S'en remettre aux étoiles
Dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 février 2050
@Nyxis Calderon
@Nyxis Calderon
Elijah était bien incapable de trouver le sommeil en cette nuit hivernale. Lui qui dormait si bien auparavant commençait à être sujet aux insomnies. Et s'il se contentait habituellement de se rendre dans la salle commune pour jouer avec Kal-El et lui faire quelques câlins, il avait autre chose derrière la tête en cette nuit. Discrètement, il récupéra des affaires chaudes qu'il enfourna dans son sac avant de sortir de son dortoir, puis de la salle commune. Il ne perdit pas une seule seconde pour grimper les escaliers, le plus discrètement possible, jusqu'à atteindre la tour d'astronomie.
Une fois tout en haut, exposé au vent glacial de la zone d'observation, il sortit son manteau, son écharpe et son bonnet pour s'en couvrir, avant de s'asseoir, tout simplement, devant l'ouverture de la tour. Le regard perdu parmi les étoiles, ces dernières brillaient si fort que les nuages que le vent poussait à toute vitesse ne semblaient pas pouvoir les voiler. Et tandis qu'il profitait de ce moment de calme, la réalité le frappa de plein fouet : jamais plus il ne pourrait les observer en compagnie de son père. Jamais plus ce dernier ne lui dira que les étoiles avaient les réponses qu'il cherchait. Et d'ailleurs, des réponses, elles n'en avaient aucune. Rien pour expliquer cette absence terrible. Rien pour expliquer les mots qui s'étaient gravés dans son coeur, plus aiguisés que la lame d'un couteau.
De nombreuses fois, il avait voulu lui écrire. Pour lui expliquer ce qu'il ressentait. Il avait toujours renoncé. Mais pas cette fois. Pas cette nuit. Le sac est de nouveau ouvert, ainsi qu'un parchemin, une plume et un encrier. Allongé à plat ventre, la paume de la main gauche tenant fermement le parchemin au sol malgré le vent, il se mit à tremper la plume dans l'encrier pour poser quelques mots sur le papier.
C'était là la première chose qui lui était venue à l'esprit, mais il la raya avec colère, d'un trait si appuyé qu'il manquât de peu de déchirer le parchemin. Il le roula alors en boule furieusement pour le balancer par-dessus son épaule, récupérant un autre parchemin pour reprendre.Papa,
Tu me manques.
Une goutte vint tomber sur cette dernière phrase, écrite en grand. En gros. L'encre bava, mais le tout restait parfaitement lisible, dans la vision troublée par les larmes d'Elijah qui se releva subitement, non sans froisser une nouvelle fois le parchemin pour le balancer du côté des escaliers dans un mouvement rageur. Il brisa la plume dans sa main. Donna un coup de pied dans l'encrier qui vint s'exploser contre un mur, répandant son contenu noir sur la pierre. Et bientôt, il shoota également dans son sac à dos, de toutes ses forces, en direction de l'intérieur de la tour, avant de se poster de nouveau devant l'ouverture, essoufflé, les poings serrés, tandis que ses larmes coulaient toujours sur ses joues, et séchaient sous l'air glacé du vent qui le frappait.Papa,
Je suis un sorcier mais je reste ton fils. Tu peux fuir autant que tu veux, m'ignorer autant que tu veux, j'existe, et j'existerai toujours. Par ta faute, parce que tu m'as voulu. Alors j'ai peut-être fait des erreurs, mais j'en suis pas une. Et sûrement pas la plus grosse de ta vie. La plus grosse, c'est d'être parti. De nous avoir abandonnés comme un lâche. D'avoir cru qu'en trouvant une nouvelle femme, qu'en faisant un nouveau fils t'allais recommencer une nouvelle vie. Sauf que ça marche pas comme ça. T'as détruit maman. T'as détruit notre famille. Et ce bébé, c'est mon frère, et j'ai le droit de le connaître. Et toi, t'as pas le droit de disparaître juste parce que tu sais pas assumer ce que tu fais. Je suis pas une erreur. C'est toi l'erreur. Je suis pas une erreur. JE SUIS PAS UNE ERREUR !
- J'suis pas une erreur, murmura-t-il, les yeux non plus rivés sur le ciel étoilé, mais bien sur le vide qu'il surplombait, le bras appuyé sur le mur pour s'y tenir.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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S'en remettre aux étoiles
Dormir. Pour quoi faire ? Dormir, pour se laisser succomber aux cauchemars répétitifs, sans fin et sans réponse ? Dormir, pour repenser mille fois les paroles d'un grand-père qui ne songe lui, jamais à sa petite-fille, si ce n'est pour la placer sur l'échiquier comme un pion de valeur dans son propre jeu ? Dormir, pour croiser la voie de l'insomnie qui la retiendrait, elle, toujours, jusqu'à ce qu'elle-même abandonne la fervente idée de connaître un jour le véritable repos. Mais surtout, dormir pour craindre l'arrivée des beaux jours : et si, miraculeusement, les nuits complètes réapparaissaient, innocentes et qu'elles s'avéraient être porteuses de renouveau, qu'elles étaient plaisantes ? Nyxis pouvait passer des heures à critiquer l'appel de l'éveil lorsque sonnait les cloches de minuit, mais demeurait néanmoins un bienfait, un avantage, parmi cet éventail de naufrages : l'obscurité. Là où seuls les vagabonds affrontent les voiles occultes du ciel, couvert par les tapisseries d'étoiles. Ceux-ci, savaient apprécier la compagnie des étoiles, de la Lune, des astres aux lumières tenaces dans cette sombre clarté. En somme, appréhender l'acheminement au baiser de l'assoupissement tout en en ressentant le manque, telle était la destinée de la Calderon.
Alors, lorsque le sommeil ne répondait présent, seul le réconfort de l'univers enlaçaient les corps éveillés, et, c'étaient dans ces nuits, longues, qu'on faisait la rencontre des âmes les plus pures.
Aujourd'hui donc, comme la lassante routine qui résonnait dans ses tympans, ses pas la portèrent avec évidence jusqu'à la tour d'astronomie. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne regrettait plus ses vêtements chauds, bêtement abandonnés dans un coin de son lit. Les rafales de vent s'écrasaient comme bourrasques sur le visage pâle de l'enfant, nu de toute protection, les yeux plissés comme pour résister à l'attaque de la nature alors qu'elle fermait derrière elle la porte massive. Peut-être qu'on pouvait oublier en ne voyant rien, qui sait ?
Elle entreprit un parcours jusqu'à la rambarde où elle avait appris à s'appuyer, le menton relevé, pour contempler les astres. Sa démarche était automatique, presque incontrôlée, seulement basée sur la mémoire musculaire. La blonde aimait à penser que, même les paupières fermées, elle parviendrait tout de même à son objectif. Seulement, sans l'ombre d'un brin de vision, on pouvait manquer de peu un détail important — un professeur tapis dans l'ombre, un préfet en ronde, même si la délinquance de traîner hors de la salle commune après le couvre-feu s'était dissipée depuis bien longtemps. Et en effet, sa réflexion se trouva justement pensée. Aussi innocemment qu'elle avait pu apparaître, une boule de papier froissé était venue rouler jusqu'à elle, achevant son itinéraire aux côtés de sa semelle. Nyxis fronça les sourcils. Un autre morceau de parchemin gisait déjà sur le sol de pierres froides, vestige d'un ancien passage, sûrement. Elle aurait pu croire à l'œuvre du vent, de toute façon, qui oserait déranger sa si bien estimée personne dans son lieu de prédilection ? Personne. Et dans le cas contraire, celle-ci allait l'entendre ! Pour une fois qu'elle demandait la paix !
