse à imaginer ma camarade avec une barbe et une mâchoire carrée, à l'image de ces Grecs dont j'ai pu voir quelques fois les statues. Un semblant de sourire nait sur mes lèvres et je me mords les joues pour me forcer à ne pas trop le montrer. Je ne voudrais pas qu'elle pense que je la crois similaire à un homme vieux de plus de deux mille ans.

« C'est ingénieux, » commenté-je simplement, un peu sonnée d'être passée par autant d'émotions en si peu de temps.

Passer du désespoir à l'amusement en moins de cinq minutes n'est pas une expérience des plus agréables. Mais au moins cela a-t-il le mérite d'avoir chassé toutes mes mauvaises pensées. En repensant aux obstacles qu'Astrid crée pour son rat, je me représente la même chose pour Alizée. Mais difficile d'imaginer la chatte se glisser dans un couloir de livres. Elle le ferait forcément tomber du bout de sa patte, se demandant ce qui dérange ainsi son chemin. Quant aux obstacles... elle sauterait sans aucun doute par-dessus. Mais nul doute qu'elle trouverait cela un peu plus amusant et un peu moins agaçant qu'un labyrinthe qui ne serait même pas plus haut que sa tête.

« Tu crois qu'on en assez là ? »

Je compte rapidement les cubes que nous avons formés. Pas la peine d'en faire énormément, tant que nous pouvons en rassembler quelques uns pour former une sorte de boite. Saisissant ma baguette pour me préparer à lancer Glutinamentum (sort que, cette fois, je suis sûre de maîtriser), je demande :

« Tu veux commencer ? »

Mots soulignés pour l'animation Moi, le Magicien

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