Perdue dans ses ruminements, elle ne remarqua pas immédiatement la silhouette qui se dessinait dans l'ombre. Ce n'est que lorsque celle-ci se débattit vigoureusement qu'elle en fut consciente. Son cœur manqua un battement, cognant si fort dans sa poitrine qu'elle redouta qu'ils trahissent sa présence.
Pourtant, lorsqu'elle s'avança sur la pointe des pieds, intriguée, elle soupira. Là, on ne savait trop comment, se trouvait Elijah, le héros de la thérapie. Elle voulut ouvrir la bouche pour lui adresser un quelconque mot, n'importe quoi, mais son mutisme revint aussi vite qu'il s'apprêtait à la quitter lorsque parvint à ses oreilles la vibration de cette voix qu'elle avait si sagement considérée en Septembre. J'suis pas une erreur. Quoi ? La troisième année ne comprenait plus rien. Elle était passée, en l'espace de quelques minutes seulement, de la fatigue, à la peur, à l'agacement, à la surprise et... là. Sans même vraiment le comprendre sa poitrine se fendit, à la manière des coins de ses lèvres qui retombèrent, eux aussi, au plus bas de son visage, dessinant une courbe inversée bien plus concernée qu'une grimace. M'enfin, Elijah n'était pas une erreur ! Qui pouvait ainsi penser ? L'Anglaise peinait à stabiliser ses inspirations, son souffle était lent, tremblotant, comme si ces mots lui étaient adressés, comme si tout cela pouvait la viser. Oh, comme c'était dur de se voir attribuer une émotion dont on ne savait rien, si ce n'est que la torpeur d'un individu s'appliquait à nous comme se transmettait la joie d'un sourire à un autre !
Il fallait bouger. Parler, marcher, faire quelque chose, peu importe quoi, mais s'avancer, jamais reculer, prononcer une parole ! Alors, dans une appréhension au-delà des normes, elle s'éclaircit la gorge.
— Elijah ?
Ni plus, ni moins. Nul besoin de cette formalité, ce ça va aussi superficiel que de demander à une veuve si son mari lui manquait. Si détresse il y avait, elle la sentirait dans les mots de son camarade, ce Poufsouffle qu'elle venait peut-être d'importuner à un moment où, il en était presque certain, personne ne voulait être aperçu comme tel. Elle fit quelques pas de plus, maintenant cependant une distance nécessaire entre eux deux, envoyant valser la boulette de papier qui avait élu domicile sur sa chaussure.
882
Alors, lorsque le sommeil ne répondait présent, seul le réconfort de l'univers enlaçaient les corps éveillés, et, c'étaient dans ces nuits, longues, qu'on faisait la rencontre des âmes les plus pures.
Aujourd'hui donc, comme la lassante routine qui résonnait dans ses tympans, ses pas la portèrent avec évidence jusqu'à la tour d'astronomie. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne regrettait plus ses vêtements chauds, bêtement abandonnés dans un coin de son lit. Les rafales de vent s'écrasaient comme bourrasques sur le visage pâle de l'enfant, nu de toute protection, les yeux plissés comme pour résister à l'attaque de la nature alors qu'elle fermait derrière elle la porte massive. Peut-être qu'on pouvait oublier en ne voyant rien, qui sait ?
Elle entreprit un parcours jusqu'à la rambarde où elle avait appris à s'appuyer, le menton relevé, pour contempler les astres. Sa démarche était automatique, presque incontrôlée, seulement basée sur la mémoire musculaire. La blonde aimait à penser que, même les paupières fermées, elle parviendrait tout de même à son objectif. Seulement, sans l'ombre d'un brin de vision, on pouvait manquer de peu un détail important — un professeur tapis dans l'ombre, un préfet en ronde, même si la délinquance de traîner hors de la salle commune après le couvre-feu s'était dissipée depuis bien longtemps. Et en effet, sa réflexion se trouva justement pensée. Aussi innocemment qu'elle avait pu apparaître, une boule de papier froissé était venue rouler jusqu'à elle, achevant son itinéraire aux côtés de sa semelle. Nyxis fronça les sourcils. Un autre morceau de parchemin gisait déjà sur le sol de pierres froides, vestige d'un ancien passage, sûrement. Elle aurait pu croire à l'œuvre du vent, de toute façon, qui oserait déranger sa si bien estimée personne dans son lieu de prédilection ? Personne. Et dans le cas contraire, celle-ci allait l'entendre ! Pour une fois qu'elle demandait la paix !
Perdue dans ses ruminements, elle ne remarqua pas immédiatement la silhouette qui se dessinait dans l'ombre. Ce n'est que lorsque celle-ci se débattit vigoureusement qu'elle en fut consciente. Son cœur manqua un battement, cognant si fort dans sa poitrine qu'elle redouta qu'ils trahissent sa présence.
Pourtant, lorsqu'elle s'avança sur la pointe des pieds, intriguée, elle soupira. Là, on ne savait trop comment, se trouvait Elijah, le héros de la thérapie. Elle voulut ouvrir la bouche pour lui adresser un quelconque mot, n'importe quoi, mais son mutisme revint aussi vite qu'il s'apprêtait à la quitter lorsque parvint à ses oreilles la vibration de cette voix qu'elle avait si sagement considérée en Septembre. J'suis pas une erreur. Quoi ? La troisième année ne comprenait plus rien. Elle était passée, en l'espace de quelques minutes seulement, de la fatigue, à la peur, à l'agacement, à la surprise et... là. Sans même vraiment le comprendre sa poitrine se fendit, à la manière des coins de ses lèvres qui retombèrent, eux aussi, au plus bas de son visage, dessinant une courbe inversée bien plus concernée qu'une grimace. M'enfin, Elijah n'était pas une erreur ! Qui pouvait ainsi penser ? L'Anglaise peinait à stabiliser ses inspirations, son souffle était lent, tremblotant, comme si ces mots lui étaient adressés, comme si tout cela pouvait la viser. Oh, comme c'était dur de se voir attribuer une émotion dont on ne savait rien, si ce n'est que la torpeur d'un individu s'appliquait à nous comme se transmettait la joie d'un sourire à un autre !
Il fallait bouger. Parler, marcher, faire quelque chose, peu importe quoi, mais s'avancer, jamais reculer, prononcer une parole ! Alors, dans une appréhension au-delà des normes, elle s'éclaircit la gorge.
— Elijah ?
Ni plus, ni moins. Nul besoin de cette formalité, ce ça va aussi superficiel que de demander à une veuve si son mari lui manquait. Si détresse il y avait, elle la sentirait dans les mots de son camarade, ce Poufsouffle qu'elle venait peut-être d'importuner à un moment où, il en était presque certain, personne ne voulait être aperçu comme tel. Elle fit quelques pas de plus, maintenant cependant une distance nécessaire entre eux deux, envoyant valser la boulette de papier qui avait élu domicile sur sa chaussure.
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S'en remettre aux étoiles
Il n'eut même pas la force de sursauter en entendant son nom prononcé dans l'obscurité de la tour. Il ne bougea pas, resta là, à fixer le vide comme si ce dernier pouvait lui donner de meilleures réponses que les étoiles au-dessus de sa tête. Mais lui non plus n'avait rien à dire. L'univers au complet restait aussi muet que son père. Il prit une profonde inspiration, en essayant d'ignorer la façon dont elle se saccadait alors qu'il ravalait des sanglots morts avant même d'avoir pu réellement éclater.
Et après plusieurs secondes qui parurent une éternité, il desserra les poings. Il passa une main sur son visage, comme pour effacer toute trace des larmes qui avaient pu y couler, comme si ce simple geste pouvait lui permettre de replacer ce masque qui était le sien face au monde entier. Et enfin, il se tourna vers la voix qui l'avait appelé. Il avait les joues rosis par le vent, les larmes et la colère, le nez légèrement bouché, les yeux rougis et gonflés. Et pourtant, il forçait un léger sourire sur ses lèvres.
- Nyxis. J'pensais que j'étais seul, dit-il simplement, d'une voix rauque et tirée. Sacré vent, hein ? ajouta-t-il en désignant ses affaires éparpillées au sol comme si une simple bourrasque était responsable de tout cela. Il tenta de rire, comme pour dissiper toute gêne potentielle. Mais son rire s'éteignit dans l'air glacé avant même d'avoir réellement existé.
Il avait toujours été un bien piètre menteur. Par ailleurs, il détestait mentir. Et là, en haut de la tour d'astronomie, il se rendit compte que c'était pourtant ce qu'il faisait à longueur de journée, en souriant à pleines dents alors même qu'il se sentait terriblement vide. Fatigué. Fatigué de faire semblant. De courir, de rire, uniquement pour combler un manque qui ne faisait que grandir de jour en jour. Il se tourna alors de nouveau vers l'ouverture, s'y appuya, pour laisser ses yeux fixer de nouveaux les astres qui étaient supposés veiller sur lui mais qui ne chassaient jamais ce sentiment de solitude intense qu'il portait chaque jour comme un fardeau. Il parvenait à se sentir seul au milieu de tous.
Il se racla un peu la gorge, conscient que son mensonge n'avait dû en rien rassurer sa camarade à son sujet. Mais il en avait assez aussi, de rassurer les autres. D'être l'oreille attentive. De comprendre tout le monde alors même que personne ne le comprenait, lui. Il avait l'impression de s'effacer. De disparaître. Et ça le terrorisait autant que ça l'attirait.
- Tu crois que les étoiles font du bruit quand elles s'éteignent ? Et que juste on est trop loin pour les entendre ? Ou qu'on leur prête pas assez attention pour le savoir...
Parce que lui ne savait plus s'il avait envie de hurler qu'il existait, ou au contraire de disparaître pour de bon. De voir ce qu'il resterait de lui, lorsqu'il se serait suffisamment effacé au profit des autres, sans jamais prêter attention à ce qu'il se passait en lui.
Et après plusieurs secondes qui parurent une éternité, il desserra les poings. Il passa une main sur son visage, comme pour effacer toute trace des larmes qui avaient pu y couler, comme si ce simple geste pouvait lui permettre de replacer ce masque qui était le sien face au monde entier. Et enfin, il se tourna vers la voix qui l'avait appelé. Il avait les joues rosis par le vent, les larmes et la colère, le nez légèrement bouché, les yeux rougis et gonflés. Et pourtant, il forçait un léger sourire sur ses lèvres.
- Nyxis. J'pensais que j'étais seul, dit-il simplement, d'une voix rauque et tirée. Sacré vent, hein ? ajouta-t-il en désignant ses affaires éparpillées au sol comme si une simple bourrasque était responsable de tout cela. Il tenta de rire, comme pour dissiper toute gêne potentielle. Mais son rire s'éteignit dans l'air glacé avant même d'avoir réellement existé.
Il avait toujours été un bien piètre menteur. Par ailleurs, il détestait mentir. Et là, en haut de la tour d'astronomie, il se rendit compte que c'était pourtant ce qu'il faisait à longueur de journée, en souriant à pleines dents alors même qu'il se sentait terriblement vide. Fatigué. Fatigué de faire semblant. De courir, de rire, uniquement pour combler un manque qui ne faisait que grandir de jour en jour. Il se tourna alors de nouveau vers l'ouverture, s'y appuya, pour laisser ses yeux fixer de nouveaux les astres qui étaient supposés veiller sur lui mais qui ne chassaient jamais ce sentiment de solitude intense qu'il portait chaque jour comme un fardeau. Il parvenait à se sentir seul au milieu de tous.
Il se racla un peu la gorge, conscient que son mensonge n'avait dû en rien rassurer sa camarade à son sujet. Mais il en avait assez aussi, de rassurer les autres. D'être l'oreille attentive. De comprendre tout le monde alors même que personne ne le comprenait, lui. Il avait l'impression de s'effacer. De disparaître. Et ça le terrorisait autant que ça l'attirait.
- Tu crois que les étoiles font du bruit quand elles s'éteignent ? Et que juste on est trop loin pour les entendre ? Ou qu'on leur prête pas assez attention pour le savoir...
Parce que lui ne savait plus s'il avait envie de hurler qu'il existait, ou au contraire de disparaître pour de bon. De voir ce qu'il resterait de lui, lorsqu'il se serait suffisamment effacé au profit des autres, sans jamais prêter attention à ce qu'il se passait en lui.
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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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S'en remettre aux étoiles
Elle resta debout, figée devant ce garçon, sans vraiment savoir quoi faire. Pourtant, si telle devait-elle rester pendant des heures encore pour que la seule finalité soit de ne jamais le déranger, elle le ferait, elle se tiendrait sur ses deux jambes, encore et encore. Il y avait quelque chose, quelque chose d'extrêmement fin dans la voix de son camarade, une chose si petite qu'elle aurait pu passer à côté, facilement. Mais elle ne savait pas quoi. Il s'agissait de ces instants où l'on sentait la tempête se former, sans vraiment savoir où, comment, pourquoi. Que se passait-il avec Elijah ?
Nyxis considéra une seconde les affaires éparpillées dans tous les sens, signe évident du passage de la bourrasque émotionnelle, puis commenta à son tour, d'une voix on ne peut plus neutre :
— Sacré vent.
Elle ne lui fit remarquer ses piètres compétences en terme de mensonge, il n'y avait rien de plus inutile. Si elle avait dû faire un commentaire, elle l'aurait plutôt remercié. Remercié d'avoir si mal dissimulé sa pensée, sa situation, de telle manière qu'elle puisse saisir directement une source de problème. L'aider n'en serait que plus simple...n'est-ce pas ?
La troisième année laissa les mots du Poufsouffle s'écouler jusqu'à ses oreilles, alors qu'elle levait les yeux vers le ciel, ceux-ci rencontrant alors une étoile, quelconque, peut-être la connaissait-elle, peut-être pas...Et alors ? Nyxis savait que l'astre était beau, qu'il brillait et que, comme n'importe quelle sphère de lumière, il méritait d'être remarqué, contemplé, apprécié. Mais alors que ses iris étaient verrouillés sur cette voute si délicatement sombre, l'inconfort s'immisça dans son corps. Devait-elle à présent le rejoindre ? Après tout, il lui adressait la parole -non, il lui posait une question, c'était d'autant plus important ! Elle ne pouvait simplement rester là sans bouger, comme un épouvantail, et lui parler. Cela lui donnerait l'impression qu'elle ne veut pas échanger avec lui, et apparemment, c'était bien un facteur que l'autre avait envie d'éviter...
Alors elle laissa ses pas la transporter à côté de lui, et toujours sans lui adresser un regard, elle s'assit en tailleur, la tête tournée vers les constellations, les mains posées sur le dessus de ses chaussures comme elle avait le mécanisme de le faire lorsque quelque chose l'intriguait.
— Je ne crois pas. Y'a pas de son, dans l'espace. Je crois que c'est parce qu'il n'y a pas de matière. Donc dans le vide, y'a pas de propagation des vibrations, et donc pas de son. Je crois que M'sieur Pearce nous l'avait dit, en première année.
La suite de la phrase d'Elijah l'interpella de façon si inattendue qu'elle dû détourner le regard pour le poser sur le visage de l'autre avec stupeur.
— Moi je leur prête attention. Tout le monde leur prête attention, en fait. Mais surtout lorsqu'elles disparaissent. murmura t'elle. On dit que l'image qu'on perçoit des étoiles est celle d'il y a longtemps, à cause de la vitesse de la lumière. Donc d'une certaine façon, on les regarde peut-être s'éteindre en pensant qu'elles vivront encore longtemps, mais en fait, tout ce qu'on aimaient d'elles a déjà disparu.
Sa voix s'était progressivement aggravée, son ton avait diminué en volume. À la fin de son explication, ses paroles n'était presque plus qu'un souffle vain dans la nuit glacée.
— Du coup, je fais attention. J'essaye de venir les voir souvent, comme ce soir, par exemple. T'as déjà essayé de leur parler ? Nyxis marqua une pause, en espérant que l'autre ne juge pas cette occupation si...spéciale. Elles ne me répondront pas, mais je sais qu'elles m'entendent. Alors je continue. 'Pis moi je les aime comme ça, les étoiles. C'est pas parce qu'elles sont silencieuses qu'elles existent pas, ou qu'elles valent moins que nous, non ?
Ses doigts s'enroulèrent machinalement autour d'un pan de tissu de ses vêtements, comme pour occuper son corps lorsque la raison s'exprimait.
— Pourquoi ?
648
Nyxis considéra une seconde les affaires éparpillées dans tous les sens, signe évident du passage de la bourrasque émotionnelle, puis commenta à son tour, d'une voix on ne peut plus neutre :
— Sacré vent.
Elle ne lui fit remarquer ses piètres compétences en terme de mensonge, il n'y avait rien de plus inutile. Si elle avait dû faire un commentaire, elle l'aurait plutôt remercié. Remercié d'avoir si mal dissimulé sa pensée, sa situation, de telle manière qu'elle puisse saisir directement une source de problème. L'aider n'en serait que plus simple...n'est-ce pas ?
La troisième année laissa les mots du Poufsouffle s'écouler jusqu'à ses oreilles, alors qu'elle levait les yeux vers le ciel, ceux-ci rencontrant alors une étoile, quelconque, peut-être la connaissait-elle, peut-être pas...Et alors ? Nyxis savait que l'astre était beau, qu'il brillait et que, comme n'importe quelle sphère de lumière, il méritait d'être remarqué, contemplé, apprécié. Mais alors que ses iris étaient verrouillés sur cette voute si délicatement sombre, l'inconfort s'immisça dans son corps. Devait-elle à présent le rejoindre ? Après tout, il lui adressait la parole -non, il lui posait une question, c'était d'autant plus important ! Elle ne pouvait simplement rester là sans bouger, comme un épouvantail, et lui parler. Cela lui donnerait l'impression qu'elle ne veut pas échanger avec lui, et apparemment, c'était bien un facteur que l'autre avait envie d'éviter...
Alors elle laissa ses pas la transporter à côté de lui, et toujours sans lui adresser un regard, elle s'assit en tailleur, la tête tournée vers les constellations, les mains posées sur le dessus de ses chaussures comme elle avait le mécanisme de le faire lorsque quelque chose l'intriguait.
— Je ne crois pas. Y'a pas de son, dans l'espace. Je crois que c'est parce qu'il n'y a pas de matière. Donc dans le vide, y'a pas de propagation des vibrations, et donc pas de son. Je crois que M'sieur Pearce nous l'avait dit, en première année.
La suite de la phrase d'Elijah l'interpella de façon si inattendue qu'elle dû détourner le regard pour le poser sur le visage de l'autre avec stupeur.
— Moi je leur prête attention. Tout le monde leur prête attention, en fait. Mais surtout lorsqu'elles disparaissent. murmura t'elle. On dit que l'image qu'on perçoit des étoiles est celle d'il y a longtemps, à cause de la vitesse de la lumière. Donc d'une certaine façon, on les regarde peut-être s'éteindre en pensant qu'elles vivront encore longtemps, mais en fait, tout ce qu'on aimaient d'elles a déjà disparu.
Sa voix s'était progressivement aggravée, son ton avait diminué en volume. À la fin de son explication, ses paroles n'était presque plus qu'un souffle vain dans la nuit glacée.
— Du coup, je fais attention. J'essaye de venir les voir souvent, comme ce soir, par exemple. T'as déjà essayé de leur parler ? Nyxis marqua une pause, en espérant que l'autre ne juge pas cette occupation si...spéciale. Elles ne me répondront pas, mais je sais qu'elles m'entendent. Alors je continue. 'Pis moi je les aime comme ça, les étoiles. C'est pas parce qu'elles sont silencieuses qu'elles existent pas, ou qu'elles valent moins que nous, non ?
Ses doigts s'enroulèrent machinalement autour d'un pan de tissu de ses vêtements, comme pour occuper son corps lorsque la raison s'exprimait.
— Pourquoi ?
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S'en remettre aux étoiles
La réponse de Nyxis n'avait rien de satisfaisant. Elle étalait des faits concrets là où il parlait par images. Elle n'avait pas compris. Comment le pourrait-elle, il avait bien du mal à saisir lui-même là où il désirait en venir. Hurler ou disparaître. Exister ou abandonner. Colère ou tristesse. Tout se mêlait aussi sûrement que les bouclettes sous le vent sur le crâne de l'adolescent. Il aurait voulu être seul et le rester, mais il était quelque part heureux qu'elle fût là. Il ne savait plus ce qu'il devait penser. Ce qu'il devait croire. Peut-être aurait-il mieux fait de garder le silence plutôt que de poser une question qui n'avait aucun sens.
Avait-elle seulement idée qu'il se rapportait aux étoiles ? Qu'il posait la question pour lui ? Pour savoir si elle avait pu l'entendre. Si elle comprenait. Ou si elle croyait à son éternel sourire comme tous les autres, sans aller plus loin. Il était l'unique raison de son sentiment de solitude. Il le savait pertinemment. Mais s'ouvrir réellement, c'était s'exposer à de nouvelles blessures qu'il n'était pas prêt à encaisser. Les anciennes n'étaient pas encore cicatrisées, comme en attestaient ses affaires piteusement abandonnées au sol sous son coup de sang.
Peut-être que son père le voyait comme une étoile éteinte. Dès lors qu'il avait reçu sa lettre pour Poudlard, tout ce qu'il aimait en lui avait disparu. Comme s'il n'avait jamais existé. Non, c'était bien pire que cela. Il regrettait. C'était bien ça le plus difficile à accepter, au-delà de l'abandon. Le fait d'être une source de regret pour un homme qu'il avait toujours considéré comme son modèle. Son ami. Son confident. Et s'il aimait sa mère de tout son coeur, elle ne pouvait remplir ce trou béant laissé dans sa poitrine depuis qu'il avait appris qu'il était un sorcier.
Ses yeux se posèrent de nouveau sur le ciel étoilé. Est-ce qu'il leur parlait encore, réellement ? Non. Il en avait assez de leur silence. Elles ne lui apportaient aucune réponse. Juste une surveillance, comme des sentinelles fidèles à leur poste. Elles, au moins, n'abandonnaient pas. Même dans la mort elles brillaient encore pour lui.
- J'leur parle plus. J'en peux plus du silence, murmura-t-il, d'une voix presque inaudible.
C'était finalement ça, la vérité. Le silence le pesait. L'absence le pesait. La solitude le pesait. Comment un manque pouvait peser si lourd ? Ne devrait-il pas se sentir au contraire plus léger ? Il sentit une nouvelle larme rouler sur sa joue. Et il ne l'essuya pas, trop épuisé pour seulement y penser. Après tout, Nyxis avait compris ce qu'il s'était passé ici.
- Juste comme ça. Une idée. J'crois que j'ai envie de hurler, la prévint-il finalement, sur le ton de la conversation, comme s'il parlait du temps qu'il faisait dehors alors même qu'il craquait ouvertement.
Avait-elle seulement idée qu'il se rapportait aux étoiles ? Qu'il posait la question pour lui ? Pour savoir si elle avait pu l'entendre. Si elle comprenait. Ou si elle croyait à son éternel sourire comme tous les autres, sans aller plus loin. Il était l'unique raison de son sentiment de solitude. Il le savait pertinemment. Mais s'ouvrir réellement, c'était s'exposer à de nouvelles blessures qu'il n'était pas prêt à encaisser. Les anciennes n'étaient pas encore cicatrisées, comme en attestaient ses affaires piteusement abandonnées au sol sous son coup de sang.
Peut-être que son père le voyait comme une étoile éteinte. Dès lors qu'il avait reçu sa lettre pour Poudlard, tout ce qu'il aimait en lui avait disparu. Comme s'il n'avait jamais existé. Non, c'était bien pire que cela. Il regrettait. C'était bien ça le plus difficile à accepter, au-delà de l'abandon. Le fait d'être une source de regret pour un homme qu'il avait toujours considéré comme son modèle. Son ami. Son confident. Et s'il aimait sa mère de tout son coeur, elle ne pouvait remplir ce trou béant laissé dans sa poitrine depuis qu'il avait appris qu'il était un sorcier.
Ses yeux se posèrent de nouveau sur le ciel étoilé. Est-ce qu'il leur parlait encore, réellement ? Non. Il en avait assez de leur silence. Elles ne lui apportaient aucune réponse. Juste une surveillance, comme des sentinelles fidèles à leur poste. Elles, au moins, n'abandonnaient pas. Même dans la mort elles brillaient encore pour lui.
- J'leur parle plus. J'en peux plus du silence, murmura-t-il, d'une voix presque inaudible.
C'était finalement ça, la vérité. Le silence le pesait. L'absence le pesait. La solitude le pesait. Comment un manque pouvait peser si lourd ? Ne devrait-il pas se sentir au contraire plus léger ? Il sentit une nouvelle larme rouler sur sa joue. Et il ne l'essuya pas, trop épuisé pour seulement y penser. Après tout, Nyxis avait compris ce qu'il s'était passé ici.
- Juste comme ça. Une idée. J'crois que j'ai envie de hurler, la prévint-il finalement, sur le ton de la conversation, comme s'il parlait du temps qu'il faisait dehors alors même qu'il craquait ouvertement.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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S'en remettre aux étoiles
La réponse d'Elijah était troublante. Il ne parlait plus aux étoiles, tant il n'en pouvait plus du silence. Quelles épreuves le garçon avait-il traversées, quelles fatalités avait-il vécues au point de tout abandonner de la sorte ? Quelle fut l'ampleur du paroxysme à atteindre pour ne plus vouloir lui-même combler la quiétude qu'il abhorrait tant ? Mais peut-être n'était-ce pas, n'était-ce plus à lui de faire tant d'efforts pour voir un écho vocal, sentimental voler jusqu'à son cœur ?
Nyxis se dit que, sûrement, à force de tant donner, sans jamais recevoir, on se lassait tout autant voire plus d'une absence de retour, que du simple et lourd silence, celui qu'on choisit d'implanter en notre âme lorsque plus personne n'ose y murmurer un mot.
« Pourquoi laisses-tu le silence t'accabler ? Ce n'est pas parce qu'il existe qu'il doit t'atteindre, non ? »
Toi qui parles, n'es-tu pas par essence au-dessus du silence ? N'en es-tu pas le maître ? Le seul et unique chef ? Toi et toi seul décidez de sa raison d'être ou non. C'est lorsque ta voix vibre qu'elle te fait supérieur, et c'est ta pensée, lorsqu'elle s'emmêle, qui instaure ses derniers instants de chaleur. Le silence ne brûle que lorsqu'il se trouve seul, et cible les isolés pour nourrir sa puissance, car c'est dans ces cœurs attristés qu'il y trouve meilleur refuge. Là, où le seigneur du vide sait qu'on ne coupera point court à son règne impérieusement symbolique.
Alors, si telle était la hiérarchie, Cooper devait passer outre cette phase. Ceux qui créaient le silence ne méritaient point son amour, et songer au fait que quelqu'un ici ne souhaite pas accorder de son temps à son camarade de promotion la rendait furieuse.
Du coin de l'œil, la troisième année perçut un scintillement rouler sur la joue du Poufsouffle. Elle ne cilla pas. Le garçon avait besoin de se libérer de ce qui lui pesait, et rien ne fut jamais aussi efficace que les quelques larmes que tous, pouvaient verser à la lueur bleutée de mère Hécate.
Elle écouta les mots de son interlocuteur. Voulait-il réellement hurler ? Néanmoins, elle se devait de le prévenir...
« Hm. Je comprends hein, tu sais. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait rien. Mais faire semblant était une bien meilleure arme que de tenter de saisir le fond de son propos. Par contre, il est tard. Il faudrait éviter d'éveiller les soupçons. Ou alors, crie dans un coussin. Une veste, si tu en as une. »
Il ne manquerait plus que le jaune et noir se mette à vociférer sa peine au sommet de la tour d'astronomie. La jeune Calderon reconnaissait le besoin de se libérer, mais tout affranchi, tout évadé dû attendre le bon moment pour se détacher de ses chaînes. Fuir une emprise, pour se retrouver derrière les barreaux d'une autre, face à un DDM, par exemple, n'en valait point la peine, et ils se devaient tous deux d'être rationnels.
Alors, comme elle ne pouvait laisser le calme retomber après une mise en garde, elle demanda machinalement :
« Est-ce que...Tu as besoin de quelque chose ? »
Ses pupilles étaient toujours ancrées dans une étoile, au loin.
532
Je suis désolée pour ce retard...
Nyxis se dit que, sûrement, à force de tant donner, sans jamais recevoir, on se lassait tout autant voire plus d'une absence de retour, que du simple et lourd silence, celui qu'on choisit d'implanter en notre âme lorsque plus personne n'ose y murmurer un mot.
« Pourquoi laisses-tu le silence t'accabler ? Ce n'est pas parce qu'il existe qu'il doit t'atteindre, non ? »
Toi qui parles, n'es-tu pas par essence au-dessus du silence ? N'en es-tu pas le maître ? Le seul et unique chef ? Toi et toi seul décidez de sa raison d'être ou non. C'est lorsque ta voix vibre qu'elle te fait supérieur, et c'est ta pensée, lorsqu'elle s'emmêle, qui instaure ses derniers instants de chaleur. Le silence ne brûle que lorsqu'il se trouve seul, et cible les isolés pour nourrir sa puissance, car c'est dans ces cœurs attristés qu'il y trouve meilleur refuge. Là, où le seigneur du vide sait qu'on ne coupera point court à son règne impérieusement symbolique.
Alors, si telle était la hiérarchie, Cooper devait passer outre cette phase. Ceux qui créaient le silence ne méritaient point son amour, et songer au fait que quelqu'un ici ne souhaite pas accorder de son temps à son camarade de promotion la rendait furieuse.
Du coin de l'œil, la troisième année perçut un scintillement rouler sur la joue du Poufsouffle. Elle ne cilla pas. Le garçon avait besoin de se libérer de ce qui lui pesait, et rien ne fut jamais aussi efficace que les quelques larmes que tous, pouvaient verser à la lueur bleutée de mère Hécate.
Elle écouta les mots de son interlocuteur. Voulait-il réellement hurler ? Néanmoins, elle se devait de le prévenir...
« Hm. Je comprends hein, tu sais. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait rien. Mais faire semblant était une bien meilleure arme que de tenter de saisir le fond de son propos. Par contre, il est tard. Il faudrait éviter d'éveiller les soupçons. Ou alors, crie dans un coussin. Une veste, si tu en as une. »
Il ne manquerait plus que le jaune et noir se mette à vociférer sa peine au sommet de la tour d'astronomie. La jeune Calderon reconnaissait le besoin de se libérer, mais tout affranchi, tout évadé dû attendre le bon moment pour se détacher de ses chaînes. Fuir une emprise, pour se retrouver derrière les barreaux d'une autre, face à un DDM, par exemple, n'en valait point la peine, et ils se devaient tous deux d'être rationnels.
Alors, comme elle ne pouvait laisser le calme retomber après une mise en garde, elle demanda machinalement :
« Est-ce que...Tu as besoin de quelque chose ? »
Ses pupilles étaient toujours ancrées dans une étoile, au loin.
532
Je suis désolée pour ce retard...
S'en remettre aux étoiles
Elijah haussa un sourcil à la remarque de sa camarade sur le silence, avant de souffler du nez, d'un semblant de rire cynique, presque douloureux. Il avait bien essayé, de ne pas se laisser atteindre. Mais il pouvait fuir tout ce qu'il voulait, le silence finissait toujours par le rattraper, par s'insinuer dans chaque pore de sa peau, et lorsque l'on était aussi désespéré de vivre qu'Elijah, cette simple existence relevait de l'inacceptable.
- J'suis fatigué patron, finit-il par répondre avec un léger sourire, plus triste qu'amusé par la citation utilisée.
Il essayait vainement de remettre ce masque qui le protégeait, alors même qu'il avait volé en éclat dans cette tour, en même temps que ses affaires. Mais s'il citait si facilement des films, c'était bien parce qu'ils résonnaient en lui. Et là, c'était bien ce qu'il ressentait. Malgré son énergie débordante, malgré son hyperactivité évidente, il était fatigué. Fatigué de lutter pour avoir l'air heureux, alors même que non, forcer un sourire ne rendait pas le bonheur réel.
Il finit par essuyer cette nouvelle larme qui lui chatouillait la joue, avant de se redresser pleinement pour prendre une profonde inspiration, avant d'expirer en un long souffle tremblotant. Les exercices de respiration l'avaient toujours aidé pour pallier à ses crises d'angoisse lorsqu'il en avait. Probablement pourraient-ils l'aider tout autant face à ses crises de colère. Pourtant, il se sentait toujours aussi instable, même après l'avoir répété plusieurs fois. Comme prêt à exploser à tout moment, alors même qu'il venait de le faire.
- Non, je veux hurler pour de vrai. Pas en étouffant. C'est bête, je sais. J'attendrai que tu partes pour le faire, indiqua-t-il finalement.
Il se moquait des répercussions. Il en avait besoin. Il se retenait uniquement pour ne pas mettre Nyxis dans ses problèmes. Elle n'avait rien demandé de tout cela. Et lorsqu'elle lui demanda s'il avait besoin de quelque chose, la réponse était absolument évidente pour Elijah. Mais sûrement un peu difficile à formuler. Après tout, il ne la connaissait pas plus que cela. Ils n'étaient pas amis. Mais il n'avait rien à perdre à demander. Alors il se racla la gorge, comme pour se donner le courage suffisant pour demander.
- Peut-être... Juste... Un câlin ? 'Fin si tu veux bien. J'crois que j'en ai besoin, expliqua-t-il, observant le profil qu'elle lui offrait sous la lueur pâle des étoiles et de la lune.
Sans doute trouverait-elle ça idiot. Comme le fait d'avoir besoin de hurler alors même qu'il n'était pas censé se trouver là.
- J'suis fatigué patron, finit-il par répondre avec un léger sourire, plus triste qu'amusé par la citation utilisée.
Il essayait vainement de remettre ce masque qui le protégeait, alors même qu'il avait volé en éclat dans cette tour, en même temps que ses affaires. Mais s'il citait si facilement des films, c'était bien parce qu'ils résonnaient en lui. Et là, c'était bien ce qu'il ressentait. Malgré son énergie débordante, malgré son hyperactivité évidente, il était fatigué. Fatigué de lutter pour avoir l'air heureux, alors même que non, forcer un sourire ne rendait pas le bonheur réel.
Il finit par essuyer cette nouvelle larme qui lui chatouillait la joue, avant de se redresser pleinement pour prendre une profonde inspiration, avant d'expirer en un long souffle tremblotant. Les exercices de respiration l'avaient toujours aidé pour pallier à ses crises d'angoisse lorsqu'il en avait. Probablement pourraient-ils l'aider tout autant face à ses crises de colère. Pourtant, il se sentait toujours aussi instable, même après l'avoir répété plusieurs fois. Comme prêt à exploser à tout moment, alors même qu'il venait de le faire.
- Non, je veux hurler pour de vrai. Pas en étouffant. C'est bête, je sais. J'attendrai que tu partes pour le faire, indiqua-t-il finalement.
Il se moquait des répercussions. Il en avait besoin. Il se retenait uniquement pour ne pas mettre Nyxis dans ses problèmes. Elle n'avait rien demandé de tout cela. Et lorsqu'elle lui demanda s'il avait besoin de quelque chose, la réponse était absolument évidente pour Elijah. Mais sûrement un peu difficile à formuler. Après tout, il ne la connaissait pas plus que cela. Ils n'étaient pas amis. Mais il n'avait rien à perdre à demander. Alors il se racla la gorge, comme pour se donner le courage suffisant pour demander.
- Peut-être... Juste... Un câlin ? 'Fin si tu veux bien. J'crois que j'en ai besoin, expliqua-t-il, observant le profil qu'elle lui offrait sous la lueur pâle des étoiles et de la lune.
Sans doute trouverait-elle ça idiot. Comme le fait d'avoir besoin de hurler alors même qu'il n'était pas censé se trouver là.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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S'en remettre aux étoiles
La jeune blonde fit la moue. Elle hésita un instant, avant de rebondir. « Non, bah dans ce cas, crie pas. Être triste et collé, c'est vraiment pas ce qu'il y a de mieux. Elle pouffa. Parole de Serpentard. »
En prononçant ces derniers mots, Nyxis fut comme envahie par un esprit tout droit venu des cachots : celui du serpent qui se referme, mais surtout qui reprend le contrôle de la conversation : un ressenti soudain de j'ai raison, tu as tort, c'est comme ça et tu n'y peux rien, qui sans doute devait aider à pallier le malaise qui s'installait, car la jeune fille ne savait tout simplement pas réconforter correctement quelqu'un d'autre : du moins, pas un homme. Les hommes avaient cette manie de toujours vouloir être forts, et, même lorsqu'ils s'autorisaient à laisser s'écrouler leurs émotions médiocrement sur leurs joues, ils parvenaient malgré tout à garder cette sérénissime substance en eux, celle qui faisait toute l'essence de leur cœur masculin : celle de vouloir avoir toujours raison.
Et la troisième année n'aimait pas ça. Un : elle n'aimait pas spécialement les hommes, du moins elle n'en voyait pas véritablement l'intérêt, à part lorsqu'il fallait un cobaye d'entraînement – et alors ces créatures sorties des Enfers pouvaient s'avérer d'une extrême utilité. Deux : elle détestait encore plus ne pas avoir raison. C'est un point qui, en toute objectivité, n'a même pas besoin d'être illustré. Ce n'était pas vraiment le fait d'être contredite ou de devoir accepter que l'argument d'autrui était meilleur que le sien : par définition, Nyxis avait juste tout le temps raison, et c'était une vérité que tout le monde devrait assimiler un jour ou l'autre. Elle ne se prétendait pas meilleure pour autant (elle le croyait), elle était juste consciente de son extrême supériorité, surtout face à ces spécimens étranges qu'était la gent masculine.
Alors, elle ajouta :
« Puis je t'avoue que ça fait un peu con de hurler, en fait. Elle chuchota simplement, sans lui adresser un regard. Fin, j'dois pas pouvoir comprendre, ça doit être lié à un haut taux de testostérone, certainement. »
Hurler c'est briser le silence. Le même silence qu'elle disait vouloir dominer. Mais n'y a-t-il pas mieux que la guerre de la voix pour surplomber ce qui ronge ? À qui criera le plus fort : c'est un combat injuste. L'univers ne crie pas. Il est muet. Muet car il n'a rien à dire. Rien à transmettre. Il a mieux à faire. Il s'allonge là, il s'étire comme un linge mouillé sur l'herbe sèche, il recouvre les petites bêtes qui grouillent. À qui volera l'autre le premier. L'humain est une espèce qui grouille. Et il se fait juger honteusement par l'Éther. Celui qui hurle ne recevra en retour que l'écho de sa propre haine. L'humain est bien étrange d'avoir été ainsi construit. Devoir exprimer son désarroi dans le vacarme. S'il voulait, il détruirait la Terre d'une tempête. Juste celle qui renverse des bateaux en pleine mer. Loin du phare. Loin de la vie et loin de tout. Dans la tempête de ses yeux.
Alors, oui, quand il hurle, il n'accuse que lui-même. Surtout si tard dans la nuit. Il ose même braver la tranquillité du Zéphyr.
Les pupilles de l'enfant blonde se projetèrent sur l'horizon. Loin, loin derrière les montagnes, si loin, au-delà des nuages. La distance apporte parfois ses réponses. Mais aussi et surtout, elle permettait d'éviter le regard lourd de son camarade qui prononça le mot câlin. Ses muscles se tendirent. Les deux uniques syllabes du mot semblèrent durer une éternité. Elles s'accrochèrent sur la peau. Elles glissèrent autour du cœur : elles le comprimèrent en silence. Elles le broyaient, de sorte à y détruire entièrement tout ce qui s'y trouvait, n'y laissant qu'une goutte de culpabilité, une larme de crainte, et une mer de dégoût.
Elle déglutit bruyamment. L'horizon parut subitement d'une extrême splendeur.
« Un...quoi ? » hoqueta-t-elle dans une surprise très mal contrôlée.
Elle regretta presque de lui avoir proposé son soutien. Son empathie avait des limites. Des limites très fines.
676
En prononçant ces derniers mots, Nyxis fut comme envahie par un esprit tout droit venu des cachots : celui du serpent qui se referme, mais surtout qui reprend le contrôle de la conversation : un ressenti soudain de j'ai raison, tu as tort, c'est comme ça et tu n'y peux rien, qui sans doute devait aider à pallier le malaise qui s'installait, car la jeune fille ne savait tout simplement pas réconforter correctement quelqu'un d'autre : du moins, pas un homme. Les hommes avaient cette manie de toujours vouloir être forts, et, même lorsqu'ils s'autorisaient à laisser s'écrouler leurs émotions médiocrement sur leurs joues, ils parvenaient malgré tout à garder cette sérénissime substance en eux, celle qui faisait toute l'essence de leur cœur masculin : celle de vouloir avoir toujours raison.
Et la troisième année n'aimait pas ça. Un : elle n'aimait pas spécialement les hommes, du moins elle n'en voyait pas véritablement l'intérêt, à part lorsqu'il fallait un cobaye d'entraînement – et alors ces créatures sorties des Enfers pouvaient s'avérer d'une extrême utilité. Deux : elle détestait encore plus ne pas avoir raison. C'est un point qui, en toute objectivité, n'a même pas besoin d'être illustré. Ce n'était pas vraiment le fait d'être contredite ou de devoir accepter que l'argument d'autrui était meilleur que le sien : par définition, Nyxis avait juste tout le temps raison, et c'était une vérité que tout le monde devrait assimiler un jour ou l'autre. Elle ne se prétendait pas meilleure pour autant (elle le croyait), elle était juste consciente de son extrême supériorité, surtout face à ces spécimens étranges qu'était la gent masculine.
Alors, elle ajouta :
« Puis je t'avoue que ça fait un peu con de hurler, en fait. Elle chuchota simplement, sans lui adresser un regard. Fin, j'dois pas pouvoir comprendre, ça doit être lié à un haut taux de testostérone, certainement. »
Hurler c'est briser le silence. Le même silence qu'elle disait vouloir dominer. Mais n'y a-t-il pas mieux que la guerre de la voix pour surplomber ce qui ronge ? À qui criera le plus fort : c'est un combat injuste. L'univers ne crie pas. Il est muet. Muet car il n'a rien à dire. Rien à transmettre. Il a mieux à faire. Il s'allonge là, il s'étire comme un linge mouillé sur l'herbe sèche, il recouvre les petites bêtes qui grouillent. À qui volera l'autre le premier. L'humain est une espèce qui grouille. Et il se fait juger honteusement par l'Éther. Celui qui hurle ne recevra en retour que l'écho de sa propre haine. L'humain est bien étrange d'avoir été ainsi construit. Devoir exprimer son désarroi dans le vacarme. S'il voulait, il détruirait la Terre d'une tempête. Juste celle qui renverse des bateaux en pleine mer. Loin du phare. Loin de la vie et loin de tout. Dans la tempête de ses yeux.
Alors, oui, quand il hurle, il n'accuse que lui-même. Surtout si tard dans la nuit. Il ose même braver la tranquillité du Zéphyr.
Les pupilles de l'enfant blonde se projetèrent sur l'horizon. Loin, loin derrière les montagnes, si loin, au-delà des nuages. La distance apporte parfois ses réponses. Mais aussi et surtout, elle permettait d'éviter le regard lourd de son camarade qui prononça le mot câlin. Ses muscles se tendirent. Les deux uniques syllabes du mot semblèrent durer une éternité. Elles s'accrochèrent sur la peau. Elles glissèrent autour du cœur : elles le comprimèrent en silence. Elles le broyaient, de sorte à y détruire entièrement tout ce qui s'y trouvait, n'y laissant qu'une goutte de culpabilité, une larme de crainte, et une mer de dégoût.
Elle déglutit bruyamment. L'horizon parut subitement d'une extrême splendeur.
« Un...quoi ? » hoqueta-t-elle dans une surprise très mal contrôlée.
Elle regretta presque de lui avoir proposé son soutien. Son empathie avait des limites. Des limites très fines.
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S'en remettre aux étoiles
Elijah haussa les épaules. Être collé ne le dérangeait pas plus que cela. A dire vrai, il préférait même ça à certains de ses temps libres. Au moins, en retenue, il n'avait pas besoin de réfléchir à ces fichues pensées intrusives. Il devait simplement faire ce qu'on lui demandait, voire trouver un moyen de rendre une tâche souvent rébarbative suffisamment amusante pour se permettre de passer un bon moment. Mais ça, Nyxis ne pouvait pas le savoir. Que, pour lui, l'immobilisme était bien pire que n'importe quelle punition.
Alors il ne répondit pas. Parce que sa camarade ne comprenait simplement pas. Il ne lui en voulait pas. Après tout, elle restait avec lui, elle discutait avec lui, alors même qu'il était dans un état relativement déplorable, bien loin de ses blagues et de son enthousiasme habituel. Elle l'avait trouvé triste, brisé, pathétique. Et pourtant elle ne fuyait pas. Simplement elle le jugeait. Comment pourrait-il en être autrement ? Il lui adressa un léger sourire résigné.
- Ouais, c'est un peu con. J'ai pas dit que j'étais futé. Mais j'crois pas c'est à cause de la testostérone. Les filles aussi elles doivent avoir envie de hurler. P'têt juste pas toi, répondit-il simplement, de ce même ton emprunt de fatigue qu'il avait utilisé précédemment.
Nyxis pouvait le juger tout ce qu'elle voulait, elle n'aurait probablement jamais de mots aussi durs que ceux qu'il pouvait s'apposer lui-même. Là où elle disait que crier était con, lui se disait que c'était lui, qui l'était. Parce que c'était bien ce qu'il fallait être pour porter autant d'importance à quelqu'un qui avait décidé de sortir totalement de sa vie. Et c'était bien ce que bon nombre de gens pensaient de lui. Qu'il était incapable de réfléchir, alors que la vérité était toute autre. Il s'en empêchait lui-même, justement pour éviter ce genre d'instant. Parce que les choses n'allaient pas mieux lorsqu'il réfléchissait, bien au contraire. Elles devenaient plus difficiles à ignorer.
Alors il n'attendait pas grand chose de sa camarade. Il se doutait également qu'elle refuserait de lui donner le moindre câlin. Mais après tout, c'était elle qui avait demandé s'il avait besoin de quoi que ce soit. Il s'était contenté de répondre avec l'honnêteté qui le caractérisait toujours. Il haussa les épaules une fois de plus.
- Laisse tomber. J'vais l'faire, tu sais. Hurler. Alors peut-être que tu devrais partir, lui indiqua-t-il doucement.
Il n'y avait aucune animosité dans sa voix. Pas même un peu de déception. Il se contentait de lui exposer les faits, histoire de ne pas l'attirer dans ses soucis alors qu'elle n'avait rien demandé.
Alors il ne répondit pas. Parce que sa camarade ne comprenait simplement pas. Il ne lui en voulait pas. Après tout, elle restait avec lui, elle discutait avec lui, alors même qu'il était dans un état relativement déplorable, bien loin de ses blagues et de son enthousiasme habituel. Elle l'avait trouvé triste, brisé, pathétique. Et pourtant elle ne fuyait pas. Simplement elle le jugeait. Comment pourrait-il en être autrement ? Il lui adressa un léger sourire résigné.
- Ouais, c'est un peu con. J'ai pas dit que j'étais futé. Mais j'crois pas c'est à cause de la testostérone. Les filles aussi elles doivent avoir envie de hurler. P'têt juste pas toi, répondit-il simplement, de ce même ton emprunt de fatigue qu'il avait utilisé précédemment.
Nyxis pouvait le juger tout ce qu'elle voulait, elle n'aurait probablement jamais de mots aussi durs que ceux qu'il pouvait s'apposer lui-même. Là où elle disait que crier était con, lui se disait que c'était lui, qui l'était. Parce que c'était bien ce qu'il fallait être pour porter autant d'importance à quelqu'un qui avait décidé de sortir totalement de sa vie. Et c'était bien ce que bon nombre de gens pensaient de lui. Qu'il était incapable de réfléchir, alors que la vérité était toute autre. Il s'en empêchait lui-même, justement pour éviter ce genre d'instant. Parce que les choses n'allaient pas mieux lorsqu'il réfléchissait, bien au contraire. Elles devenaient plus difficiles à ignorer.
Alors il n'attendait pas grand chose de sa camarade. Il se doutait également qu'elle refuserait de lui donner le moindre câlin. Mais après tout, c'était elle qui avait demandé s'il avait besoin de quoi que ce soit. Il s'était contenté de répondre avec l'honnêteté qui le caractérisait toujours. Il haussa les épaules une fois de plus.
- Laisse tomber. J'vais l'faire, tu sais. Hurler. Alors peut-être que tu devrais partir, lui indiqua-t-il doucement.
Il n'y avait aucune animosité dans sa voix. Pas même un peu de déception. Il se contentait de lui exposer les faits, histoire de ne pas l'attirer dans ses soucis alors qu'elle n'avait rien demandé.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
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